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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Plan de paix ou plan de guerre ?</title>
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		<dc:date>2007-10-16T14:25:09Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Ravenel </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les Etats-Unis ont fix&#233; l'objectif r&#233;el de cette rencontre : constituer un syst&#232;me diplomatique d'alliances entre Isra&#235;l et les Etats &#034;mod&#233;r&#233;s&#034; arabes - les alli&#233;s sunnites - et l'Autorit&#233; nationale palestinienne (ANP) face &#224; l'Axe du Mal repr&#233;sent&#233; par l'Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les Etats-Unis ont fix&#233; l'objectif r&#233;el de cette rencontre : constituer un syst&#232;me diplomatique d'alliances entre Isra&#235;l et les Etats &#034;mod&#233;r&#233;s&#034; arabes - les alli&#233;s sunnites - et l'Autorit&#233; nationale palestinienne (ANP) face &#224; l'Axe du Mal repr&#233;sent&#233; par l'Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'annonce le 16 juillet par le pr&#233;sident George .W. Bush d'une &#171; Conf&#233;rence internationale pour relancer le processus de paix isra&#233;lo-arabe &#187; [1] et l'arriv&#233;e de Tony Blair au Moyen-Orient comme &#171; &#233;missaire de paix &#187; du quartette ont cr&#233;&#233; l'image d'une initiative de paix qui pourrait changer la situation explosive dans la r&#233;gion. Une &#233;norme couverture m&#233;diatique internationale et une profusion de rencontres diplomatiques veulent accr&#233;diter cette perspective aux yeux d'une opinion publique internationale inqui&#232;te de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; se profile un processus qui pourrait &#234;tre le prologue, non pas de la paix mais d'une aggravation des tensions qui affligent la r&#233;gion. En clair, non pas un processus de paix, mais un processus de guerre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Moyen-Orient plus qu'ailleurs, les mots comptent. Le mot &#171; conf&#233;rence &#187; en particulier. Ce mot, surtout s'il est suivi de l'adjectif &#171; internationale &#187;, sugg&#232;re une grande rencontre internationale sous l'&#233;gide de l'ONU, impliquant par cons&#233;quent toute la communaut&#233; internationale (celle des Etats) et posant la question du respect du droit pour r&#233;tablir la s&#233;curit&#233; collective menac&#233;e. En revanche, le mot &#171; r&#233;union &#187; suppose une rencontre limit&#233;e, de pr&#233;f&#233;rence entre amis, sur invitation s&#233;lective &#233;tablie par un Etat (ou plusieurs) comme puissance invitante. C'est le cas du G8, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conf&#233;rence ou r&#233;union ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la presse parle &#224; tous vents de &#171; conf&#233;rence internationale &#187;, d'un &#034;nouveau climat de confiance qui s'instaurerait entre n&#233;gociateurs isra&#233;liens et palestiniens&#034; [2], une lecture attentive des d&#233;clarations am&#233;ricaines et isra&#233;liennes sur ce point ont vite fix&#233; les termes utilis&#233;s et, par cons&#233;quent, le contenu attendu par la puissance invitante, les Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour caract&#233;riser son initiative, George W. Bush, a utilis&#233; le mot &#171; r&#233;union &#187;, et les autorit&#233;s isra&#233;liennes se sont empress&#233;es de pr&#233;ciser qu'il s'agit bien d'une &#171; r&#233;union &#187; qui sera pr&#233;sid&#233;e par Condoleezza Rice. Deux jours apr&#232;s, le Quartette salue &#171; l'appel du pr&#233;sident George W. Bush &#187; &#224; une &#171; r&#233;union internationale sur le Proche-Orient &#187; apr&#232;s que la Maison blanche, probablement sur pression isra&#233;lienne, a assur&#233; la veille qu'il ne s'agit pas d'une &#171; grande conf&#233;rence de paix &#187; mais d'une r&#233;union pour &#171; essayer de trouver les moyens de construire des institutions fondamentales et essentielles pour les Palestiniens qui vont leur permettre de s'administrer eux-m&#234;mes et d'avoir une d&#233;mocratie &#187; [3] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ces pr&#233;cisions s&#233;mantiques et par la nomination de Tony Blair comme envoy&#233; sp&#233;cial du Quartette, mais sans mandat plus large que celui de ses pr&#233;d&#233;cesseurs [4] , mais aussi par la nature des invit&#233;s pr&#233;vus - et des non invit&#233;s (par exemple la Syrie...) - Pendant ce temps, les m&#233;dias continuent de faire la promotion de cette &#034;conf&#233;rence&#034; cens&#233;e relancer le &#034;processus de paix&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une diplomatie militaris&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une semaine apr&#232;s l'annonce de l'initiative am&#233;ricaine, les &#171; efforts de paix &#187; des Etats-Unis s'intensifient. Ceux-ci d&#233;cident d'approvisionner l'Arabie Saoudite et ses cinq voisins sunnites du Golfe (Qatar, Bahrein, Koweit, Oman, Emirats arabes unis - EAU) avec un arsenal d'armes de 20 milliards de dollars. Et, pour r&#233;tablir l'&#233;quilibre avec les amis arabes, ils donnent 13 milliards de dollars &#224; l'Egypte dans les dix prochaines ann&#233;es. De son c&#244;t&#233;, pour la m&#234;me p&#233;riode, Isra&#235;l &#171; affrontera la menace &#187; avec un paquet de 30 milliards de dollars d'armements les plus sophistiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne peut affirmer que cet &#171; effort &#187; consolidera automatiquement la paix, on peut &#234;tre s&#251;r au moins qu'il consolidera durablement les industries am&#233;ricaines d'armement. Selon Condoleezza Rice, &#171; l'objectif est d'aider les forces de mod&#233;ration et de soutenir une strat&#233;gie plus globale visant &#224; contr&#244;ler les influences n&#233;gatives d'Al Qa&#239;da, du Herzbollah, de la Syrie et de l'Iran &#187; [5] . On le voit, l'exportation de la d&#233;mocratie au Moyen-Orient n'est plus &#224; l'ordre du jour. Dans l'imm&#233;diat, l'enjeu est d'amener l'Arabie saoudite &#224; participer &#224; la rencontre de novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le projet isra&#233;lo-am&#233;ricain pour la Palestine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir annonc&#233; ses milliards de dollars pour les pays arabes amis, Condoleezza Rice n'a pas oubli&#233; d'apporter un cadeau au Pr&#233;sident Mahmoud Abbas et au gouvernement ad interim de Salam Fayyad. A l'issue d'entretiens &#224; Ramallah, la secr&#233;taire d'Etat am&#233;ricaine a sign&#233; un accord par lequel Washington s'engage &#224; affecter 86 millions de dollars &#171; pour permettre &#224; l'ANP de r&#233;former ses propres services de s&#233;curit&#233; &#187; [6] - en clair, &#224; garantir la s&#233;curit&#233; d'Isra&#235;l et accro&#238;tre les tensions internes palestiniennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet acquis, qui n'aidera pas &#224; am&#233;liorer le fonctionnement de l'administration palestinienne, ce qui est pourtant l'objectif officiel de la &#171; r&#233;union internationale &#187;, a eu sa contrepartie : la prise en consid&#233;ration de &#171; l'accord sur les principes &#187; pour la cr&#233;ation de l'Etat palestinien propos&#233; par Ehud Olmert en r&#233;ponse au plan de paix de la Ligue arabe. En effet, d&#232;s le 25 juillet, Ehud Olmert avait montr&#233; sa volont&#233; de prendre le contre-pied de l'initiative de la Ligue arabe. D'un ton p&#233;remptoire, le Premier ministre isra&#233;lien pr&#233;cise que &#171; si les autres Etats, comme l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, veulent donner leur aide, ils sont les bienvenus. Mais nous ne resterons pas sans agir. Nous sommes les guides qui prennent l'initiative parce que nous croyons que le processus de paix sert les int&#233;r&#234;ts d'Isra&#235;l. &#187; [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, nous sommes, sous une forme l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e, face &#224; l'id&#233;e isra&#233;lo-am&#233;ricaine bien connue, d'un Etat palestinien, sans souverainet&#233; r&#233;elle et aux fronti&#232;res provisoires, qui devrait voir le jour dans les principaux districts administratifs de la Cisjordanie - d&#233;j&#224; transform&#233;s par l'occupation en bantoustans en attendant que des n&#233;gociations futures d&#233;finissent le &#171; statut permanent &#187; de ces territoires. Ehud Olmert veut une approche graduelle : dans une premi&#232;re phase, celle de &#171; l'accord sur les principes &#187; (qui rappelle la &#171; d&#233;claration des principes &#187; de 1993), devraient &#234;tre abord&#233;es les questions les plus simples - exemple, les rapports &#233;conomiques entre Isra&#235;l et le futur Etat de Palestine [8] ou la lib&#233;ration d'un certain nombre de prisonniers politiques. Les questions les plus complexes - J&#233;rusalem, droit au retour des r&#233;fugi&#233;s palestiniens, fronti&#232;res permanentes, utilisation des ressources naturelles (eau,...) - devraient attendre la phase finale de la n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois acquis l'accord sur les principes, ce mod&#232;le serait soumis par Mahmoud Abbas &#224; l'&#233;valuation des Palestiniens &#224; travers des &#233;lections politiques. Ehud Olmert de son c&#244;t&#233; s'adresserait &#224; la Knesset pour demander un vote favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet d'Ehud Olmert reprend le mythe d'une restitution de 90% de la Cisjordanie, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; en 2000 &#224; Camp David par Ehud Barak. Selon des &#171; indiscr&#233;tions &#187; de la presse isra&#233;lienne, Ehud Olmert accepterait la constitution d'un Etat palestinien sur 90% de la Cisjordanie et de la bande de Gaza qui seraient reli&#233;es entre elles par un long tunnel pour assurer la continuit&#233; territoriale. Ces 90%, s'ils &#233;taient d&#233;j&#224; une illusion en 2000, le sont encore plus aujourd'hui. Depuis 2002, le Mur a annex&#233; de fait &#224; Isra&#235;l environ 10% de la Cisjordanie et il faut ajouter &#224; cela qu'Ehud Olmert ne renoncera ni au Grand J&#233;rusalem (qui s'&#233;tendra sur 4 &#224; 5% de la Cisjordanie) ni &#224; l'absorption de la plus grande partie des colonies, ni au contr&#244;le d'une partie de la vall&#233;e du Jourdain et des grandes art&#232;res routi&#232;res r&#233;serv&#233;es aux colons, ni &#224; la supervision des passages aux fronti&#232;res. In fine, les 90% de l'accord sur les principes deviennent les 50-60% de la Cisjordanie pour des raisons dites &#171; de s&#233;curit&#233; &#187; : un territoire en lambeaux sur lequel le quartette entend hisser sous les applaudissements de la presse internationale r&#233;unie &#224; cet effet le drapeau de l'Etat de Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la demande des Palestiniens de proclamer leur capitale &#224; J&#233;rusalem-Est, elle pourrait &#234;tre &#171; r&#233;solue &#187; en attribuant &#224; l'ANP quelques quartiers arabes p&#233;riph&#233;riques et en laissant &#224; Isra&#235;l le contr&#244;le des zones les plus importantes, comme la Vieille Ville et ses Lieux saints, y compris l'Esplanade des Mosqu&#233;es [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment, avec ce plan isra&#233;lo-am&#233;ricain d'un Etat palestinien sans souverainet&#233;, Isra&#235;l cherche &#224; gagner du temps. Pour sa part, Mahmoud Abbas a demand&#233; que l'accord-cadre propos&#233; se rapproche autant que possible d'un v&#233;ritable plan de paix. &#171; L'important est que nous d&#233;bouchions sur un r&#233;sultat et que nous sachions quel sera l'aboutissement final &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233;. &#171; En ce qui concerne les phases d'application, nous pourrons en discuter plus tard. &#187; [10] En clair, l'ANP ne veut pas r&#233;&#233;diter Oslo avec une p&#233;riode interm&#233;diaire avant de fixer le statut final des territoires occup&#233;s. Or Olmert veut exactement l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai plan d'Ehud Olmert se r&#233;v&#232;le dans les actes et se limite &#224; la lib&#233;ration de 250 Palestiniens (sur 11000, dont plusieurs ministres et de nombreux &#233;lus) et &#224; la livraison d'armes aux forces loyales &#224; Mahmoud Abbas. Son &#171; plan de paix &#187; se r&#233;sume &#224; renforcer militairement Mahmoud Abbas dans sa lutte contre la &#171; terreur &#187;. Mais &#224; une condition : ne pas parler avec le Hamas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une conf&#233;rence de guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde sait, y compris Etats-Unis et Isra&#235;l, que la formule territoriale propos&#233;e pour la Palestine par cette r&#233;union, s'appuyant sur la division de la Palestine et sur l'isolement du Hamas, ne peut que mener au d&#233;sastre et g&#233;n&#233;rer une autre guerre. Quand les Etats-Unis et Isra&#235;l, ou le Quartette - qui a d'ailleurs &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour enlever tout r&#244;le &#224; l'ONU - pr&#233;tendent enclencher un processus de paix sans chercher l'unit&#233; palestinienne, sans inclure le Hamas, ils fabriquent sciemment la recette, non seulement pour perp&#233;tuer le conflit, mais pour le transformer en guerre permanente doubl&#233;e d'une guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas, comme Isra&#235;l et ses amis le pr&#233;tendent dans les m&#233;dias, de renforcer Mahmoud Abbas, il est d'accentuer son isolement politique pour le d&#233;cr&#233;dibiliser davantage aux yeux de la soci&#233;t&#233; palestinienne. Isra&#235;l n'envisage en aucune mani&#232;re de n&#233;gocier s&#233;rieusement et estime au contraire que les circonstances actuelles en Palestine cr&#233;ent une opportunit&#233; exceptionnelle qu'il faut savoir saisir pour tenter de liquider &#171; d&#233;finitivement &#187; le mouvement national palestinien. Et cela commence par la liquidation, directe ou indirecte, du partenaire le plus &#171; cr&#233;dible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif r&#233;el de cette r&#233;union se clarifie si on la re-situe dans la strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La strat&#233;gie am&#233;ricaine et sa dimension nucl&#233;aire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;checs successifs de l'administration Bush, dans sa tentative de construire le Grand Moyen-Orient, en Afghanistan, en Irak et indirectement au Sud-Liban, ainsi qu'aux Etats-Unis m&#234;me avec le changement de majorit&#233; aux deux chambres, l'ont amen&#233;e &#224; tenter de reconqu&#233;rir sa cr&#233;dibilit&#233; strat&#233;gique par d'autres formes de guerre. D'o&#249; un r&#233;examen des priorit&#233;s am&#233;ricaines sur le plan r&#233;gional, mais aussi sur le plan global dans la mesure o&#249; le Moyen-Orient est consid&#233;r&#233; comme une zone de crise globale. L'&#233;mergence de la question iranienne a contraint les Etats-Unis &#224; modifier leur tactique, sinon leur strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la fonder, une nouvelle approche a &#233;t&#233; mise en place qui oppose un &#171; Axe de mod&#233;ration &#187; &#224; un &#171; Axe du Mal &#187;. L'axe de mod&#233;ration est essentiellement compos&#233; d'Isra&#235;l (sic), des pays &#224; majorit&#233; sunnite et de l'ANP. L'axe du Mal est repr&#233;sent&#233; par l'Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. A partir de cette grille de lecture, s'est d&#233;finie une nouvelle strat&#233;gie d'alliances &#224; deux faces : diplomatique d'abord avec la constitution d'un &#034;quartette arabe&#034; (Arabie Saoudite, Egypte, EAU), qui doit s'opposer &#224; l'Iran ; militaire ensuite avec une acc&#233;l&#233;ration de la course aux armements, &#224; la fois contre l'Iran, mais aussi contre ceux qui seraient susceptibles de soutenir l'Iran, &#224; savoir la Russie (installation d'un bouclier anti-missiles en Pologne et d'un syst&#232;me radar en R&#233;publique tch&#232;que).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mention sp&#233;ciale doit &#234;tre faite &#224; propos de l'accord de coop&#233;ration nucl&#233;aire qui vient d'&#234;tre sign&#233;, le 3 ao&#251;t, entre les Etats-Unis et l'Inde, pays non signataire du TNP. Cet accord, qui torpille de fait la prochaine conf&#233;rence de r&#233;vision du TNP de 2010, et qui s'accompagne pour l'Inde d'achat d'armes pour dix milliards de dollars pendant dix ans, va permettre un d&#233;veloppement consid&#233;rable de l'arsenal nucl&#233;aire indien. Il n'a qu'une seule et contraignante logique : une alliance nucl&#233;aire strat&#233;gique contre la Chine et l'Iran (avec l'inconnue du Pakistan). Cette alliance s'ins&#232;re plus largement dans une architecture asiatique domin&#233;e par les Etats-Unis avec l'Inde, le Japon et Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En liquidant ainsi le TNP, les Etats-Unis l&#233;gitiment toujours davantage les armes nucl&#233;aires, y compris celles fabriqu&#233;es par un pays non-adh&#233;rent au TNP et dessinent un nouveau contexte strat&#233;gique. On invente dans le cas de l'Irak, on instrumentalise dans le cas de l'Iran, une menace nucl&#233;aire, pour justifier les projets de fourniture de technologie nucl&#233;aire &#224; l'Inde, mais aussi &#224; l'Arabie saoudite, &#224; l'Egypte, ou de syst&#232;mes de d&#233;fense anti-missiles et d'armes spatiales. On transforme ainsi un &#171; Grand Moyen Orient &#187; en Far-West nucl&#233;aire. Du m&#234;me coup, la lutte contre la prolif&#233;ration nucl&#233;aire change de nature : les Etats-Unis ne pr&#233;voient de la mener que si cette prolif&#233;ration est le fait de leurs ennemis du moment pour lesquels ils pr&#233;parent une contre-prolif&#233;ration utilisant des armes conventionnelles et nucl&#233;aires. Dans la foul&#233;e, George W. Bush vient de demander, face &#224; la &#171; menace iranienne &#187;, des financements suppl&#233;mentaires pour une nouvelle t&#234;te nucl&#233;aire... En un mot, si le p&#233;trole est le mobile des guerre au Moyen-Orient, le nucl&#233;aire en est toujours plus le moteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de cette strat&#233;gie de confrontation visant l'Iran, les Etats-Unis, tirant les le&#231;ons de l'Irak, veulent d'abord neutraliser les alli&#233;s de la r&#233;publique islamique que sont &#224; leurs yeux la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. Ce qui d&#233;termine l'approche am&#233;ricaine de l'enjeu palestinien. Mais ce qui d&#233;termine aussi l'importance d'une n&#233;gociation secr&#232;te entre Syrie et Isra&#235;l pour tenter un compromis entre ces deux pays qui permettrait de casser l'alliance avec l'Iran et d'isoler le Hezbollah et le Hamas. [11]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi pour les Etats-Unis, la priorit&#233; n'est pas la Palestine mais l'Iran, et pour cela il faut rassurer leurs amis arabes en faisant semblant d'amorcer un processus de r&#232;glement du probl&#232;me palestinien pour mieux souder le bloc anti-iranien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mobilisation internationale contre cette politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute cette logique folle, m&#234;me la majorit&#233; des Etats arabes pouss&#233;s par leurs opinions publiques est de plus en plus consciente et se prononce de fait pour un dialogue avec le Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, la prise de conscience que cette r&#233;union n'a aucune chance de faire progresser la paix mais plut&#244;t qu'elle risque de mettre le feu aux poudres semble se pr&#233;ciser. Elle s'est affirm&#233;e au Parlement europ&#233;en. Elle a connu aussi une nouvelle &#233;tape avec la prise de position des dix ministres des Affaires &#233;trang&#232;res des dix pays m&#233;diterran&#233;ens de l'Union europ&#233;enne (lettre &#224; Tony Blair). Cette br&#232;che s'est &#233;largie avec la r&#233;cente prise de position de Romano Prodi confirmant les propos de son ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Massimo d'Alema, pr&#244;nant un dialogue avec le Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout la prise de position, le 13 ao&#251;t, de la commission des Affaires &#233;trang&#232;res de la Chambre des Communes du Royaume Uni qui constitue l'&#233;v&#233;nement. En effet, ce document critique unanimement le boycott du Hamas comme contre-productif et exhorte Tony Blair &#224; s'activer personnellement pour le dialogue entre le Hamas et le Fatah dans le but d'encourager un nouveau gouvernement d'union nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, le document critique la feuille de route impos&#233;e par les Etats-Unis et s'ajustant trop sur les exigences d'une seule partie, Isra&#235;l... Venant du pays de Tony Blair, l'alli&#233; le plus &#233;troit des Etats-Unis, c'est une r&#233;volution. [12]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra bien que la France officielle se prononce elle aussi contre cette r&#233;union convoqu&#233;e par George W. Bush et qu'elle d&#233;fende clairement la n&#233;cessit&#233; d'une conf&#233;rence globale sous l'&#233;gide de l'ONU, seule susceptible d'enclencher un vrai processus de paix fond&#233; sur le droit international. Tel doit &#234;tre l'objectif imm&#233;diat du mouvement de solidarit&#233;. Guerre ou droit, rarement cette v&#233;rit&#233; n'est apparue aussi dramatiquement &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Ravenel, p&#233;sident de l'AFPS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans la revue &#034;Pour la Palestine&#034;, n&#176;55 - septembre 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et dans Confluences m&#233;diterran&#233;e, le 5 octobre 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="https://www.france-palestine.org" class="spip_out"&gt;www.france-palestine.org&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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