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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Urgence climatique, justice sociale - Copenhague d&#233;cembre 2009</title>
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		<dc:date>2009-09-29T18:27:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Initiative pour un autre monde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Nous sommes &#224; la crois&#233;e des chemins. Issu de l'activit&#233; humaine, dans le cadre d'un mod&#232;le de production agricole et industriel que les soci&#233;t&#233;s industrialis&#233;es ont mis en place et qui se r&#233;pand sur l'ensemble de la plan&#232;te, le r&#233;chauffement climatique met en danger les moyens d'existence et les vies de milliards d'&#234;tres humains, et menace d'extinction des millions d'esp&#232;ces. D'ores et d&#233;j&#224;, des populations enti&#232;res sont affect&#233;es, en particulier les femmes, les peuples indig&#232;nes, les paysan-ne-s et, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les plus d&#233;favoris&#233;s.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes &#224; la crois&#233;e des chemins. &lt;strong&gt;Issu de l'activit&#233; humaine&lt;/strong&gt;, dans le cadre d'un mod&#232;le de production agricole et industriel que les soci&#233;t&#233;s industrialis&#233;es ont mis en place et qui se r&#233;pand sur l'ensemble de la plan&#232;te, &lt;strong&gt;le r&#233;chauffement climatique met en danger les moyens d'existence et les vies de milliards d'&#234;tres humains, et menace d'extinction des millions d'esp&#232;ces&lt;/strong&gt;. D'ores et d&#233;j&#224;, des populations enti&#232;res sont affect&#233;es, en particulier les femmes, les peuples indig&#232;nes, les paysan-ne-s et, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les plus d&#233;favoris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; cette crise &#233;cologique et sociale, mouvements sociaux, organisations &#233;cologistes, politiques et scientifiques du monde entier appellent &#224; une action urgente et radicale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 7 au 12 d&#233;cembre prochains, &lt;strong&gt;la Conf&#233;rence des Nations Unies sur le changement climatique se tiendra &#224; Copenhague&lt;/strong&gt;. Elle doit d&#233;terminer les objectifs et les solutions &#224; mettre en &#339;uvre &#224; l'&#233;chelle internationale pour prolonger le protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les climatologues, il faudrait que les pays industrialis&#233;s, premiers responsables de l'&#233;mission des gaz &#224; effet de serre (GES), r&#233;duisent leurs &#233;missions de &lt;strong&gt;25 &#224; 40 % d'ici &#224; 2020&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;80 &#224; 95 % d'ici &#224; 2050 (par rapport &#224; 1990).&lt;/strong&gt; Faire diminuer les &#233;missions dans ces proportions est imp&#233;ratif pour limiter &#224; 2&#176;C la hausse des temp&#233;ratures par rapport au niveau de l'&#232;re pr&#233;industrielle. Au-del&#224;, l'emballement climatique se produirait. Il ne serait plus possible de maintenir une temp&#233;rature vivable sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les politiques actuelles sont dans l'impasse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, &lt;strong&gt;les mesures mises en &#339;uvre et pr&#233;vues par les diff&#233;rents &#201;tats sont tout &#224; fait insuffisantes&lt;/strong&gt;. Les mesures que pr&#233;conise notamment l'Union Europ&#233;enne, qui n'envisage de r&#233;duire ses &#233;missions que de &lt;strong&gt;20 % en 2020,&lt;/strong&gt; sont tr&#232;s en de&#231;&#224; des enjeux. Et alors que leurs &#233;missions de GES par habitant sont les premi&#232;res au monde, la proposition des Etats-Unis (r&#233;duction de 5 % des &#233;missions sur la m&#234;me p&#233;riode) est, quant &#224; elle, une v&#233;ritable provocation vis-&#224;-vis des autres Nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les solutions propos&#233;es actuellement ne sont pas cr&#233;dibles. Car elles reposent essentiellement sur les m&#233;canismes de march&#233; alors que la crise &#233;conomique et financi&#232;re a, une fois encore, montr&#233; leur incapacit&#233; &#224; se substituer &#224; l'action publique et collective. La politique du &#171; march&#233; pilote &#187; international de droits &#224; polluer est clairement d&#233;faillante et les projets de l'Union europ&#233;enne et des Etats-Unis en la mati&#232;re rel&#232;vent du mirage id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fausses solutions sont &#233;galement technologiques.&lt;strong&gt; Le nucl&#233;aire, outre qu'il s'agit d'une technologie porteuse de risques majeurs, ne peut &#234;tre en aucun cas la solution&lt;/strong&gt; : m&#234;me un d&#233;veloppement ambitieux du parc nucl&#233;aire ne r&#233;duirait les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre que de fa&#231;on tr&#232;s marginale. &lt;strong&gt;Les agrocarburants industriels&lt;/strong&gt; quant &#224; eux posent de nombreux probl&#232;mes environnementaux et aggravent la crise alimentaire sans contribuer &#224; la baisse des &#233;missions.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Des mesures v&#233;ritablement alternatives sont n&#233;cessaires&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les objectifs de r&#233;duction des &#233;missions de GES &#224; atteindre ne peuvent l'&#234;tre que par l'adoption, par les collectivit&#233;s, les pays et les ensembles r&#233;gionaux, de mesures &lt;strong&gt;radicales et alternatives :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;mocratisation de l'&#233;conomie, qui doit &#234;tre orient&#233;e vers la satisfaction des besoins sociaux et le respect des contraintes &#233;cologiques, et non par le profit &#224; tout prix, par les diktats de la soci&#233;t&#233; de consommation et du productivisme ; cela implique le soutien aux circuits courts, &#224; l'&#233;conomie sociale et solidaire, au secteur coop&#233;ratif ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;orientation des investissements (notamment de recherche) vers les &#233;nergies renouvelables, la cog&#233;n&#233;ration, l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique et les projets &#233;cologiquement soutenables ; valorisation de la sobri&#233;t&#233; &#233;nerg&#233;tique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Reconnaissance et protection des biens publics mondiaux tels que l'&#233;nergie, le climat, les for&#234;ts, la terre et l'eau ; arr&#234;t de la d&#233;forestation, protection des for&#234;ts primaires et des oc&#233;ans, et, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, d&#233;fense de la biodiversit&#233; sauvage et cultiv&#233;e ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Relocalisation des activit&#233;s &#233;conomiques, rapprochement des lieux de vie et de travail, ma&#238;trise de l'urbanisation, d&#233;veloppement des transports collectifs, limitation du transport a&#233;rien ; taxation juste et progressive, au niveau national et international, de l'&#233;nergie et des transports les plus polluants ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Retour &#224; la r&#233;gulation du commerce international, garantissant notamment la souverainet&#233; alimentaire et le d&#233;veloppement massif de l'agriculture paysanne, au Nord comme au Sud ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Promotion d'un mod&#232;le alimentaire alternatif au mod&#232;le des pays industrialis&#233;s (majoritairement &#224; base de prot&#233;ines animales) afin de pouvoir diminuer les surfaces cultiv&#233;es pour l'alimentation animale, donc r&#233;duire les &#233;missions de GES du secteur agricole ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;novation massive des b&#226;timents et promotion de la construction &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Justice climatique et sociale doit &#234;tre au centre des politiques mises en &#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsabilit&#233;s historiques des pays du Nord et du mode de d&#233;veloppement productiviste dans cette crise globale doivent &#234;tre reconnues. La justice et l'&#233;quit&#233; exigent que soit r&#233;par&#233;e la dette &#233;cologique du Nord, a minima par l'annulation des dettes du Tiers-Monde. Les transferts technologiques respectueux de l'environnement et des soci&#233;t&#233;s au Sud doivent &#234;tre financ&#233;s et l'aide publique au d&#233;veloppement augment&#233;e, sans que cela exon&#232;re le Nord de ses propres objectifs de r&#233;duction des &#233;missions. Les r&#233;fugi&#233;s climatiques doivent &#234;tre reconnus et accueillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de chaque pays, des mesures d'accompagnement et de justice sociale sont indispensables afin que chacun puisse faire face aux changements &#224; op&#233;rer, en ayant la certitude que les efforts seront partag&#233;s par tou-te-s. Il faut garantir un acc&#232;s juste et &#233;quitable aux biens et services essentiels tels que l'&#233;nergie, qui ne doivent pas &#234;tre laiss&#233;s au march&#233; mais faire l'objet d'une r&#233;appropriation par la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre r&#233;partition des richesses doit permettre une transition solidaire vers des &#233;conomies &#233;cologiques, au Nord comme au Sud&lt;/strong&gt;. Le droit au travail pour tous est au c&#339;ur de cette r&#233;partition. C'est pourquoi un emploi d&#233;cent permettant un revenu digne doit &#234;tre garanti &#224; chacun-e. Les revenus financiers et du patrimoine doivent &#234;tre lourdement tax&#233;s afin de d&#233;gager les moyens n&#233;cessaires &#224; la transformation des &#233;conomies.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La gestion des financements doit &#234;tre d&#233;mocratique et garantir la participation des populations locales.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les sommes colossales investies dans le sauvetage du syst&#232;me bancaire montrent que les moyens financiers existent. Les mesures &#224; prendre doivent &#234;tre d&#233;battues d&#233;mocratiquement et faire l'objet de politiques publiques audacieuses, passant outre les int&#233;r&#234;ts des grands lobbies &#8211; notamment des hydrocarbures, et d&#233;finissant une production industrielle ax&#233;e sur les besoins et non sur le profit ainsi qu'une r&#233;partition plus juste des richesses naturelles et produites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, nous appelons les associations de d&#233;fense de l'environnement, syndicats, associations de solidarit&#233; internationale, organisations politiques, collectivit&#233;s locales, et plus g&#233;n&#233;ralement tous les citoyen-ne-s &#224; rejoindre la mobilisation internationale et &#224; organiser des initiatives communes pour&lt;strong&gt; peser sur les d&#233;cisions du sommet de Copenhague de d&#233;cembre 2009.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mobilisons-nous maintenant pour le climat et la justice sociale&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14988" class="spip_out"&gt;http://www.europe-solidaire.org/spi...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Premiers Signataires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acme France (Association pour le Contrat Mondial de l'Eau), Action Consommation, A.C. ! Agir ensemble contre le ch&#244;mage, AE2D (Agir pour un Environnement et un D&#233;veloppement Durables), Aitec &#8211; IPAM (Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs &#8211; Initiatives Pour un Autre Monde), Amis de la Terre, Attac France, Avenir Climat, Bizi !, CADTM France (Comit&#233; pour l'annulation de la dette du Tiers Monde), Centre national d'information ind&#233;pendante sur les d&#233;chets (Cniid) Conf&#233;d&#233;ration Paysanne, Ecorev', Europe solidaire sans fronti&#232;res (ESSF), Fac Verte, Fondation Copernic, Fondation Sciences Citoyennes, France Am&#233;rique Latine, FSU (F&#233;d&#233;ration Syndicale unitaire), IDD (Immigration D&#233;veloppement D&#233;mocratie), LDH (Ligue des Droits de l'Homme), Mouvement de la Paix, MRJC (Mouvement Rural de Jeunesse Chr&#233;tienne), R&#233;seau F&#233;ministe &#171; Ruptures &#187;, R&#233;seau Sortir du Nucl&#233;aire, Union Syndicale Solidaires, V&#233;lorution Paris &#206;le-de-France, Zone d'Ecologie Populaire (ZEP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenu par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lter Ekolo, F&#233;d&#233;ration pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Jeunes Verts, Les Alternatifs, Les Verts, Parti de Gauche, NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), Utopia.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Depuis nos villages vers New Delhi et Gen&#232;ve : les paysans indiens manifestent contre l'OMC</title>
		<link>https://www.alterinter.org/?Depuis-nos-villages-vers-New-Delhi-et-Geneve-les-paysans-indiens-manifestent</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.alterinter.org/?Depuis-nos-villages-vers-New-Delhi-et-Geneve-les-paysans-indiens-manifestent</guid>
		<dc:date>2009-09-29T17:50:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>KHADSE Ashlesha, Via Campesina Asie du Sud</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;(New Delhi, 8 septembre 2009) Le Comit&#233; indien de coordination des mouvements de paysans comprenant des organisations telles que Bhartiya Kisan Union et Karnataka Rajya Ryota Sanghe, membres de La Via Campesina, a organis&#233; une manifestation de plus de 50.000 personnes le 3 septembre &#224; New Delhi. Ce jour l&#224;, avait lieu l'inauguration de la mini r&#233;union minist&#233;rielle informelle de l'OMC organis&#233;e par le Gouvernement indien &#224; Delhi. L'Inde a lanc&#233; le signal que finalement on est sorti de l'impasse de Doha Round et que la lib&#233;ralisation et la &#8220;corporatisation&#8221; de l'agriculture dans le cadre de l'Organisation mondiale du Commerce pourrait finalement &#234;tre conclue en 2010. Ce qui va mettre en danger les moyens de subsistance de plus des 2/3 du milliard d'habitants de l'Inde.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;(New Delhi, 8 septembre 2009) Le Comit&#233; indien de coordination des mouvements de paysans comprenant des organisations telles que Bhartiya Kisan Union et Karnataka Rajya Ryota Sanghe, membres de La Via Campesina, a organis&#233; une manifestation de plus de 50.000 personnes le 3 septembre &#224; New Delhi. Ce jour l&#224;, avait lieu l'inauguration de la mini r&#233;union minist&#233;rielle informelle de l'OMC organis&#233;e par le Gouvernement indien &#224; Delhi. L'Inde a lanc&#233; le signal que finalement on est sorti de l'impasse de Doha Round et que la lib&#233;ralisation et la &#8220;corporatisation&#8221; de l'agriculture dans le cadre de l'Organisation mondiale du Commerce pourrait finalement &#234;tre conclue en 2010. Ce qui va mettre en danger les moyens de subsistance de plus des 2/3 du milliard d'habitants de l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants, paysans et paysannes, sont arriv&#233;s en train, en bus et &#224; pied depuis tous les coins du pays portant des pancartes avec l'inscription &#8220;L'agriculture en dehors de l'OMC &#8221;, protestant ainsi contre l'initiative du gouvernement indien pour relancer l'OMC. Les leaders des mouvements de plusieurs Etats ainsi que Henry Saragih, leader de l'Union des Paysans d'Indon&#233;sie et coordinateur g&#233;n&#233;ral de La Via Campesina se sont adress&#233;s aux paysans et paysannes des Etats d'Uttar Pradesh, du Punjab, Haryana, Madhya Pradesh, Himachal Pradesh, Rajasthan, Maharashtra, Uttranchal et Karnataka. Certains manifestants ont franchi les barricades dress&#233;es par la police, arr&#234;t&#233;s et emmen&#233;s au commissariat de police de Parliament Street. 51.000 personnes furent arr&#234;t&#233;es pour avoir d&#233;sob&#233;i aux consignes de la police mais furent rapidement rel&#226;ch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements indiens, membres de Via Campesina, ont organis&#233; diverses actions en plus des manifestations de masse pour lutter contre l'OMC. Ils ont d'abord eu, le 1er septembre, une r&#233;union avec le Ministre du Commerce o&#249; il leur a &#233;t&#233; promis que l'Inde ne trahirait pas ses paysans. Pour autant, le Ministre n'a pas tenu ses promesses au cours des n&#233;gociations. Ils co-organis&#232;rent &#233;galement une r&#233;union strat&#233;gique nationale avec d'autres organisations comme les syndicats. De plus, ils ont remis une lettre au Gouvernement indien faisant part de leur indignation au motif que le Gouvernement de l'Inde s'est pr&#233;cipit&#233; de fa&#231;on soudaine pour conclure le Doha Round qui menace surtout l'existence m&#234;me de millions de paysans et d'agriculteurs en octroyant la priorit&#233; et le contr&#244;le du commerce mondial de l'agriculture aux acteurs agricoles largement subventionn&#233;s des pays d&#233;velopp&#233;s. Ils firent savoir qu'ils &#233;taient scandalis&#233;s par le fait que, contrairement &#224; ses engagements d&#233;mocratiques, le Gouvernement indien a progress&#233; au niveau de divers Accords de Libre Echange et des n&#233;gociations avec l'OMC dans le plus grand secret et sans chercher &#224; ouvrir des consultations ou des d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde a perdu de plus en plus de terrain face aux pays d&#233;velopp&#233;s, en particulier face aux Etats-Unis, dans les n&#233;gociations sur les seuls m&#233;canismes qui pourraient la prot&#233;ger contre la d&#233;vastation de son secteur vital de l'agriculture &#8211; &#8216;Produits sp&#233;ciaux' (SP) et &#8216;M&#233;canismes sp&#233;ciaux de sauvegarde' (SSM). A titre d'exemple, l'Inde ne peut que prot&#233;ger huit ou neuf de ses cultures des r&#233;ductions tarifaires douani&#232;res et seulement 5% de ses produits agricoles. Ce qui est ridicule pour un pays qui est l'une des 12 m&#233;ga-r&#233;gions du monde avec une diversit&#233; agricole de plus de cent cultures dans plus de 15 zones agro-climatiques et avec des traditions culturelles humaines y &#233;tant associ&#233;es. En outre, le SSM, destin&#233; &#224; &#233;viter l'augmentation des importations, est devenu compl&#232;tement impraticable du fait qu'on y a ajout&#233; plusieurs &#8216;termes et conditions'. Ces mesures de protection apparentes sont totalement inefficaces. Sans compter que les Etats Unis ont fait pression pour avoir un acc&#232;s au march&#233; sur des cultures sp&#233;cifiques telles que le ma&#239;s, le riz, le coton et le soja --- cultures largement subventionn&#233;es et objet de dumping sur les march&#233;s mondiaux mais source de revenus pour des millions de paysans et d'ouvriers agricoles en Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas uniquement de perte de revenus pour les paysans, mais &#233;galement de la question portant sur le mod&#232;le d'agriculture actuellement encourag&#233; par l'OMC &#8211; &#224; savoir une agriculture intensive industrielle et chimique, destructrice de l'environnement et aux mains des grandes entreprises agricoles des Etats Unis. L'Inde poss&#232;de une riche tradition d'agriculture paysanne qui est en train d'&#234;tre d&#233;truite par une politique de libre &#233;change compl&#232;tement absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Le 1er septembre, au cours d'une r&#233;union avec les leaders paysans, le Ministre Sharma nous a promis qu'il n'irait pas contre les int&#233;r&#234;ts des paysans indiens lors des n&#233;gociations OMC. Or, par la suite, il a fait volte face et a approuv&#233; un texte sur l'agriculture qui ne permet de prot&#233;ger que 5% de notre agriculture contre la r&#233;duction des droits de douane. En outre, les m&#233;canismes de sauvegarde sont inefficaces et ne vont pas prot&#233;ger nos paysans contre les produits subventionn&#233;s en provenance des Etats-Unis et de l'Union europ&#233;enne. Ceci constitue une v&#233;ritable trahison pour les 65 communaut&#233;s de paysans qui sont d&#233;j&#224; an&#233;anties par la crise agricole en Inde.&#8221;, d&#233;clare Yudhvir Singh de Bharatiya Kisan Union (BKU) et coordinateur de La Via Campesina pour l'Asie du Sud. &#171; Nous allons donc intensifier nos mobilisations &#224; niveau local et national jusqu'&#224; ce que le Ministre Sharma et le Premier Ministre satisfassent leurs promesses de prot&#233;ger les moyens d'existence de nos paysans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans indiens de Via Campesina se sont engag&#233;s &#224; se battre contre l'injustice du syst&#232;me OMC quelque soit l'endroit o&#249; il s&#233;vit. Ils pr&#233;voient de mettre en place une cha&#238;ne de mobilisations &#224; travers toute l'Inde &#224; partir des villages jusqu'&#224; la r&#233;union de l'OMC &#224; Gen&#232;ve fin novembre. A Gen&#232;ve, les paysans indiens et les paysans du reste du monde se mobiliseront avec La Via Campesina pour d&#233;fendre leur vision d'un syst&#232;me agricole alternatif et d'un monde de paix, de diversit&#233;, de justice et de dignit&#233;. Leur lutte pour maintenir l'agriculture en dehors de l'OMC est un pas en avant important visant &#224; prot&#233;ger l'alimentation et la diversit&#233; de la majorit&#233; des habitants de notre monde, leurs cultures et leur environnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14986" class="spip_out"&gt;http://www.europe-solidaire.org/spi...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Base US en &#201;quateur : un &#233;trange locataire quitte Manta </title>
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		<dc:creator>ALAI </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;En 1999, un &#233;trange visiteur a d&#233;barqu&#233; chez Mme Manta avec des avions, des radars et des militaires. Il voulait louer un endroit o&#249; installer une base pour contr&#244;ler les narcotrafiquants terroristes des pays latino-am&#233;ricains. Mme Manta n'avait jamais vu un terroriste et n'y connaissait rien en stup&#233;fiants, mais comme elle est plut&#244;t sympa, elle accueillit l'&#233;tranger chez elle. Le probl&#232;me, c'est que le propri&#233;taire du lotissement, Jamil Mahuad, ami intime du visiteur, signa une convention sans rien demander &#224; personne, qui permit &#224; l'&#233;tranger d'occuper la maison de Mme Manta&#8230; Dix ans plus tard, le locataire a &#233;t&#233; expuls&#233; de la maison de Mme Manta. En quel &#233;tat a-t-il laiss&#233; la maison ? Quelles relations a-t-il eu avec ses voisins ? Qu'a-t-il fait pendant dix ans ? Ce sont les questions que se pose Manta ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1999, un &#233;trange visiteur a d&#233;barqu&#233; chez Mme Manta avec des avions, des radars et des militaires. Il voulait louer un endroit o&#249; installer une base pour contr&#244;ler les narcotrafiquants terroristes des pays latino-am&#233;ricains. Mme Manta n'avait jamais vu un terroriste et n'y connaissait rien en stup&#233;fiants, mais comme elle est plut&#244;t sympa, elle accueillit l'&#233;tranger chez elle. Le probl&#232;me, c'est que le propri&#233;taire du lotissement, Jamil Mahuad, ami intime du visiteur, signa une convention sans rien demander &#224; personne, qui permit &#224; l'&#233;tranger d'occuper la maison de Mme Manta&#8230; Dix ans plus tard, le locataire a &#233;t&#233; expuls&#233; de la maison de Mme Manta. En quel &#233;tat a-t-il laiss&#233; la maison ? Quelles relations a-t-il eu avec ses voisins ? Qu'a-t-il fait pendant dix ans ? Ce sont les questions que se pose Manta ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ant&#233;c&#233;dents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1999, peu de voix se s'&#233;lev&#232;rent pour mettre en garde la population &#224; propos de l'installation de la base militaire &#233;tasunienne en territoire &#233;quatorien. Tr&#232;s peu nombreux &#233;taient ceux qui disaient que cette pr&#233;sence impliquait une perte de souverainet&#233; et une complicit&#233; de l'&#201;quateur avec le Plan Colombie. Ce Plan Colombie que les &#201;tats-Unis commen&#231;aient &#224; mettre en place dans la r&#233;gion pour contr&#244;ler le trafic de drogue et d&#233;sarticuler les mouvements subversifs colombiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne en &#201;quateur ne fut inform&#233; des conditions figurant dans la convention, pas m&#234;me les repr&#233;sentants du Congr&#232;s ; l'ensemble reposait sur la servilit&#233; totale du gouvernement de Jamil Mahuad. Le n&#233;olib&#233;ralisme &#233;tait en plein essor dans le pays, les partis de droite occupaient tous les espaces du pouvoir. Le gouvernement s'effor&#231;ait de sauver les banquiers, conduisant l'&#201;quateur vers la plus grave crise &#233;conomique de son histoire. C'est dans ce contexte que le 12 novembre 1999, le gouvernement chancelant de Mahuad, &#224; la recherche d'appui aupr&#232;s de l'ambassade &#233;tasunienne, signait la convention permettant aux &#201;tats-Unis d'installer un Poste avanc&#233; d'op&#233;rations (en anglais Forward Operating Location, FOL) sur la base a&#233;rienne Eloy Alfaro de Manta. Au gr&#233; d'un jargon diplomatique bien rod&#233;, on parlerait d&#233;sormais officiellement du FOL, acronyme permettant d'&#233;viter de prononcer les mots &#171; base militaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le nouveau Miami&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ici &#224; Manta, ils nous ont promis un nouveau Miami. Cela a enthousiasm&#233; les &#233;lites de la ville qui ont form&#233; le Groupe pro Manta. Les gouvernements de l'&#233;poque ne faisaient rien pour les R&#233;gions, c'est pourquoi ces &#233;lites ont de suite &#233;t&#233; tr&#232;s int&#233;ress&#233;es par l'opportunit&#233; qui se pr&#233;sentait &#224; elles. Le dollar est devenu roi, nous nous sommes convertis en v&#233;ritables occidentaux, m&#234;me s'il y a eu des r&#233;sistances dans la r&#233;gion sud de Manab&#237; &#187;, d&#233;clare Miguel Mor&#225;n &#224; la Commission des questions Internationales et de la s&#233;curit&#233; publique de l'Assembl&#233;e nationale, qui s'int&#233;resse maintenant &#224; ce qu'ont fait les gringos &#224; Manta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miguel Mor&#225;n, avocat, syndicaliste et professeur de droit, est un des dirigeants du Mouvement anti-imp&#233;rialiste Thoall&#237;. Il est un des rares &#224; avoir pris la parole d&#232;s 1999 pour s'opposer &#224; l'installation de la base, &#224; une &#233;poque o&#249; la majorit&#233; de la population voyait s'ouvrir, avec son arriv&#233;e, des perspectives de croissance &#233;conomique. Il raconte que des mythes se sont construits autour de l'installation de la base. &#171; Les m&#233;dias et les autorit&#233;s locales, aux mains de la droite social-chr&#233;tienne, annon&#231;aient l'arriv&#233;e du r&#234;ve am&#233;ricain &#224; Manta. &#171; Les gringos vont amener des dollars, disaient-ils &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au fil des ans, le r&#234;ve am&#233;ricain a pr&#233;sent&#233; un autre visage &#224; Manta. Des bars, des discoth&#232;ques et des cabarets se sont construits ou agrandis. Les emplois cr&#233;&#233;s au sein du FOL ont dur&#233; huit mois, le temps de la r&#233;novation des installations a&#233;roportuaires. Ensuite, le FOL a uniquement offert des emplois de nettoyage ou de manutention, et les salaires propos&#233;s &#233;taient nettement inf&#233;rieurs &#224; ceux des &#233;tasuniens. La croissance tant attendue du tourisme et du commerce a alors profit&#233; &#224; une infime minorit&#233;. C'est ce que raconte le capitaine en retraite Jacobo Jara, un ancien de 90 ans qui, tout au long de sa vie, a vu les changements que Manta a subis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s affect&#233; par l'arriv&#233;e des am&#233;ricains. Sur l'avenue Flavio Reyes, ma famille avait son petit commerce, avec quelques autres. Avant, nous payions un loyer de 50 dollars par local, ce qui permettait &#224; tous les commer&#231;ants de travailler et de vivre d&#233;cemment. Et puis ils sont arriv&#233;s ; je ne dis pas que ce sont eux qui ont impos&#233; les prix, mais &#231;a a jou&#233;. Au d&#233;but, ils versaient des salaires &#233;lev&#233;s, jusqu'&#224; 1500 dollars ; pour certains, l'or vert coulait &#224; flots. Mais nos loyers sont rapidement pass&#233;s de 50 &#224; 500 dollars et nous n'avons pas pu tenir. Des businessmen sont arriv&#233;s, et nous, humbles petits commer&#231;ants, avons fait faillite et avons &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233;s de nos biens. Tous ceux qui avaient travaill&#233; l&#224; pendant des ann&#233;es ont perdu leur commerce et leur travail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'ambassade des Etats-Unis, &#171; le FOL injecte plus de 6,5 millions de dollars chaque ann&#233;e dans l'&#233;conomie locale de Manta &#187;. Mais pour Miguel Mor&#225;n, cet argent ne b&#233;n&#233;ficie pas &#224; la population de la ville : &#171; les militaires &#233;tasuniens ne consomment pas de produits locaux, m&#234;me l'eau ils l'importent. L'argent qu'ils injectent circule au sein d'une &#233;lite sociale ultra-minoritaire, entre bars de luxe et autres endroits r&#233;serv&#233;s. La croissance de Manta, si tant est qu'on puisse parler de croissance, est due &#224; d'autres facteurs qu'&#224; la pr&#233;sence de militaires &#233;trangers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambassade annonce que l'investissement r&#233;alis&#233; &#224; Manta &#171; inclut une part importante des co&#251;ts de fonctionnement de l'a&#233;roport, avec plus de 2 millions de dollars pour le d&#233;partement des pompiers du FOL et approximativement 200.000 dollars en co&#251;ts de maintenance de l'a&#233;roport &#187;. De son c&#244;t&#233;, le chef des pompiers de Manta, Sofon&#237;as Rezabala, rejette cet argument et assure que le travail des pompiers est totalement autonome, qu'ils n'ont re&#231;u aucun v&#233;hicule du FOL, malgr&#233; ce qui a &#233;t&#233; affirm&#233; dans la presse locale. &#171; Quand il y a eu cet incendie dans le centre, tous les habitants des quartiers populaires sont venus donner un coup de main ; les gens du FOL eux sont venus balayer les cendres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les promesses de &#171; bien &#234;tre &#187; qui accompagn&#232;rent l'installation de la base furent cr&#233;&#233;es de toutes pi&#232;ces par la presse, les autorit&#233;s locales et l'ambassade des Etats-Unis. Elles occultaient l'incidence g&#233;opolitique de cette base en &#201;quateur. C'est pourquoi des organisations locales et nationales commenc&#232;rent &#224; s'organiser et &#224; lutter contre la pr&#233;sence de militaires &#233;trangers et du FOL. Elles n'eurent pas la na&#239;vet&#233; de croire qu'il s'agissait d'un simple Poste avanc&#233; d'op&#233;rations. Elles commenc&#232;rent &#224; se poser des questions sur le r&#244;le de cette base au sein des nouvelles politiques de s&#233;curit&#233; des &#201;tats-Unis, et au-del&#224;, sur l'intention des &#201;tats-Unis d'acc&#233;der librement aux ressources &#233;nerg&#233;tiques et &#224; la biodiversit&#233;. Elles se demand&#232;rent &#233;galement quel &#233;tait le r&#244;le du FOL dans la mise en &#339;uvre du Plan Colombie. &#192; cet &#233;gard, l'ex-commandant du FOL, Javier Delucca d&#233;clara : &#171; La base de Manta est tr&#232;s importante dans le cadre du Plan Colombie. Nous sommes tr&#232;s bien situ&#233;s pour pouvoir op&#233;rer dans cette zone &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de cette base dans la militarisation de la r&#233;gion attira l'attention d'organisations antimilitaristes internationales, et la question du FOL de Manta devint embl&#233;matique de la r&#233;sistance &#224; l'h&#233;g&#233;monie militaire &#233;tasunienne dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, la Coalition pas de bases en &#201;quateur, compos&#233;e de plus d'une vingtaine d'organisations, commen&#231;a &#224; mener des actions et &#224; organiser des d&#233;bats. Cela permit de repositionner la base de Manta dans l'espace public, jusqu'&#224; ce que la question de la non-r&#233;novation du contrat d'utilisation de la base a&#233;rienne Eloy Alfaro atteigne les sph&#232;res du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, la Coalition a propos&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale constituante d'int&#233;grer &#224; la Constitution le texte suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#201;quateur est un territoire de paix qui exerce pleinement sa souverainet&#233; ; il n'accueillera pas de bases militaires &#233;trang&#232;res ni de troupes &#233;trang&#232;res et s'abstiendra de signer tout type de convention qui implique d'autres formes de pr&#233;sence militaire &#233;trang&#232;re. Le pays ne se m&#234;lera militairement &#224; aucun conflit hors du territoire national, que ce soit unilat&#233;ralement ou en coordination avec d'autres &#201;tats. Les entra&#238;nements et les exercices militaires ne se r&#233;aliseront avec aucun autre &#201;tat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel de cette proposition a &#233;t&#233; accept&#233; par l'Assembl&#233;e nationale constituante ; l'article 5 de la nouvelle Constitution dit : &#171; l'&#201;quateur est un territoire de paix. L'&#233;tablissement de bases militaires &#233;trang&#232;res et d'installations &#233;trang&#232;res avec des intentions militaires n'est pas permis. Il est interdit de c&#233;der des bases militaires nationales &#224; des forces arm&#233;es ou de s&#233;curit&#233; &#233;trang&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pliant aux exigences de la Constitution, le pr&#233;sident &#233;quatorien Rafael Correa a fait de la base de Manta un de ces th&#232;mes de campagne pour les pr&#233;sidentielles d'avril 2009. Il a annonc&#233; qu'il ne renouvellerait pas la convention d'utilisation de la base de Manta avec les Etats-Unis ; ainsi le FOL et ses locataires devront quitter la base a&#233;rienne Eloy Alfaro avant novembre 2009[1]. Comme tout locataire, les militaires &#233;tasuniens devront rendre des comptes sur les activit&#233;s qu'ils ont d&#233;velopp&#233;es pendant ces dix ann&#233;es. C'est pour cette raison que la Coalition pas de bases en &#201;quateur a demand&#233; &#224; la Commission des questions internationales et de la s&#233;curit&#233; publique de l'Assembl&#233;e nationale de mener des recherches sur les op&#233;rations r&#233;alis&#233;es depuis Manta par des troupes &#233;trang&#232;res. Elle a demand&#233; de v&#233;rifier si certains soup&#231;ons portant sur le bombardement colombien de Angostura en &#201;quateur, en mars 2008, sont fond&#233;s ou non. Ces soup&#231;ons s'appuient sur le fait que des avions &#233;tasuniens ont d&#233;coll&#233; de la base de Manta dans la nuit du 28 f&#233;vrier, et qu'ils ont peut-&#234;tre fourni des informations aux militaires colombiens ainsi qu'un appui logistique. Le 21 mai 2009, la Commission de l'Assembl&#233;e nationale, accompagn&#233;e de la Coalition pas de bases en &#201;quateur et d'organisations de d&#233;fense des droits humains, est arriv&#233;e &#224; Manta pour r&#233;aliser une visite pr&#233;alable &#224; une audience publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans apr&#232;s l'installation de la base &#233;tasunienne &#224; Manta, le silence qui a couvert la signature de la convention a &#233;t&#233; rompu. Des organisations sociales, des collectifs de jeunes, des associations de p&#234;cheurs, des femmes et de simples citoyens ont recouvr&#233; la parole et ont pu s'adresser &#224; la commission et au monde sur les cons&#233;quences de la pr&#233;sence des militaires &#233;trangers &#224; Manta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les radars ne me rendront pas mon &#233;poux &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#244;t le matin, dans une maison en bambous en p&#233;riph&#233;rie de Manta ; il n'y a ni grands &#233;difices, ni succursales de banques internationales, ni restaurants de luxe. On est juste frapp&#233; par l'odeur envahissante des rejets d'une usine de conserves de poissons. C'est ici que des femmes, des anciens, des jeunes, tous p&#234;cheurs, se r&#233;unissent pour exprimer leur rejet de la base militaire &#233;tasunienne, au cours de l'audience publique mise en place par la Commission des questions internationales de l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'exigu&#239;t&#233; des lieux, toutes et tous sont l&#224;, il n'en manque pas un ; c'est la premi&#232;re fois que des repr&#233;sentants de l'&#201;tat viennent les voir en dehors d'une p&#233;riode de campagne &#233;lectorale. La Commission de l'Assembl&#233;e nationale, comme s'il s'agissait d'une session normale, constate le quorum et d&#233;clare l'audience ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milton Ayala Castro est le premier &#224; prendre la parole. Vice-pr&#233;sident de l'Association des p&#234;cheurs autonomes artisanaux de Manab&#237;-Miramar, il ne croit toujours pas qu'une commission au complet puisse &#234;tre l&#224; pour l'&#233;couter. Puis Mar&#237;a Urgil&#233;s prend la parole, les mains ab&#238;m&#233;es, le regard triste ; sa voix rappelle le grondement des vagues, elle semble forte. Mar&#237;a est l'&#233;pouse d'un des 18 p&#234;cheurs disparus le 15 juin 2003. Ce jour-l&#224;, son &#233;poux et 17 autres p&#234;cheurs sortirent en mer sur le Jorge IV, comme chaque semaine, et ne revinrent jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Jorge IV disparut &#224; un moment o&#249; les interdictions de naviguer &#233;taient tr&#232;s nombreuses[2]. Certains indices montrent que le bateau a &#233;t&#233; embouti par un navire de tr&#232;s grande taille, mais la v&#233;racit&#233; des faits n'est pas av&#233;r&#233;e. Les femmes et les enfants des p&#234;cheurs d&#233;funts all&#232;guent que le bateau a &#233;t&#233; embouti par une embarcation &#233;tasunienne, d'o&#249; les difficult&#233;s qu'ils ont rencontr&#233;es pour que d&#233;butent les recherches. Deux jours apr&#232;s la disparition du Jorge IV, la Capitainerie du port et le propri&#233;taire du bateau, Jorge Corral, assuraient aux familles qu'il n'y avait aucun probl&#232;me et qu'ils avaient pu communiquer avec les membres d'&#233;quipage. Au final, les radars, les satellites et la technologie de pointe dont disposent les militaires &#233;tasuniens de la base de Manta n'ont donn&#233; aucun r&#233;sultat. Le bateau n'a pas &#233;t&#233; retrouv&#233; et jusqu'&#224; pr&#233;sent il n'existe aucune piste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#234;cheurs, les veuves et les m&#232;res demandent que l'enqu&#234;te porte sur les informations en possession du FOL &#224; propos du naufrage et de la disparition du bateau. Ils se demandent comment 18 personnes peuvent-elles dispara&#238;tre en mer sans laisser de traces ? Comment un Poste avanc&#233; d'op&#233;rations disposant d'une technologie de pointe peut-il ignorer ce qui est arriv&#233; &#224; une embarcation ? Partant de ces t&#233;moignages, les repr&#233;sentants de l'Assembl&#233;e nationale ont d&#233;cid&#233; d'&#233;tendre leur enqu&#234;te aupr&#232;s la Capitainerie du port et des propri&#233;taires du Jorge IV. Ils veulent v&#233;rifier s'ils ont vraiment &#233;t&#233; en communication avec le bateau et savoir pourquoi les op&#233;rations de recherche ne se sont pas d&#233;roul&#233;es normalement. Mar&#237;a veut passer un march&#233; avec le gouvernement des &#201;tats-Unis : qu'il embarque le FOL, les radars et les avions, et que son &#233;poux lui soit rendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que Mar&#237;a parle, un ancien &#233;coute &#233;mu son t&#233;moignage, et sur une feuille de papier aussi rid&#233;e que sa peau, il &#233;crit : &#171; Empire nord-am&#233;ricain, Ministre Larriva[3], la Colombie attaque Angostura, souverainet&#233; &#233;quatorienne, nobles p&#234;cheurs &#187;. Des mots-cl&#233;s qui lui permettront de ne rien oublier au moment de prendre la parole. Jacobo Jara est un p&#234;cheur retrait&#233;, membre du Comit&#233; patrie terre sacr&#233;e, il a 90 ans. Quand il prend la parole, tout le monde &#233;coute attentivement. &#171; Pendant ces dix ann&#233;es, quel b&#233;n&#233;fice a-t-on tir&#233; de la pr&#233;sence des &#233;tasuniens, qu'ont-ils apport&#233;s ? Leur pr&#233;sence a caus&#233; du tort. D'abord parce que les avions nord-cor&#233;ens, vietnamiens et iraniens ne peuvent pas atterrir ici. Les ennemis des &#201;tats-Unis n'ont pas le droit de venir ici. Mais que je sache, ce sont leurs ennemis, pas les n&#244;tres ! Ce sont eux qui choisissent nos amis, ceux qui peuvent venir en &#201;quateur pour y faire du tourisme ou du commerce. Tout ce qui compte, c'est ce qui les int&#233;resse &#224; eux, et cela nous porte un grand pr&#233;judice &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu, la peur de parler s'estompe, les femmes, m&#232;res et filles, prennent la parole. Elles veulent parler de leur &#233;poux, de leur p&#232;re, de leurs fils disparus. Les p&#234;cheurs eux veulent savoir qui va reconna&#238;tre les dommages caus&#233;s &#224; leurs bateaux, qui va tirer leur embarcation du fond des eaux, qui va leur rendre la libert&#233; de p&#234;cher dans les eaux o&#249; ont p&#234;ch&#233; leurs p&#232;res et leurs grands-p&#232;res avant eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, l'audience publique se d&#233;place &#224; l'universit&#233; la&#239;que Eloy Alfaro, o&#249; d'autres organisations et de nombreuses personnes ont r&#233;pondu pr&#233;sent &#224; l'appel lanc&#233; par la Commission de l'Assembl&#233;e. Tout le monde veut prendre la parole ; aujourd'hui, contrairement aux ann&#233;es pass&#233;es, le silence et la peur n'ont pas &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; la r&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitaine de l'Ochossi a rencontr&#233; des militaires &#233;tasuniens en pleine mer, et son embarcation en a &#233;t&#233; affect&#233;e : &#171; En 2005, des militaires &#233;trangers nous ont abord&#233;s, un avion nous a survol&#233;s pendant huit heures. Ils sont parvenus &#224; isoler notre bateau, ils nous ont menac&#233;s avec des armes. Ils nous ont ensuite exhib&#233;s avec nos noms et pr&#233;noms comme si nous &#233;tions des narcotrafiquants et nous ont pris en photo. Ils ne nous ont donn&#233;s &#224; manger que le lendemain, et ensuite ils ont d&#233;truit nos canots de sauvetage. Ils sont mont&#233;s &#224; bord avec du mat&#233;riel, mais comme ils n'ont rien trouv&#233;, ils sont partis. Quand nous leur avons demand&#233; qui allait payer les dommages, ils nous ont tendus un formulaire et nous disant de nous pr&#233;senter &#224; l'ambassade, et ils nous ont laiss&#233;s &#224; la d&#233;rive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres prennent la parole, des p&#234;cheurs, des jeunes, des femmes, pour parler des violations des droits humains, des bateaux abord&#233;s par les militaires, des contr&#244;les injustifi&#233;s, des tortures. Seule une institutrice travaillant dans une &#171; &#233;cole pour enfants aux capacit&#233;s sp&#233;cifiques &#187; dit qu'elle a re&#231;u une aide du FOL. Pour le reste, la Commission de l'Assembl&#233;e nationale re&#231;oit des plaintes concernant 14 cas de naufrage, 4 bateaux endommag&#233;s et impossibles &#224; r&#233;parer, un bateau disparu, 125 migrants soumis &#224; des traitements inhumains et d&#233;gradants, 2 personnes d&#233;tenues et disparues. Une documentation fournie accompagne tous ces t&#233;moignages ; dans certains cas, des photos permettent de mettre en &#233;vidence des r&#233;alit&#233;s jusqu'alors occult&#233;es par les m&#233;dias, les autorit&#233;s locales et le pouvoir central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces t&#233;moignages, qui confirment que durant sa pr&#233;sence &#224; Manta, le FOL a mis en &#339;uvre des actions qui ne figuraient pas dans la convention, devront faire l'objet d'enqu&#234;tes approfondies de la part de la Commission des questions internationales. Manta et l'&#201;quateur attendent des r&#233;ponses afin que les coupables soient sanctionn&#233;s et que les personnes affect&#233;es aient droit &#224; des r&#233;parations d'ordre physique, &#233;conomique et moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la recherche de r&#233;ponses&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trois jours de pr&#233;sence &#224; Manta, la Commission de l'Assembl&#233;e nationale, des organisations de d&#233;fense des droits humains et la Coalition pas de bases en &#201;quateur visitent la base a&#233;rienne Eloy Alfaro. Elles y rencontrent des militaires &#233;quatoriens et des fonctionnaires &#233;tasuniens, le commandant du FOL, le lieutenant-colonel Jared Curits, ainsi que l'attach&#233; militaire de l'ambassade. Ce qu'elles rencontrent surtout, c'est un discours politique officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eduardo C&#225;rdenas, commandant de la base a&#233;rienne Eloy Alfaro explique que les militaires &#233;quatoriens contr&#244;lent la majorit&#233; des installations et que les activit&#233;s conjointes se limitent &#224; de l'&#233;change d'informations, comme l'exige la convention sign&#233;e entre l'&#201;quateur et les &#201;tats-Unis : &#171; l'intention unique et exclusive est de mener des op&#233;rations de d&#233;tection, d'investigation et de contr&#244;le des activit&#233;s ill&#233;gales concernant le trafic a&#233;rien de narcotiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur son site internet, l'ambassade des &#201;tats-Unis affirme que le travail du FOL se limite au champ de la lutte anti-drogue et que les missions a&#233;riennes fournissent des informations pour les op&#233;rations d'interdiction maritime des gardes c&#244;tes &#233;tasuniens et des pays amis. Mais les militaires &#233;tasuniens n'interviennent pas directement dans les op&#233;rations et affirment que &#171; l'information obtenue lors des vols anti-narcotiques qui d&#233;collent du FOL est analys&#233;e par la Joint Interagency Task Force South (JIATF-South), un organisme international et multilat&#233;ral bas&#233; &#224; Key West en Floride. Cette force op&#233;rationnelle s'organise autour de plusieurs d&#233;partements du gouvernement des &#201;tats-Unis et dispose de fonctionnaires coordinateurs dans 12 pays, dont l'&#201;quateur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le commandant de la base a&#233;rienne Eloy Alfaro affirme que &#171; l'information est un &#233;l&#233;ment d'intangible qu'on ne peut manipuler. La valeur de cette information r&#233;side dans son traitement et de ce qu'il en fait par la suite. Je peux vous dire que si nous disposions de ces informations ici, elles ne nous serviraient &#224; rien. Chaque information est en lien avec quantit&#233; d'autres &#233;l&#233;ments &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'information circule par les airs jusqu'aux &#201;tats-Unis et que les militaires &#233;quatoriens n'ont pas la formation pour la traiter, puisqu'il s'agit d'une &#171; technologie de pointe que nous ne ma&#238;trisons pas&#187;, qu'arrive-t-il alors de l'information obtenue en territoire &#233;quatorien ? Dans quel but est elle recueillie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s l'ambassade des &#201;tats-Unis, &#171; en se basant sur l'information re&#231;ue du FOL et d'autres sources, la JIATF-South peut donner des recommandations aux autorit&#233;s &#233;tasuniennes et latino-am&#233;ricaines afin qu'elles r&#233;alisent des op&#233;rations d'interception de narcotiques &#187;. Sur la Fiche d'information de contribution du FOL de Manta &#224; la lutte anti-drogues et &#224; la population de la ville, il est stipul&#233; qu'en 2008, &#171; 822 missions anti-drogue ont &#233;t&#233; effectu&#233;es, 229 tonnes de coca&#239;ne ont &#233;t&#233; saisies, pour une valeur qui aurait atteint 4,5 milliards de dollars &#224; la revente dans les rues &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les chiffres du FOL, 1.800 tonnes de coca&#239;ne auraient &#233;t&#233; saisies en dix ans. Ces donn&#233;es ne concordent pas avec les informations en possession du Conseil national de contr&#244;le des substances stup&#233;fiantes et psychotropes (CONSEP). Quand la Commission de l'Assembl&#233;e nationale l'a questionn&#233; &#224; ce propos, l'attach&#233; militaire &#233;tasunien a d&#251; reconna&#238;tre que les quantit&#233;s annonc&#233;es correspondaient aux r&#233;sultats obtenus dans les trois FOL install&#233;s en Am&#233;rique latine et &#224; des op&#233;rations men&#233;es dans onze pays diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias nationaux, qui sont fr&#233;quemment invit&#233;s &#224; visiter le FOL, publient sans broncher les donn&#233;es que leur fournissent les militaires &#233;tasuniens. Pas un seul journaliste n'a eu l'id&#233;e de demander o&#249; se trouvait la drogue saisie, ou qu'en &#233;tait-il des personnes d&#233;tenues lors des op&#233;rations, de leurs jugements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les 1756 tonnes auxquelles l'ambassade fait r&#233;f&#233;rence repr&#233;sentent en moyenne des prises avoisinant les 15 tonnes par pays et par an, sur dix ans. L'efficacit&#233; de ces op&#233;rations est extr&#234;mement r&#233;duite, elle est m&#234;me ridicule, si on prend en consid&#233;ration le nombre de missions a&#233;riennes effectu&#233;es, l'importance du personnel affect&#233; et les investissements r&#233;alis&#233;s. Si les militaires &#233;tasuniens sont tellement inefficaces pour ce qui est du contr&#244;le du trafic de drogue, une question essentielle reste alors en suspens : qu'ont-ils fait pendant plus en dix ans de pr&#233;sence &#224; Manta ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout, d'autres questions doivent encore faire l'objet d'enqu&#234;tes. Si la mission du FOL se limitait au contr&#244;le a&#233;rien du trafic de drogue, pourquoi les militaires &#233;tasuniens ont-ils abord&#233;s, coul&#233;s et contr&#244;l&#233;s des bateaux et des p&#234;cheurs au large de Manta ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce th&#232;me, le commandant du FOL affirme : &#171; nous sommes comp&#233;tents uniquement en ce qui concerne le contr&#244;le de l'espace a&#233;rien, tout ce qui se passe en mer rel&#232;ve de la responsabilit&#233; de la Marine &#233;quatorienne, comme le stipule la convention &#187;. Par cons&#233;quent, quel r&#244;le a jou&#233; la Marine &#233;quatorienne dans les abordages, l'interception de bateaux de p&#234;ches ou d'embarcations transportant des migrants ? Quel a &#233;t&#233; le r&#244;le des militaires &#233;trangers cantonn&#233;s &#224; Manta ? Voil&#224; quelques questions auxquelles il est important d'apporter des r&#233;ponses le plus rapidement possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission des relations internationales et de la s&#233;curit&#233; publique de l'Assembl&#233;e nationale a recueilli une masse importante d'information. Ce travail a visiblement &#233;t&#233; convaincant et une audience a &#233;t&#233; ouverte, pour que les actions des soldats &#233;tasuniens ne restent pas impunies, et &#233;galement pour montrer l'exemple &#224; d'autres pays qu'un peuple digne peut exercer sa souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission de l'Assembl&#233;e nationale aura la responsabilit&#233; de bien comprendre la dimension r&#233;elle des actions &#233;tasuniennes, et au-del&#224;, elle devra &#233;tablir des responsabilit&#233;s politiques et p&#233;nales pour les dommages caus&#233;s tant aux personnes directement affect&#233;es qu'&#224; tout un peuple auquel des hommes politiques vendus ont impos&#233; la pr&#233;sence d'une base militaire &#233;trang&#232;re. La Commission va aussi devoir appeler &#224; compara&#238;tre ceux qui ont rendu possible la signature de la convention. Enfin, quand tout ce travail aura &#233;t&#233; achev&#233;, elle devra pr&#233;senter un rapport[4] au pr&#233;sident Rafael Correa pour que celui-ci transforme les conclusions en actes. C'est ce qu'attendent toutes les Equatoriennes et les Equatoriens qui d&#233;fendent la paix, et l'ensemble des organisations qui cherchent &#224; construire un monde sans armes et sans actions militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fondation r&#233;gionale de conseil en droits humains (INREDH &#201;quateur) et la Coalition pas de bases en &#201;quateur suivront de pr&#232;s le processus d'avancement de l'audience et mettront en place des actions massives ainsi qu'une c&#233;r&#233;monie d'adieux aux troupes &#233;trang&#232;res. Ces actions se d&#233;rouleront dans le cadre d'une campagne nationale que nous avons appel&#233;e &#171; Yucshi Yanki Forever &#187;, et qui sera accompagn&#233;e de concerts, de forums et de la remise en &#233;tat d'un bateau qui se trouve sur la plage de Tarqui, &#224; Manta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; en espagnol par ALAI : El extra&#241;o inquilino se va de Manta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Fondation r&#233;gionale de conseil en droits humains (INREDH &#201;quateur)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit et publi&#233; en fran&#231;ais par info sud t&#233;l&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://amerikenlutte.free.fr/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=1182&amp;Itemid=1" class="spip_out"&gt;http://amerikenlutte.free.fr/index....&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Depuis la publication en espagnol de cet article, les militaires &#233;tasuniens ont commenc&#233; &#224; se retirer de la base a&#233;rienne Eloy Alfaro. [NDT]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, l'&#201;quateur a connu une vague d'&#233;migration massive. Les nombreux migrants qui tentaient de rejoindre les &#201;tats-Unis de fa&#231;on ill&#233;gale l'ont souvent fait dans des embarcations qui partaient de Manta. Les militaires &#233;quatoriens et ceux du FOL ont accru les contr&#244;les en mer afin d'emp&#234;cher ces d&#233;parts, et les autorit&#233;s ont publi&#233; des interdictions de sortie en mer pour les bateaux qui se livraient &#224; ce trafic humain. Mais ces contr&#244;les ont aussi donn&#233; lieu &#224; des abus, &#224; des r&#233;glages de compte et &#224; une importante corruption, qui ont conduit les autorit&#233;s &#224; interdire la circulation d'embarcations n'ayant jamais particip&#233; &#224; ce business mafieux. [NDT]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le 15 janvier 2007, Guadalupe Larriva &#233;tait nomm&#233;e ministre de la d&#233;fense du premier gouvernement de Rafael Correa. Le 24 janvier, elle d&#233;c&#233;dait lors d'un vol d'entra&#238;nement de nuit des militaires &#233;quatoriens auquel elle avait voulu participer, depuis la base a&#233;rienne Eloy Alfaro de Manta. Les circonstances de l'accident n'ont pas &#233;t&#233; &#233;lucid&#233;es. Le 22 janvier, elle avait annonc&#233; que l'&#201;quateur ne renouvellerait pas la convention qui autorisait les militaires &#233;tasuniens &#224; stationner et &#224; mener des op&#233;rations depuis la base a&#233;rienne de Manta. [NDT]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Ce rapport devait &#234;tre remis le 15 juillet 2009 au pr&#233;sident Rafael Correa par la a Commission des relations internationales et de la s&#233;curit&#233; publique de l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title> Transformer l'Afghanistan</title>
		<link>https://www.alterinter.org/?Transformer-l-Afghanistan</link>
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		<dc:date>2009-09-21T15:00:48Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator> Gamal Nkrumah</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Gamal Nkrumah analyse la place de l'Afghanistan dans l'ar&#232;ne politique mondiale alors que le pays tient des &#233;lections pr&#233;sidentielles en plein scandale international sur le fiasco de l'Otan dans ce pays d&#233;chir&#233; par la guerre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gamal Nkrumah analyse la place de l'Afghanistan dans l'ar&#232;ne politique mondiale alors que le pays tient des &#233;lections pr&#233;sidentielles en plein scandale international sur le fiasco de l'Otan dans ce pays d&#233;chir&#233; par la guerre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple pashtun, toujours avec une fiert&#233; quelque peu suffisante et ses traditions religieuses conservatrices, montre une v&#233;ritable diversit&#233;, avec la m&#233;tamorphose de la clique au pouvoir, au sein d'un mouvement populaire qui profite d'une vague de soutien de la part des paysans et des pauvres des villes. Quoi qu'il en soit, si un d&#233;cideur politique occidental croit que la nation productrice d'opium va finalement se comporter en lieutenant au service des int&#233;r&#234;ts des Etats-Unis et de leurs alli&#233;s occidentaux en Asie centrale, c'est que ce d&#233;cideur politique a d&#251; fumer quelque chose &#224; base d'herbes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut de la moindre catharsis &#224; l'horizon, il est de plus en plus &#233;vident que la route tourment&#233;e de l'Afghanistan vers la d&#233;mocratisation le m&#232;ne &#224; la poubelle de l'histoire, sauf &#224; &#234;tre rapidement rectifi&#233;e par un Islam politique du style Taliban. Les politiciens occidentaux h&#233;sitent dangereusement entre d&#233;biter des informations fallacieuses sur l'Afghanistan et les Talibans, et exprimer une na&#239;ve ignorance. Leur tendance &#224; interpr&#233;ter faussement les r&#233;alit&#233;s sur le terrain en Afghanistan est d&#233;concertante. Les dirigeants des Talibans, eux aussi, devraient r&#233;fl&#233;chir vers o&#249; la violence qu'ils instrumentent entra&#238;ne leur peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs talibans croient en l'efficacit&#233; de la violence r&#233;volutionnaire militante du style islamique. Le d&#233;fi auquel ils sont confront&#233;s aujourd'hui, c'est que ce n'est pas de la force dont ils ont besoin pour se d&#233;velopper, mais de la force morale de leur foi. L'Islam politique fait des adeptes non seulement en Afghanistan mais aussi dans tout le monde musulman. Les Talibans ont menac&#233; de faire sauter les bureaux de vote pendant les &#233;lections pr&#233;sidentielles, pr&#233;tendant que les votants &#233;taient des &#171; infid&#232;les &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident afghan en exercice, Hamid Karzai, lui-m&#234;me Pashtun, n'inspire pas le respect &#224; la majorit&#233; de son peuple. Et pourtant, selon toute vraisemblance, il sera le vainqueur des &#233;lections pr&#233;sidentielles. Il pr&#233;side une d&#233;mocratie malade et peu brillante, cribl&#233;e de contradictions fondamentales. Les USA se prennent pour Dieu et Karzai est largement consid&#233;r&#233; comme le laquais de Washington, une position qui lui vaut les critiques de ses concitoyennes et concitoyens.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_252 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.alterinter.org/local/cache-vignettes/L250xH187/focus_photo_claire_billet-3d316.jpg?1749680981' width='250' height='187' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A chaque fois que Karzai rate une occasion, les Talibans marquent un point.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Photo : Claire Billet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire, Karzai appara&#238;t comme c&#233;dant et acceptant les aspects les moins efficients de l'id&#233;ologie islamiste militante. Non seulement il n'a rien &#224; dire pour son l&#233;chage de bottes de ses ma&#238;tres et bienfaiteurs de Washington, mais il flirte aussi r&#233;guli&#232;rement avec les Talibans. Un r&#233;cent faux pas a attir&#233; l'attention internationale quand Karzai a approuv&#233; un projet de loi permettant aux &#233;poux de ne pas nourrir leurs &#233;pouses si elles refusaient des relations sexuelles, une loi dont les critiques affirment qu'elle l&#233;galisait le &#171; viol marital &#187;. La loi s'appliquait seulement aux minorit&#233;s musulmanes chiites d'Afghanistan qui constituent 15% de la population du pays. Mais toute femme afghane &#233;tait tenue de par la loi de demander la permission &#224; son &#233;poux pour rechercher un emploi. Voil&#224; le genre de pratiques qui scandalisent ceux &#224; l'&#233;tranger qui veulent organiser la d&#233;mocratie en Afghanistan. &#171; A l'&#233;vidence, ils tiennent les &#233;lections dans des circonstances d&#233;favorables, &#187; a pr&#233;venu le secr&#233;taire d'Etat US, Robert Gates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, &#224; chaque fois que Karzai rate une occasion de se mettre en avant, les Talibans marquent un point et prosp&#232;rent. Karzai n'est pas en position de faire des sermons. Les Talibans propagent leur orientation id&#233;ologique militante. Mais ce qu'il faut faire en priorit&#233;, c'est mettre fin au d&#233;sordre provoqu&#233; par les forces occupantes de l'OTAN. La guerre en Afghanistan n'est pas seulement une trag&#233;die pour l'Afghanistan mais pour tout le monde musulman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karzai n'est pas le premier dirigeant afghan &#224; &#234;tre en &#233;tat de disgr&#226;ce. Mais m&#234;me lorsqu'il a voulu ren&#233;gocier une d&#233;mocratisation et une r&#233;forme politique &#224; l'Afghane, ce qui &#233;tait peu vraisemblable &#233;tant donn&#233; tout son passif par ailleurs, m&#234;me alors une telle d&#233;marche aurait &#233;t&#233; vaine s'il n'impliquait pas la masse de son peuple, les Pashtun. Ce qui aurait &#233;t&#233; un vote pr&#233;sidentiel historique, &#233;vitant &#224; l'establishment politique post-taliban de s'enfoncer davantage dans la corruption et le manque de pertinence nationale, a &#233;t&#233; largement tronqu&#233; par les d&#233;clarations hors propos et les d&#233;bats. Et une telle confusion a &#233;t&#233; aliment&#233;e avec, comme toile de fond, des accusations largement r&#233;pandues d'achats d'&#233;lecteurs et de fraude &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;mocraties &#224; dominante musulmane, l&#224; o&#249; elles existent, sont trop fragiles pour &#234;tre tra&#238;n&#233;es dans la boue comme cela. Les pays &#224; majorit&#233; musulmane comme l'Indon&#233;sie ou le Bangladesh sont aux prises avec les dynamiques m&#234;me d'une d&#233;mocratie pluripartite du style occidental. La d&#233;mocratie naissante au Pakistan voisin est pour le moins boiteuse, et c'est un euph&#233;misme. Pourtant, en Afghanistan, personne, &#224; l'int&#233;rieur ou &#224; l'ext&#233;rieur du pays, ne croit sinc&#232;rement que le pays est pr&#234;t pour une d&#233;mocratie compl&#232;te &#224; la mode occidentale. La triste v&#233;rit&#233; est que l'Afghanistan a un long chemin &#224; faire avant qu'une d&#233;mocratie ne puisse y &#234;tre consacr&#233;e institutionnellement. D'abord et avant tout, il faut travailler &#224; une solution n&#233;goci&#233;e avec les Talibans. Peu d'Afghans sont attir&#233;s par la d&#233;mocratie, d'autant qu'elle a exacerb&#233; les tensions sociales et cr&#233;&#233; des &#233;carts de revenus inacceptables dans l'une des nations les plus pauvres et les moins d&#233;velopp&#233;es du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame de l'Afghanistan ne va pas s'estomper avec les &#233;lections pr&#233;sidentielles de jeudi. La plupart des Afghans se rendent compte que la pr&#233;sidence de Karzai n'a pas &#233;t&#233; irr&#233;prochable. Assur&#233;ment, beaucoup d'Afghans ne supportent pas qu'il leur ait &#233;t&#233; impos&#233; par l'Occident. Karzai a &#233;t&#233; choisi par Washington pour faire avancer la cause de la d&#233;mocratie. Le risque en Afghanistan o&#249; islamistes militants et islamistes mod&#233;r&#233;s ont &#233;t&#233; &#224; couteaux tir&#233;s pendant des ann&#233;es est que le pays se retrouve avec des lois et un cadre institutionnel sexistes et moins d&#233;mocratiques, et avec des l&#233;gislateurs misogynes en charge du pays, fixant le rythme et l'orientation des changements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Afghans doivent se faire &#224; l'id&#233;e de la n&#233;cessit&#233; d'un compromis. Karzai a promis d'inviter les dirigeants talibans &#224; un grand conseil tribal, la loya jirga, s'il &#233;tait r&#233;&#233;lu. Les Talibans ont intensifi&#233; leurs tirs de grenades autopropuls&#233;es sur les b&#226;timents du gouvernement et sur les troupes de l'OTAN. La seconde v&#233;rit&#233; de base est que r&#233;former le syst&#232;me politique afghan oblige &#224; en changer. Des signes montrent que certains &#233;l&#233;ments de la direction afghane r&#233;sistent farouchement &#224; cette id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'en prendre aux Patchoun pour les pressions subies des Talibans est une r&#233;action pr&#233;visible. Le Pentagone am&#233;ricain a publi&#233; cette semaine une liste de 367 tu&#233;s ou captur&#233;s, des dirigeants tribaux - la plupart Pashtun - impliqu&#233;s &#224; la fois dans le trafic de stup&#233;fiants et l'insurrection des Talibans. Il est vrai que beaucoup de dirigeants pashtun veulent &#234;tre bien vus des Talibans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un tel syst&#232;me, la d&#233;mocratie locale reste un r&#234;ve lointain. L'invasion de l'Afghanistan a &#233;t&#233; ent&#233;rin&#233;e par les Nations unies, elle a &#233;t&#233; men&#233;e par les Etats-Unis et l'OTAN, les Nations unies n'&#233;tant qu'un simple observateur passif. C'est dans ce contexte que la controverse en Grande-Bretagne sur la pr&#233;sence militaire britannique en Afghanistan a soulev&#233; un toll&#233;. La vive s&#233;v&#232;re de la guerre conduite par le gouvernement du Premier ministre britannique, Gordon Brown, en Afghanistan a atteint son paroxysme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous devons continuer la lutte &#187; insistait le Premier ministre Brown. Et d'expliquer que l'engagement britannique dans la guerre en Afghanistan &#233;tait incontournable dans la lutte contre le terrorisme international, arguant que les trois quarts des actes terroristes en Grande-Bretagne venaient d'Afghanistan et de son voisin le Pakistan. &#171; C'est pour la s&#233;curit&#233; de la Grande-Bretagne et du reste du monde que nous devons absolument honorer notre engagement &#224; maintenir un Afghanistan libre et stable, &#187; a d&#233;fendu Brown, quoiqu'un peu mollement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, Brown a r&#233;it&#233;r&#233; son appel &#224; l'Europe pour que &#171; l'Europe partage le fardeau &#187; de la lutte contre le terrorisme en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, pourquoi l'Afghanistan est-il si capital pour la Grande-Bretagne, l'Europe et le monde ? Contrairement &#224; l'Iraq, l'Afghanistan n'a pas de r&#233;serves de p&#233;trole importantes. Oui, mais le pays a une situation strat&#233;gique, au carrefour de l'Asie centrale, du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous aurons besoin de plus de police et par cons&#233;quent d'un programme de formation de la police, &#187; a extrapol&#233; Brown. Son intention &#233;tait sans doute de permettre au gouvernement afghan et &#224; ses forces de police de mieux faire face au d&#233;fi pos&#233; par l'islam politique militant dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estime &#224; 95 le nombre de soldats bless&#233;s dans une action en juillet, mois qui fut le plus sanglant jusqu'&#224; aujourd'hui de l'invasion et de l'occupation de l'Afghanistan par les troupes de l'OTAN en 2001. Le nombre de soldats tu&#233;s a augment&#233; de fa&#231;on spectaculaire, passant de 4 en juin de cette ann&#233;e &#224; 22 en juillet. A ce jour, la guerre en Afghanistan a co&#251;t&#233; la vie &#224; 201 soldats britanniques, depuis le d&#233;but en 2001. La remont&#233;e des Talibans fait ses marques. A ce rythme, le Pr&#233;sident des Etats-Unis, Barack Obama, va in&#233;vitablement rencontrer les m&#234;mes critiques chez lui. Apr&#232;s tout, en mettant ses pas dans ceux de l'ex-Pr&#233;sident Bush, il a inscrit l'Afghanistan en t&#234;te de l'ordre du jour mondial.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7174" class="spip_out"&gt;http://www.info-palestine.net/artic...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_250 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.alterinter.org/IMG/jpg/acc-342-2.jpg' width=&#034;97&#034; height=&#034;94&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Du m&#234;me auteur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un bon indien est un indien mort
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les empreintes de l'histoire (avec M. El-Sayed et R. Fisk)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al-Ahram/Weekly publication n&#176; 961, 20 au 26 ao&#251;t 2009 - traduction : JPP&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Entre la &#171; r&#233;volte du bassin minier de Gafsa &#187; et l'&#233;ch&#233;ance &#233;lectorale de 2009</title>
		<link>https://www.alterinter.org/?Entre-la-revolte-du-bassin-minier-de-Gafsa-et-l-echeance-electorale-de-2009</link>
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		<dc:date>2009-09-21T14:53:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator> Eric Gobe , Larbi Chouikha</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2008 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par la &#171; r&#233;volte du bassin minier de Gafsa &#187;. Les mobilisations sociales qui ont touch&#233; cette r&#233;gion pauvre, aux confins de la fronti&#232;re alg&#233;rienne ont constitu&#233; le mouvement de protestation le plus important connu par la Tunisie depuis la &#171; r&#233;volte du pain &#187; de janvier 1984&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2008 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par la &#171; r&#233;volte du bassin minier de Gafsa &#187;. Les mobilisations sociales qui ont touch&#233; cette r&#233;gion pauvre, aux confins de la fronti&#232;re alg&#233;rienne ont constitu&#233; le mouvement de protestation le plus important connu par la Tunisie depuis la &#171; r&#233;volte du pain &#187; de janvier 1984. Il a dur&#233; pr&#232;s de six mois et a concern&#233; diff&#233;rentes cat&#233;gories de la population, comme les ch&#244;meurs (surtout les dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs), les travailleurs pr&#233;caires des chantiers des municipalit&#233;s, les &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es et les familles d'ouvriers victimes d'accident du travail dans les mines de phosphate. Ce faisant, &#171; l'espace de la r&#233;volte &#187; a concern&#233; des populations marginalis&#233;es, mises &#224; l'&#233;cart &#233;conomiquement et socialement dans une r&#233;gion situ&#233;e elle-m&#234;me aux marges de la Tunisie . La contestation est partie le 5 janvier de la d&#233;l&#233;gation (sous-pr&#233;fecture) de Redeyef (26 143 habitants selon le dernier recensement de 2004) pour gagner les autres principales villes mini&#232;res, notamment Moular&#232;s (Oum Laar&#226;yes en arabe, 24 487 habitants), M'dhila (12 383 habitants), et, dans une moindre mesure Metlaoui (37 099 habitants). &#192; l'exception de Gafsa, l'ensemble du bassin minier a &#233;t&#233; travers&#233; par un conflit social sans pr&#233;c&#233;dent. De leur c&#244;t&#233;, les partis politiques &#171; ind&#233;pendants &#187;, sans leadership unifi&#233; et obnubil&#233;s par l'&#233;lection de pr&#233;sidentielle de 2009, n'ont pas &#233;t&#233; capables de faire de l'&#233;pisode protestataire du bassin minier un enjeu politique. Ahmed N&#233;jib Chebbi, le fondateur du parti d&#233;mocrate progressiste (PDP), d&#233;sireux de susciter une dynamique populaire autour de sa candidature &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle a paru un moment g&#234;n&#233; par un mouvement social qui a fait passer au second plan son op&#233;ration de communication &#233;lectorale. L'ann&#233;e 2008 a ainsi montr&#233; de fa&#231;on flagrante le hiatus existant entre des forces politiques d'opposition tr&#232;s faibles et une fraction de la population tunisienne que ni le parti pr&#233;sidentiel, ni la centrale syndicale unique n'ont pu ou su prendre en charge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.cetri.be/spip.php?article1311&amp;lang=fr" class="spip_out"&gt;http://www.cetri.be/spip.php?articl...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Palestine : impunit&#233;, responsabilit&#233; et solidarit&#233; internationale</title>
		<link>https://www.alterinter.org/?Palestine-impunite-responsabilite-et-solidarite-internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.alterinter.org/?Palestine-impunite-responsabilite-et-solidarite-internationale</guid>
		<dc:date>2009-09-17T17:01:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Omar Barghouti</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Simone de Beauvoir nous a un jour avertis que les oppresseurs ont int&#233;r&#234;t &#224; ce que seule la conscience des opprim&#233;s soit modifi&#233;e, et non la situation qui les opprime. Les oppresseurs, que ce soient les multinationales qui extorquent les ressources des nations les plus faibles, les capitalistes qui exploitent les travailleurs, ou les colons qui mettent en esclavage les populations indig&#232;nes ou qui ont recours au nettoyage ethnique, tous les oppresseurs ont un trait commun : ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour conserver leur situation de domination et leurs privil&#232;ges, quitte &#224; fouler aux pieds tout droit et tout principe.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Simone de Beauvoir nous a un jour avertis que les oppresseurs ont int&#233;r&#234;t &#224; ce que seule la conscience des opprim&#233;s soit modifi&#233;e, et non la situation qui les opprime. Les oppresseurs, que ce soient les multinationales qui extorquent les ressources des nations les plus faibles, les capitalistes qui exploitent les travailleurs, ou les colons qui mettent en esclavage les populations indig&#232;nes ou qui ont recours au nettoyage ethnique, tous les oppresseurs ont un trait commun : ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour conserver leur situation de domination et leurs privil&#232;ges, quitte &#224; fouler aux pieds tout droit et tout principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opprim&#233;s, dans leur combat pour l'&#233;mancipation, l'&#233;galit&#233; et la r&#233;affirmation de leur humanit&#233;, doivent se donner pour objectif de mettre un terme aux conditions m&#234;mes de l'oppression et de changer les rapports d'oppression d'une mani&#232;re qui permettra &#224; chacun de recouvrer son humanit&#233;, comme le souligne le Br&#233;silien Paulo Freire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la chute de l'Apartheid en Afrique du Sud, Nelson Mandela disait : &#171; Nous ne savons que trop bien que notre libert&#233; demeurera incompl&#232;te sans la libert&#233; des Palestiniens &#187;. De m&#234;me, le mouvement pour la libert&#233; et les droits des Palestiniens doit &#234;tre partie int&#233;grante du mouvement social international qui combat l'oppression partout dans le monde et jette les fondations d'un monde digne, d&#233;barrass&#233; de toute forme d'exploitation ; ce combat inclut les luttes syndicales en France pour les droits des travailleurs ; les luttes des communaut&#233;s immigr&#233;es dans toute l'Europe contre le racisme et pour l'&#233;galit&#233; des droits ; les luttes des paysans pour d&#233;fendre leur cadre de vie contre l'h&#233;g&#233;monie de l'agriculture industrielle ; les luttes des femmes pour une &#233;galit&#233; totale et r&#233;elle ; les luttes des &#233;tudiants, des artistes, des enseignants, des salari&#233;s des services publics pour une d&#233;mocratie et un progr&#232;s social et &#233;conomique authentiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un monde o&#249; la doctrine du &#171; choc des civilisations &#187; se d&#233;ploie telle une proph&#233;tie auto r&#233;alisatrice, revendiquer notre humanit&#233; commune est d'une importance et d'une urgence sans pr&#233;c&#233;dent. Il est aujourd'hui plus que jamais crucial que nous prenions conscience de notre int&#233;r&#234;t commun, nous les peuples du monde, &#224; r&#233;sister ensemble face &#224; l'empire et &#224; imposer le r&#232;gne du droit international, et non de la loi de la jungle que les gouvernements occidentaux essaient de r&#233;pandre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 juillet dernier, nous c&#233;l&#233;brions le 5&#232;me anniversaire de la condamnation, par la Cour Internationale de Justice, du Mur d'Apartheid construit par Isra&#235;l, une preuve vivante de la faillite &#233;vidente de la communaut&#233; internationale &#224; exiger d'Isra&#235;l qu'il se conforme au droit international. Le 9 juillet, la soci&#233;t&#233; civile palestinienne a &#233;galement c&#233;l&#233;br&#233; le 4&#232;me anniversaire de l'appel au Boycott, au D&#233;sinvestissement et aux Sanctions, BDS, contre Isra&#235;l, et ce jusqu'&#224; ce qu'Isra&#235;l respecte ses obligations au regard du droit international et respecte les droits des Palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; que la soci&#233;t&#233; civile &#224; l'&#233;chelle internationale adopte le mot d'ordre du BDS est aujourd'hui patente, tout particuli&#232;rement &#224; la lumi&#232;re du massacre commis par Isra&#235;l &#224; Gaza et de l'&#233;lection d'un gouvernement de droite, raciste et fanatique en Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les odieux crimes de guerre et crimes contre l'humanit&#233; commis par Isra&#235;l durant sa guerre d'agression contre les 1.5 millions de Palestiniens de la Bande de Gaza, toujours occup&#233;e, et le blocus inhumain et g&#233;nocidaire avant et apr&#232;s le massacre, ont jou&#233; un r&#244;le significatif pour attirer l'attention de la soci&#233;t&#233; civile internationale quant au statut d'Isra&#235;l, un Etat paria qui b&#233;n&#233;ficie d'une totale impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la situation &#224; Gaza, la soci&#233;t&#233; civile palestinienne et un nombre croissant d'influents d&#233;fenseurs des droits humains reconnaissent que le r&#233;gime impos&#233; par Isra&#235;l au peuple indig&#232;ne de Palestine est un r&#233;gime d'occupation, de colonisation et d'apartheid. Plus sp&#233;cifiquement, l'oppression isra&#233;lienne se d&#233;cline depuis plusieurs d&#233;cennies en 3 principaux points qui sont au c&#339;ur de l'appel BDS :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1) L'occupation coloniale prolong&#233;e de Gaza et de la Cisjordanie, y compris J&#233;rusalem-est, et d'autres territoires arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2) Le syst&#232;me l&#233;galis&#233; et institutionnalis&#233; de discrimination contre les Palestiniens, qui est la variante isra&#233;lienne de l'Apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3) La n&#233;gation persistante des droits, reconnus par l'ONU, des r&#233;fugi&#233;s palestiniens, le plus important desquels &#233;tant leur droit aux r&#233;parations et leur droit au retour dans leurs foyers d'origine, conform&#233;ment &#224; la r&#233;solution 194 de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de ces 3 oppressions est la condition minimale pour envisager d'obtenir une paix juste dans notre r&#233;gion, dans la mesure o&#249; elle permettrait l'exercice, par les Palestiniens, de leur droit &#224; l'autod&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus importante de ces 3 injustices est &#233;videmment la 3&#232;me, la n&#233;gation par Isra&#235;l du droit au retour des r&#233;fugi&#233;s palestiniens. L'essence m&#234;me de la question palestinienne a toujours &#233;t&#233; le sort des r&#233;fugi&#233;s victimes du nettoyage ethnique perp&#233;tr&#233; par les milices et bandes arm&#233;es sionistes, puis par l'Etat d'Isra&#235;l lors de la Naqba (1948) et sans discontinuer depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, en proie &#224; une culpabilit&#233; compr&#233;hensible quant &#224; l'holocauste, incapable ou ne voulant pas reconna&#238;tre la diff&#233;rence fondamentale entre, d'un c&#244;t&#233;, l'opposition au sionisme et aux violations isra&#233;liennes du droit international et, de l'autre, les discriminations contre les Juifs, l'establishment occidental n'a jamais adopt&#233; aucune mesure visant &#224; mettre Isra&#235;l devant ses responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, l'Europe a continu&#233; d'exiger des Palestiniens qu'ils acceptent de payer de leur terre et de leurs droits le prix d'un g&#233;nocide europ&#233;en dans lequel les Arabes de Palestine n'ont jou&#233; aucun r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude la plus morale et la plus fond&#233;e politiquement, pour la soci&#233;t&#233; civile internationale, si elle veut contribuer &#224; faire triompher le droit international et les droits humains au Moyen-Orient, est d'adopter une position &#233;thiquement juste et politiquement efficace en organisant des initiatives BDS contre Isra&#235;l, &#224; l'image de celles qui avaient &#233;t&#233; organis&#233;es contre l'Afrique du Sud de l'Apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que demande pr&#233;cis&#233;ment l'appel BDS ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations repr&#233;sentatives de la soci&#233;t&#233; civile, les partis politiques et les syndicats, repr&#233;sentant la majorit&#233; des Palestiniens, que ce soient ceux des territoires occup&#233;s, ceux d'Isra&#235;l ou ceux de la diaspora, soutiennent le BDS depuis juillet 2005. Nous demandons au monde entier de boycotter Isra&#235;l, ses institutions et ses entreprises, et aussi de retirer leurs investissements dans les entreprises qui b&#233;n&#233;ficient de l'apartheid, de l'occupation ou de la n&#233;gation des droits des r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions culturelles et universitaires jouent un r&#244;le cl&#233; au sein de l'appareil d'oppression isra&#233;lien. Les Universit&#233;s isra&#233;liennes sont des lieux centraux dans la conception, l'application, la justification et le blanchiment d'une oppression aux multiples facettes. Contrairement au mythe selon lequel les institutions universitaires isra&#233;liennes seraient &#224; l'avant-garde de la lutte contre l'occupation, aucune universit&#233; isra&#233;lienne, aucun centre de recherche, aucun syndicat universitaire n'a jamais condamn&#233; l'occupation, et ne parlons m&#234;me pas de demander la fin de l'apartheid ou de reconna&#238;tre les droits de nos r&#233;fugi&#233;s. La plupart des universitaires isra&#233;liens sont m&#234;me des r&#233;servistes de l'arm&#233;e d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du boycott contre l'Afrique du Sud, toutes les institutions du r&#233;gime d'Apartheid ont &#233;t&#233; boycott&#233;es : institutions culturelles, sportives, universitaires, &#233;conomiques&#8230; Nous demandons que les m&#234;mes mesures soient appliqu&#233;es &#224; l'apartheid isra&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le boycott n'est-il pas contre-productif dans la mesure o&#249; il touche aussi les Palestiniens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; nous, Palestiniens, de d&#233;cider. Nous appr&#233;cions votre solidarit&#233;, mais nous sommes assez matures pour d&#233;cider de ce qui est en notre int&#233;r&#234;t. Oui, le boycott a un prix pour nous, mais il est &#233;vident que notre soci&#233;t&#233;, dans sa grande majorit&#233;, est pr&#234;te &#224; payer ce prix afin de mettre un terme &#224; l'oppression isra&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le BDS peut-il &#234;tre efficace face &#224; un pays aussi puissant qu'Isra&#235;l ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un examen rapide des plus r&#233;cents succ&#232;s de la campagne BDS nous prouve que non seulement le BDS peut fonctionner, mais qu'en r&#233;alit&#233; il fonctionne d&#233;j&#224; plut&#244;t bien. En seulement 4 ans, le mouvement BDS contre Isra&#235;l a obtenu plus de r&#233;sultats que nos camarades d'Afrique du Sud n'en avaient obtenus durant les 20 premi&#232;res ann&#233;es de leur campagne. Nous avons d&#233;sormais le soutien d'importants syndicats, de l'Afrique du Sud &#224; la Grande-Bretagne, en passant par le Canada et plusieurs pays europ&#233;ens, y compris la France et l'Italie. D'importantes personnalit&#233;s du milieu artistique, en Occident, ont d&#233;clar&#233; leur soutien au boycott ou ont adh&#233;r&#233; &#224; notre appel en boycottant Isra&#235;l sans n&#233;cessairement se d&#233;clarer ouvertement en faveur du boycott.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indicateur le plus r&#233;v&#233;lateur de notre succ&#232;s est peut-&#234;tre la d&#233;claration d'Howard Kohr, dirigeant de l'AIPAC [principal lobby pro-Isra&#235;l aux Etats-Unis] lors de leur conf&#233;rence annuelle en mai dernier : &#171; Cette campagne n'est plus seulement l'apanage de l'extr&#234;me-gauche ou de l'extr&#234;me-droite, elle p&#233;n&#232;tre de plus en plus les courants dominants aux Etats-Unis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais au final, tout boycott d'Isra&#235;l n'est-il pas par d&#233;finition antis&#233;mite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, c'est cette accusation qui est elle-m&#234;me antis&#233;mite, dans la mesure o&#249; elle sous-entend que toute opposition au sionisme en tant qu'id&#233;ologie coloniale et raciste, toute critique d'Isra&#235;l ou toute action contre sa politique d'oppression serait par d&#233;finition une attaque contre tous les Juifs, comme si tous les Juifs soutenaient, en bloc, Isra&#235;l, et &#233;taient collectivement responsables de sa politique. C'est ce pr&#233;suppos&#233; qui la d&#233;finition m&#234;me de l'antis&#233;mitisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre mouvement repose sur des principes universels et progressistes, nous rejetons toute forme de racisme, y compris l'antis&#233;mitisme et l'islamophobie. Nous appelons au boycott d'Isra&#235;l non parce que la majorit&#233; des Isra&#233;liens sont juifs mais parce qu'Isra&#235;l est un Etat colonial et un Etat d'apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il s'agissait d'un Etat chr&#233;tien, hindou ou musulman, il n'y aurait pas de diff&#233;rence. Aussi longtemps qu'Isra&#235;l nous opprimera et violera nos droits fondamentaux, nous continuerons &#224; r&#233;sister par tous les moyens n&#233;cessaires, y compris le BDS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, un nombre de plus en plus &#233;lev&#233; d'organisations juives rejoint, aux 4 coins du monde, le mouvement BDS. Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada, aux Pays-Bas, et m&#234;me en Isra&#235;l, un nombre croissant d'organisations juives et d'intellectuels reconnus en sont arriv&#233;s &#224; la conclusion qu'aucune paix juste ne sera atteinte sans une campagne BDS effective, durable et d&#233;termin&#233;e contre Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, malgr&#233; nos profondes angoisses et les injustices atroces que nous subissons, les Palestiniens ont toutes les raisons d'esp&#233;rer que le droit l'emportera finalement sur la force. Le mouvement BDS repr&#233;sente non seulement une forme de r&#233;sistance non-violente, progressiste, antiraciste, juste et efficace, mais offre aussi l'opportunit&#233; de devenir le catalyseur politique et la boussole &#233;thique pour un mouvement social international renforc&#233; et revigor&#233;, capable de r&#233;tablir la primaut&#233; du droit international et de r&#233;affirmer le droit de tout &#234;tre humain &#224; la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; et la dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s celle de l'Afrique du Sud, l'heure de la Palestine a enfin sonn&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduction de l'anglais : JS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Le FMI soutient un gouvernement putschiste</title>
		<link>https://www.alterinter.org/?Le-FMI-soutient-un-gouvernement-putschiste</link>
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		<dc:date>2009-09-17T16:51:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>ZACHARIE Arnaud, CADTM</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le 28 juin dernier, le Honduras &#233;tait victime d'un coup d'Etat d&#233;nonc&#233; par l'ensemble de la communaut&#233; internationale. Ce coup d'Etat a rapidement &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par nombre de gouvernements et d'organisations internationales : l'organisation des Etats am&#233;ricains (OEA) a suspendu l'adh&#233;sion du Honduras, les Nations unies ont appel&#233; &#224; un retour imm&#233;diat et inconditionnel du pr&#233;sident d&#233;mocratiquement &#233;lu, la Banque mondiale et la Banque interam&#233;ricaine de d&#233;veloppement ont suspendu leurs pr&#234;ts, tandis que l'Union europ&#233;enne a suspendu 90 millions d'euros d'aide.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 28 juin dernier, le Honduras &#233;tait victime d'un coup d'Etat d&#233;nonc&#233; par l'ensemble de la communaut&#233; internationale. Ce coup d'Etat a rapidement &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par nombre de gouvernements et d'organisations internationales : l'organisation des Etats am&#233;ricains (OEA) a suspendu l'adh&#233;sion du Honduras, les Nations unies ont appel&#233; &#224; un retour imm&#233;diat et inconditionnel du pr&#233;sident d&#233;mocratiquement &#233;lu, la Banque mondiale et la Banque interam&#233;ricaine de d&#233;veloppement ont suspendu leurs pr&#234;ts, tandis que l'Union europ&#233;enne a suspendu 90 millions d'euros d'aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, aucun pays dans le monde n'a soutenu ce putsch et seuls les Etats-Unis ont maintenu la pr&#233;sence d'un ambassadeur sur place. Cela n'a pourtant pas emp&#234;ch&#233; le FMI, dont les capacit&#233;s de pr&#234;ts ont &#233;t&#233; multipli&#233;es par trois par le G20 en avril 2009, d'accorder un financement de plus de 160 millions de dollars au gouvernement ill&#233;gitime du Honduras. Ce financement s'inscrit dans le cadre des financements octroy&#233;s par le FMI dans le cadre du premier package de 250 milliards de dollars pr&#233;vus par le G20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement cette d&#233;cision &#233;quivaut &#224; soutenir financi&#232;rement un gouvernement putschiste, mais en outre cela contraste avec le gel des pr&#234;ts au Honduras que le FMI avait d&#233;cid&#233; en novembre 2008, apr&#232;s avoir critiqu&#233; la politique &#233;conomique men&#233;e par le pr&#233;sident Zelaya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de d&#233;cision illustre, au-del&#224; des discours, combien le FMI a du mal &#224; r&#233;former ses pratiques. Malgr&#233; la quasi unanimit&#233; qui pr&#233;vaut dans le monde pour d&#233;noncer le coup d'Etat au Honduras, le FMI soutient le gouvernement putschiste. Le Centre national de coop&#233;ration au d&#233;veloppement demande au gouvernement belge et &#224; l'Union europ&#233;enne d'intervenir pour que le FMI cesse de se consid&#233;rer au-dessus de la d&#233;mocratie et du droit international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arnaud Zacharie&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le CADTM d&#233;nonce le soutien criminel du FMI &#224; la dictature hondurienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 juin dernier, un coup d'Etat militaire a eu lieu au Honduras. Le pr&#233;sident &#233;lu Manuel Zelaya a &#233;t&#233; contraint de quitter le pays par la force. De l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA) &#224; l'Organisation des Nations unies (ONU), en passant par l'Union Europ&#233;enne et le pr&#233;sident des Etats-Unis Barack Obama, tous ont fermement condamn&#233; ce coup d'Etat orchestr&#233; par les secteurs r&#233;actionnaires de la soci&#233;t&#233; : l'arm&#233;e, l'oligarchie, l'Eglise, le pouvoir judiciaire, les m&#233;dias dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le nouveau pr&#233;sident autoproclam&#233; Roberto Micheletti a &#233;t&#233; jug&#233; parfaitement fr&#233;quentable par le FMI, en d&#233;pit des violations continues des droits de l'homme et des libert&#233;s fondamentales perp&#233;tr&#233;es au Honduras depuis fin juin. En effet, le FMI a approuv&#233; le 28 ao&#251;t dernier un pr&#234;t de 150 millions de dollars au gouvernement putschiste du Honduras, lui apportant de ce fait un soutien financier qui lui permet de perdurer au pouvoir. Une seconde tranche de 13,8 millions de dollars pourrait m&#234;me &#234;tre d&#233;bloqu&#233;e au cours des prochaines semaines |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CADTM condamne les agissements scandaleux du FMI, qui une fois de plus n'h&#233;site pas &#224; soutenir des dictatures en toute connaissance de cause, du moment qu'elles servent les int&#233;r&#234;ts des grandes puissances qui contr&#244;lent le FMI. Cela rappelle &#233;trangement le coup d'Etat d'avril 2002 au Venezuela, qui avait vu le patron des patrons Pedro Carmona prendre le pouvoir par la force et recevoir tr&#232;s vite le soutien du FMI. En descendant dans la rue, le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien avait provoqu&#233; la fuite de Carmona et le retour du pr&#233;sident &#233;lu Hugo Chavez. Au Honduras comme au Venezuela, le FMI n'h&#233;site pas &#224; apporter un soutien officiel &#224; des r&#233;gimes autoritaires et ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien du FMI &#224; des r&#233;gimes ill&#233;gitimes et repr&#233;ssifs ne se limite pas &#224; ces deux pays. Le FMI a notamment soutenu financi&#232;rement Augusto Pinochet au Chili, Mohamed Suharto en Indon&#233;sie, Joseph-D&#233;sir&#233; Mobutu au Za&#239;re, Jorge Videla en Argentine, et il continue de soutenir Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville, Idriss D&#233;by au Tchad, etc. Depuis la crise de la dette au d&#233;but des ann&#233;es 1980, le FMI s'appuie notamment sur ce type de r&#233;gimes autoritaires pour imposer des programmes d'ajustement structurel aux cons&#233;quences dramatiques pour les peuples du Sud : r&#233;duction drastique des budgets sociaux et des subventions aux produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, ouverture des march&#233;s et mise en concurrence d&#233;loyale des petits producteurs avec les multinationales, production tourn&#233;e vers l'exportation et abandon du principe de souverainet&#233; alimentaire, privatisations massives, fiscalit&#233; aggravant les in&#233;galit&#233;s&#8230; En proposant le lancement d'une consultation populaire pour ouvrir la voie &#224; un processus d'Assembl&#233;e constituante, le pr&#233;sident Zelaya s'&#233;tait d&#233;finitivement mis &#224; dos l'oligarchie hondurienne qui a d&#233;cid&#233; de le renverser par la force. Par son soutien financier, le FMI cautionne donc ce coup d'Etat. Ainsi, malgr&#233; les condamnations unanimes de la &#171; communaut&#233; internationale &#187; et la r&#233;sistance populaire au Honduras, le pr&#233;sident Zelaya n'a toujours pas pu regagner son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'ils ont suspendu une aide militaire de 16,5 millions de dollars au Honduras, les Etats-Unis ont organis&#233; la m&#233;diation du pr&#233;sident costaricain Oscar Arias, promue par la s&#233;cretaire d'Etat Hillary Clinton. Cette m&#233;diation tente d'imposer un compromis inacceptable, comprenant : le retour du pr&#233;sident Zelaya mais avec des pouvoirs r&#233;duits et partag&#233;s avec les putschistes dans le cadre d'un gouvernement de &#171; r&#233;conciliation et d'union nationale &#187; en attendant les prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles ; une amnistie g&#233;n&#233;rale pour les d&#233;lits politiques en relation avec ce coup d'Etat ; l'interdiction de toute consultation populaire appelant &#224; une Assembl&#233;e constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI, dirig&#233; par le socialiste fran&#231;ais Dominique Strauss-Kahn, finance une dictature militaire qui pi&#233;tine les normes constitutionnelles et les droits humains fondamentaux. Pour le CADTM, la dictature au Honduras doit &#234;tre d&#233;nonc&#233;e et combattue, tout comme le FMI. Voil&#224; pourquoi le CADTM demande l'abolition imm&#233;diate du FMI et son remplacement par une institution radicalement diff&#233;rente, transparente et d&#233;mocratique, dont la mission serait centr&#233;e sur la garantie des droits humains fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CADTM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14934" class="spip_out"&gt;http://www.europe-solidaire.org/spi...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| &lt;a href=&#034;http://www.elheraldo.hn/Ediciones/2..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.elheraldo.hn/Ediciones/2..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>La d&#233;claration de Toronto : Pleins feux sur l'occupation</title>
		<link>https://www.alterinter.org/?La-declaration-de-Toronto-Pleins-feux-sur-l-occupation</link>
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		<dc:date>2009-09-17T16:46:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;Nous, membres de la communaut&#233; canadienne et internationale des arts cin&#233;matographiques, des m&#233;dias, et de la culture, sommes profond&#233;ment d&#233;&#231;us par la d&#233;cision du Festival international du film de Toronto (TIFF) de mettre un &#171; pleins feux &#187; c&#233;l&#233;bratoire sur Tel Aviv. Nous protestons que le TIFF, intentionnellement ou non, se soit rendu complice de la machine de propagande de l'&#201;tat d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lettre ouverte au festival international du film de Toronto :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 septembre, 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, membres de la communaut&#233; canadienne et internationale des arts cin&#233;matographiques, des m&#233;dias, et de la culture, sommes profond&#233;ment d&#233;&#231;us par la d&#233;cision du Festival international du film de Toronto (TIFF) de mettre un &#171; pleins feux &#187; c&#233;l&#233;bratoire sur Tel Aviv. Nous protestons que le TIFF, intentionnellement ou non, se soit rendu complice de la machine de propagande de l'&#201;tat d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, le gouvernement isra&#233;lien, avec ses partenaires canadiens Sidney Greenberg de Astral Media, David Asper de CanWest Global Communications, et Joel Reitman de MIJO Corporation, lan&#231;ait la campagne &#171; Brand Israel &#187; - une campagne publicitaire et m&#233;diatique d'un million de dollars visant &#224; changer les perceptions du public canadien concernant l'&#201;tat d'Isra&#235;l. Plus pr&#233;cis&#233;ment, la campagne &#171; Brand Israel &#187; d&#233;tournerait l'attention de ses guerres agressives et son traitement inhumain de la population palestinienne, et mettrait l'accent sur ses r&#233;alisations dans les domaines de la m&#233;decine, de la science, et de la culture. Lors d'une conf&#233;rence de presse o&#249; il annon&#231;ait le lancement de cette campagne, le Consul g&#233;n&#233;ral d'Isra&#235;l, Amir Gissin, d&#233;clarait que Toronto serait la ville-pilote d'une promotion qui pourrait alors &#234;tre d&#233;ploy&#233;e dans le monde entier. Selon M. Gissin, la culmination de la campagne serait une importante pr&#233;sence isra&#233;lienne au Festival international de film de Toronto en 2009. (Andy Levy-Alzenkopf, &#034;Brand Israel set to launch in GTA,&#034; Canadian Jewish News, la 28 ao&#251;t, 2008.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, TIFF a annonc&#233; que le festival allait inaugurer son nouveau programme, City to City, avec un &#171; pleins feux &#187; sur Tel-Aviv. Selon les notes de programmation &#233;crites par Cameron Bailey, co-directeur du Festival et programmateur du volet City to City : &#171;Les dix films dans l'&#233;dition 2009 du volet City to City t&#233;moignent des courants complexes qui se croisent &#224; Tel-Aviv aujourd'hui. Alors qu'elle f&#234;te son centenaire en 2009, Tel Aviv est une ville jeune et dynamique qui, comme Toronto, c&#233;l&#232;bre sa diversit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accent mis sur la &#034;diversit&#233;&#034; en Ville &#224; Ville est vide de sens, &#233;tant donn&#233; l'absence de cin&#233;astes palestiniens dans le programme. En plus, ce que cette description ne r&#233;v&#232;le pas, c'est que Tel-Aviv est construite sur des villages palestiniens d&#233;truits, et que la ville de Jaffa, qui &#233;tait au c&#339;ur de la vie culturelle palestinienne jusqu'en 1948, a &#233;t&#233; annex&#233;e &#224; Tel-Aviv apr&#232;s l'exil en masse de la population palestinienne. Ce programme occulte la souffrance de milliers d'anciens r&#233;sidents et leurs descendants de la r&#233;gion Tel Aviv/ Jaffa, qui vivent aujourd'hui dans des camps de r&#233;fugi&#233;s dans les territoires occup&#233;s, ou vivent dispers&#233;s dans d'autres pays, dont le Canada. La pr&#233;sentation s&#233;lective de la fa&#231;ade moderne et sophistiqu&#233;e de Tel-Aviv, sans &#233;gard au pass&#233; et aux r&#233;alit&#233;s de l'occupation isra&#233;lienne des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ce serait comme si on glorifiait la beaut&#233; et la vie &#233;l&#233;gante chez les communaut&#233;s exclusivement blanches au Cap ou &#224; Johannesburg pendant l'apartheid, sans reconna&#238;tre les cantons noirs de Khayelitsha et de Soweto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne protestons pas contre les cin&#233;astes isra&#233;liens inclus dans le programme City to City, et nous ne sugg&#233;rons en aucune fa&#231;on que le cin&#233;ma isra&#233;lien devrait &#234;tre exclu de TIFF. Toutefois, en particulier &#224; la suite de l'assaut brutal de cette ann&#233;e sur Gaza, nous nous opposons &#224; l'utilisation d'un festival international aussi important pour promouvoir une campagne de propagande au nom d'un r&#233;gime que l'archev&#234;que sud-africain Desmond Tutu, l'ancien pr&#233;sident des &#201;tats-Unis Jimmy Carter, et le pr&#233;sident g&#233;n&#233;ral des Nations-Unies Miguel d'Escoto Brockmann ont appel&#233; un r&#233;gime d'apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lettre a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e par le comit&#233; ad hoc suivant:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Udi Aloni, cin&#233;aste, Isra&#235;l; Elle Flanders, cin&#233;aste, Canada; Richard Fung, vid&#233;aste, Canada; John Greyson, cin&#233;aste, Canada; Naomi Klein, &#233;crivaine et cin&#233;aste, Canada; Kathy Wazana, cin&#233;aste, Canada; Cynthia Wright, &#233;crivaine et universitaire, Canada; b h Yael, cin&#233;aste et vid&#233;aste, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sign&#233;e par:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ahmad Abdalla, cin&#233;aste, &#201;gypte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hany Abu-Assad, cin&#233;aste, Palestine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mark Achbar, cin&#233;aste, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zackie Achmat, activiste de SIDA, Afrique du Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ra'anan Alexandrowicz, cin&#233;aste, Jerusalem&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anthony Arnove, &#233;diteur et producteur, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ruba Atiyeh, cin&#233;aste documentaire, Liban&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joslyn Barnes, &#233;crivaine et productrice, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Berger, auteur, France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dionne Brand, po&#232;te/&#233;crivaine, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Judith Butler, professeure, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Byrne, musicien, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy Davidi, r&#233;alisateur, Isra&#235;l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Na-iem Dollie, journaliste/&#233;crivain, Afrique du Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Igor Drljaca, cin&#233;aste, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eve Ensler, dramaturge et auteure, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eyal Eithcowich, cin&#233;aste, Isra&#235;l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Fiennes, cin&#233;aste, Royaume-Uni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter Fitting, professeur, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jane Fonda, actrice et &#233;crivaine, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danny Glover, cin&#233;aste et acteur, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Noam Gonick, r&#233;alisateur, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malcolm Guy, cin&#233;aste, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mike Hoolboom, cin&#233;aste, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annemarie Jacir, cin&#233;aste, Palestine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fredric Jameson, critique litt&#233;raire, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juliano Mer Khamis, cin&#233;aste, Jenin/Haifa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonnie Sherr Klein, cin&#233;aste, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Laverty, producteur, Royaume-Uni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Min Sook Lee, cin&#233;aste, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Lee, cin&#233;aste, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yael Lerer, &#233;diteur, Isra&#235;l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jack Lewis, cin&#233;aste, Afrique du Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ken Loach, cin&#233;aste, Royaume-Uni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arab Lotfi, cin&#233;aste, &#201;gypte/Liban&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kyo Maclear, auteure, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mahmood Mamdani, professeur, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatima Mawas, cin&#233;aste, Australie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tessa McWatt, auteure, Canada/Royaume-Uni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cornelius Moore, distributeur de film, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yousry Nasrallah, r&#233;alisateur, &#201;gypte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rebecca O'Brien, producteur, Royaume-Uni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pratibha Parmar, productrice/r&#233;alisatrice, Royaume-Uni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeremy Pikser, sc&#233;nariste, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Pilger, cin&#233;aste, Royaume-Uni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shai Carmeli Pollak, cin&#233;aste, Isra&#235;l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ian Iqbal Rashid, cin&#233;aste, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Judy Rebick, professeure, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Reeb, artiste, Isra&#235;l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Ruby Rich, critique et professeure, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wallace Shawn, dramaturge et acteur, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eyal Sivan, cin&#233;aste et universitaire, Paris/London/Sderot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elia Suleiman, cin&#233;aste, Nazareth/Paris/New York&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eran Torbiner, cin&#233;aste, Isra&#235;l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alice Walker, &#233;crivaine, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thomas Waugh, professeur, Canada&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Howard Zinn, &#233;crivain, &#201;.-U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Slavoj Zizek, professeur, Slovenie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ajouter votre signature &#224; cette lettre, veuillez envoyer vos nom, profession, et pays &#224; tiff.letter@gmail.com au plus tard le 12 septembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plus de renseignements (en anglais) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lettre du r&#233;alisateur canadien John Greyson sur le retrait de son court-m&#233;trage du Festival international du film de Toronto (TIFF), pour protester contre City to City:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://tiny.cc/tiff_open_letter&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://tiny.cc/tiff_open_letter&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;action de Cameron Bailey, co-directeur du TIFF, au retrait du film de John Greyson et &#224; cette lettre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tiff.net/livefromthefestival/openlettercitytocity&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.tiff.net/livefromthefestival/openlettercitytocity&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reportage du journal isra&#233;lien Haaretz :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.haaretz.com/hasen/spages/1110750.htmlspages/1110750.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.haaretz.com/hasen/spages/1110750.htmlspages/1110750.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le journal britannique Guardian:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.guardian.co.uk/commentisfree/libertycentral/2009/sep/01/israel-palestine-boycott-film&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.guardian.co.uk/commentisfree/libertycentral/2009/sep/01/israel-palestine-boycott-film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;nonc&#233; de la Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d'Isra&#235;l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pacbi.org/etemplate.php?id=1085etemplate.php?id=1085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pacbi.org/etemplate.php?id=1085etemplate.php?id=1085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>D'une r&#233;bellion touar&#232;gue &#224; une autre : m&#234;mes causes, m&#234;me effets</title>
		<link>https://www.alterinter.org/?D-une-rebellion-touaregue-a-une-autre-memes-causes-meme-effets</link>
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		<dc:date>2009-09-17T16:19:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Djibo Hamani </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ce n'est pas l'histoire qui se r&#233;p&#232;te dans les r&#233;bellions touar&#232;gues, ce sont plut&#244;t les troubles qui se perp&#233;tuent &#224; travers les m&#234;mes causes contemporaines. Ainsi, ce ne sont ni les m&#234;mes acteurs ni les m&#234;mes donn&#233;es qui pr&#233;valent dans les premier et deuxi&#232;me conflits arm&#233;s apparus dans la r&#233;gion d'Agadez. Malheureusement, on n'a pas assez r&#233;fl&#233;chi sur la question au Niger. Sinon, on aurait vu que cette nouvelle r&#233;bellion qui a &#233;clat&#233; en f&#233;vrier 2007 se distingue de celle des ann&#233;es 1990. On aurait aussi pr&#233;vu, &#224; l'&#233;poque, que le mode de r&#232;glement de la premi&#232;re r&#233;bellion entra&#238;nerait in&#233;vitablement une deuxi&#232;me r&#233;bellion.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Djibo Hamani&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'histoire qui se r&#233;p&#232;te dans les r&#233;bellions touar&#232;gues, ce sont plut&#244;t les troubles qui se perp&#233;tuent &#224; travers les m&#234;mes causes contemporaines. Ainsi, ce ne sont ni les m&#234;mes acteurs ni les m&#234;mes donn&#233;es qui pr&#233;valent dans les premier et deuxi&#232;me conflits arm&#233;s apparus dans la r&#233;gion d'Agadez. Malheureusement, on n'a pas assez r&#233;fl&#233;chi sur la question au Niger. Sinon, on aurait vu que cette nouvelle r&#233;bellion qui a &#233;clat&#233; en f&#233;vrier 2007 se distingue de celle des ann&#233;es 1990. On aurait aussi pr&#233;vu, &#224; l'&#233;poque, que le mode de r&#232;glement de la premi&#232;re r&#233;bellion entra&#238;nerait in&#233;vitablement une deuxi&#232;me r&#233;bellion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un groupe arm&#233; se soul&#232;ve dans un pays, au nom d'une r&#233;gion ou d'une entit&#233;, il y a toujours des revendications. Lesquelles revendications portent g&#233;n&#233;ralement sur les int&#233;r&#234;ts de la r&#233;gion. Or, qu'a-t-on fait &#224; la fin de la premi&#232;re r&#233;bellion ? A-t-on pris en charge les probl&#232;mes des r&#233;gions concern&#233;s ? Non ! On a simplement satisfait un certain nombre d'individus, en l'occurrence les animateurs des factions arm&#233;es de l'&#233;poque. On ne peut jamais satisfaire tout le monde, surtout dans un pays qui figure parmi les trois derniers de la plan&#232;te sur l'Indice de d&#233;veloppement humain. Mais le fait, ici, c'est qu'on a plut&#244;t cherch&#233; &#224; contenter des individus peut-&#234;tre venus &#224; la r&#233;bellion rien que pour des postes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es apr&#232;s, d'autres personnes frustr&#233;es devaient fatalement prendre la rel&#232;ve pour proc&#233;der de la m&#234;me fa&#231;on, en vue de trouver des emplois dans l'arm&#233;e, les corps paramilitaires et l'administration. Ou, &#224; d&#233;faut, acc&#233;der &#224; des fonds d'investissement pour monter des projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que ce sont les Touaregs qui sont entr&#233;s en r&#233;bellion. C'est en partie vrai, parce que les &#233;l&#233;ments qui ont pris les armes d&#233;clarent le faire au nom de cette population. Il y a aussi toute la presse &#233;trang&#232;re, surtout fran&#231;aise - en g&#233;n&#233;ral favorable aux rebelles - qui v&#233;hicule cette id&#233;e. Et le gouvernement n'a jamais fait un effort pour r&#233;tablir la v&#233;rit&#233;. Car si des Touaregs sont &#224; la t&#234;te des mouvements, il reste que 80% de la population touar&#232;gue que compte le Niger ne sont pas dans leur dynamique ni dans leur logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de foyers de r&#233;bellion touar&#232;gue y a-t-il dans la r&#233;gion de Tillab&#233;ri ? Aucun ! Combien de foyers de r&#233;bellion touar&#232;gue dans le Damergou et le Damagaram ? Combien dans l'Ader ou dans le Gobir Toudou ? Or il s'agit de r&#233;gions qui renferment 70 &#224; 80% des Touaregs du Niger ! Il est donc abusif de dire que les Touaregs du Niger sont en r&#233;bellion. Il s'agit plut&#244;t d'un mouvement qui concerne une r&#233;gion pr&#233;cise du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isoler le probl&#232;me ne signifie cependant pas l'ignorer. Mais quand on se penche sur la question, on constate que le soul&#232;vement concerne les Touaregs des r&#233;gions pastorales. Les autorit&#233;s soutiennent que beaucoup de choses ont &#233;t&#233; faites pour ces populations, avec des statistiques &#224; l'appui. Cela n'a pas &#233;t&#233; pour permettre une r&#233;elle prise en charge des probl&#232;mes qui se posent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le pastoralisme ne marche plus dans une r&#233;gion rest&#233;e dans une situation de pr&#233;carit&#233; permanente depuis la p&#233;riode coloniale. Cette situation a pouss&#233; les communaut&#233;s &#224; se replier sur elles-m&#234;mes. Lorsque les autorit&#233;s pensent apporter des solutions en construisant par exemple des infrastructures sanitaires, elles passent &#224; c&#244;t&#233;. On oublie qu'on a affaire &#224; une communaut&#233; &#233;parpill&#233;e et mobile. Certains b&#233;n&#233;ficiaires suppos&#233;s sont souvent &#224; des dizaines de kilom&#232;tres du dispensaire construit. Pour y acc&#233;der, il leur faut plusieurs jours de marche. En somme, on r&#233;fl&#233;chit &#224; des solutions adapt&#233;es &#224; des populations s&#233;dentaires, pour des communaut&#233;s qui vivent dans un nomadisme traditionnel. Il faut que les autorit&#233;s nig&#233;riennes acceptent de traiter les probl&#232;mes en fonction du contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas certain que les &#233;l&#233;ments qui ont pris les armes dans le cadre de la premi&#232;re comme de la deuxi&#232;me r&#233;bellion l'ont fait pour r&#233;ellement chercher le r&#232;glement des pr&#233;occupations des populations. Leur satisfaction, ici ou l&#224;, a pu se suffire de l'attribution de postes et de privil&#232;ges. Le gouvernement joue leur jeu et le probl&#232;me reste entier. Demain, une autre g&#233;n&#233;ration viendra brandir le m&#234;me flambeau de la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de r&#233;bellion touar&#232;gue peut para&#238;tre abusif, poser le probl&#232;me sous l'angle d'une &#171; question touar&#232;gue &#187; est dangereux. En fait, il s'agit d'une question nationale. Agadez n'est pas une ville frontali&#232;re. Elle est en plein centre du Niger, &#224; &#233;gale distance de la Libye et du Burkina Faso, &#224; &#233;gale distance aussi de l'Alg&#233;rie et du Nigeria. Agadez n'est pas l'extr&#234;me nord, ce n'est pas le nord non plus ; c'est le centre du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quatre si&#232;cles, quand une r&#233;bellion a &#233;clat&#233; dans le nord du Niger, le sultan du Bornou, Idrissa Alaouma, &#233;tait venu s'installer &#224; Bilma pour g&#233;rer la crise. Askia Mohamed aussi avait quitt&#233; Gao pour passer un an &#224; Alaouc&#232;s, &#224; 7 km au nord d'Agadez, pour g&#233;rer un conflit qui avait &#233;clat&#233; dans la r&#233;gion. C'est dire que les probl&#232;mes des populations des r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques comme Agadez ou Diffa rel&#232;vent d'une &#171; question nationale &#187;. Ce n'est pas parce qu'il s'agit de r&#233;gions riches uranium ou en p&#233;trole qu'il faut en faire des entit&#233;s particuli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est la responsabilit&#233; de l'Etat nig&#233;rien de parfaire l'int&#233;gration de ces populations en mettant leurs besoins parmi les priorit&#233;s du d&#233;veloppement, avec des choix pertinents. Aujourd'hui, 90 % de la population nig&#233;rienne vit dans le quart sud du pays. L'avenir impose des migrations vers le Nord et il faut s'y pr&#233;parer. Il faut que ces r&#233;gions deviennent des p&#244;les d'attraction. Les 127 milliards de bonus dans signature de la convention p&#233;troli&#232;re avec la Chine devaient servir &#224; la cr&#233;ation du cadre attractif qu'il faut dans cette r&#233;gion d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les orientations prises ne font qu'isoler encore plus ces r&#233;gions pour faire le lit des soul&#232;vements. La zone est d'autant plus fragile chaque fois qu'un conflit arm&#233; &#233;clate &#224; Agadez, la zone nord malienne, habit&#233;e elle aussi par des Touaregs, s'embrase. De l&#224; &#224; faire le lien entre les conflits nig&#233;rien et malien, certains observateurs n'h&#233;sitent pas. Or les diff&#233;rences sont r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord le conflit au nord Mali date de plus longteps. Au Niger, les brassages de populations qui remontent &#224; plus de 1000 ans font qu'il est difficile de distinguer une communaut&#233; des autres. Tous les grands groupes ethniques du Niger ont v&#233;cu dans l'A&#239;r. Et les vestiges de leur s&#233;jour dans cette r&#233;gion existent encore. Si des liens existent entre les Touaregs du nord Niger et ceux du nord Mali - ce qui est naturel pour des populations nomades - il ne s'agit pas pour autant du m&#234;me groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Touaregs de l'Azawak ne sont pas les m&#234;mes que ceux de M&#233;naka au Mali. Si des liens de parent&#233; se sont b&#226;tis &#224; travers l'histoire, ils n'ont pas &#233;t&#233; une m&#234;me entit&#233; politique. C'est &#224; la faveur des r&#233;bellions qu'une telle jonction a pu se faire. Et si les autorit&#233;s nig&#233;riennes et maliennes n'insistent pas dessus, la v&#233;rit&#233; demeure que ce sont les Fran&#231;ais qui sont &#224; l'origine de cette situation en cr&#233;ant l'Organisation commune des r&#233;gions sahariennes (O.C.R.S) [1] Celle-ci devait regrouper toutes les r&#233;gions touar&#232;gues en une seule entit&#233; d&#233;tach&#233;e des autres, pour permettre &#224; la France de rester ma&#238;tresse des ressources du Sahara. Et si le degr&#233; d'implication de la France dans cette actuelle deuxi&#232;me r&#233;bellion reste &#224; pr&#233;ciser, elle &#233;tait &#233;vidente dans la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute une histoire a &#233;t&#233; b&#226;tie sur l'image du Touareg rebelle. Elle est fausse. Les soul&#232;vements arm&#233;s que conna&#238;t cette r&#233;gion peuvent trouver leur solution dans une politique de d&#233;veloppement plus inclusive pour ces communaut&#233;s. Plus adapt&#233;e &#224; leurs besoins, mais surtout &#224; leurs r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La France avait cr&#233;&#233;, le 10 janvier 1957, une Organisation Commune des R&#233;gions Sahariennes (OCRS), avec l'objectif, &#171; la mise en valeur, l'expansion &#233;conomique et la promotion sociale des zones sahariennes de la R&#233;publique fran&#231;aise et &#224; la gestion de laquelle participent l'Alg&#233;rie, la Mauritanie, le Soudan, le Niger et le Tchad &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Le scandale des agrocarburants dans les pays du Sud</title>
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		<dc:date>2009-09-17T16:07:18Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois HOUTART</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'id&#233;e d'&#233;tendre la culture des agrocarburants dans le monde et particuli&#232;rement dans les continents du Sud est d&#233;sastreuse. Elle s'inscrit dans une perspective globale de recherche de solution &#224; la crise &#233;nerg&#233;tique. De fait, dans les cinquante prochaines ann&#233;es, nous devrons changer de cycle, passant de l'&#233;nergie fossile se faisant de plus en plus rare &#224; d'autres sources. Au lieu de r&#233;duire s&#233;rieusement la consommation et d'investir massivement dans de nouvelles technologies, notamment pour l'&#233;nergie solaire, il est, &#224; court terme, plus facile d'utiliser ce qui est imm&#233;diatement rentable, c'est-&#224;-dire les agrocarburants et cela d'autant plus que se d&#233;veloppe une crise financi&#232;re et &#233;conomique r&#233;duisant les possibilit&#233;s d'investissements et exigeant des profits rapides.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.alterinter.org/local/cache-vignettes/L250xH214/arton9125-ad8fe-097c9.jpg?1749680982' width='250' height='214' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;e d'&#233;tendre la culture des agrocarburants dans le monde et particuli&#232;rement dans les continents du Sud est d&#233;sastreuse. Elle s'inscrit dans une perspective globale de recherche de solution &#224; la crise &#233;nerg&#233;tique. De fait, dans les cinquante prochaines ann&#233;es, nous devrons changer de cycle, passant de l'&#233;nergie fossile se faisant de plus en plus rare &#224; d'autres sources. Au lieu de r&#233;duire s&#233;rieusement la consommation et d'investir massivement dans de nouvelles technologies, notamment pour l'&#233;nergie solaire, il est, &#224; court terme, plus facile d'utiliser ce qui est imm&#233;diatement rentable, c'est-&#224;-dire les agrocarburants et cela d'autant plus que se d&#233;veloppe une crise financi&#232;re et &#233;conomique r&#233;duisant les possibilit&#233;s d'investissements et exigeant des profits rapides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toujours, dans un projet capitaliste, on ignore ce que les &#233;conomistes appellent les externalit&#233;s, c'est-&#224;-dire ce qui n'entre pas dans le calcul du march&#233;, en l'occurrence, les dommages &#233;cologiques et sociaux. Pour que l'agro&#233;nergie contribue &#224; la solution de la crise &#233;nerg&#233;tique, dans une mesure de 25 &#224; 30% de la demande, il faudra utiliser des centaines de millions d'hectares de terres arables, en majeure partie dans le Sud, car le Nord n'en dispose pas suffisamment. Il faudra &#233;galement, selon des estimations prudentes, expulser au moins 60 millions de paysans de leurs terres. Le prix de ces &#171; externalit&#233;s &#187; non pay&#233;s par le capital, mais bien par la communaut&#233; et par les individus, est donc effrayant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agrocarburants sont produits, le plus souvent par des entreprises transnationales du Nord, sous forme de monocultures, d&#233;truisant la biodiversit&#233; et polluant les sols et l'eau. J'ai personnellement march&#233; des kilom&#232;tres dans des plantations de palmes du Choc&#243; en Colombie, o&#249; il n'y avait plus ni un oiseau, ni un papillon, ni un poisson dans les rivi&#232;res, &#224; cause de l'usage massif de produits chimiques comme fertilisants et pesticides. Face &#224; la crise hydrique qui affecte la plan&#232;te, l'utilisation de l'eau pour produire de l'&#233;thanol ou de l'agrodiesel est irrationnelle. Ainsi, pour obtenir un litre d'&#233;thanol &#224; partir du ma&#239;s on utilise entre 1200 et 3400 litres d'eau et la canne &#224; sucre en exige &#233;norm&#233;ment aussi. La pollution des sols et de l'eau atteint des niveaux in&#233;dits, jusqu'&#224; cr&#233;er un ph&#233;nom&#232;ne de mer morte dans les estuaires des fleuves (20 Km&#178; &#224; l'embouchure du Mississipi, en grande partie &#224; cause de l'extension de la monoculture de ma&#239;s pour l'&#233;thanol). L'extension de ces cultures entra&#238;ne une destruction directe ou indirecte (par le d&#233;placement d'autres activit&#233;s agricoles et de l'&#233;levage) des bois et des for&#234;ts qui sont des puits de carbone gr&#226;ce &#224; leur capacit&#233; d'absorption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact des agrocarburants sur la crise alimentaire a &#233;t&#233; prouv&#233;. Non seulement leur production entra en conflit avec la production d'aliments dans un monde o&#249; selon la FAO, plus d'un milliard de personnes souffrent de la faim, mais il fut &#233;galement un &#233;l&#233;ment important de la sp&#233;culation sur la production alimentaire des ann&#233;es 2007 et 2008. Un rapport de la Banque mondiale affirme que 85% de l'augmentation des prix alimentaires qui pr&#233;cipita en deux ans plus de 100 millions de personnes en dessous de la ligne de pauvret&#233; (ce qui signifie la faim) fut influenc&#233; par le d&#233;veloppement de l'agro&#233;nergie. Pour cette raison, Jean Ziegler, lorsqu'il &#233;tait le relateur sp&#233;cial des Nations unies pour le droit &#224; l'alimentation, qualifia les agrocarburants de &#171; crime contre l'humanit&#233; &#187; et son successeur Olivier De Schutter, de l'UCL, a demand&#233; un moratoire de 5 ans.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.alterinter.org/local/cache-vignettes/L269xH320/agrocarburan3b5a-15871-54c03.jpg?1749680982' width='269' height='320' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;L'extension de la monoculture pour remplir les r&#233;servoirs des v&#233;hicules signifie aussi l'expulsion de nombreux paysans de leurs terres. Dans de nombreux cas, cela se r&#233;alise par l'utilisation de la ruse ou de la violence. Dans des pays comme la Colombie et l'Indon&#233;sie, on fait appel aux forces arm&#233;es, aux paramilitaires qui n'h&#233;sitent pas &#224; massacrer les r&#233;calcitrants. Des milliers de communaut&#233;s autochtones, en Am&#233;rique latine, en Afrique et en Asie, sont d&#233;poss&#233;d&#233;es de leur territoire traditionnel. Des dizaines de millions de paysans ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s, en fonction du d&#233;veloppement d'un mode productiviste de la production agricole et d'une reconcentration des terres. Le r&#233;sultat en est l'augmentation de l'urbanisation sauvage et une pression migratoire &#224; la fois interne et internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement noter que les salaires des travailleurs sont tr&#232;s bas et les conditions de travail g&#233;n&#233;ralement infrahumaines &#224; cause des exigences de productivit&#233;. La sant&#233; des travailleurs est aussi gravement affect&#233;e et dans plusieurs cas les familles souffrent de la contamination de l'eau et de l'air. Durant la session du Tribunal permanent des Peuples sur les entreprises multinationales europ&#233;ennes en Am&#233;rique latine, organis&#233;e &#224; Lima en mai 2008, &#224; l'occasion du Sommet europ&#233;en-latino-am&#233;ricain, de nombreux cas ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s de malformation des enfants, fruit de l'utilisation de produits chimiques dans la monoculture de la banane, du soja, de la canne &#224; sucre ou des palmiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que les agrocarburants sont une solution pour le climat est &#233;galement de mode. Il est vrai que la combustion des moteurs &#233;met moins de CO2 dans l'atmosph&#232;re, mais quand on consid&#232;re le cycle complet de la production, de la transformation et de la distribution du produit, le bilan est beaucoup plus nuanc&#233;. Dans certains cas, il devient m&#234;me n&#233;gatif par rapport &#224; l'&#233;nergie fossile.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.alterinter.org/local/cache-vignettes/L320xH241/Les-agrocarb9c8d-8767c-5633c.jpg?1749680982' width='320' height='241' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Si les agrocarburants ne sont pas une solution pour le climat, s'ils ne le sont que de mani&#232;re marginale pour pallier &#224; la crise &#233;nerg&#233;tique, avec les graves cons&#233;quences sociales et naturelles qui les caract&#233;risent, on est en droit de se demander pourquoi ils rencontrent un tel succ&#232;s. La raison en est qu'&#224; court et moyen terme, ils contribuent &#224; augmenter le taux de profit du capital de mani&#232;re consid&#233;rable et rapide. C'est pour cela que les entreprises multinationales du p&#233;trole, de l'automobile, de la chimie et de l'agron&#233;goce s'int&#233;ressent au secteur. Ils sont accompagn&#233;s par le capital financier (George Soros par exemple) et par les entrepreneurs et les propri&#233;taires terriens locaux, h&#233;ritiers de l'oligarchie rurale. La fonction principale de la l'agro&#233;nergie est en fait d'aider une partie du capital &#224; sortir de la crise et &#224; maintenir ou &#233;ventuellement accro&#238;tre sa capacit&#233; d'accumulation. En effet, le processus agro&#233;nerg&#233;tique se caract&#233;rise par une surexploitation du travail, l'ignorance des externalit&#233;s, le transfert de fonds publics vers le priv&#233;, tout cela permettant des gains rapides, mais aussi une h&#233;g&#233;monie des compagnies multinationales et une nouvelle forme de d&#233;pendance du Sud vis-&#224;-vis du Nord , tout cela avec l'image de bienfaiteurs de l'humanit&#233; parce que produisant de &#171; l'&#233;nergie verte &#187;. Quant aux gouvernements du Sud, ils y voient une source de devises, utiles &#224; maintenir, entr'autres, le niveau de consommation des classes privil&#233;gi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la solution est de r&#233;duire la consommation d'&#233;nergie, surtout dans le Nord et d'investir dans de nouvelles technologies (solaire notamment). L'agro&#233;nergie n'est pas un mal en soi et elle peut &#234;tre int&#233;ressante au niveau local, &#224; condition de respecter la biodiversit&#233;, la qualit&#233; des sols et de l'eau, la souverainet&#233; alimentaire et l'agriculture paysanne, c'est-&#224;-dire tout le contraire de la logique du capital. En Equateur, le pr&#233;sident Rafa&#235;l Correa a eu le courage de geler l'exploitation du p&#233;trole dans la r&#233;serve naturelle du Yasuni. On peut esp&#233;rer que les gouvernements de l'Am&#233;rique latine, de l'Afrique et de l'Asie feront preuve de la m&#234;me fermet&#233; en adoptant une attitude similaire face &#224; l'escalade des agrocarburants. R&#233;sister au Nord, comme au Sud, &#224; la pression des pouvoirs &#233;conomiques est un probl&#232;me politique et &#233;thique. C'est donc un devoir de d&#233;noncer le scandale que signifie la production des agrocarburants dans le Sud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.legrandsoir.info/Le-scandale-des-agrocarburants-dans-les-pays-du-Sud.html" class="spip_out"&gt;http://www.legrandsoir.info/Le-scan...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Professeur &#233;m&#233;rite de l'Universite catholique de Louvain, fondateur du Centre tricontinental et auteur de l'ouvrage &#034;L'Agro&#233;nergie &#8211; Solution pour le climat ou sortie de crise pour le capital ?&#034;, Charleroi, Couleur Livres, 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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