<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.alterinter.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="en">
	<title>Alternatives International</title>
	<link>https://www.alterinter.org/</link>
	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
	<language>en</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.alterinter.org/spip.php?id_auteur=905&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Alternatives International</title>
		<url>https://www.alterinter.org/local/cache-vignettes/L144xH42/siteon0-c616d.png?1749672047</url>
		<link>https://www.alterinter.org/</link>
		<height>42</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="en">
		<title>Les mouvements sociaux entre l'autonomie et la lutte pour le changement</title>
		<link>https://www.alterinter.org/?Les-mouvements-sociaux-entre-l-autonomie-et-la-lutte-pour-le-changement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.alterinter.org/?Les-mouvements-sociaux-entre-l-autonomie-et-la-lutte-pour-le-changement</guid>
		<dc:date>2007-12-05T14:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator> Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les mouvements sociaux, dans leur grande majorit&#233;, revendiquent leur ind&#233;pendance par rapport au gouvernement de gauche. M&#234;me si certains ont opt&#233; pour soutenir sans &#233;quivoque les politiques officielles, les mouvements les plus importants gardent une certaine distance et ne sont pas avares de critiques.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-Mondialisation-et-resistances-" rel="directory"&gt;Mondialisation et r&#233;sistances&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les mouvements sociaux, dans leur grande majorit&#233;, revendiquent leur ind&#233;pendance par rapport au gouvernement de gauche. M&#234;me si certains ont opt&#233; pour soutenir sans &#233;quivoque les politiques officielles, les mouvements les plus importants gardent une certaine distance et ne sont pas avares de critiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les mouvements sociaux de la r&#233;gion, l'arriv&#233;e au pouvoir de gouvernants de centre gauche et de gauche a repr&#233;sent&#233; un v&#233;ritable tremblement de terre interne. Pas tant &#224; cause de la n&#233;cessit&#233; de prendre position sur les changements enregistr&#233;s sur la sc&#232;ne politique mais surtout parce que l'initiative est pass&#233;e des mouvements aux gouvernements. On n'est d&#233;j&#224; plus &#224; l'&#233;poque des grandes mobilisations qui d&#233;terminaient l'agenda politique de la r&#233;gion, comme ce le fut probablement jusqu'au d&#233;raillement de la Zone de Libre-Echange des Am&#233;riques (ZLEA) au sommet de Mar del Plata (Argentine), en novembre 2005. La situation est devenue beaucoup plus complexe que dans la p&#233;riode domin&#233;e par les politiques n&#233;olib&#233;rales classiques et par les gouvernements conservateurs qui ont provoqu&#233; une vague de r&#233;sistances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements impuls&#233;s en grande mesure par l'action des mouvements sociaux ont contribu&#233; &#224; les &#233;carter de l'avant-sc&#232;ne. Selon moi, ce paradoxe est au centre des probl&#232;mes qu'affrontent les mouvements, car ils n'y &#233;taient pas pr&#233;par&#233;s. Parall&#232;lement, la nouvelle conjoncture a mis au premier plan la question de l'int&#233;gration r&#233;gionale &#8211; avec deux projets en comp&#233;tition &#8211; face &#224; laquelle de nombreux mouvements rencontrent des difficult&#233;s au moment de prendre position [1]. Il semble &#233;vident que les &#201;tats-Unis ne jouent pas seul dans une Am&#233;rique du Sud qu'on ne peut plus consid&#233;rer comme son &#171; arri&#232;re-cour &#187;, et qu'un certain multilat&#233;ralisme est en train de se consolider. Celui-ci est impuls&#233; notamment par un pays comme le Br&#233;sil qui a d&#233;montr&#233; sa capacit&#233; de peser de mani&#232;re d&#233;terminante dans la r&#233;gion. Les mouvements sociaux n'ont pas toujours su pr&#233;venir la profondeur des changements en marche, tant &#224; l'&#233;chelle locale qu'&#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale, et se positionner face &#224; des situations beaucoup plus complexes et contradictoires qui n'acceptent pas de lectures simplistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Uruguay n'&#233;chappe pas &#224; cette r&#233;alit&#233;. Comme nous le verrons, plusieurs mouvements ont &#233;t&#233; neutralis&#233;s par les gouvernements mais les plus importants &#8211; tant quantitativement que par leur potentiel d'&#233;mancipation &#8211; gardent une certaine distance avec les pouvoirs publics. Le conflit avec l'Argentine sur l'installation d'usines de celluloses sur le fleuve frontalier Uruguay [2] est peut-&#234;tre la seule exception que vit le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ombres et lumi&#232;res sur les droits de l'Homme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale rupture par rapport aux gouvernements ant&#233;rieurs est l'attitude du gouvernement de Tabar&#233; Vazquez sur la violation des droits humains au cours de la dictature militaire (1973-1985). Pour la premi&#232;re fois, le pouvoir ex&#233;cutif a d&#233;cid&#233; de creuser dans les casernes de l'arm&#233;e &#224; la recherche de restes de prisonniers-disparus. Le tournant n'est des moindres, m&#234;me si les r&#233;sultats n'ont pas &#233;t&#233; ceux que l'on escomptait, puisque les militaires refusent de collaborer en apportant des informations. Malgr&#233; tout, des corps de disparus ont &#233;t&#233; trouv&#233;s et un climat s'est install&#233; qui a permis de tra&#238;ner devant les tribunaux certains des principaux accus&#233;s de ces violations des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le gouvernement a refus&#233; d'annuler la &#171; Loi de caducit&#233; &#187; qui, en 1986, a amnisti&#233; les bourreaux, les changements dans la politique gouvernementale marque une inflexion, peut-&#234;tre la plus importante (&#8230;) de l'actuel gouvernement. En d'autres mots, nous sommes face &#224; un changement radical que personne ne peut nier et qui aura des impacts profonds sur la subjectivit&#233; des Uruguayens dans les prochaines d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les points n&#233;gatifs, quant &#224; eux, on les trouve dans deux aspects : la non annulation de la &#171; Loi de caducit&#233; &#187; et la tentative de Vazquez de c&#233;l&#233;brer le jour du &#171; Nunca M&#225;s &#187; (&#171; Jamais Plus &#187;) en encourageant une r&#233;conciliation entre bourreaux et victimes. Par rapport &#224; la loi d'amnistie, le mouvement syndical et une bonne partie des autres mouvements ont lanc&#233; une campagne pour sa d&#233;rogation. Mais le groupe le plus important, des familles de prisonniers-disparus, a d&#233;cid&#233; de ne pas y participer puisqu'il n'a pas r&#233;ussi &#224; prendre de position unanime en son sein. En fait, une des personnes les plus connues de ce mouvement a &#233;t&#233; nomm&#233;e par le gouvernement &#224; un poste officiel et adopte la m&#234;me position que ses sup&#233;rieurs : il ne faut pas annuler une loi injuste parce que de toute fa&#231;on les violeurs des droits humains sont jug&#233;s. Ce groupe est la principale force sociale neutralis&#233;e par le gouvernement de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, Vazquez a d&#251; faire marche arri&#232;re dans sa tentative de c&#233;l&#233;brer la journ&#233;edu &#171; Nunca M&#225;s &#187; puisqu'une bonne partie de la soci&#233;t&#233; et les principaux mouvements leur ont tourn&#233; le dos. C'est le syndicat des enseignants qui cette fois a jou&#233; un r&#244;le important. Une vaste consultation d&#233;mocratique de ses bases a donn&#233; un r&#233;sultat sans appel : 90% des enseignants se sont oppos&#233;s &#224; participer au d&#233;fil&#233; civique et militaire que le pr&#233;sident avait convoqu&#233; pour sceller la r&#233;conciliation. Le 29 mai dernier, la centrale syndicale Plenario Intersindical de Trabajadores &#8211; Convenci&#243;n Nacional de Trabajadores (PIT-CNT) a soutenu une gr&#232;ve nationale de 24 heures de tous les secteurs de l'enseignement. Ils exigeaient du gouvernement qu'il respecte sa promesse &#233;lectorale d'augmenter le budget de l'&#233;ducation. Le jour m&#234;me, des milliers de travailleurs ont exig&#233; de meilleurs salaires et &#171; jamais plus &#187; de terrorisme d'&#201;tat. Le 20 mai, date de la comm&#233;moration de l'assassinat de quatre Uruguayens &#224; Buenos Aires en 1976 (le s&#233;nateur Zelmar Michelini, le d&#233;put&#233; H&#233;ctor Guti&#233;rrez Ruiz et deux militants tupamaros), par des militaires uruguayens avec l'appui de la dictature de Videla, plus de 50 mille personnes sont descendues dans la rue pour exprimer leur rejet de la r&#233;conciliation annonc&#233;e par Vazquez. Le pr&#233;sident n'a pas eu d'autre choix que de faire marche arri&#232;re ou alors il risquait de provoquer une crise au sein m&#234;me de sa force politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie historique du mouvement syndical&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical uruguayen a une longue tradition d'ind&#233;pendance par rapport aux partis de gauche, m&#234;me si presque tous ses dirigeants militent dans l'un ou l'autre secteur du Frente Amplio. Avec le temps, un principe commun s'est impos&#233; ; il dit que les syndicats ne doivent se soumettre ni &#224; l'&#201;tat ni aux partis, quelles que soient leurs affinit&#233;s. Sous le gouvernement de Tabar&#233; Vazquez, ce principe a &#233;t&#233; respect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ind&#233;niable que la centrale syndicale PIT-CNT est une des grands b&#233;n&#233;ficiaires de la politique actuelle, puisque l'ex&#233;cutif est revenu &#224; la politique de n&#233;gociation tripartite (&#201;tat, syndicats, chefs d'entreprises) qui avaient &#233;t&#233; abandonn&#233;es au d&#233;but des ann&#233;es 90 avec la vague n&#233;olib&#233;rale. La r&#233;installation des Conseils de salaires (Consejos de Salarios) o&#249; l'on discute des conditions de travail des salari&#233;s a donn&#233; lieu non seulement &#224; une augmentation du salaire r&#233;el mais aussi &#224; la possibilit&#233; qu'&#233;mergent de nouveaux syndicats l&#224; o&#249; jusqu'&#224; aujourd'hui les droits syndicaux n'&#233;taient pas respect&#233;s. En deux ans, des dizaines de sections syndicales ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es et le nombre de membres a doubl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, le mouvement syndical a su maintenir son ind&#233;pendance et l'a d&#233;montr&#233; &#224; plusieurs occasions. L'exemple le plus &#233;vident a peut-&#234;tre &#233;t&#233; la mobilisation syndicale contre l'imp&#233;rialisme et la signature d'un trait&#233; de libre-&#233;change avec les Etats-Unis lors de la visite de George W. Bush en Uruguay en mars 2007. Ce n'est pas le seul exemple. Comme nous l'avons vu, les syndicats ont jou&#233; un r&#244;le important au moment de rejeter la r&#233;conciliation avec les militaires de la dictature et de nombreux syndicats, surtout ceux du secteur public (enseignants, administration centrale et municipale) n'ont pas cess&#233; d'organiser des arr&#234;ts de travail et des gr&#232;ves pour r&#233;clamer des salaires dignes. Le PIT-CNT a r&#233;alis&#233; plusieurs arr&#234;ts de travail partiels et une gr&#232;ve de 24 heures contre la politique &#233;conomique du gouvernement, en continuit&#233; avec celle de ses pr&#233;d&#233;cesseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment d'&#233;valuer le mouvement syndical sous le gouvernement de gauche, Juan Castillo, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du PIT-CNT, croit qu'il a r&#233;ussi &#224; r&#233;affirmer son autonomie et son ind&#233;pendance tout en intervenant sur la sc&#232;ne politique. En ce sens, il reconna&#238;t les changements en cours et d&#233;fend une plus grande implication du mouvement syndical dans ce qui devrait &#234;tre une d&#233;mocratie participative. &#171; Au sein du mouvement, il existe trois courants : ceux qui ne veulent pas critiquer pour ne pas compliquer la t&#226;che du gouvernement, ceux qui disent que rien n'a chang&#233; et que ce sont tous les m&#234;mes, et, entre les deux, ceux comme nous qui croient qu'il faut reconna&#238;tre les avanc&#233;es tout en critiquant les erreurs et les manques &#187;, explique Castillo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical n'a pas de cadres dans le gouvernement du Frente Amplio. Fid&#232;le &#224; sa tradition l&#233;gendaire, chaque fois qu'un syndicaliste entre dans le syst&#232;me politique, il abandonne naturellement le mouvement. &#171; C'est quelque chose qui ne se discute pas, c'est normal &#187;, dit Castillo tout en rappelant que 30 des 51 d&#233;put&#233;s de la gauche sont issus du monde syndical. En somme, l'autonomie fait partie de la culture politico-sociale du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coop&#233;ratives de logement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration des coop&#233;ratives de logement par aide mutuelle - la FUCVAM, Federaci&#243;n de Cooperativas de Vivienda por Ayuda Mutua - est le mouvement le plus important et le plus massif apr&#232;s le syndical. N&#233; il y a plus de 30 ans, elle est compos&#233;e d'environ 500 coop&#233;ratives qui gr&#226;ce &#224; l'occupation de terres dans des zones urbaines ont r&#233;ussi &#224; construire environ 20 mille logements. Elle est fortement en conflit avec le gouvernement actuel puisque les autorit&#233;s affirment qu'il n'y a pas d'argent pour la construction. En outre, le parlement a adopt&#233;, avec les votes de la gauche, une loi qui punit durement les occupations. Les dirigeants de la f&#233;d&#233;ration sont tr&#232;s durs avec le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous sommes face &#224; des gens qui savent gouverner et qui savent comment s'y prendre avec les associations &#187;, dit Daniel de Souza, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la FUCVAM. Ce qui est train de se passer sous un gouvernement de gauche leur para&#238;t d&#233;concertant : &#171; Ce n'est pas une question spontan&#233;e. Ces gouvernants ne sont pas nouveaux, ceux qui sont au minist&#232;re du Logement gouvernent Montevideo depuis pr&#232;s de vingt ans. &#187; [3] Ils devront s'efforcer, au cours des prochains mois, de contrer les nouvelles lois et r&#233;glementations qu'ils consid&#232;rent comme un &#171; recul au niveau l&#233;gal &#187; car, dans le cas contraire, les conqu&#234;tes du mouvement social seront en p&#233;ril. En juin, la Justice a condamn&#233; &#224; la prison cinq membres de coop&#233;ratives pour avoir occup&#233; un terrain &#224; Punta del Este [une station baln&#233;aire, ndlr], ce qui est peut &#234;tre un signe avant-coureur de la nouvelle attitude du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril, le Parlement a approuv&#233; une loi qui &#233;tablit des peines de prison de trois mois &#224; quatre ans pour ceux qui occupent des terres. La surprise est que tout le Frente Amplio a appuy&#233; la nouvelle loi. A la FUCVAM, on est dispos&#233; &#224; d&#233;fier la loi. Le 28 juillet, en compagnie de travailleurs ruraux (les coupeurs de canne &#224; sucre du Nord) qui occupent un terrain de 32 hectares, ils ont r&#233;alis&#233; une action &#224; Montevideo et une marche jusqu'au palais de gouvernement. Ils rejettent la loi qui, selon eux, &#171; criminalise &#187; les occupations. Plusieurs dirigeants ont affirm&#233; pour leur part que le gouvernement cherche &#224; &#171; criminaliser la protestation, la capacit&#233; de mobilisation des secteurs populaires qui sont, en derni&#232;re instance, la seule garantie de faire une quelconque transformation de cette structure si injuste de la richesse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le probl&#232;me de fond cependant ne semble pas &#234;tre la loi, mais plut&#244;t le mod&#232;le &#233;conomique. La FUCVAM affirme que sur les 14 mille logements promis par le gouvernement, seuls 3 mille seront construits par an au cours de ces cinq ann&#233;es de gouvernements. Si l'on ne change pas le mod&#232;le, &#171; l'&#233;migration rurale vers les villes va se poursuivre. Quand ils arrivent ici, ils n'ont pas de travail et sont doublement expuls&#233;s vers la p&#233;riph&#233;rie &#187;, affirment les coop&#233;rants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations entre les coop&#233;rants et le minist&#232;re du Logement ne sont pas bonnes, mais elles tendent &#224; empirer. La droite fait pression au parlement. Les critiques de la FUVCAM pointent la politique globale du gouvernement. Ils sentent que la question du logement ne fait pas partie des priorit&#233;s gouvernementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quel hasard que nous n'ayons jamais eu de probl&#232;me avec le &#8216;r&#233;pertoire de terres' [4] et qu'en deux ans de gouvernement de gauche, nous ayons d&#251; occuper pour pouvoir avoir des terres &#187;, signale De Souza. Depuis 1989, ils ne faisaient plus d'occupations. Mais, ils sentent qu'avec la nouvelle l&#233;gislation, ils ne pourront pas organiser d'occupation et que l'acc&#232;s aux pr&#234;ts pour la construction sera chaque fois plus lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une forte similarit&#233; avec ce qui se passe dans d'autres pays &#224; la t&#234;te desquels on trouve des gouvernements progressistes, comme par exemple la relation entre le Mouvement des Sans terre du Br&#233;sil et le gouvernement de Lula. Les critiques contre le gouvernement de Tabar&#233; Vazquez sont formul&#233;es aujourd'hui &#224; voix haute. &#171; Ils font comme s'ils dialoguaient, mais ils n'&#233;coutent pas, ils ne c&#232;dent rien &#187;, conclut De Souza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus r&#233;cents, les plus autonomes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux et trois derni&#232;res ann&#233;es, ont &#233;clos de nouveaux mouvements compos&#233;s de jeunes qui n'ont pas &#233;t&#233; form&#233; dans les grandes organisations comme les mouvement syndical ou &#233;tudiant-universitaire. Ils ont pourtant fait preuve d'un grand dynamisme, de beaucoup de cr&#233;ativit&#233; et de capacit&#233; &#224; mettre leurs combats &#224; une bonne place dans l'agenda national. Je fais r&#233;f&#233;rence aux revendications pour la l&#233;galisation de l'avortement et aux mobilisations pour la diversit&#233; sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de mouvements &#171; minoritaires &#187; mais qui sont largement accept&#233;s par la population. Les collectifs de femmes en faveur de l'avortement l&#233;gal ont d&#251; s'affronter au net refus du pr&#233;sident Vazquez et de la majorit&#233; masculine du Frente Amplio, au moment de modifier la loi. Malgr&#233; cela, des activistes f&#233;ministes, en alliance avec des l&#233;gislatrices de gauche, ont su d&#233;fier leurs dirigeants tout en sachant que le pr&#233;sident peut mettre son veto &#224; toute d&#233;cision du parlement qui l&#233;galise l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le mouvement pour la diversit&#233; sexuelle a conquis des espaces et est form&#233; aujourd'hui d'un r&#233;seau de groupes de base essentiellement compos&#233;s de jeunes. D&#233;termin&#233;s &#224; ne pas rester enferm&#233;s dans les territoires culturels des groupes gays et lesbiens, ils ont tiss&#233; des alliances avec les femmes qui luttent pour la l&#233;galisation de l'avortement et ont m&#234;me obtenu le soutien de la central syndicale et d'autres mouvements &#171; traditionnels &#187;. Ils mettent &#224; nu les incons&#233;quences du gouvernement : &#171; Un gouvernement qui se dit progressiste doit cr&#233;er les conditions pour garantir le respect des droits humains de tous ses habitants. Un gouvernement progressiste peut avoir des marges d'action plus ou moins limit&#233;es en mati&#232;re &#233;conomique, financi&#232;re et de production. Maintenant, dans le domaine culturel, il faut reconna&#238;tre qu'il y a une diversit&#233; des gens en mati&#232;res sexuelle, religieuse et &#8216;reproductive'. Mais la r&#233;forme culturelle est loin d'&#234;tre &#224; l'agenda &#187;, indique le groupe Mujer y Salud (Femme &amp; sant&#233;) [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment un tournant qui gagne des adeptes chez les jeunes. Si, sur le terrain &#233;conomique, il n'y pas d'alternatives &#8211; dit le groupe ci-dessus -, parce ce que c'est un pays tr&#232;s petit et tr&#232;s d&#233;pendant, dans d'autres domaines, comme les droits humains et les relations sociales et culturelles, il y a bien une alternative et elle d&#233;pend de la pression sociale qui sera exerc&#233;e sur les gouvernants. En d'autres mots, le conservatisme de la gauche commence &#224; se l&#233;zarder par la veine culturelle, l&#224; o&#249; il n'y a aucune excuse valide parce qu'il s'agit simplement de discrimination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouveaux mouvements, erron&#233;ment qualifi&#233;s de minoritaires, brisent plusieurs digues id&#233;ologiques comme celle qui dit que critiquer un gouvernement de gauche, c'est faire le jeu de la droite. Ils brandissent des sondages qui affirment que 63% des Uruguayens sont pour la d&#233;p&#233;nalisation de l'avortement, dans un contexte dans lequel la population comprend que seules les classes moyennes hautes peuvent acc&#233;der &#224; un avortement r&#233;alis&#233; en toute s&#233;curit&#233;. Dans ce secteur, les arguments de type id&#233;ologique traditionnel ont peu d'incidence et ses activistes se sentent beaucoup plus libres au moment d'affronter le gouvernement de centre gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;cologistes sont un autre secteur qui a d&#233;montr&#233; son autonomie face &#224; l'&#201;tat. Leur combat principal est leur opposition au mod&#232;le forestier [la monoculture d'arbres destin&#233;s notamment &#224; la production de cellulose, ndlr] et aux usines de cellulose, particuli&#232;rement contre l'entreprise finlandaise Botnia qui commencera &#224; produire avant la fin de l'ann&#233;e. Toutefois, deux &#233;v&#233;nements ont perturb&#233; le mouvement. D'un c&#244;t&#233;, le conflit avec l'Argentine &#224; partir des blocages du pont international entre la ville uruguayenne de Fray Bentos et la ville argentine de Gualeguaychu a d&#233;tourn&#233; le d&#233;bat sur le mod&#232;le forestier et la production de cellulose vers des questions de nationalisme qui ont profit&#233; au gouvernement. D'un autre c&#244;t&#233;, les ONG de d&#233;fense de l'environnement ont jou&#233; un r&#244;le tr&#232;s important mais font de l'ombre au mouvement de base, c'est-&#224;-dire au vrai mouvement social. En tout cas, l'&#233;cologisme uruguayen continue d'&#234;tre tr&#232;s isol&#233; et pourra bient&#244;t lever la t&#234;te une fois termin&#233; le long litige avec l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut affirmer en gros que les mouvements sociaux uruguayens sont en train de sortir d'une p&#233;riode de faiblesse qui a co&#239;ncid&#233; avec l'essor du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral. Dans les prochains mois sera convoqu&#233; le IIe Congr&#232;s du peuple, une instance qui permettra de faire converger tous les mouvements, des syndicats et des organisations les plus institutionnalis&#233;es aux mouvements les plus locaux et dispers&#233;s. Le premier Congr&#232;s du peuple s'est tenu il y a 42 ans, en 1965. Il eut deux effets notables : il r&#233;unit 700 organisations sociales qui d&#233;battirent d'un programme de changements repris int&#233;gralement quelques ann&#233;es plus tard par le Frente Amplio lors de sa cr&#233;ation en 1971. En second lieu, le Congr&#232;s du peuple joua un r&#244;le d&#233;terminant dans la cr&#233;ation de la Convention Nationale des Travailleurs (CNT), la centrale unitaire qui depuis lors a marqu&#233; l'histoire du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 septembre dernier, plusieurs organisations ont lanc&#233; la proposition d'organiser le second Congr&#232;s du peuple ; parmi elles, le PIT-CNCT, la FUVCAM, la FEUU (les &#233;tudiants universitaires) et l'organisation des pensionn&#233;s. Selon l'appel de ces organisations, le Congr&#232;s doit chercher &#171; &#224; contribuer &#224; la formation d'un bloc d&#233;mocratique radical qui &#233;carte l'actuel bloc dominant, en luttant pour approfondir le processus de changements &#187; ouvert le 1er mars 2005 quand Tabar&#233; Vazquez est devenu pr&#233;sident. Les promoteurs du Congr&#232;s s'opposent aux monocultures foresti&#232;res, estiment n&#233;cessaire que le &#171; peuple organis&#233; &#187; participe au gouvernement national et &#224; la gestion municipale et conclue qu' &#171; aucun gouvernement ne pourra gouverner, r&#233;aliser des changements et les approfondir sans nous &#187;. De cette mani&#232;re, les mouvements se pr&#233;parent pour livrer une bataille d&#233;cisive pour disputer aux forces n&#233;olib&#233;rales l'avenir imm&#233;diat de l'Uruguay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTES:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Je fais ici r&#233;f&#233;rence &#224; la Communaut&#233; Sud-Am&#233;ricaine des Nations (CSN) impuls&#233;e par le Br&#233;sil et &#224; l'Alternative Bolivarienne des Am&#233;riques (ALBA) propos&#233;e par le gouvernement du Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] [NDLR] Depuis de nombreux mois, de fortes tensions ont marqu&#233; les relations entre l'Argentine et l'Uruguay, deux pays dirig&#233;s par des pr&#233;sidents - Nestor Kirchner et Tabar&#233; Vazquez - que l'on dit pourtant proches id&#233;ologiquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
En cause, la volont&#233; du gouvernement uruguayen de construire deux grandes usines de fabrication de cellulose sur les rives du fleuve Uruguay, un cours d'eau binational servant de fronti&#232;re entre les deux pays. Cet investissement de la finlandaise Botnia et de l'espagnole Ence s'&#233;l&#232;ve &#224; environ 1,7 milliards de dollars, le plus gros investissement &#233;tranger en Uruguay. D'apr&#232;s les Argentins, ces entreprises pourraient polluer le fleuve. Le conflit, qui dure depuis plus de trois ans, a atteint de telles proportions qu'il a fait trembler le Mercosur. De plus, le gouvernement argentin a port&#233; l'affaire devant la Cour internationale de justice de La Haye.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir notre dossier &#171; La guerre du papier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Brecha, 10 ao&#251;t 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Le second bond en avant du mouvement eut lieu en 1989. C'&#233;tait une ann&#233;e &#233;lectorale et la pression pour le logement avait &#233;t&#233; retard&#233;e par la dictature (1973-1985), au point qu'au d&#233;but de cette d&#233;cennie, les installations urbaines ill&#233;gales se sont multipli&#233;es. Y vivaient sans emploi et immigrants ruraux. En juillet de cette ann&#233;e-l&#224;, apr&#232;s une assembl&#233;e massive, quatre coop&#233;ratives occup&#232;rent trois terrains. En novembre, Tabar&#233; Vazquez gagna les &#233;lections &#224; Montevideo [capitale de l'Uruguay, ndlr] et cr&#233;a un &#8216;r&#233;pertoire de terres' publiques qui commenc&#232;rent &#224; &#234;tre n&#233;goci&#233;es avec le mouvement des coop&#233;ratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Brecha, 28 septembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:&lt;br class='autobr' /&gt;
RISAL - R&#233;seau d'information et de solidarit&#233; avec l'Am&#233;rique latine&lt;br class='autobr' /&gt;
URL: &lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://risal.collectifs.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Alai, Agencia Latinoamericana de Informaci&#243;n (&lt;a href=&#034;http://alainet.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alainet.org&lt;/a&gt;), octobre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Fr&#233;d&#233;ric L&#233;v&#234;que, pour le RISAL (&lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://risal.collectifs.net/&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opinions exprim&#233;es et les arguments avanc&#233;s dans cet article demeurent l'enti&#232;re responsabilit&#233; de l'auteur-e et ne refl&#232;tent pas n&#233;cessairement ceux du R&#233;seau d'Information et de Solidarit&#233; avec l'Am&#233;rique Latine (RISAL).&lt;br class='autobr' /&gt; Site h&#233;berg&#233; par DOMAINE PUBLIC, r&#233;alis&#233; avec SPIP, sous LICENCE DE LOGICIEL LIBRE(GPL),&lt;br class='autobr' /&gt;
optimis&#233; pour FIREFOX.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://risal.collectifs.net/" class="spip_out"&gt;http://risal.collectifs.net/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
