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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Du conflit politique vers une guerre de religion ?</title>
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		<dc:date>2006-05-24T12:08:29Z</dc:date>
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		<dc:creator> Bernard Ravenel</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;De la provocation sur l'esplanade des mosqu&#233;es &#224; J&#233;rusalem en septembre 2000 &#224; l'assassinat du cheikh Ahmed Yassine, Ariel Sharon a mis en oeuvre une strat&#233;gie visant &#224; transformer le conflit isra&#233;lo-palestinien en guerre des religions. Un choix qui passe, parall&#232;lement, par une tentative de d&#233;l&#233;gitimation de l'Autorit&#233; palestinienne.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De la provocation sur l'esplanade des mosqu&#233;es &#224; J&#233;rusalem en septembre 2000 &#224; l'assassinat du cheikh Ahmed Yassine, Ariel Sharon a mis en oeuvre une strat&#233;gie visant &#224; transformer le conflit isra&#233;lo-palestinien en guerre des religions. Un choix qui passe, parall&#232;lement, par une tentative de d&#233;l&#233;gitimation de l'Autorit&#233; palestinienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'interroger aujourd'hui sur les rapports entre le Hamas et le pouvoir isra&#233;lien, et plus particuli&#232;rement sur le r&#244;le de la strat&#233;gie isra&#233;lienne dans l'affirmation du Hamas, ne peut dispenser de s'interroger aussi sur les atouts politiques de ce mouvement comme organisation de r&#233;sistance nationale islamique face &#224; Isra&#235;l. Il est important de questionner les responsabilit&#233;s politiques du Fatah dans sa propre d&#233;faite. Mais l'histoire des rapports entre la politique isra&#233;lienne et le mouvement islamique m&#233;rite une approche particuli&#232;re car elle &#233;claire les objectifs r&#233;els de la droite isra&#233;lienne d&#233;sormais au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ariel Sharon choisit le Hamas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; d'une strat&#233;gie &#233;labor&#233;e d&#232;s le milieu des ann&#233;es 70 qu'en est-il de la strat&#233;gie qu'Ariel Sharon a mise au point puis appliqu&#233;e une fois arriv&#233; au pouvoir en f&#233;vrier 2001 ? Tout commence avec sa &#171; promenade &#187; provocatrice sur l'esplanade des mosqu&#233;es, en septembre 2000 et qui rev&#234;t un double sens. Nationaliste, elle r&#233;affirme la souverainet&#233; d'Isra&#235;l &#224; la fois sur J&#233;rusalem- Est et sur le Mont du Temple ; id&#233;ologique, elle situe l'affrontement sur le terrain du religieux. Plus qu'&#224; l'Autorit&#233; palestinienne, le message, en revendiquant le Mont du Temple en lieu et place des mosqu&#233;es, s'adresse au Hamas comme &#233;tant l'ennemi choisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre la strat&#233;gie d'Ariel Sharon, qui arrivera au pouvoir en f&#233;vrier 2001 dans la foul&#233;e de cette &#171; promenade &#187;, il faut en revenir &#224; Oslo. Les accords d'Oslo en 1993 ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s par la droite nationaliste isra&#233;lienne comme une d&#233;faite, un d&#233;sastre par rapport &#224; ses objectifs et ceux des ultra-orthodoxes qui visaient l'annexion pure et simple des territoires occup&#233;s en 1967. La r&#233;alisation du r&#234;ve du Grand Isra&#235;l - Eretz Israel - constitue pour la droite religieuse un principe absolu, intangible, li&#233; &#224; la promesse divine, et pour une partie des militaires -mais une partie seulement- une n&#233;cessit&#233; en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;... Ariel Sharon, bien que la&#239;c, repr&#233;sente politiquement cette mouvance militaromessianique quand il d&#233;clare : &#171; L'accord d'Oslo est le plus grand malheur qui se soit abattu sur Isra&#235;l et tout doit &#234;tre fait pour le d&#233;truire &#187;. Une fois au pouvoir en f&#233;vrier 2001 - et surtout apr&#232;s le 11 septembre 2001 - Sharon estime que c'est le moment ou jamais de prendre sa revanche sur la d&#233;faite temporaire d'Oslo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour annuler les accords d'Oslo, il est n&#233;cessaire de parvenir &#224; d&#233;l&#233;gitimer l'Autorit&#233; palestinienne. Liquider ou exiler Arafat, qu'importe ! Il faut transformer tout Palestinien en un ennemi. Cette strat&#233;gie suppose l'&#233;croulement &#224; court terme d'Arafat qui serait remplac&#233;, dans les fantasmes des dirigeants isra&#233;liens, par une classique - dans l'histoire coloniale - &#171; troisi&#232;me force &#187; issue de l'oligarchie palestinienne plus pragmatique et plus accommodante... C'est le r&#244;le qu'Ariel Sharon aurait souhait&#233; pouvoir faire jouer &#224; Abou Mazen. Mais cette troisi&#232;me force, esp&#232;re-t-il encore, serait vite balay&#233;e par le mouvement islamiste avec lequel la confrontation serait violente et dans laquelle Isra&#235;l serait soutenu par tout l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous y sommes. C'est tout le sens de la politique unilat&#233;rale men&#233;e depuis par Ariel Sharon qui a vis&#233; &#224; compromettre, d&#233;cr&#233;dibiliser le groupe dirigeant palestinien &#171; la&#239;que &#187;, faisant ainsi cro&#238;tre le poids des tendances religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette Autorit&#233; ainsi progressivement r&#233;duite &#224; l'impuissance, le Hamas appara&#238;t aux yeux des Palestiniens comme la force qui se bat de la mani&#232;re la plus d&#233;termin&#233;e contre l'occupation isra&#233;lienne. Il en tire n&#233;cessairement un grand b&#233;n&#233;fice politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'assassinat du Cheikh Yassine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le d&#233;veloppement du Hamas comme mouvement politique de masse sous l'autorit&#233; de son fondateur et chef spirituel, le cheikh Ahmed Yassine, s'est accompagn&#233; d'une &#233;volution politique importante. A partir de la position id&#233;ologico- religieuse de sa Charte visant &#224; r&#233;tablir la pr&#233;sence musulmane sur toute la terre &#171; sacr&#233;e &#187; de Palestine - ce qui signifie le refus de l'existence d'Isra&#235;l - le Hamas, sous l'influence de Cheikh Yassine, dessine progressivement une perspective politique de reconnaissance de facto de l'ennemi avec lequel il envisage une tr&#234;ve de longue dur&#233;e. Dans un entretien au journal Le Monde du 7 mai 2003, Ahmed Yassine assure qu'une tr&#234;ve ne lui pose aucun probl&#232;me et, pr&#233;cise-t-il, &#171; c'est possible si Isra&#235;l accepte l'&#233;vacuation des zones occup&#233;es depuis 1967, l'&#233;tablissement d'un Etat palestinien sur Gaza et la Cisjordanie avec J&#233;rusalem comme capitale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment pr&#233;cis, le cheikh Yassine se rapproche du compromis historique avec Isra&#235;l tel qu'il a &#233;t&#233; proclam&#233; par le Conseil national palestinien d'Alger en novembre 1988. Se situant dans une perspective d'accession au pouvoir, il se pose du m&#234;me coup comme interlocuteur possible et cr&#233;dible d'une n&#233;gociation politique avec Isra&#235;l. Neuf mois apr&#232;s, le cheikh Yassine est assassin&#233; sur ordre de Sharon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;limination physique d'Ahmed Yassine, Ariel Sharon poursuit un objectif pr&#233;cis et strat&#233;gique : faire avorter toute possibilit&#233; de n&#233;gociation faute d'interlocuteur, jeter les masses palestiniennes dans les bras des secteurs les plus extr&#234;mes, appeler - presque invoquer- la &#171; riposte terroriste &#187; de la r&#233;sistance et inscrire la lutte palestinienne dans la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; lanc&#233;e par les Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, Ariel Sharon entend alt&#233;rer profond&#233;ment la nature du conflit. Il veut transformer le conflit politique avec les Palestiniens en une guerre entre le &#171; peuple musulman de Palestine &#187; et le &#171; peuple juif d'Isra&#235;l &#187;. Il allume la m&#232;che de la guerre sainte entre le monde jud&#233;ochr&#233;tien et le monde de l'islam. En m&#234;me temps, il s'adapte aux ambitions des n&#233;o-conservateurs am&#233;ricains et aux annonces apocalyptiques des chr&#233;tiens fondamentalistes. Finalement, Ariel Sharon propose de fait une guerre totale avec le monde islamique. C'est l&#224; que se situe la convergence entre l'unilat&#233;ralisme am&#233;ricain et ses propres plans unilat&#233;raux. Ariel Sharon pousse le monde vers une catastrophe globale. Apr&#232;s l'assassinat du cheikh Yassine, le Hamas a &#233;mis un communiqu&#233; proclamant que Sharon avait &#171; ouvert les portes de l'enfer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;l&#233;gitimer Abou Mazen : la farce du retrait de Gaza&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien vite, il est apparu que la sortie de Gaza ne repr&#233;sentait pas la relance d'un processus de paix mais une strat&#233;gie tendant &#224; imposer aux Palestiniens une solution qui ignore leurs principales revendications. Quand tout le monde attendait des n&#233;gociations, celles-ci n'ont jamais d&#233;marr&#233;. Et la paralysie diplomatique a confirm&#233;, aux yeux des Palestiniens, que la voie diplomatique d'Abou Mazen et du Fatah ne fonctionnait pas. Ceux-ci, ayant les r&#234;nes du pouvoir dans une situation d'impasse politique totale, de marginalisation et d'unilat&#233;ralisme, en ont pay&#233; le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s ce &#171; retrait unilat&#233;ral &#187;, le gouvernement isra&#233;lien a d&#233;montr&#233; aux Palestiniens que la voie de vraies n&#233;gociations n'existait pas. Cela a &#233;t&#233; le meilleur argument pour convaincre beaucoup de Palestiniens que le Hamas &#233;tait peut-&#234;tre l'alternative. Le soutien &#224; Abou Mazen et &#224; son gouvernement a diminu&#233; &#224; mesure qu'apparaissaient les limites de l'ouverture isra&#233;lienne &#224; des n&#233;gociations de paix (refus de tenir la promesse de lib&#233;rer des prisonniers, de lever des barrages en Cisjordanie, etc.) Le consensus a encore diminu&#233; quand la bande de Gaza s'est r&#233;v&#233;l&#233;e une grande prison et que la vie dans les territoires occup&#233;s devenait de jour en jour plus difficile. Si on ajoute &#224; tout cela la corruption et le processus de d&#233;sint&#233;gration du gouvernement palestinien, on comprend mieux la d&#233;faite du Fatah et par cons&#233;quent la victoire du Hamas. A pr&#233;sent, pour Isra&#235;l qui a gel&#233; toute n&#233;gociation politique depuis 2001, beaucoup de choses paraissent se simplifier. Son gouvernement esp&#232;re pouvoir compl&#233;ter tranquillement la construction du Mur en Cisjordanie et pr&#233;parer de nouveaux plans unilat&#233;raux. Avec un gouvernement Hamas, on mise sur le fait qu'il n'y aura plus grand monde &#224; l'ext&#233;rieur pour protester. Face au Hamas qui semble choisir la voie politique, les h&#233;ritiers de Sharon vont-ils comprendre que s'ils continuent sur la m&#234;me ligne unilat&#233;rale, ils vont &#224; la catastrophe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Palestine n&#176;49&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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