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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Histoire d'un gachis</title>
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		<dc:date>2007-11-12T02:25:37Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Ta&#239;eb MOALLA</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Vingt ans apr&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir, le pr&#233;sident tunisien Zine Ben Ali r&#232;gne d'une main de fer sur un pays qui poss&#233;dait pourtant tous les atouts pour devenir la premi&#232;re d&#233;mocratie du monde arabe et musulman. Chronique d'un g&#226;chis.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vingt ans apr&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir, le pr&#233;sident tunisien Zine Ben Ali r&#232;gne d'une main de fer sur un pays qui poss&#233;dait pourtant tous les atouts pour devenir la premi&#232;re d&#233;mocratie du monde arabe et musulman. Chronique d'un g&#226;chis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 7 novembre 1987, Ben Ali devenait le deuxi&#232;me pr&#233;sident de la R&#233;publique en succ&#233;dant au &#171; p&#232;re de la nation &#187;, le tr&#232;s malade Habib Bourguiba. &#192; l'&#233;poque, le pays tanguait dangereusement entre les clans obs&#233;d&#233;s par la succession du vieux ra&#239;s et un mouvement islamiste conqu&#233;rant. L'&#233;nigmatique et peu connu Ben Ali, issu de l'obscur milieu du renseignement, r&#233;ussissait alors un v&#233;ritable tour de force en d&#233;posant son pr&#233;d&#233;cesseur sans effusion de sang et en respectant les formes l&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;poque que nous vivons ne peut plus souffrir ni pr&#233;sidence &#224; vie ni succession automatique &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat desquelles le peuple se trouve exclu. Notre peuple est digne d'une vie politique &#233;volu&#233;e et institutionnalis&#233;e, fond&#233;e r&#233;ellement sur le multipartisme et la pluralit&#233; des organisations de masse &#187;, annonce &#224; la radio Ben Ali dans son premier discours-programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse mondiale salue rapidement &#171; la r&#233;volution du jasmin &#187;. Difficile d'accuser les faiseurs d'opinion occidentaux d'exc&#232;s de z&#232;le lorsqu'on sait que les plus farouches opposants au syst&#232;me de l'&#201;tat/Parti ont quasi unanimement applaudi l'av&#232;nement du nouveau pouvoir &#224; Carthage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les promesses de d&#233;mocratisation de la vie publique, une croissance continue du PIB, un taux de natalit&#233; contr&#244;l&#233; et un statut envi&#233; des femmes ne sont pas une garantie absolue de succ&#232;s. La personnification &#224; outrance du pouvoir et la r&#233;pression de toute voix discordante sont (re)devenues le lot quotidiens des Tunisiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une embellie d&#233;mocratique de deux ans (1987-1989), ayant vu s'&#233;panouir une presse relativement libre, le r&#233;gime de Ben Ali s'est montr&#233; sous son vrai visage en emprisonnant les islamistes dans des proc&#232;s d&#233;nonc&#233;s par les organisations de d&#233;fense des libert&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur et &#224; l'int&#233;rieur du pays. Au milieu des ann&#233;es 1990, le pouvoir tunisien s'attaquait &#224; ce qui restait de la gauche politique. Apr&#232;s avoir mis les syndicats et la presse au pas, le pouvoir glissait petit &#224; petit vers le despotisme. M&#234;me la limite l&#233;gale de trois mandats pr&#233;sidentiels finissait par sauter &#224; la suite d'un r&#233;f&#233;rendum, organis&#233; en 2002, modifiant la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En Tunisie, la dictature polici&#232;re a pris en otage le pays et mis en coupe r&#233;gl&#233;e son &#233;conomie d&#233;veloppant de nouvelles pratiques mafieuses qui s'accommodent mal d'une bonne gouvernance et d'une presse libre. Les chances de la Tunisie d'&#233;voluer vers un processus d&#233;mocratique ont ainsi &#233;t&#233; usurp&#233;es &#187;, soutient Sihem Bensedrine, r&#233;dactrice en chef du magazine en ligne Kalima (censur&#233; en Tunisie) et porte-parole du Conseil national pour les libert&#233;s en Tunisie (non reconnu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne pour 2009 a d&#233;j&#224; commenc&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1987, le pr&#233;sident et son parti r&#233;coltent r&#233;guli&#232;rement plus de 90 % des suffrages lors des diff&#233;rentes &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales. Fort d'un contr&#244;le &#233;troit de la soci&#233;t&#233;, Ben Ali peut th&#233;oriquement continuer &#224; gouverner jusqu'en 2014. La campagne &#233;lectorale pr&#233;sidentielle de 2009 a d'ailleurs d&#233;j&#224; &#233;t&#233; lanc&#233;e par les &#233;ternels laudateurs qui appellent le pr&#233;sident sortant &#224; se repr&#233;senter &#224; la t&#234;te du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le paysage m&#233;diatique tunisien est un des plus arri&#233;r&#233;s du monde arabe et musulman. La plupart des journaux, tant publics que priv&#233;s, chantent les louanges du bien aim&#233; pr&#233;sident et de son parti. La t&#233;l&#233;vision et la radio publiques abreuvent leur auditoire de litanies &#224; la gloire d'un chef qui re&#231;oit, explique, ordonne, dispose, insiste et donne des instructions &#224; longueur de journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; politique, les partis de l'opposition r&#233;elle - nous excluons de notre analyse &#171; l'opposition cosm&#233;tique &#187; qui sert essentiellement de faire-valoir d&#233;mocratique au r&#233;gime - sont sous &#233;troite surveillance. Leurs membres sont soumis &#224; un contr&#244;le &#233;troit et &#224; une r&#233;pression constante. Les organisations ind&#233;pendantes, comme la Ligue tunisienne de d&#233;fense des droits de l'Homme, vivent des sagas politico-judiciaires et sont r&#233;guli&#232;rement menac&#233;es de disparition. L'Universit&#233; et le principal syndicat du pays, berceaux de la contestation dans les ann&#233;es 1970 et 1980, sont plus au moins rentr&#233;s dans le rang. Tout comme la justice totalement inf&#233;od&#233;e au pouvoir ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des rares armes dont disposent les opposants au r&#233;gime demeure la gr&#232;ve de la faim. Deux dirigeants du Parti d&#233;mocratique progressiste (l&#233;gal), Maya Jribi et N&#233;jib Chebbi, ont cess&#233; de se nourrir entre le 20 septembre et le 20 octobre, mettant ainsi leur vie en danger. Ils accusaient l'ex&#233;cutif d'utiliser le pouvoir judiciaire, qui a ordonn&#233; l'expulsion du parti de son local, pour r&#233;gler ses comptes avec l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce moyen de lutte individuel, quoique courageux, cache difficilement l'ab&#238;me qui existe entre une large partie de la population, peu d&#233;sireuse d'affronter les risques r&#233;els li&#233;s &#224; l'engagement politique, et le discours des dissidents. Tant que les revendications de d&#233;mocratisation de l'espace public ne seront port&#233;es que par une infime minorit&#233;, l'avenir para&#238;t brumeux. Les quelques mesures de d&#233;crispation, que plusieurs anticipent &#224; l'occasion du 20e anniversaire du &#171; Changement &#187;, seront un leurre puisqu'elles proviendront d'un r&#233;gime &#224; la l&#233;gitimit&#233; fort &#233;corn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le tunisien, tant vant&#233; par les politiciens occidentaux comme un rempart contre l'islamisme, n'est qu'une vaste fumisterie. En cr&#233;ant un vide politique et culturel autour de lui, le pouvoir ne peut que jouer le jeu de tous les extr&#233;mismes. La r&#233;cente et galopante r&#233;-islamisation de la soci&#233;t&#233; tunisienne, nagu&#232;re une des plus la&#239;ques du monde musulman, en est une des illustrations. Ce repli identitaire est un danger qui guette les acquis de la Tunisie moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur est journaliste au Journal de Qu&#233;bec, en lock-out depuis le 22 avril 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="https://www.alternatives.ca" class="spip_out"&gt;www.alternatives.ca&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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