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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Le d&#233;fi du socialisme du 21e si&#232;cle</title>
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		<dc:date>2007-06-29T12:28:56Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Stuart Pipper</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Il existe une tension au c&#339;ur de la r&#233;volution bolivarienne du Venezuela. Bien que pr&#233;sente depuis plusieurs ann&#233;es, elle n'est apparue sur le devant de la sc&#232;ne qu'au cours des derniers mois, depuis la r&#233;&#233;lection pr&#233;sidentielle d'Hugo Chavez en d&#233;cembre 2006, son annonce des &#171; cinq moteurs &#187; [1] pour propulser le pays vers le &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187;, et son appel pour un nouveau parti, le Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV), afin d'organiser cette transition. C'est la tension entre les r&#233;alisations anti-n&#233;olib&#233;rales et anti-imp&#233;rialistes de la r&#233;volution - qui sont ind&#233;niables - et sa promesse socialiste - qui n'est pr&#233;cis&#233;ment encore rien d'autre qu'une promesse.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-Mondialisation-et-resistances-" rel="directory"&gt;Mondialisation et r&#233;sistances&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il existe une tension au c&#339;ur de la r&#233;volution bolivarienne du Venezuela. Bien que pr&#233;sente depuis plusieurs ann&#233;es, elle n'est apparue sur le devant de la sc&#232;ne qu'au cours des derniers mois, depuis la r&#233;&#233;lection pr&#233;sidentielle d'Hugo Chavez en d&#233;cembre 2006, son annonce des &#171; cinq moteurs &#187; [1] pour propulser le pays vers le &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187;, et son appel pour un nouveau parti, le Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV), afin d'organiser cette transition. C'est la tension entre les r&#233;alisations anti-n&#233;olib&#233;rales et anti-imp&#233;rialistes de la r&#233;volution - qui sont ind&#233;niables - et sa promesse socialiste - qui n'est pr&#233;cis&#233;ment encore rien d'autre qu'une promesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est bien s&#251;r la profondeur des r&#233;formes structurelles du Venezuela - sa rupture souvent bruyante mais non moins r&#233;elle avec les priorit&#233;s marchandes du Consensus de Washington - qui a fait du processus une r&#233;f&#233;rence pour le mouvement altermondialiste et la gauche internationale. C'est d'abord cette attitude anti-n&#233;olib&#233;rale consistante qui a motiv&#233; le bon accueil fait &#224; Hugo Chavez au Forum social mondial de Porto Alegre en 2005, avant m&#234;me qu'il ne prenne le moindre engagement en faveur du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet impact a de loin d&#233;pass&#233; l'Am&#233;rique latine et les cercles de solidarit&#233; traditionnels d'Europe et d'Am&#233;rique du Nord. Deux exemples embl&#233;matiques : le premier vient d'Indon&#233;sie, o&#249; le nouveau parti de gauche PAPERNAS fait r&#233;f&#233;rence de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; l'exemple v&#233;n&#233;zu&#233;lien pour expliquer et justifier sa plate-forme pour le r&#233;tablissement de la souverainet&#233; nationale sur les ressources naturelles et le d&#233;veloppement &#233;conomique du pays. Le second vient d'Egypte, o&#249; il est coutume dans le bazar du Caire de donner aux dattes en vente le nom de personnages publics, en fonction de la qualit&#233; de chaque lot de ces fruits secs. A la suite de la guerre au Liban de l'ann&#233;e derni&#232;re, il n'&#233;tait pas rare que les vari&#233;t&#233;s les plus am&#232;res portent les noms &#171; Bush &#187;, &#171; Blair &#187; et &#171; Olmert &#187;. Ni que les dattes, les plus fines, les plus douces, soient appel&#233;es &#171; Nasrallah &#187;, du nom du leader du Hezbollah. Mais, parmi les autres vari&#233;t&#233;s savoureuses, quelques places plus bas, il en &#233;tait une nomm&#233;e &#171; Chavez &#187;. Le dirigeant v&#233;n&#233;zu&#233;lien a en effet retir&#233; son ambassadeur d'Isra&#235;l, en protestation contre l'agression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci illustre simplement le retentissement extraordinaire que l'opposition tenace du Venezuela &#224; l'Empire a eu aupr&#232;s de dizaines de millions de ce que Frantz Fanon avait appel&#233;s jadis &#171; les damn&#233;s de la terre &#187; - un retentissement sans pareil au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, devenu perceptible apr&#232;s la d&#233;faite du coup d'&#201;tat anti-Chavez de 2002 et le d&#233;veloppement, &#224; partir de 2003, des &#171; missions &#187; de sant&#233; et d'alphab&#233;tisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retour des questions strat&#233;giques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, plus r&#233;cemment, quelque chose d'autre a &#233;merg&#233; pour donner au processus v&#233;n&#233;zu&#233;lien un impact plus grand, plus profond encore. Cela a commenc&#233; en 2005 avec l'invitation de Chavez &#224; discuter du &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187;, une discussion qui se poursuit avec plus d'intensit&#233; que jamais depuis son engagement en d&#233;cembre 2006 &#224; en faire le principal d&#233;fi pour le Venezuela dans la p&#233;riode &#224; venir. C'est naturellement d'une importance d&#233;cisive pour la lutte au Venezuela. Mais cela transforme aussi son potentiel international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, pour tous ceux d'entre nous qui militent dans des pays o&#249; le mot &#171; socialisme &#187; a disparu du vocabulaire politique de la plupart des gens au cours des 17 derni&#232;res ann&#233;es, voire plus, il est soudainement redevenu possible de parler de socialisme sans donner l'impression de d&#233;barquer d'une autre galaxie. Plus encore, le Venezuela est le premier laboratoire grandeur nature - au moins depuis le Nicaragua dans les ann&#233;es 80 - &#224; exp&#233;rimenter ce &#224; quoi la d&#233;mocratie socialiste pourrait r&#233;ellement ressembler au XXIe si&#232;cle, et quelles strat&#233;gies sont valables pour y parvenir. Certaines de ces questions strat&#233;giques se sont mises &#224; r&#233;appara&#238;tre sous la forme th&#233;orique au cours des derni&#232;res ann&#233;es. A titre d'exemple, il y eut un d&#233;bat important dans les pages de Critique communiste, de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire (LCR) fran&#231;aise, impliquant Daniel Bensaid, Antoine Artous, Alex Callinicos et d'autres. Parmi les questions centrales : dans les conditions actuelles, une r&#233;volution socialiste et la construction d'un nouveau type d'&#201;tat impliquent-elles n&#233;cessairement un moment crucial, explosif, o&#249; l'ancien appareil d'&#201;tat s'effondre, une sorte de &#171; prise du palais d'Hiver &#187;, r&#233;sultant d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale insurrectionnelle ou peut-&#234;tre d'une lutte militaire prolong&#233;e ? Ou est-il possible d'envisager l'&#233;mergence de nouvelles structures &#233;tatiques, d&#233;fendant de nouveaux int&#233;r&#234;ts de classe, &#224; c&#244;t&#233; ou m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur de l'ancien &#201;tat d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts de l'ancienne classe dominante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement la question la plus d&#233;cisive qui se pose au mouvement bolivarien. Au risque de simplifier abusivement, le processus politique au Venezuela peut &#234;tre d&#233;crit comme une r&#233;volution nationaliste, anti-n&#233;olib&#233;rale et anti-imp&#233;rialiste, au sein de laquelle une r&#233;volution socialiste lutte pour &#233;merger. Et, paradoxalement, les deux aspects se cristallisent dans la personne de Chavez. La r&#233;volution socialiste lutte pour &#233;merger car le processus s'est d'abord d&#233;velopp&#233; &#224; partir d'une victoire &#233;lectorale conventionnelle (d&#233;mocratique bourgeoise) en 1998, avec l'appui d'une assez large coalition interclassiste et qui, au moins jusqu'au coup d'&#201;tat avort&#233; d'avril 2002, a fait peu pour d&#233;passer le cadre institutionnel. La Constitution bolivarienne de 2000 a certes r&#233;vis&#233; ces institutions et comprenait nombre de passages radicaux sur la participation populaire et la centralit&#233; des besoins et du potentiel humains, mais elle n'a pas remis en cause les principes de base (de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, ou des relations de propri&#233;t&#233; priv&#233;e). Jusqu'&#224; un certain point, elle a enracin&#233; l'alliance de classes qui l'avait port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'insurrection contre le coup d'&#201;tat de 2002, et sp&#233;cialement depuis la lutte contre le lock-out patronal &#224; la fin de cette ann&#233;e-l&#224;, les mobilisations populaires, les missions, les comit&#233;s de terres urbaines, diverses exp&#233;riences sporadiques ou partielles de contr&#244;le ouvrier, quelques-unes des coop&#233;ratives rurales et urbaines et, plus r&#233;cemment, les conseils communaux &#233;mergeants, ont commenc&#233; &#224; d&#233;passer l'ancien cadre de l'Etat bourgeois, jusqu'&#224; le &#171; d&#233;fier &#187;. Mais les leviers centraux du pouvoir au Venezuela - en ce compris le bureau de la pr&#233;sidence - demeurent institutionnellement localis&#233;s, m&#234;me &#171; pi&#233;g&#233;s &#187;, au sein des anciennes structures administratives. Le probl&#232;me pour le mouvement bolivarien - et peut-&#234;tre pour la plupart des situations r&#233;volutionnaires potentielles dans le monde d'aujourd'hui - est de savoir contourner l'appareil existant, tout en &#233;tant parvenu au pouvoir &#224; travers lui (c'est-&#224;-dire par une &#233;lection). Dans le cas v&#233;n&#233;zu&#233;lien, ce probl&#232;me est li&#233; &#224; un autre : comment le mouvement peut-il d&#233;velopper une v&#233;ritable direction collective et se lib&#233;rer de la pesante tutelle d'un &#171; caudillo &#187; r&#233;volutionnaire, aussi int&#232;gre et capable soit-il, comme Chavez lui-m&#234;me semble en reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cogestion ouvri&#232;re et d&#233;mocratie communale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux des d&#233;veloppements les plus r&#233;cents au Venezuela, ainsi qu'un plus ancien, semblent indiquer une possible solution. Le plus ancien est l'exp&#233;rience de cogestion avec contr&#244;le ouvrier d&#233;velopp&#233;e dans quelques entreprises depuis d&#233;but 2005, dont la plus notable est la fabrique d'aluminium ALCASA de Ciudad Guayana [2]. Cette exp&#233;rience reste tr&#232;s limit&#233;e dans sa diffusion, in&#233;gale dans son application, et des signes inqui&#233;tants laissent &#224; penser qu'elle serait tomb&#233;e en disgr&#226;ce aupr&#232;s des dirigeants. Chavez n'en a presque pas fait mention dans ses discours d'ouverture de d&#233;cembre et de janvier &#233;bauchant les priorit&#233;s pour la nouvelle p&#233;riode de la r&#233;volution. Mais elle demeure jusqu'&#224; pr&#233;sent l'exemple le plus ambitieux et inspirant d'une alternative radicale &#224; l'ancien syst&#232;me. Les deux d&#233;veloppements les plus r&#233;cents sont l'appel pour la construction du PSUV, &#171; le parti le plus d&#233;mocratique que le Venezuela ait jamais connu &#187;, et l'&#171; explosion r&#233;volutionnaire de pouvoir communal &#187; d&#233;sign&#233;e par Chavez comme le cinqui&#232;me et plus important moteur de la transition du Venezuela vers le &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci semble confirmer une vieille v&#233;rit&#233; : la solution ne peut &#234;tre que la d&#233;mocratie - l'extension radicale de la d&#233;mocratie dans toutes les sph&#232;res de la vie sociale - car c'est, en derni&#232;re analyse, l'essence m&#234;me du socialisme. La &#171; propri&#233;t&#233; collective &#187; des moyens de production est inutile si elle n'implique pas une extension du contr&#244;le d&#233;mocratique sur l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment le pr&#233;sident Chavez a d&#233;crit le d&#233;fi du pouvoir communal, le 8 janvier, lors de la prestation de serment de son nouveau gouvernement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette ann&#233;e, avec les conseils communaux, nous devons d&#233;passer l'&#233;chelon local. Nous devons commencer &#224; cr&#233;er, d'abord par loi, une sorte de conf&#233;d&#233;ration r&#233;gionale, locale et nationale de conseils communaux. Nous devons avancer vers la cr&#233;ation d'un &#201;tat communal. Et l'ancien &#201;tat bourgeois, toujours l&#224;, encore vivant, nous avons &#224; le d&#233;manteler pi&#232;ce par pi&#232;ce, au fur et &#224; mesure de la construction de l'&#201;tat communal, de l'&#201;tat socialiste, de l'&#201;tat bolivarien - un &#201;tat capable de mener &#224; bien une r&#233;volution. Presque tous les Etats sont n&#233;s pour emp&#234;cher les r&#233;volutions. Notre t&#226;che est de convertir un &#201;tat contre-r&#233;volutionnaire en &#201;tat r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;videmment une vision ambitieuse ! Le r&#233;volutionnaire v&#233;n&#233;zu&#233;lien et ancien ministre Roland Denis - souvent un critique de gauche de Chavez - a certainement raison lorsqu'il voit dans les conseils communaux - destin&#233;s &#224; rassembler de 200 &#224; 400 familles pour d&#233;battre et d&#233;cider des d&#233;penses locales et des plans de d&#233;veloppement - une opportunit&#233; historique pour se d&#233;faire de l'&#201;tat bourgeois. En th&#233;orie, il en existe d&#233;j&#224; 18 000, et il devrait en exister 30 000. En pratique, la plupart ont encore &#224; s'organiser et &#224; fonctionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Probl&#232;mes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la conception actuelle des conseils communaux pose deux probl&#232;mes. Le premier est qu'ils ne sont pas enti&#232;rement autonomes. Ils ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s et sont r&#233;gl&#233;s par une loi r&#233;dig&#233;e et adopt&#233;e par l'&#171; ancien &#201;tat &#187;, m&#234;me si c'est un ancien &#201;tat peupl&#233; de chavistes. Cela diff&#232;re significativement du Budget Participatif (BP) de Porto Alegre ou d'autres de ses manifestations plus radicales dans d'autres villes du Br&#233;sil, qui ont influenc&#233; l'initiative v&#233;n&#233;zu&#233;lienne &#224; un degr&#233; consid&#233;rable. Le BP y a &#233;t&#233; &#233;tabli &#171; informellement &#187; par une convergence des mouvements sociaux des quartiers pauvres et du parti local au pouvoir, le Parti des Travailleurs (PT), profitant d'une faille dans la constitution br&#233;silienne de 1988. Un de ses principes fondamentaux est l'autonomie et l'autor&#233;gulation. Il n'y a jamais eu la moindre l&#233;gislation sur le BP : il a &#233;crit ses propres r&#232;gles et peut les modifier &#224; volont&#233;, et ni les repr&#233;sentants du gouvernement local, ni ceux du parti n'ont de prise directe sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second probl&#232;me est que les conseils communaux n'ont pas de pouvoir de d&#233;cision souverain sur l'enti&#232;ret&#233; des budgets locaux. En fait, les sommes d&#233;battues et allou&#233;es par les conseils communaux du Venezuela proviennent de versement directement allou&#233;s par la Commission pr&#233;sidentielle pour le pouvoir communal - un total de 1,6 milliards de dollars l'ann&#233;e derni&#232;re et autour du double cette ann&#233;e. Ils ne contr&#244;lent pas les budgets publics existants et leurs relations avec les ressources et les structures administratives sous le contr&#244;le des assembl&#233;es locales, maires et gouverneurs &#233;lus demeurent floues. Vont-ils commencer &#224; les absorber et les supplanter ou exister parall&#232;lement &#224; eux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux probl&#232;mes sont partiellement le r&#233;sultat d'un autre : en d&#233;pit de l'explosion de toutes sortes de mobilisations sociales au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es, le Venezuela n'a jamais eu une tradition de mouvements sociaux fortement organis&#233;s, ni de parti r&#233;volutionnaire de masse, ni m&#234;me de parti de classe, capable d'organiser de telles initiatives. Le &#171; ph&#233;nom&#232;ne Chavez &#187; joue en partie un r&#244;le de substitut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voila pourquoi l'appel &#224; construire le PSUV est potentiellement un pas si important. Cela pourrait tout simplement &#234;tre la meilleure fa&#231;on de surmonter la d&#233;pendance &#224; un seul leader central. Mais &#224; la seule condition que ce soit un parti fondamentalement ouvert et d&#233;mocratique, et pas un instrument monolithique destin&#233; uniquement &#224; relayer des d&#233;cisions d&#233;j&#224; prises. C'est un d&#233;fi d'envergure pour les nombreux petits courants et partis qui s'identifient d&#233;j&#224; comme marxistes ou socialistes. Le plus important d'entre eux &#224; &#234;tre issu d'une tradition explicitement marxiste r&#233;volutionnaire - le Parti R&#233;volution et Socialisme (PRS) regroupant notamment les principaux leaders de la f&#233;d&#233;ration syndicale Uni&#243;n Nacional de Trabajadores (UNT) actuellement divis&#233;e - vient de se scinder sur la question, certains de ses leaders les plus connus rejoignant le projet du PSUV, tandis que les autres ont d&#233;cid&#233; de rester en dehors. Notre opinion est que les premiers ont absolument raison d'arguer que cette opportunit&#233; ne doit pas &#234;tre manqu&#233;e et que c'est justement parce qu'il existe un r&#233;el danger que le projet soit d&#233;tourn&#233; par de vieux &#233;l&#233;ments bureaucratiques que les r&#233;volutionnaires doivent combattre pour s'assurer que le PSUV soit pleinement d&#233;mocratique et n'accueille pas de repr&#233;sentants de la classe capitaliste v&#233;n&#233;zu&#233;lienne ou de la nouvelle bureaucratie qui mine la r&#233;volution bolivarienne de l'int&#233;rieur. C'est fort semblable au combat men&#233; par les camarades de la section br&#233;silienne de la IVe Internationale [le courant D&#233;mocratie socialiste, troskyste, ndlr] dans les ann&#233;es 80 pour faire du PT un &#171; parti sans chefs &#187; avec un maximum de d&#233;mocratie interne, de pleins droits de tendance, la repr&#233;sentation proportionnelle des minorit&#233;s &#224; la direction, un quota de 30% de femmes, etc. - un combat qui fut largement victorieux et qui a contribu&#233; &#224; faire du PT la r&#233;f&#233;rence qu'il fut pour la gauche internationale pendant une d&#233;cennie au moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois enjeux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer, trois enjeux imm&#233;diats et un enjeu &#224; moyen terme semblent se pr&#233;senter au processus r&#233;volutionnaire v&#233;n&#233;zu&#233;lien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Le nouveau parti pourra-t-il devenir un v&#233;ritable parti r&#233;volutionnaire de masse - ce qui implique un espace profond&#233;ment pluraliste et d&#233;mocratique pour organiser et coordonner l'activit&#233; de tous les secteurs et courants de la classe ouvri&#232;re (au sens le plus large) et d'autres secteurs opprim&#233;s de la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Les exp&#233;riences exemplaires de cogestion ouvri&#232;re avec contr&#244;le ouvrier parviendront-elles &#224; s'&#233;tendre dans des sections beaucoup plus larges des secteurs public et priv&#233; ? R&#233;ussiront-elles &#224; faire le lien avec les conseils communaux et d'autres formes de pouvoir populaire territorial, et &#224; les impliquer dans le contr&#244;le d&#233;mocratique des lieux de travail et, plus largement, de l'&#233;conomie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Les nouveaux conseils communaux pourront-ils devenir de v&#233;ritables centres de pouvoir populaire, disposant d'un pouvoir de d&#233;cision souverain sur tous les aspects des budgets et plans de d&#233;veloppements locaux et nationaux ? Et tous ces organes parviendront-ils &#224; s'unir au plan national pour construire un nouveau type d'&#201;tat qui d&#233;fende les int&#233;r&#234;ts populaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres mots, les d&#233;fis imm&#233;diats sont d'ordre d&#233;mocratique. Ils s'orientent vers une extension radicale de la d&#233;mocratie participative dans chaque coin et recoin de l'&#233;difice social, bien au-del&#224; de la sph&#232;re politique traditionnelle. Et c'est bien s&#251;r ce qu'a toujours &#233;t&#233; le projet socialiste - avant, pendant, et apr&#232;s le XXIe si&#232;cle - : un approfondissement sans pr&#233;c&#233;dent des droits d&#233;mocratiques. Sous cet angle, la question des nationalisations et de l'expropriation du capital priv&#233; devient une cons&#233;quence naturelle, plut&#244;t qu'une condition pr&#233;alable. D&#232;s que le capital cesse d'&#234;tre contr&#244;l&#233; par les capitalistes et qu'il est soumis aux d&#233;cisions d&#233;mocratiques des travailleurs et de la communaut&#233;, aux niveaux local et national, il cesse aussit&#244;t d'&#234;tre un capital priv&#233; et commence &#224; ob&#233;ir &#224; une toute autre logique - celle des besoins et du potentiel humains et - tout aussi urgemment - de la survie de l'environnement. Et le parcours entre ces deux points fait aussi partie des sujets dont la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente a entam&#233; l'analyse, il y a pr&#232;s d'un si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NOTES&lt;/strong&gt;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] [NDLR] 1er moteur : la loi hablitante, voie directe au socialisme ; 2e moteur : la r&#233;forme constitutionnelle : &#233;tat de droit socialiste ; 3e moteur : morale et lumi&#232;res, &#233;ducation bas&#233;e sur des valeurs socialistes ; 4e moteur : la nouvelle g&#233;om&#233;trie du pouvoir, la r&#233;organisation socialiste de la nouvelle g&#233;opolitique de la nation ; 5e moteur : explosion du pouvoir communal, d&#233;mocratie &#171; protagonique &#187;, r&#233;volutionnaire et socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] [NDLR] Lire Fabrice Thomas, Exp&#233;rience de &#171; cogestion &#187; dans la fabrique d'aluminium Alcasa, Inprecor, n&#176;510, octobre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opinions exprim&#233;es et les arguments avanc&#233;s dans cet article demeurent l'enti&#232;re responsabilit&#233; de l'auteur-e et ne refl&#232;tent pas n&#233;cessairement ceux du R&#233;seau d'Information et de Solidarit&#233; avec l'Am&#233;rique Latine (RISAL).&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Source : International Viewpoint (&lt;a href=&#034;http://www.internationalviewpoint.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.internationalviewpoint.org/&lt;/a&gt;), n&#176;389, mai 2007.&lt;/p&gt;
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