<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.alterinter.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="en">
	<title>Alternatives International</title>
	<link>https://www.alterinter.org/</link>
	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
	<language>en</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.alterinter.org/spip.php?id_auteur=764&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Alternatives International</title>
		<url>https://www.alterinter.org/local/cache-vignettes/L144xH42/siteon0-c616d.png?1749672047</url>
		<link>https://www.alterinter.org/</link>
		<height>42</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="en">
		<title>Constant et immortel renouveau du Che </title>
		<link>https://www.alterinter.org/?Constant-et-immortel-renouveau-du-Che</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.alterinter.org/?Constant-et-immortel-renouveau-du-Che</guid>
		<dc:date>2007-10-10T18:45:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Nouhoum K&#233;ita</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ernesto Che Guevara de la Serna est n&#233; le 14 juin 1928 &#224; Rosario en Argentine. Il passera son enfance et son adolescence &#224; Buenos Aires et &#224; Cordoba et &#233;tait d'une famille de la classe moyenne. Il fit des &#233;tudes de m&#233;decine, re&#231;ut une instruction dans une langue (le fran&#231;ais dans son cas). Il a beaucoup lu, en franc tireur de la litt&#233;rature (de Baudelaire au grand po&#232;te et &#233;crivain chilien Pablo Neruda) &#224; la politique, en passant par les philosophes, Spengler et Freud. C'est s&#251;rement Freud (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-Mondialisation-et-resistances-" rel="directory"&gt;Mondialisation et r&#233;sistances&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ernesto Che Guevara de la Serna est n&#233; le 14 juin 1928 &#224; Rosario en Argentine. Il passera son enfance et son adolescence &#224; Buenos Aires et &#224; Cordoba et &#233;tait d'une famille de la classe moyenne. Il fit des &#233;tudes de m&#233;decine, re&#231;ut une instruction dans une langue (le fran&#231;ais dans son cas). Il a beaucoup lu, en franc tireur de la litt&#233;rature (de Baudelaire au grand po&#232;te et &#233;crivain chilien Pablo Neruda) &#224; la politique, en passant par les philosophes, Spengler et Freud. C'est s&#251;rement Freud qui l'a orient&#233; vers la m&#233;de&#231;ine. Il milita dans les groupes d'&#233;tudiants rebelles sans pour autant avoir de pr&#233;f&#233;rence pour une tendance particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me de terminer ses &#233;tudes, il se sentait attir&#233; par autre chose. Il devint photographe ambulant, docker occasionnel, chroniqueur sportif, exer&#231;a dans les l&#233;proseries. Son esprit de d&#233;couverte le fit conna&#238;tre le continent de l'Argentine au Venezuela parcourant des milliers de kilom&#232;tres avec un ami &#224; bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il visita Miami d'o&#249; il fut r&#233;exp&#233;di&#233; en Argentine dans un avion transportant des chevaux. Cette expulsion brutale et inhumaine fut un facteur d&#233;cisif dans la prise de conscience qui naissait dans l'esprit de ce jeune boh&#233;mien qui &#233;tait convaincu de l'unit&#233; profonde et indestructible des pays latino-am&#233;ricains telle que le disait Jos&#233; Marti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces voyages, il d&#233;couvrit la mis&#232;re et le d&#233;nuement, quitta l'Argentine au prise avec le p&#233;ronisme, et s'installa en 1954 au Guatemala o&#249; il avait &#233;t&#233; attir&#233; par les possibilit&#233;s r&#233;volutionnaires qui existaient dans ce pays. Ces possibilit&#233;s seront fauch&#233;es brutalement par les troupes de Castillo Armas &#224; la solde du Gouvernement des Etats-Unis. Le Che sera parmi ceux qui, ayant attendu en vain des armes pour se battre contre les putchistes, traverseront la fronti&#232;re mexicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mexique, il gagne sa vie en faisant de menus travaux, par exemple comme photographe ambulant et parall&#232;lement m&#232;ne des recherches sur les allergies. Il envisage une carri&#232;re universitaire. C'est alors qu'il rencontre un exil&#233; cubain Fidel Castro. Dans ses souvenirs de la guerre r&#233;volutionnaire il raconte son entrevue &#171; Celui qui &#233;crit ces lignes, roul&#233; et entra&#238;n&#233; par les vagues des mouvements sociaux qui secouent l'Am&#233;rique Latine, a eu l'occasion de rencontrer, pour ces raisons m&#234;mes, un autre exil&#233; am&#233;ricain : Fidel Castro. Je fis sa connaissance par une de ces froides nuits mexicaines, et je me souviens que notre premi&#232;re discussion roula sur la politique internationale : aux petites heures du matin, j'&#233;tais un des futurs exp&#233;ditionnaires &#187;. Il valait la peine dira-t-il aussi &#171; de mourir sur une plage &#233;trang&#232;re pour un id&#233;al aussi pur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de son entra&#238;nement, il se rend &#224; Cuba en 1956. Il est l'un des 82 hommes du Granma. Il ne sera pas seulement l'un des personnages les plus remarquables de cette exp&#233;dition historique victorieuse dans l'&#238;le, mais il sera l'un de ses chroniqueurs le plus profond, le plus complet, retra&#231;ant avec une pr&#233;cision admirable les &#233;checs et les succ&#232;s enregistr&#233;s par la gu&#233;rilla contre l'arm&#233;e de Fulgencio Batista.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine Sierra en 1957, le Che dirige la publication d'El Cubano libre pour donner les nouvelles de la guerre mais aussi pour exprimer la pens&#233;e qui animait celle-ci. Dans son discours sous le titre de &#171; Le r&#244;le social de l'arm&#233;e rebelle &#187; (28 janvier 1959) le Che pr&#233;cise que c'est surtout &#224; partir de l'&#233;chec de la gr&#232;ve de 1958, que commenc&#232;rent dans l'arm&#233;e rebelle, les premiers efforts pour donner &#224; la R&#233;volution une doctrine et une th&#233;orie. Ces pr&#233;occupations ne signifiaient nullement que le Che soit un sp&#233;culateur intellectuel f&#233;ru de formules acad&#233;miques distill&#233;es &#224; l'emporte-pi&#232;ce, ou un th&#233;oricien adepte des incantations magiques. Il dira d'ailleurs dans ce discours que l'une des plus grandes qualit&#233;s de la r&#233;volution qui a pris le pouvoir &#224; Cuba &#233;tait d'avoir d&#233;truit toutes les th&#233;ories de salon. Pour le Che, sa d&#233;marche proc&#233;dait d'une approche p&#233;dagogique faite de rupture avec les formules creuses qui n'ont aucune prise sur la r&#233;alit&#233; concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premi&#232;res pages de la Guerre de Gu&#233;rilla (1960) il &#233;crit : &#171; th&#233;oriser les faits, structurer et g&#233;n&#233;raliser cette exp&#233;rience pour que les autres en profitent, c'est notre t&#226;che actuelle &#187;. Le Che restera fid&#232;le &#224; cette d&#233;finition qui emprunte magistralement &#224; la formule d'Althusser : &#171; la pratique th&#233;orique &#187;. Son travail s'appuyait sur les exp&#233;riences concr&#232;tes de la r&#233;volution cubaine qui a d&#233;montr&#233; qu'il existait une voie pour vaincre une dictature n&#233;ocoloniale. Et il &#233;tait n&#233;cessaire d'expliquer en quoi consistait cette voie et d'offrir aux futurs combattants les r&#233;sultats d'une exp&#233;rience aussi riche. C'est &#224; cela qu'il consacre une bonne partie de ses efforts intellectuels avec notamment des &#339;uvres comme &#171; Qu'est ce qu'un gu&#233;rillero ? &#187; ou &#171; La guerre de gu&#233;rilla une m&#233;thode &#187;. Parmi les &#233;crits du Che, le livre sur &#171; souvenirs de la guerre r&#233;volutionnaire &#187; est l'un des plus poignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement des consid&#233;rations d'ordre intellectuelle qui le pousse &#224; l'&#233;crire dans un style vivant, familier, concis et de belle facture. Mais, il s'agit de montrer la guerre telle qu'elle est r&#233;ellement, avec sa violence, sa grandeur, sa douleur et son perp&#233;tuel affrontement entre la vie et la mort, il s'agit surtout de souligner toujours les principes qui animent cette guerre, ainsi que la transformation que les hommes subissent au fond d'eux- m&#234;mes, au contact profond des uns et des autres, qui fait des combattants de la Sierra et leurs appuis en ville une seule et unique avant-garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Che s'est souci&#233; d'autres aspects de la r&#233;volution et il les a exprim&#233;s tant&#244;t sous forme de discours, tant&#244;t sous forme d'articles et d'essais. La r&#233;volution cubaine &#224; peine victorieuse devait r&#233;soudre plusieurs questions fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait nationaliser les industries, r&#233;pondre aux agressions am&#233;ricaines, organiser la production, approvisionner le peuple, maintenir le pays debout et en &#233;tat de marche. Pour le Che, la premi&#232;re loi de la reforme agraire a probablement &#233;t&#233; la seule mesure prise directement sans qu'elle soit la r&#233;ponse &#224; une agression des Etats-Unis. Par la suite, ce qui a commenc&#233; sous la forme d'une campagne de presse virulente, s'est transform&#233;e en une agression physique puis au blocus &#224; travers l'achat de sucre et le refus de raffiner du p&#233;trole achet&#233; par Cuba hors de la sph&#232;re nord-am&#233;ricaine. Pendant ce temps, la r&#233;volution cubaine se tourna vers l'Union Sovi&#233;tique, trouva un soutien accru des classes populaires en Am&#233;rique Latine et dans plusieurs autres pays du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plac&#233;e devant l'alternative de p&#233;rir des mains des Etats-Unis ou se radicaliser d'avantage, la r&#233;volution cubaine choisit la radicalisation. Le 28 juillet 1960, au Congr&#232;s de la jeunesse r&#233;unit &#224; la Havane, le Che d&#233;clara : &#171; Si on l'on me demandait si cette r&#233;volution que vous avez sous les yeux est une r&#233;volution communiste&#8230;nous en viendrions &#224; dire que cette r&#233;volution au cas o&#249; elle serait marxiste-et je dis bien marxiste-le serait parce qu'elle a d&#233;couvert aussi, par ses propres m&#233;thodes, les voies qu'a indiqu&#233;es Marx &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 septembre 1960 Fidel Castro en r&#233;plique au blocus impos&#233; &#224; Cuba lit la Premi&#232;re D&#233;claration de la Havane qui proclama le caract&#232;re socialiste de la r&#233;volution. Un mois plus tard, le 8 octobre 1960 le Che publie ses &#171; notes pour l'&#233;tude de l'id&#233;ologie cubaine &#187; : &#171; Il conviendrait de dire que la th&#233;orie r&#233;volutionnaire comme expression d'une v&#233;rit&#233; sociale, est au dessus de tout &#233;nonc&#233; ; autrement dit, que la r&#233;volution peut se faire si l'on interpr&#232;te correctement la r&#233;alit&#233; historique et si l'on utilise convenablement les forces qui interviennent dans cette r&#233;alit&#233;, sans conna&#238;tre la th&#233;orie&#8230; On doit &#234;tre &#171; marxiste &#187; avec le m&#234;me naturel avec lequel on n'est &#171; newtonien &#187;en physique, &#171; pasteurien &#187; en biologie ; consid&#233;rant que de nouveaux faits d&#233;terminent de nouvelles notions, on n'enl&#232;vera jamais leur part de v&#233;rit&#233; &#224; celles-la qui sont pass&#233;es&#8230; C'est-&#224;-dire, et il faut le souligner encore une fois, que les lois du marxisme sont pr&#233;sentes dans les &#233;v&#232;nements de la r&#233;volution cubaine, ind&#233;pendamment du fait que ses dirigeants professent ou connaissent &#224; fond ces lois d'un point de vue th&#233;orique &#187; Ces citations expriment clairement le cheminement de la R&#233;volution cubaine qui s'est pr&#233;par&#233;e progressivement, sans sch&#233;mas pr&#233;-&#233;tablis, sans crainte des &#233;tiquettes. Dans son discours d'Alger en f&#233;vrier 1965, le Che &#233;voquera de nouveau ce cheminement : &#171; Nous ne sommes pas engag&#233;s sur la voie du communisme en pr&#233;voyant toutes les &#233;tapes comme le produit logique d'un d&#233;veloppement id&#233;ologique qui progressera vers un but d&#233;termin&#233;. Les v&#233;rit&#233;s socialistes jointes aux dures v&#233;rit&#233;s de l'imp&#233;rialisme ont forg&#233; notre peuple et lui ont montr&#233; la voie que nous avons adopt&#233;e ensuite en toute conscience &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte essentiel &#171; Cuba cas exceptionnel ou avant-garde de la lutte anticolonialiste &#187; publi&#233; le 9 avril 1961, il expliquera l'originalit&#233; de cette r&#233;volution, mouvement qui, bien que &#171; largement h&#233;t&#233;rodoxe dans ses formes et dans ces manifestations, a cependant suivi- et il ne pouvait en &#234;tre autrement-la ligne g&#233;n&#233;rale de tous les grands &#233;v&#232;nements historiques du si&#232;cle, caract&#233;ris&#233;s par les luttes anticoloniales et la transition vers le socialisme &#187;. Le Che reconna&#238;t les rares facteurs exceptionnels de la R&#233;volution cubaine &#171; parmi lesquels, le premier, le plus important peut-&#234;tre et le plus original, est cette force de la nature appel&#233;e Fidel Castro Ruz &#187; et, aussi que &#171; l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain &#233;tait d&#233;sorient&#233; et qu'il n'a jamais su mesurer les v&#233;ritables dimensions de la R&#233;volution cubaine &#187;, mais il signale surtout &#171; les racines permanentes de tous les ph&#233;nom&#232;nes sociaux d'Am&#233;rique, les contradictions qui, m&#251;rissant au sein des soci&#233;t&#233;s actuelles, provoquent des transformations qui peuvent acqu&#233;rir l'ampleur d'une r&#233;volution comme la r&#233;volution cubaine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Che d&#233;montrera la perspicacit&#233; de cette vision qui montre sa grande maturit&#233; politique et son id&#233;al tiers-mondiste. Et dans toutes les grandes rencontres internationales comme celle de Punta Del Este (Uruguay), de Gen&#232;ve, des Nations Unies ou d'Alger, il s'afficha comme le porte-parole extraordinaire du Tiers-monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;volution cubaine a trouv&#233; par ses propres d&#233;marches une pens&#233;e originale, et affront&#233; les probl&#232;mes nouveaux qui se posaient &#224; lui au fur et &#224; mesure de son approfondissement, le Che en fut un acteur et un t&#233;moins exceptionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;decin errant que Fidel a persuad&#233; de l'accompagner pour lib&#233;rer son pays, ce gu&#233;rillero plein d'audace, ce th&#233;orisant lucide, ce Robin des Bois au caract&#232;re tremp&#233; a assum&#233; de hautes responsabilit&#233;s &#224; la t&#234;te de l'Etat r&#233;volutionnaire : D'abord la pr&#233;sidence de la Banque Nationale pour stabiliser la situation des devises, plus tard, le Minist&#232;re de l'Industrie. Pour accomplir ces nouvelles t&#226;ches, il doit aborder les probl&#232;mes concrets d'&#233;conomie. Ces probl&#232;mes doivent &#234;tre trait&#233;es avec beaucoup de cr&#233;ativit&#233; ce qui l'am&#232;ne &#224; voir la situation concr&#232;te de Cuba en rapport dynamique avec le monde entier. Il abordera la nature de la planification socialiste insistera sur la pr&#233;pond&#233;rance -non pas l'exclusivit&#233;- qu'il faut accorder au stimulant moral sur le stimulant mat&#233;riel si l'on veut vraiment &#233;difier une soci&#233;t&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Che au milieu de son action n'oublie pas la finalit&#233; v&#233;ritable d'une r&#233;volution : La construction d'un &#234;tre humain meilleur, de &#171; l'homme nouveau &#187; selon sa propre expression. Le Che discute de la loi de la valeur, du danger du bureaucratisme, des qualit&#233;s du jeune communiste, du cadre r&#233;volutionnaire, de la construction du parti. Ces questions occuperont une place centrale dans les r&#233;flexions qu'il d&#233;veloppera tout au long des ann&#233;es de lutte de la r&#233;volution cubaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude atteindra son expression la plus articul&#233;e dans le dernier texte qu'il &#233;crit avant son d&#233;part de Cuba au Directeur de l'hebdomadaire Marcha, Carlos Quijano &#171; Le socialisme et l'homme &#224; Cuba &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour si extraordinaire que f&#251;t et que demeure l'exemple du Che, il importe de ne pas oublier plusieurs choses : que le Che &#233;tait vraiment un latino am&#233;ricain, comme le v&#233;n&#233;zu&#233;lien Simon Bolivar, comme l'argentin Jos&#233; de San Martin, comme le dominicain Maximo Gomez ou comme le martiniquais Frantz Fanon tous hommes qui se battirent pour d'autres pays ; que Cuba n'est que l'un des nombreux pays o&#249; a v&#233;cu le Che et que la r&#233;volution cubaine n'est qu'une des deux r&#233;volutions auxquelles il a particip&#233; ; qu'en Am&#233;rique Latine comme dans l'ensemble des pays sous-d&#233;velopp&#233;s, il reste beaucoup de r&#233;volution &#224; faire, que les peuples r&#233;clament de toute urgence et qui ne sont, comme la r&#233;volution cubaine, qu'un chapitre d'une seule et m&#234;me r&#233;volution. C'est au non de cette mission sacr&#233;e qu'il parcourra le monde en sa qualit&#233; de dirigeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique repr&#233;sentait un int&#233;r&#234;t certain pour le Che. Il consid&#233;rait le Congo comme le nouveau &#171; Vi&#234;t-Nam africain &#187;. Malheureusement, ce f&#251;t une grande d&#233;ception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque discipline, d'une direction ferme dans l'organisation et la pr&#233;paration des hommes au combat, l'absence d'une collaboration franche entre cubains et combattants congolais et rwandais afin de poursuivre le combat de Lumumba contre le Gouvernement de Mo&#239;se Tchomb&#233;, ont &#233;t&#233; la cause de cet &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Che rendra visite &#224; plusieurs dirigeants panafricanistes pour tisser des liens. IL visita le Mali le 26 D&#233;cembre 1964, le Congo-Brazaville le 2 janvier 1965, y rencontra Massemba Deba, les dirigeants de la lutte d'ind&#233;pendance de l'Angola comme Agostino Neto. Le 7 janvier, il est &#224; Conakry chez le Pr&#233;sident Ahmed S&#233;kou Tour&#233;, le 14 janvier 1965 il se rend chez NKrumah au Ghana&#8230; Le 24 Janvier de la m&#234;me ann&#233;e, il retourne &#224; Alger avant de continuer sur la Chine, la France, puis la Tanzanie&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au triomphe de la r&#233;volution &#224; Cuba, le Che fit preuve d'une t&#233;nacit&#233; inaccessible dans les moments difficiles : le d&#233;barquement mercenaire de Playa Giron, le nettoyage de l'Escambrey, la crise des missiles en 1962, les nombreux sabotages de la C.I.A, les plans d'assassinats des dirigeants de la r&#233;volution. Ces &#233;preuves douloureuses ont renforc&#233; et enracin&#233; la r&#233;volution cubaine dont l'&#233;lan devenait contagieux dans toute l'Am&#233;rique Latine. Lorsqu'elle s'est suffisamment fortifi&#233;e, le Che a estim&#233; que &#171; d'autres terres du monde le r&#233;clamaient &#187;. Et dans un geste de renoncement et de sacrifice qui n'a pas son pareil dans l'histoire, il quitte Cuba. Le 3 octobre 1965, Fidel Castro lit au Comit&#233; Central du Parti Communiste de Cuba sa lettre d'adieu. Les ennemis de la r&#233;volution y verront les r&#233;sultats &#171; des d&#233;chirements &#187; et &#171; des conflits dramatiques &#187; entre les deux hommes au sommet de l'Etat. Cependant, les faits ont d&#233;montr&#233; l'extr&#234;me compl&#233;mentarit&#233; qui existait entre eux. Il &#233;tait admirable de voir &#224; quel point ils s'accordaient : La vibration volcanique de celui que le Che lui-m&#234;me d&#233;finissait comme &#171; cette force de la nature qui s'appelle Fidel Castro &#187;, et l'implacable force de conceptualisation du Che. Leur fonction s'interp&#233;n&#233;trait &#224; tel point que les deux hommes avaient choisi le style de la p&#233;dagogie active et de la d&#233;monstration pratique pour dissiper toute confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son d&#233;part de Cuba, le Che est rest&#233; totalement conforme &#224; sa pens&#233;e. Il disait ce qu'il faisait et faisait ce qu'il disait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait anim&#233; de la conviction que la lutte arm&#233;e &#233;tait plus que jamais &#224; l'ordre du jour en Am&#233;rique Latine, que Cuba n'est pas une exception, on la trouve d'ailleurs dans ses textes les plus importants, &#171; La guerre de Gu&#233;rilla &#187; 1960 &#171; Cuba cas exceptionnel ou avant-garde de la lutte contre l'imp&#233;rialisme ? &#187; (1961), et la &#171; guerre de gu&#233;rilla, une m&#233;thode &#187; (1963). Dans ce texte d'une densit&#233; politique insoup&#231;onnable il explique : &#171; En fait, l'&#233;closion de la lutte am&#233;ricaine s'est-elle d&#233;j&#224; produite ? Sont-ce ses pr&#233;misses au v&#233;n&#233;zuela, au Guatemala, en Colombie, P&#233;rou, Equateur ? Ou ne sont-ce que des escarmouches, manifestations d'une inqui&#233;tude qui n'a pas fructifi&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le R&#233;sultat des luttes d'aujourd'hui n'est pas important. Il n'est pas important que l'un ou l'autre des mouvements actuels soit vaincu. Le d&#233;finitif est la d&#233;cision de lutte qui m&#251;rit jour apr&#232;s jour, la conscience de la n&#233;cessit&#233; du changement r&#233;volutionnaire, la certitude de sa possibilit&#233;. C'est une pr&#233;diction. Nous la faisons avec la certitude que l'histoire nous donnera raison &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le &#171; socialisme et l'homme &#224; Cuba &#187; qui a pris le caract&#232;re d'un testament, il avait &#233;crit : &#171; Le r&#233;volutionnaire, au sein de son parti,moteur id&#233;ologique de la r&#233;volution, se consume dans cette t&#226;che ininterrompue qui ne se termine qu'avec la mort, &#224; moins que la construction du socialisme n'aboutisse dans le monde entier &#187;. Le Pays qu'il voulait aider &#224; se lib&#233;rer &#233;tait la Bolivie, l'un des plus pauvres. Il s'y battait lorsqu'il fit conna&#238;tre son message historique &#224; la Tricontinentale : Il y dressait le tableau de la situation internationale, du chantage &#233;conomique que l'imp&#233;rialisme emploie pour paralyser les peuples et les d&#233;pecer l'un apr&#232;s l'autre : cr&#233;er deux, trois, de nombreux Vi&#234;t-Nam, voil&#224; le mot d'ordre ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette t&#226;che, la plus profonde, la plus noble et la plus courageuse, la plus n&#233;cessaire aussi de ce temps qu'il se donnait, quand, il f&#251;t encercl&#233; puis captur&#233;, puis bless&#233;, puis assassin&#233; quelques heures plus tard par les troupes boliviennes encadr&#233;es et dirig&#233;es par les conseillers militaires nord-am&#233;ricains dans la gorge de Yuro le 9 octobre 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle de sa mort avait fait le tour du monde. A Cuba, Fidel Castro devant plus d'un million de personnes, pronon&#231;a le discours le plus triste de sa vie. Celui &#224; qui le Che avait &#233;crit dans sa lettre d'adieu : &#171; si vient pour moi l'heure d&#233;finitive sous d'autres cieux, ma derni&#232;re pens&#233;e sera pour ce peuple et particuli&#232;rement pour toi &#187; : Le Commandant Fid&#232;le Castro, devait &#233;voquer la vie de cet &#234;tre exceptionnel , de ce Christ la&#239;c, de ce r&#233;volutionnaire martyr, de cet h&#233;ros universel devant un peuple inconsolable &#224; la place de la r&#233;volution o&#249; tant de fois ils avaient &#233;t&#233; ensemble. Pour dire adieux &#224; ses enfants, le Che avait rendu les mots plus doux, plus humble. Il disait : &#171; Si un jour vous devez lire cette lettre, ce sera que votre p&#232;re n'est plus parmi vous&#8230; Votre p&#232;re a &#233;t&#233; un homme qui agit comme il pense, et il a &#233;t&#233; s&#251;rement fid&#232;le &#224; ses convictions&#8230; Surtout soyez toujours capables de ressentir tr&#232;s profond&#233;ment toute injustice commise contre qui que ce soit, dans n'importe quelle partie du monde. C'est la plus belle qualit&#233; d'un r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hasta la vista, victoria siempre !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="https://www.khayira.org" class="spip_out"&gt;www.khayira.org&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
