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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>&#192; la crois&#233;e des chemins</title>
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		<dc:date>2007-02-13T22:58:49Z</dc:date>
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		<dc:creator>Harun Hassan </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le gouvernement somalien et ses alli&#233;s &#233;thiopiens &#8211;cette fois-ci appuy&#233;s par l'arm&#233;e am&#233;ricaine, ne peuvent pas en finir sans un r&#232;glement politique, indique Harun Hassan dans le pr&#233;sent article tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.opendemocracy.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.opendemocracy.net&lt;/a&gt;. Pour l'auteur, la Somalie, l'Ethiopie (et les Etats-Unis) ont d&#233;j&#224; commis une erreur politique majeure, en installant quatre seigneurs de guerre (dont aucun n'est membre du gouvernement somalien) comme gouverneurs des zones qu'ils ont dirig&#233;es avant que l'Union des Tribunaux Musulmans (UTM) ne les d&#233;tr&#244;nent.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement somalien et ses alli&#233;s &#233;thiopiens &#8211;cette fois-ci appuy&#233;s par l'arm&#233;e am&#233;ricaine, ne peuvent pas en finir sans un r&#232;glement politique, indique Harun Hassan dans le pr&#233;sent article tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.opendemocracy.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.opendemocracy.net&lt;/a&gt;. Pour l'auteur, la Somalie, l'Ethiopie (et les Etats-Unis) ont d&#233;j&#224; commis une erreur politique majeure, en installant quatre seigneurs de guerre (dont aucun n'est membre du gouvernement somalien) comme gouverneurs des zones qu'ils ont dirig&#233;es avant que l'Union des Tribunaux Musulmans (UTM) ne les d&#233;tr&#244;nent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le conflit &#233;nigmatique de la Somalie a de nouveau pris un tournant dramatique. Au moment o&#249; l'an 2006 s'ach&#232;ve et &#224; l'aube de 2007, apr&#232;s six mois d'impasse politique et de man&#339;uvres militaires de chaque c&#244;t&#233;, la situation a explos&#233; en une totale confrontation arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat fut une victoire &#233;claire de l'arm&#233;e &#233;thiopienne et de ses alli&#233;s somaliens, &#224; savoir le Gouvernement F&#233;d&#233;ral de Transition(GFT)bas&#233; &#224; Baidoa et les seigneurs de guerre &#171; freelance &#187; qui le soutiennent. Leurs adversaires, les miliciens de l'Union des Tribunaux Musulmans (UTM), furent vaincus et mis en d&#233;bandade (et, d&#232;s le 7 janvier 2007, assujettis &#224; de lourds bombardements de la part de l'arm&#233;e de l'air des Etats-Unis). Dans l'espace de dix jours, les prospections politiques de la Somalie se sont renvers&#233;es dans les circonstances les plus impr&#233;visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un conflit qui, au d&#233;part, &#233;tait un petit conflit local, a maintenant &#233;clat&#233; et a pass&#233; &#224; la une des informations &#233;crites et t&#233;l&#233;vis&#233;es de la presse mondiale, refl&#233;tant la r&#233;appropriation &#171; mondiale &#187; soudaine du conflit somalien dans une version d'histoire plus vaste de la &#171; guerre des Etats-Unis contre le terrorisme &#187; ou bien de &#171; longue guerre &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tous derniers d&#233;veloppements sur le terrain, et les commentaires faits par les autorit&#233;s am&#233;ricaines, confirment le nouveau statut de la Somalie en tant qu'un troisi&#232;me &#171; th&#233;&#226;tre &#187; dans cette guerre (apr&#232;s l'Irak et l'Afghanistan). Les avions am&#233;ricains ont lanc&#233; une nouvelle vague de bombardements a&#233;riens dans le sud de la Somalie le 10 janvier, apr&#232;s des raids par bombes ayant pour cibles (selon lesdites autorit&#233;s) les dirigeants d'al-Qaida qui auraient trouv&#233; refuge parmi les &#233;l&#233;ments de ces forces de l'UTM dans la r&#233;gion. Dans un mouvement significatif, l'Union Europ&#233;enne et les Nations Unies ont critiqu&#233; la tactique am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis ont nomm&#233; trois hommes qu'ils accusent d'&#234;tre impliqu&#233;s dans les bombardements en ao&#251;t 1998 des ambassades am&#233;ricaines au Kenya et en Tanzanie, bombardements qui ont co&#251;t&#233; la vie &#224; 250 personnes : Fazul Adullah Mohamed (des Iles Comores) ; Abu Talha al-sudani (un Soudanais) et Saleh Ali Saleh Nabhan (un Kenyan). Il n'y a pas eu de confirmation que ces trois hommes ont &#233;t&#233; vus en Somalie, m&#234;me si les informations sugg&#232;rent que Fazul Abdullah Mohamed fut tu&#233; lors du tout dernier raid ; dans tous les cas, l'anarchie qui r&#232;gne dans le pays et le manque de gouvernement central fort ont expos&#233; ses fronti&#232;res (a&#233;riennes, maritimes et terrestres) &#224; toutes sortes d'abus pour une longue p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone que les avions am&#233;ricains sont en train de bombarder est une vaste jungle qui s'&#233;tend sur environ 20 kilom&#232;tres le long de la fronti&#232;re entre la Somalie et le Kenya o&#249; les milices de l'UTM ont dress&#233; une r&#233;sistance farouche. L'objectif principal de l'arm&#233;e am&#233;ricaine est d'&#233;craser irr&#233;versiblement les r&#233;sidus de l'UTM. L'UTM pourrait toujours disposer de plus de 2.000 combattants qui sont pr&#234;ts pour la bataille. Les m&#233;dias somaliens indiquent que les troupes &#233;thiopiennes sur terrain ont subi des pertes lourdes les 7 et 8 janvier et ainsi demand&#233; le bombardement am&#233;ricain. Les avions MIG de l'Ethiopie eux-m&#234;mes avaient bombard&#233; cette zone pendant environ dix jours mais ils ne semblent pas avoir la capacit&#233; de faire des attaques cibl&#233;es que la haute technologie am&#233;ricaine peut garantir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute cette escalade militaire, il est tr&#232;s ais&#233; d'oublier que des civils innocents &#8211; y compris ceux d&#233;j&#224; d&#233;plac&#233;s par la guerre et fuyant cette derni&#232;re &#8211; sont en train d'&#234;tre tu&#233;s, peut-&#234;tre en nombres importants. Certains fermiers de la r&#233;gion sont &#233;galement en train de perdre des animaux qui sont la base de leur source de revenus. Cette situation a des ingr&#233;dients d'un d&#233;sastre humanitaire qui rend complexe l'ins&#233;curit&#233; humaine d&#233;j&#224; end&#233;mique de la Somalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dispersion et retraite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre pour la Somalie est ainsi entr&#233;e dans une nouvelle phase. M&#234;me il y a moins d'un mois, la situation actuelle aurait paru comme un d&#233;nouement surprenant. Le 12 d&#233;cembre 2006, confiant &#224; l'&#233;poque, le commandant des miliciens de l'Union des Tribunaux Musulmans a donn&#233; aux troupes &#233;thiopiennes soutenant le gouvernement somalien un ultimatum d'une semaine pour quitter le pays ou &#234;tre forc&#233;es &#224; le faire. Mais m&#234;me pendant qu'il annon&#231;ait cela, l'Ethiopie avait (au milieu des d&#233;nis moqueurs d'une quelconque activit&#233; du genre &#224; Addis-Abeba) a d&#233;ploy&#233; plusieurs brigades m&#233;canis&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de la Somalie et les a pr&#233;par&#233;es &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 d&#233;cembre, un jour apr&#232;s que le d&#233;lai de l'UTM eut &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;, des coups de feu ont &#233;clat&#233; &#224; la ligne de front entre les deux c&#244;t&#233;s tout pr&#232;s de la base temporel du gouvernement somalien &#224; Baidoa. Une nouvelle phase de la guerre avait commenc&#233;. Huit jours plus tard, l'arm&#233;e &#233;thiopienne avait (avec ses alli&#233;s somaliens) captur&#233; la capitale Mogadishu et d'autres principaux centres urbains ant&#233;rieurement contr&#244;l&#233;s par l'UTM. Les militants de l'UTM en effondrement, qui perdaient ville apr&#232;s ville, furent forc&#233;s &#224; s'enfuir davantage vers le sud dans la zone domin&#233;e par la jungle &#224; la fronti&#232;re avec le Kenya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu deux facteurs cruciaux dans la bonne fortune inattendue du gouvernement somalien, qui avait &#233;t&#233; la partie ayant subi de s&#233;rieuses pertes en hommes juste avant le dernier conflit. Le premier fut le fait que l'UTM a sous-estim&#233; la puissance de l'arm&#233;e &#233;thiopienne. Il a &#233;t&#233; indiqu&#233; qu'entre 8.000 et 10.000 hommes de troupes &#233;thiopiens furent impliqu&#233;s dans la bataille, &#233;tant arm&#233;s d'h&#233;licopt&#232;res de combat et de tanks de fabrication am&#233;ricaine, d'avions de combat et d'artillerie lourde. Aid&#233;e par 3.000 miliciens du gouvernement, cette force &#233;tait presque le double de la taille des miliciens de l'UTM, qui n'&#233;tait arm&#233;s que d'AK-47, de machine guns et de bazookas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second facteur fut que le plan tactique de l'UTM &#8211; pour capturer Baidoa et transformer la bataille en une guerre urbaine et de rue qui est famili&#232;re &#224; la plupart de ses combattants) &#8211; a &#233;chou&#233; de mani&#232;re d&#233;sastreuse, puisqu'ils furent forc&#233;s &#224; affronter une arm&#233;e conventionnelle dans un contexte de ligne de front ouverte. M&#234;me en d&#233;pit de cela, aucun c&#244;t&#233; n'avait r&#233;alis&#233; de conqu&#234;te territoriale majeure pendant sept jours jusqu'&#224; ce que les d&#233;fenses de l'UTM dans les r&#233;gions centrales de la somalie tomb&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, les forces &#233;thiopiennes et somaliennes ont pris l'initiative et forc&#233; les milices de l'UTM &#224; se retirer de Baidoa. Sans tarder, les villes tomb&#232;rent les unes apr&#232;s les autres et l'UTM ne re&#231;ut aucune chance de se regrouper. Le 27 d&#233;cembre, les &#233;thiopiens et leurs alli&#233;s somaliens march&#232;rent sans aucune r&#233;sistance jusque dans la capitale. Les combattants de l'UTM avaient &#233;t&#233; suppos&#233;s se battre &#224; Mogadishu et dans la ville australe de Kismayo ; ils opt&#232;rent plut&#244;t de se retirer, et ce, peut-&#234;tre, afin de mener une gu&#233;rilla &#224; partir de la brousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 d&#233;cembre 2006, la Somalie est entr&#233;e dans une nouvelle &#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vainqueurs et vaincus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se d&#233;gage trois vainqueurs et trois vaincus de la toute derni&#232;re bataille pour la Somalie. Le premier vainqueur est le gouvernement somalien de transition lui-m&#234;me. L'on s'attend &#224; ce que ce corps d&#233;m&#233;nage vers Mogadishu (pour la premi&#232;re fois depuis sa formation au Kenya en 2004) afin de combler le vide politique, avec le soutien d'un contingent de troupes de l'Union Africaine qui doit &#234;tre bient&#244;t d&#233;ploy&#233; dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me vainqueur est le gouvernement &#233;thiopien, qui a ex&#233;cut&#233; une strat&#233;gie politique et militaire d&#233;cisive en cassant la potentialit&#233; de l'&#233;mergence d'un voisin puissant et hostile. Tout au moins, l'Ethiopie a &#233;vit&#233; (peut-&#234;tre pour plusieurs ann&#233;es) l'arriv&#233;e au pouvoir d'un gouvernement somalien dirig&#233; par des individus qui combinent de fortes croyances religieuses et des tendances nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me vainqueur ce sont les Etats-Unis, qui pour la premi&#232;re fois ont gagn&#233; leur guerre indirecte contre les dirigeants musulmans de la Somalie qu'ils accusent d'avoir des liens avec al-Qaeda et de cacher des terroristes recherch&#233;s (accusations qui restent &#224; prouver effectivement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier des trois perdants dans ce conflit c'est l'Union des Tribunaux Musulmans. L'UTM a pay&#233; le prix de son immaturit&#233; politique et de ses d&#233;cisions h&#226;tives. La force - m&#234;me de ses milices compar&#233;e aux forces du GFT, et le vaste territoire qu'elle parvint &#224; contr&#244;ler au cours de 2006, s'est r&#233;v&#233;l&#233;e comme &#233;tant une arme &#224; double tranchant en termes de sa capacit&#233; d'&#234;tre flexible et de se compromettre (voir &#171; Somalia's new Islamic leadership &#187;, le 13 juin 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment vaincu c'est l'Erythr&#233;e, qui a perdu un alli&#233; cl&#233; dans ses bousculades indirectes avec l'Ethiopie pour la domination r&#233;gionale. Toutefois, l'on a appris que l'Erythr&#233;e n'avait pas de personnel militaire en Somalie (contrairement aux accusations onusiennes selon lesquelles plus de 2.000 hommes de troupes &#233;rythr&#233;ens &#233;taient pr&#233;sents).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me perdant c'est la diplomatie internationale, qui a c&#233;d&#233; la place &#224; la violence et &#224; la pr&#233;f&#233;rence de l'action militaire. La plus r&#233;cente confrontation arm&#233;e de la Somalie aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233;e s'il y avait eu une diplomatie honn&#234;te et solide aux moments cruciaux. Cet &#233;chec fait tomber la honte sur la communaut&#233; internationale ainsi que sur les combattants imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implication d'un groupe musulman a contribu&#233; &#224; donner au tout dernier conflit de la Somalie une dimension internationale. Et pourtant pendant des mois, les Nations Unis, les Etats-Unis, l'Union Europ&#233;enne, l'Union Africaine et la Ligue Arabe ont choisi d'observer l'escalade du danger vers une confrontation arm&#233;e. Ces agences pourraient avoir eu des int&#233;r&#234;ts divergents, et des doutes &#224; propos du d&#233;ploiement par l'Ethiopie de son arm&#233;e au-del&#224; de la fronti&#232;re &#171; dans la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t national &#187; - mais elles ont choisi le silence ou le consentement. Leur attitude est un feu vert &#224; des invasions pr&#233;-emptives &#171; semblables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Ethiopie et la Somalie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce conflit a &#233;t&#233; d&#233;crit comme un conflit r&#233;gional, indirect ou m&#234;me (en termes id&#233;ologiques) comme un conflit mondial. La v&#233;rit&#233; la plus profonde si pas la moins bonne pour les grands titres de journaux est qu'il y a encore une nouvelle &#233;pisode de la longue histoire du conflit entre les deux soci&#233;t&#233;s de l'Ethiopie et de la Somalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux quotidiens de l'Ethiopie ont utilis&#233; le terme &#171; mission accomplie &#187; apr&#232;s que leurs forces entr&#232;rent dans la capitale somalienne. De la m&#234;me mani&#232;re, beaucoup de publications faites par les m&#233;dias somaliens ont d&#233;crit le 28 d&#233;cembre 2006 comme une journ&#233;e sombre dans l'histoire de la Somalie. Ceci nous donne une indication sur les raisons pour lesquelles ces deux pays pourraient &#234;tre les plus grands perdants dans ce conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une longue histoire de tension entre ces deux territoires. Les anciens royaumes &#233;thiopiens &#8211; depuis de 2&#232;me si&#232;cle, le royaume d'Aksun &#8211; a envahi et r&#233;gn&#233; sur beaucoup de parties de la Somalie. Les Somaliens (ou &#171; Berb&#232;res noires &#187; comme les appelait &#224; l'&#233;poque) furent pouss&#233;s vers les zones c&#244;ti&#232;res o&#249; ils ont b&#233;n&#233;fici&#233; de relations proches, bas&#233;es sur le commerce, avec les anciens Egyptiens. Les dynasties et les sultanats somaliens ont ainsi fait l'exp&#233;rience de contacts violents avec leurs &#233;quivalents &#233;thiopiens ; mais la tension s'est empir&#233;e m&#234;me plus lorsque l'Islam a atteint la Somalie au 9&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du 16&#232;me si&#232;cle, l'une des guerres les plus catastrophiques se produisit. Un seigneur de guerre somalien ayant le d&#233;sir d'&#233;largir le r&#232;gne de l'Islam, l'Imam Ahmed Gurey (ou Ahmed Gran), envahit l'Ethiopie avec l'aide de l'empire Ottoman et vainquit l'arm&#233;e de son empereur Lebna Dengel. Dans le parcours, il captura de vastes territoires et massacra beaucoup de gens qui refusait de se convertir &#224; l'Islam. Mais les Ethiopiens se regroup&#232;rent et (avec l'aide du Portugal) lanc&#232;rent une contre-attaque, vainquirent et tu&#232;rent Gurey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre si&#232;cles plus tard - au r&#233;veil de la &#171; bousculade imp&#233;riale pour l'Afrique &#187; au d&#233;but du 20&#232;me si&#232;cle &#8211; un autre seigneur de guerre somalien, Sayyid Mohamed Abdullah Hassan, prit les armes contre les Britanniques qui, &#224; l'&#233;poque, occupaient des parties de la Somalie. Afin de sauvegarder les bonnes relations avec les colons europ&#233;ens, l'empereur Menelik II de l'Ethiopie rejoignit la campagne contre le dirigeant somalien en soutien de la Bretagne par l'invasion de la r&#233;gion somalienne d'Ogaden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une premi&#232;re phase de sa propre &#232;re de retraite imp&#233;riale, la Bretagne garantissait en 1948 l'Ogaden &#224; l'Ethiopie et demandait &#224; l'ONU de consid&#233;rer d'autres parties de la Somalie pour l'ind&#233;pendance. La somalie lan&#231;a des op&#233;rations militaires en 1964 et 1977 en vue de regagner cette r&#233;gion, mais elle &#233;choua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette histoire qui couvre l'actuel malheur et la pr&#233;sence de l'Ethiopie en Somalie. C'est un pass&#233; qui hante beaucoup de gens des deux pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pratique, ceci pourrait ne pas &#234;tre une guerre entre deux gouvernements, parce que le gouvernement internationalement reconnu de la Somalie a pr&#233;sentement des rapports mutuellement favorables avec les Ethiopiens. Mais th&#233;oriquement et id&#233;ologiquement, c'est &#233;galement une guerre entre les soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la lumi&#232;re de ce qui pr&#233;c&#232;de, les bruits politiques et la dimension internationale de la situation actuelle sont moins importants que la pr&#233;sente tache noire dans les rapports entre les deux soci&#233;t&#233;s voisines. La raison en est que l'histoire ne se rappellera pas de l'op&#233;ration triomphante de l'Ethiopie en Somalie comme l'&#339;uvre de deux gouvernements alli&#233;s, mais plut&#244;t comme l'un des plus grands succ&#232;s militaires contre la mont&#233;e de l'Islam politique en Afrique &#8211; si pas dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre et Politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la sSomalie, Abdullah Yusuf Ahmed, indique que ce moment-ci constitue un nouveau d&#233;part pour la Somalie et une chance pour la communaut&#233; internationale de donner son assistance. Les Etats-Unis, l'UE et l'UA ont donn&#233; leur r&#233;ponse. Il est maintenant officiel que les troupes de l'UA seront envoy&#233;es &#8211; peut-&#234;tre avant fin janvier &#8211; bien que le mandat de leur mission n'ait pas &#233;t&#233; sp&#233;cifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant de l'Ethiopie Meles Zenawi indique qu'il a l'intention de garder ses troupes &#224; l'int&#233;rieur de la Somalie pour seulement quelques semaines, et de quitter les lieux une fois que les troupes de l'UA arriveront &#8211; une position soutenue par les Etats-Unis et le gouvernement britannique. Mais le premier ministre somalien qui est vainqueur, en retournant dans la capitale, indique que les Ethiopiens resteront l&#224;-bas aussi longtemps que le gouvernement somalien trouvera leur pr&#233;sence n&#233;cessaire. Cette option tr&#232;s sensible est une v&#233;ritable possibilit&#233;. Pourrait-elle aussi transformer la victoire en une d&#233;faite?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux raisons qui font qu'on puisse penser de la sorte. La premi&#232;re est que l'intervention &#233;thiopienne est un cauchemar diplomatique pour la communaut&#233; internationale. Lorsque les Etats de la r&#233;gion de l'Afrique de l'Est ont propos&#233;, au d&#233;part, apr&#232;s de p&#233;nibles n&#233;gociations qui ont dur&#233; deux ans &#8211; l'envoi de troupes en Somalie en soutien au gouvernement somalien, ils ont pris le soin d'exclure les pays frontaliers avec la Somalie (le Kenya, l'Ethiopie et le Djibouti) &#8211; puisque tous les trois avaient des int&#233;r&#234;ts divergents sur la Somalie ainsi que de grandes populations d'ethnie somalienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette opinion fut reprise apr&#232;s la formation du gouvernement somalien en 2004, lorsque le parlement de transition a approuv&#233; le d&#233;ploiement de troupes africaines mais a sp&#233;cifiquement exclu les m&#234;mes pays voisins. En d&#233;cembre 2006 &#233;galement, quand les Nations Unies ont adopt&#233; une r&#233;solution autorisant le d&#233;ploiement en Somalie d'une force africaine compos&#233;e de 8,000 hommes, ces m&#234;mes trois nations furent encore une fois exclues. Tout ceci prouve &#224; suffisance que l'entr&#233;e &#233;thiopienne en Somalie a viol&#233; les normes et la loi internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, les trois gouvernement engag&#233;s &#8211; somalien, &#233;thiopien et am&#233;ricain &#8211; vont trouver difficile de modifier la perception des Somaliens envers les forces &#233;thiopiennes, compte tenu des circonstances de leur entr&#233;e, sp&#233;cifiquement si la situation sur le terrain devient d&#233;favorable &#224; cette derni&#232;re (si, par exemple, le GFT ne parvient pas &#224; d&#233;livrer et que l'ins&#233;curit&#233; continue de r&#233;gner, et/ ou l'UTM resurgit de la brousse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d&#233;j&#224; eu des manifestations anti-&#233;thiopiennes &#224; Mogadishu en protestant contre les tentatives de collecter les armes. Le gouvernement somalien a maintenant retard&#233; ind&#233;finiment la politique de collecte des armes. Entretemps la tension est en train de monter dans la ville centrale de Beletweyne apr&#232;s que les Ethiopiens aient d&#233;tenu un commandant de haut rang des forces gouvernementales somaliennes apr&#232;s qu'il eut pardonn&#233; au pr&#233;sident local des Tribunaux Musulmans et refus&#233; de le remettre aux Ethiopiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me du gouvernement en ce qui concerne l'UTM vaincue est que celle-ci ne souffre d'autre stigmatisation que l'all&#233;gation de liens avec les terroristes par les Etats-Unis et l'Ethiopie. Ainsi s'il ne succombe pas aux attaques actuelles, ce ne sera pas surprenant que certaines autorit&#233;s de l'UTM r&#233;apparaissent dans les villes principales dans quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Pr&#233;sent et l'avenir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci rend une option diplomatique continuellement pertinente. Le d&#233;ploiement prospectif des troupes de l'Union Africaine va &#233;galement n&#233;cessiter des initiatives politiques nouvelles et cr&#233;atives en vue d'atteindre une solution. Le gouvernement somalien devra agir d'une mani&#232;re r&#233;conciliatrice et &#233;viter la vengeance et la politique de boucs &#233;missaires ; les milices et les clans devront &#234;tre d&#233;sarm&#233;s dans tout le pays et de mani&#232;re &#233;quitable et en retour recevoir des garanties de justice et de s&#233;curit&#233; ; le gouvernement devra &#233;viter la d&#233;sunion tout en essayant d'accomplir des miracles de d&#233;livrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement somalien et ses alli&#233;s &#233;thiopiens ont occup&#233; des endroits o&#249; l'UTM a r&#233;gn&#233; pendant plusieurs mois et fait voir un nombre important de r&#233;alisations: elle a mis en &#339;uvre la loi et l'ordre, ouvert tous les ports (tout le long de la plus longue ligne c&#244;ti&#232;re en Afrique), reconstruit les institutions gouvernementales essentielles (le palais pr&#233;sidentiel, l'a&#233;roport international de Mogadishu, la cour supr&#234;me, la prison, et les immeubles du minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res et de l'information &#8211; et d&#233;sarm&#233; tous les seigneurs de guerre. C'est une demande difficile &#224; satisfaire pour le gouvernement, mais m&#234;me la moiti&#233; de ce que l'UTM a r&#233;alis&#233; pendant cette p&#233;riode serait per&#231;ue par beaucoup de Somaliens comme un pas significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s militaire du gouvernement somalien et des Ethiopiens, et le d&#233;ploiement de troupes dans l'apr&#232;s-guerre, ne sera d'aucune valeur si l'on ne trouve pas de solution politique &#224; l'un des conflits les plus compliqu&#233;s de l'Afrique. Tout &#233;chec ici va hanter les commandants militaires de l'Union Africaine qui devront s'occuper de l'&#233;chec politique, et le peuple somalien continuera de souffrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Somalie, l'Ethiopie (et les Etats-Unis) ont d&#233;j&#224; commis une erreur politique majeure, en installant quatre seigneurs de guerre (dont aucun n'est membre du gouvernement somalien) comme gouverneurs des zones qu'ils ont dirig&#233;es avant que l'UTM ne les d&#233;tr&#244;nent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci soul&#232;ve vivement la question de savoir si oui ou non l'UTM pourrait se ressaisir et redevenir forte. Le processus politique de la Somalie a &#233;t&#233; stagnant pour la majeure partie des seize derni&#232;res ann&#233;es &#8211; domin&#233; par les m&#234;mes seigneurs de guerre et dirigeants claniques. La phase dramatique des d&#233;buts de l'&#233;t&#233; 2006 a men&#233; l'UTM dans une position de commandement qu'ils ont perdue au bout de six mois. La phase actuelle verra deux d&#233;ploiements majeurs de troupes &#233;trang&#232;res dans une courte p&#233;riode. Les chances de voir encore davantage de surprises sont r&#233;elles. L'une d'entre ces derni&#232;res sera &#8211;t-elle le retour de l'UTM &#224; travers la gu&#233;rilla, ou sous une forme d'un autre groupe de r&#233;sistance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux sc&#233;narios pourraient contribuer au retour de l'Union des Tribunaux Musulmans. Le premier est que le gouvernement f&#233;d&#233;ral de transition continue de s'appuyer sur le soutien &#233;tranger &#8211; de la part de l'Ethiopie ou d'autres troupes africaines, ou des deux &#8211; mais ne gagne pas la confiance des Somaliens ordinaires. Le second est que le GFT ne trouve pas un m&#233;canisme politique soit pour m&#233;nager ou pour an&#233;antir les seigneurs de guerre freelance, rendant ainsi tr&#232;s difficile la restauration de la s&#233;curit&#233;. Plus ces seigneurs de guerre restent en dehors du gouvernement, plus les groupes d'opposition sont susceptibles d'augmenter. La bataille a &#233;t&#233; gagn&#233;e, du moins pour le moment. Pourtant rien ne signale que la guerre va se terminer bient&#244;t. La Somalie reste &#224; la crois&#233;e des chemins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sent article par Harun Hassan fut initialement publi&#233; sur apendemocracy.net sous une licence de creative commons. Si cet article vous a fait plaisir, visitez opendemocracy.net pour davantage. Le lien de l'article original est : &lt;a href=&#034;http://www.opendemocracy.net/democracy-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.opendemocracy.net/democracy-&lt;/a&gt; africa_democracy/ somalia_crossroads_4236.jsp&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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