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Profitant de la crise sanitaire, la déforestation et le pillage de l’Amazonie et des terres autochtones s’intensifient

Mardi 5 mai 2020, par Anna Beatriz Anjos, Vasconcelo Quadros

Le gouvernement de Bolsonaro encourage les grands propriétaires terriens et les compagnies minières à piller les ressources des terres indigènes. Aujourd'hui, les populations autochtones du Brésil doivent en plus affronter l'épidémie. Elles comptent sur le travail de leurs élues et représentants communautaires sur le terrain.

Au 13 avril, le coronavirus avait déjà tué trois personnes parmi les peuples autochtones du Brésil : un adolescent Yanomami de 15 ans dans l'État du Roraima, un Borari de 87 ans à Alter do Chão, au Pará, et un homme Muro de 55 ans à Manaus. Le virus avait infecté au moins neuf autres personnes au total, 23 autres cas considérés suspects étaient traités, selon les données officielles du ministère de la Santé brésilien. Sous la pression d'une vague d'invasions de leurs territoires, les communautés autochtones doivent faire face, quasiment seules, à l'arrivée de l'épidémie dans les villages.

« La meilleure façon de se préserver maintenant, c'est de maintenir les communautés isolées, leur conseillant de ne pas sortir ni de recevoir de visites. Nous avons une expérience très perverse des maladies contagieuses, qui ont décimé des groupes ethniques entiers par le passé. Tout le monde a peur », dit Sonia Guajajara, coordinatrice de l'Articulation des peuples autochtones du Brésil (APIB, l'une des principales organisations amérindiennes brésiliennes). La principale préoccupation, dit-elle, est de se prémunir contre la phase la plus dure de la contagion, qui menace les communautés autochtones de la même manière qu'elle progresse dans les villes brésiliennes.

Loin du conflit entre le président Jair Bolsonaro et le ministre de la Santé, Luiz Henrique Mandetta [limogé par Bolsonaro mi-avril], les communautés autochtones d'Amazonie comptent essentiellement sur le travail de leurs dirigeants communautaires, des entités indigénistes et des professionnels de santé de terrain, qui mènent une guerre quasi en solitaire contre le virus. « Il y a un manque d'équipement de protection individuelle, de vaccins contre la grippe et de matériel pour tester le coronavirus chez les personnes qui présentent des symptômes de contamination », explique Sonia Guajajara.

« Avec la crise sanitaire, l'exploitation illégale de mines et l'accaparement des terres se multiplient en Amazonie »

Quand des membres des communautés autochtones présentent des signes de la maladie Covid-19, si elles ont voyagé hors des villages, les professionnels de santé font des prélèvements et les envoient analyser en laboratoire. Les autres sont évalués sur leurs symptômes et traités comme des grippes. Mais les communautés n'ont pas accès, selon Sonia Guajajara, aux kits promis pour le dépistage rapide du Covid. « Ce n'est pas une petite grippe. C'est une maladie beaucoup plus létale, avec un risque bien plus grand pour les autochtones », explique la coordinatrice de l'APIB.

Les va-et-vient incontrôlés d'exploitants de mines illégales, selon les entités indigénistes entendues par l'Agência Pública, constituent actuellement le grand défi des professionnels de la santé et des dirigeants qui luttent pour éviter tout contact avec le virus. « Nous exigeons que les agences de sécurité expulsent les envahisseurs des terres indigènes. Le risque de contagion est imminent », déclare Sonia Guajajara. Selon l'APIB, avec la crise sanitaire et la réduction des contrôles de la police fédérale et de l'armée, l'exploitation illégale de mines et l'accaparement des terres se multiplient en Amazonie. Les dirigeants de la communauté Karipuna, dans l'État de Rondônia, ont alerté les entités autochtones de la présence d'envahisseurs qui défrichent des zones à dix kilomètres du village de Panorama pour en extraire le bois. Une enquête du journal O Estado de São Paulo, basée sur des informations de l'Institut national de recherche spatiale, indique que les zones déboisées ont pratiquement doublé en Amazonie, passant de 2649 à 5076 kilomètres carrés [l'équivalent d'un département français de métropole].

Le rythme de progression de l'exploitation minière illégale est tout aussi inquiétant. « Rien que dans les terres des Yanomami, il y a déjà plus de 30 000 mineurs », rapporte le coordinateur du Conseil missionnaire indigène (CIMI), Antonio Eduardo Oliveira. Jusqu'à la fin de l'année dernière, l'estimation était de 20 000 mineurs. Selon Eduardo Oliveira, la crise sanitaire a affaibli encore plus les contrôles et a ouvert des brèches pour l'action des envahisseurs. Selon lui, le Secrétariat spécial à la santé indigène (SESAI) n'a aucun plan de prévention d'urgence ou de confinement au cas où la maladie progresserait dans les communautés autochtones.

« Depuis le début de la crise, nous avons fait appel au gouvernement, mais nous sommes sans réponse »

Robson Santos Silva, secrétaire à la Santé indigène, a dit à l'Agência Pública que le SESAI avait organisé son programme d'action pour être en mesure d'accompagner l'évolution de la maladie. « Le plan est mobile et peut être modifié à chaque étape », a-t-il déclaré. Dans une vidéo publiée sur le site web du Secrétariat spécial à la santé indigène, Robson Santos Silva signale que la phase la plus compliquée a commencé mi-avril. Il a appellé les populations autochtones à rester isolées et dans leurs communautés. Le SESAI, poursuivait-il, s'occupe de la santé de base dans les districts indigènes, tandis que le Service national de santé brésilien (SUS) s'occupera de tous, y compris des cas les plus graves d'autochtones contaminés. Le secrétaire d'État a dit qu'il ne voulait pas accuser les hôpitaux, mais que les trois autochtones décédés n'avaient pas quitté leurs villages avec les symptômes du coronavirus.

« Depuis le début de la crise, nous avons fait appel à l'action du gouvernement, mais nous sommes sans réponse jusqu'à présent. Avec la suppression de la FUNAI [Fondation nationale de l'indien, un organe du gouvernement brésilien chargé de délimiter les terres des peuples autochtones], les risques ont augmenté », explique Eduardo Oliveira. Le CIMI a demandé à ses 200 employés impliqués dans l'aide aux autochtones de quitter les villages et de commencer à suivre la situation à distance. Sonia Guajajara estime que la FUNAI a été démantelée et rééquipée pour servir les grands propriétaires terriens et les compagnies minières, stimulés par la politique de soutien du gouvernement Bolsonaro aux activités économiques sur les terres indigènes.

Le ministre de la Justice Sergio Moro [qui a quitté avec fracas le gouvernement brésilien fin avril], à qui la FUNAI est subordonnée, se comporte, selon elle, comme un ignorant complet des risques du coronavirus. « Il ne dit rien », dénonce-t-elle. Le 13 avril, Sergio Moro a rompu le silence. Il a déclaré que la contagion qui avait entraîné les trois décès s'était produite en dehors des villages et que les actions du ministère de la Justice avaient commencé par l'isolement des communautés. Selon lui, les visites aux communautés ne se font que dans des cas exceptionnels, pour apporter un soutien.

Il y a deux semaines, l'APIB, avec l'aide du Ministère public fédéral, a réussi à faire annuler partie d'une ordonnance du président de la FUNAI, Marcelo Xavier, qui permettait aux coordinateurs régionaux de prendre contact avec des autochtones isolés, tâche complexe et délicate effectuée par un service spécifique de l'institution [1]. En temps de pandémie, le contact avec des personnes non préparées, avertit Sonia Guajajara, représenterait un risque élevé car les autochtones isolés n'ont aucune défense immunitaire contre les virus les plus courants. Le Ministère public fédéral a également recommandé des mesures d'urgence pour protéger la santé des populations autochtones et évoqué un « scénario de risque de génocide » sans parler pour autant des mesures qui seraient recommandées.

« L'exploitation minière illégale en terres Yanomami est incontrôlable »

Coordinateur du Conseil indigéniste de Roraima (CIR), Enoque Taurepang affirme que le flux des mineurs et des entrepreneurs qui les financent génère des risques élevés pour les Yanomami, qui présentent déjà de graves problèmes de santé en raison des déversements de mercure dans les rivières et ruisseaux, liés à l'extraction de l'or.

« Malheureusement, l'exploitation minière illégale en terres Yanomami est incontrôlable. Il y a des entrepreneurs d'autres États dans ces zones. On va à leur rencontre et on leur dit que c'est interdit, mais ils n'obéissent pas, ils ne connaissent pas le mot "non". Ils rétorquent que c'est du travail et que l'interdiction d'exploitation minière ne s'applique pas », explique Enoque Taurepang. Selon lui, les exploitants de mines illégales ont intensifié les invasions depuis le début de la crise sanitaire, certains qu'ils ne subiront pas de représailles.

La dernière action conjointe de la police fédérale et de l'armée pour les expulser a eu lieu le 13 mars, dans la communauté de Napoleão de l'ethnie Macuxi, sur la terre indigène Raposa Serra do Sol. Les deux organes ont démantelé une mine en construction, arrêté l'homme d'affaires qui finançait l'activité et quatre autochtones. « Aujourd'hui, nous ne connaissons plus les itinéraires empruntés par les mineurs illégaux. Ils entrent sans se soucier d'avoir l'armée à leurs trousses. Nous ne pouvons pas faire grand chose et nous ne savons même pas ce qui se passe avec ces exploitations minières en ce moment. C'est une chose pour la communauté de lutter contre les invasions, c'en est une autre d'avoir un président qui fait en sorte que ces activités aient lieu sur nos terres. Un président qui, à chaque occasion, parle de l'exploration de minerais », critique le dirigeant indigène.

Enoque Taurepang affirme que la loi ne fonctionne pas pour les mines illégales : « Nous luttons contre l'État, contre cette maladie et nous ne savons pas combien de temps encore nous pourrons repousser toutes ces attaques. Nous sommes subordonnés à un État, à la loi et à la Constitution, qui ne fonctionnent qu'au profit des hommes d'affaires de ce gouvernement. » Selon lui, l'absence d'organes de l'État et le manque d'équipements de base dans les postes de soins - tels que gants, masques, gel hydroalcoolique et médicaments - font craindre une sévère contagion parmi les populations autochtones et chez les dirigeants qui servent de médiateurs entre les divers villages.

Des « gardiens » pour protéger les territoires indigènes contre les invasions

Le 13 avril, le journal O Estado de São Paulo rapportait que la FUNAI avait reçu deux semaines plus tôt 11 millions de réais supplémentaires, d'un fonds d'urgence, pour la protection des populations autochtones, mais qu'elle n'a toujours pas engagé un seul centime. Adriano Corinthia, coordinateur de la santé indigène pour la région orientale de Roraima, a déclaré qu'une attention particulière est accordée à l'entrée des Vénézuéliens et au contrôle des flux entre les villages et les villes, mais que les soins sont ceux prodigués habituellement, sans matériel permettant le test du coronavirus. « Nous disposons d'une réserve minimale de matériel pour les professionnels de santé et de médicaments uniquement pour le traitement des symptômes », dit l'infirmier Manoel Avelino, qui travaille avec les Yanomami. Pour pallier ce manque, le gouvernement fédéral a envoyé à l'État du matériel illustré des informations sur le virus recommandées par le ministère de la Santé.

Selon l'infirmier, les mines illégales sont des zones à risque de contagion. L'année dernière, l'insécurité dans la région a conduit le Conseil indigéniste de Roraima à organiser des groupes de surveillance, de protection et de contrôle, des « gardiens » pour protéger les territoires indigènes contre les invasions. Avec la plus grande population autochtone du pays, estimée à 55 000 personnes réparties en 413 communautés sur 32 terres indigènes déjà délimitées, l'État de Roraima est l'un des zones du pays les plus harcelées par les exploitants miniers, qui investissent massivement dans des mines illégales.

La pandémie de coronavirus a accru la tension dans la région, rapporte Enoque Taurepang. « La situation est compliquée. Nous avons des problèmes avec l'immigration, l'exploitation minière illégale et maintenant avec la fuite de gens qui quittent les villes pour aller se réfugier dans les villages et les zones rurales. Nous travaillons avec les groupes de surveillance au contrôle de notre territoire. Mais ces personnes, seules, sans équipement, ne peuvent pas faire ce travail car cela les expose aussi au risque de contracter cette maladie », avertit le coordinateur du CIR.

Enoque Taurepang a pris la direction du CIR l'année dernière. Il est le chef de la communauté Araçá dans la municipalité d'Amajari, à la frontière avec le Venezuela, où 53 % de la population est autochtone. Le village indigène abrite entre 1800 et 2000 personnes qui, selon lui, souffraient déjà du flux migratoire de ceux qui arrivent au Brésil par la route BR-174. Plus à l'est, dans la terre Raposa Serra do Sol, le métissage est l'un des facteurs préoccupants. Les trois municipalités de la terre indigène ont une population majoritairement indigène, avec 88% à Uiramutã, 56% en Normandia, à la frontière avec la Guyane anglaise, et 55% à Pacaraima, à la frontière avec le Venezuela. Le Roraima est l'État qui compte la plus forte proportion d'autochtones, avec 11% d'une population estimée à 450 400 habitants en 2010, ce qui explique la forte présence des groupes ethniques dans les villes, dont la capitale, Boa Vista.

« Nous faisons ce que nous pouvons, en arrêtant totalement la vie de la communauté pour survivre sur nos territoires »

Selon le recensement de 2010, 8500 des 450 000 habitants de la capitale de l'État se sont déclarés autochtones - ceux qui vivent dans les villes ne sont pas desservis par le SESAI, mais reçoivent, comme la population générale, un traitement de la part du service national de santé du SUS. Le projet de confinement du CIR vise à contrôler le retour d'individus issus de différentes ethnies qui vivent dans les villes et qui, face à la crainte de la contagion, cherchent refuge dans les zones rurales. « Notre principal objectif est de mettre en place des barrières aux entrées pour que la population non-autochtone n'entre pas et que les autochtones ne sortent pas. S'il est nécessaire de rechercher une forme de soutien pour la famille, que ce soit de manière organisée. Nous faisons ce que nous pouvons, en arrêtant totalement la vie de la communauté pour combattre le virus et survivre sur nos territoires », détaille Enoque Taurepang. Il rappelle cependant qu'il est difficile de convaincre un père de famille de rester isolé lorsqu'il doit aller chasser et pêcher. « Il est impossible de demander aux pères de rester à l'intérieur 24 heures sur 24, car ils ne gagnent rien, ni salaire, ni soutien. »

Enoque Taurepang dit qu'il a suivi quotidiennement les bilans établis par le comité de gestion du coronavirus et les mesures annoncées par le ministère de la Santé. Il estime qu'il n'y a rien de clair sur la façon de traiter les communautés autochtones qui, en plus d'être biologiquement plus fragiles face au virus de la grippe, étaient déjà confrontées à l'abandon des organismes d'État et à la forte recrudescence d'usurpateurs de terres et de mineurs illégaux. Le coordinateur du CIR déclare que les communautés se battent seules pour faire face à une probable progression du virus : « Il est nécessaire que le gouvernement et les institutions compétentes viennent nous aider. Nous avons besoin des matériels de base pour prévenir et combattre la maladie si elle atteint les communautés. Mais il semble que les communautés n'existent pas, qu'elles vivent dans un autre monde. Il n'y a pas, jusqu'à ce jour, de politique ou de programme d'urgence permettant de prendre soin de notre peuple, qui est plus vulnérable et qui se bat seul ici, sur le front. »

Ces derniers jours, le CIR est entré en contact avec les communautés par le biais de téléphones portables, de radios, adressant des messages de suspension de réunions ou de célébrations qui réuniraient de nombreuses personnes. « Notre stratégie consiste à utiliser les réseaux sociaux et tout ce qui est possible en matière de communication pour tenir nos populations informées de tout ce qui se passe. Nous les mettons en garde et leur demandons de se protéger. C'est tout ce que nous pouvons faire », dit le directeur du CIR.

Tentative de faire adopter des mesures "urgentissimes" au Congrès

Au Congrès, la résistance autochtone au coronavirus est menée par la députée Joenia Wapichana (du parti Rede-RRR), coordinatrice du Front parlementaire commun pour la défense des droits des peuples autochtones. « L'augmentation des invasions de terres indigènes est une préoccupation supplémentaire. Cette période de crise sanitaire n'a pas arrêté les invasions qui visent l'exploitation des ressources naturelles à l'intérieur des terres indigènes », a déclaré la parlementaire dans une interview en ligne, le 9 avril. Joenia Wapichana a également assuré que les peuples autochtones ont agi rapidement et fermement pour empêcher le Covid-19 de se propager dans les villages. « Les communautés ont travaillé sans relâche pour alerter leur propre population de ne pas se rendre dans les centres urbains, en adoptant des mesures d'isolement afin qu'il n'y ait pas d'entrées de personnes étrangères, des efforts visant précisément à protéger la collectivité », a-t-elle dit.

Dans ce contexte, la sécurité alimentaire est une préoccupation : des méthodes sont en cours de discussion pour s'assurer que la distribution de denrées de base ne soit pas entravée, car ce sont des fonctionnaires d'agences comme la FUNAI, venant de l'extérieur des villages, qui les livrent. Le 13 avril, la ministre des Femmes, de la Famille et des Droits humains, Damares Alves, a annoncé que le ministère allait distribuer 323 000 sacs de denrées alimentaires de base à 161 familles indigènes et de quilombolas [des communautés de descendants d'esclaves].

Au Parlement, Joenia Wapichana peut compter sur des alliés [2]. Avec d'autres parlementaires, elle a proposé un projet de loi qui oblige l'État à dégager des ressources supplémentaires pour le système de santé indigène. Cette proposition devrait être annexée à un projet législatif qui appelle à l'adoption de mesures "urgentissimes" pour aider les communautés pendant la durée de calamité publique due au coronavirus. Parmi les actions figurent le versement d'une aide d'urgence, du montant du salaire minimum, aux populations indigènes de tout le pays, le renforcement de la protection de leurs territoires et l'augmentation de la structure sanitaire des États et des municipalités.

Un article du site d'informations brésilien Agência Pública, paru préalablement en français sur le site de Autres Brésils.

Traduction : Philippe Aldon (pour Autres Brésils)

[1] L'ordonnance de la FUNAI a été jugée "confuse et biaisée" par Nara Baré, coordinatrice générale de la Coordination des organisations indigènes de l'Amazonie brésilienne (Coiab), dans un entretien avec Amazônia Real. La coordinatrice souligne que l'article premier de l'ordonnance défini le caractère ‘exceptionnel' de ces mesures tout permettant des mesures dangereuses : l'article troisième restreint le contact avec les agents de la FUNAI et l'entrée de civils dans les terres indigènes. Mais le paragraphe trois du même article stipule que la FUNAI ne régulera pas le l'entrée des agents de santé ni de sécurité. Or, l'article suivant, le quatrième, confirme que toutes les activités de contact avec les peuples isolés sont annulées mais, peuvent être maintenue si nécessaire, notamment pour les forces armées, avec l'accord de la Coordination Régional de la FUNAI.

[2] Observatoire de la Démocratie Brésilienne - Autres Brésils
Panorama du Parlement brésilien

Les groupes d'intérêt au Parlement :
Autre conséquence de la fluidité des coalitions, au-delà des « partis politiques » c'est l'appartenance à des groupes d'intérêts appelés bancadas qui caractérise le profil des élu.es. Parmi eux, le Front Parlementaire de Défense des Droits des Peuples Autochtones, avec 210 député·es ; le Front Parlementaire de Participation Populaire Féministe et Anti-raciste, fort de 213 député·es ; le Front Parlementaire en Défense des Favelas, avec 208 parlementaires inscrits ou le Front Parlementaire de Défense de la Démocratie et des Droits Humains, composé de par 207 député·es

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