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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title> Mouvement &#034;antimondialiste&#034; et nouvelle gauche</title>
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		<dc:date>2009-09-16T19:08:40Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Au Loong-Yu</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Bien que le d&#233;veloppement des mouvements sociaux ait &#233;t&#233; r&#233;prim&#233; au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, les milieux intellectuels ont connu un d&#233;bat enflamm&#233; sur la mondialisation. Plus g&#233;n&#233;ralement, on constate l'existence d'un &#171; mouvement antimondialiste &#187; depuis plus d'une d&#233;cennie d&#232;s lors que les d&#233;bats entrent dans le champ s&#233;mantique de l'expression. Alors que les n&#233;olib&#233;raux adh&#232;rent &#224; la mondialisation, elle est contest&#233;e par ce qu'il est convenu d'appeler la Nouvelle Gauche. Le r&#233;sultat de ce d&#233;bat aura une influence importante sur l'histoire future de la Chine et sur sa r&#233;sistance sociale &#224; la mondialisation. L'objectif de cet article est la description de ce d&#233;bat et, autant que l'identification de la mont&#233;e du nationalisme en tant que d&#233;fi majeur pour la gauche, l'examen des forces et des faiblesses du d&#233;bat au sein de la Nouvelle Gauche.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien que le d&#233;veloppement des mouvements sociaux ait &#233;t&#233; r&#233;prim&#233; au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, les milieux intellectuels ont connu un d&#233;bat enflamm&#233; sur la mondialisation. Plus g&#233;n&#233;ralement, on constate l'existence d'un &#171; mouvement antimondialiste &#187; depuis plus d'une d&#233;cennie d&#232;s lors que les d&#233;bats entrent dans le champ s&#233;mantique de l'expression. Alors que les n&#233;olib&#233;raux adh&#232;rent &#224; la mondialisation, elle est contest&#233;e par ce qu'il est convenu d'appeler la Nouvelle Gauche. Le r&#233;sultat de ce d&#233;bat aura une influence importante sur l'histoire future de la Chine et sur sa r&#233;sistance sociale &#224; la mondialisation. L'objectif de cet article est la description de ce d&#233;bat et, autant que l'identification de la mont&#233;e du nationalisme en tant que d&#233;fi majeur pour la gauche, l'examen des forces et des faiblesses du d&#233;bat au sein de la Nouvelle Gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La version nationaliste de l'antimondialisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation des entreprises leur a permis de r&#233;duire spectaculairement les salaires et la protection sociale des travailleurs partout dans le monde. C'est une des raisons pour lesquelles il faut la combattre en tant que telle et c'est ce qui s'est produit avec la naissance du mouvement antimondialiste dont la composition est largement h&#233;t&#233;rog&#232;ne mais dont les aspirations internationalistes sont clairement visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation doit cependant &#234;tre contrebalanc&#233;e par le fait qu'il existe &#233;galement des sentiments nationalistes et m&#234;me une pens&#233;e d'extr&#234;me droite dans le discours antimondialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ray Kiely a observ&#233; qu'&#171; Un des populistes les plus connus aux &#201;tats-Unis, Pat Buchanan, a stigmatis&#233; la mondialisation pour sa responsabilit&#233; dans le d&#233;clin de l'emploi industriel, l'&#233;rosion de la souverainet&#233; nationale, l'augmentation de l'immigration et le mouvement vers le socialisme mondial repr&#233;sent&#233; par des institutions telles que le FMI et la Banque Mondiale. (&#8230;) Ce recours &#224; la tradition est &#233;galement un th&#232;me f&#233;d&#233;rateur des oppositions de droite &#224; la mondialisation, au nombre desquelles s'inscrivent le nationalisme indien en Inde, les nationalismes islamiques au Moyen-Orient et en Asie et la r&#233;surgence des mouvements fascistes en Europe. Le nationalisme de droite fait r&#233;f&#233;rence au &#8220;peuple&#8221; et &#224; la nation comme fondements d'une r&#233;ponse d&#233;fensive face aux incertitudes de la mondialisation. &#187; [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Greenfield, dans son essai intitul&#233; Bandung redux : Anti-Globalization Nationalisms in Southeast Asia,(Bandung redux : Nationalisme antimondialiste en Asie du Sud-Est) exprime son inqui&#233;tude face &#224; la mont&#233;e du nationalisme en Asie : &#171; Alors que les mobilisations de masse, en r&#233;ponse &#224; la crise &#233;conomique de 1997-98 en Asie, ont &#233;largi la base des mouvements antimondialistes, le potentiel r&#233;volutionnaire et les limites de ces oppositions restent en d&#233;bat parmi les militants. Ce que ces mouvements ont effectivement montr&#233;, c'est la position prioritaire du nationalisme comme point de r&#233;f&#233;rence du m&#233;contentement populaire face &#224; la mondialisation. Et cette position reste identique, que cette mondialisation soit d&#233;sign&#233;e en termes purement &#233;conomiques sous l'appellation de mondialisation des entreprises ou en termes radicaux sous l'appellation de mondialisation capitaliste ou d'imp&#233;rialisme. Pour un large &#233;ventail politique, le FMI est apparu &#224; la fois comme le symbole et la source de l'injustice et de la destruction sociale provoqu&#233;es par la crise et ses soubresauts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le d&#233;sir de voir &#233;merger une strat&#233;gie ind&#233;pendante depuis une combinaison correcte de choix politiques, sans relation avec les pouvoirs structurels et les int&#233;r&#234;ts du capital, est une faiblesse r&#233;currente des Visions Project [en Tha&#239;lande]. Dans la mesure o&#249; le capital est incorpor&#233; &#224; l'analyse, il est int&#233;gr&#233; a priori dans une dichotomie entre &#233;tranger et national, selon laquelle le capital national devient virtuellement synonyme de la nation. (&#8230;) Un des aspects les plus remarquables de l'accession au pouvoir du parti Thai Rak Thai en 2001, est sa capacit&#233; d'attirer dans ses rangs des figures &#233;minentes des ONG et des mouvements sociaux. (&#8230;) Ces alliances politiques larges ont permis au Thai Rak Thai de transformer le sentiment nationaliste en projet politique global visant &#224; une r&#233;organisation radicale de l'&#201;tat dans le but de mieux servir les int&#233;r&#234;ts des &#8220;capitalistes progressistes&#8221;. &#187; [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le march&#233; mondialis&#233; actuel, le grand capital et m&#234;me le capital moyen sont partie prenante de la comp&#233;tition mondiale. Il s'ensuit que l'expression &#171; capital national &#187;, compris comme s&#233;par&#233; et oppos&#233; au capital &#233;tranger, est plus trompeur que jamais. L'alliance de la gauche et du mouvement syndical avec le capital national pour s'opposer &#224; la mondialisation conduite par &#171; l'imp&#233;rialisme occidental &#187;, pourrait r&#233;duire les travailleurs au r&#244;le de suppl&#233;tifs du capital national dans le renforcement de la logique de mondialisation, bien que cette version de la mondialisation puisse &#234;tre plus conforme aux besoins du &#171; capital national &#187;. Ainsi la r&#233;ponse nationaliste &#224; la mondialisation, soumet n&#233;cessairement les travailleurs aux int&#233;r&#234;ts des &#233;lites dirigeantes dans le combat pour la cause supr&#234;me d'un int&#233;r&#234;t &#171; national &#187; souvent fictif [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle banni&#232;re pour le Parti Communiste Chinois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;He Xin est le premier nationalise chinois connu &#224; avoir &#233;t&#233; autoris&#233; &#224; publier des livres anti-occidentaux au d&#233;but des ann&#233;es 1990, dans le contexte de l'apr&#232;s Tienanmen et des sanctions impos&#233;es par l'Occident. Ce qui vaut la peine d'&#234;tre remarqu&#233;, ce n'est pas la r&#233;ponse nationaliste de He Xin &#224; l'hostilit&#233; occidentale du moment, mais plut&#244;t le fait que son livre ait suscit&#233; peu de d&#233;bats. M&#234;me l'arraisonnement et la fouille du navire The Milky Way battant pavillon chinois, dans les eaux internationales, ne soulev&#232;rent qu'une faible protestation publique. La sortie en 1996, du livre du nationaliste Wang Xiaodong &#171; La Chine Peut Dire Non &#187;, fit bri&#232;vement sensation mais fut rapidement oubli&#233;e. Il fallut attendre le bombardement de l'Ambassade de Chine en Yougoslavie par l'arm&#233;e am&#233;ricaine en mai 1999 et les manifestations anti-am&#233;ricaines massives qui s'ensuivirent, pour que le nationalisme fasse un retour effectif. Je d&#233;finis ce ph&#233;nom&#232;ne sous l'appellation de &#171; nouveau nationalisme chinois &#187;. Ce nouveau nationalisme est totalement diff&#233;rent de l'ancien qui, entre 1840 et 1949, &#233;tait dans une large mesure une r&#233;action l&#233;gitime &#224; l'agression &#233;trang&#232;re et l'expression des aspirations populaires &#224; l'ind&#233;pendance nationale. C'est une r&#233;action &#224; la fois de l'&#233;lite dirigeante et d'une importante partie des intellectuels aux probl&#232;mes internes et externes, qui a accompagn&#233; le processus de r&#233;int&#233;gration dans le syst&#232;me capitaliste mondial. C'est aussi la justification de la modernisation de la Chine via l'&#201;tat &#224; parti unique. Le but final du nouveau nationalisme chinois est le r&#233;tablissement de la splendeur de l'ancien grand empire chinois. De cet objectif d&#233;coule la propagande sur &#171; l'&#233;veil de la Chine &#187; [4]. Ce nouveau nationalisme ne contient rien que l'on puisse qualifier de progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre Globalization and State Transformation in China (La mondialisation et la transformation de l'&#233;tat en Chine) Zheng Yongnian, de l'Universit&#233; Nationale de Singapour, d&#233;fend l'id&#233;e que la recrudescence du nationalisme chinois est la cons&#233;quence des nouveaux besoins du Parti Communiste Chinois. &#171; Pendant l'&#233;poque post mao&#239;ste, la recherche d'un h&#233;ritage politique a remplac&#233; la menace &#233;trang&#232;re et s'est impos&#233;e comme la base principale de la r&#233;surgence du nationalisme chinois. En d'autres termes, les principales sources du nationalisme dans l'&#232;re post-mao&#239;ste sont plus internes qu'externes &#187; [5]. Ailleurs, il explique ce qu'il entend par &#171; la recherche d'un h&#233;ritage politique &#187; : &#171; Le nationalisme a &#233;t&#233; utilis&#233; par le Parti Communiste Chinois, comme une r&#233;ponse au d&#233;clin de la foi en Mao, et ce nationalisme s'appr&#234;te &#224; devenir une autre vision de l'id&#233;ologie du Parti Communiste Chinois. &#187; [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dichotomie de Zheng entre source interne et source externe n'est pas enti&#232;rement satisfaisante. Il a cependant raison d'affirmer que le Parti Communiste Chinois a besoin d'une nouvelle source de l&#233;gitimit&#233;. Le remplacement de la vision d'un communisme mondial avec la Chine dans le r&#244;le dominant (vision tomb&#233;e en d&#233;su&#233;tude depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980) par le projet de construction d'une grande nation chinoise et de reconqu&#234;te de la position dominante occup&#233;e jusqu'en 1840, semble plus plausible. De plus il est dans l'int&#233;r&#234;t de l'&#201;tat &#224; parti unique de d&#233;tourner le m&#233;contentement populaire, tel qu'exprim&#233; par le mouvement d&#233;mocratique de 1989, contre des ennemis ext&#233;rieurs. Le Parti communiste Chinois a donc entrepris de modifier sa position sur la question du nationalisme et, en pratique, a encourag&#233; sa r&#233;surgence. Sa position pr&#233;c&#233;dente &#233;tait de condamner le nationalisme en tant que &#171; point de vue de la bourgeoisie sur les nations &#187; [7]. En r&#233;alit&#233;, sous couvert de patriotisme, ses politiques &#224; l'&#233;gard des minorit&#233;s ethniques, de l'&#233;ducation publique et du programme culturel, ont toujours contenu une dose de nationalisme. Le Parti Communiste Chinois n'a cependant jamais assum&#233; explicitement le nationalisme, mis &#224; part l'autorisation formelle de publication d'&#233;crits ouvertement nationalistes. Le changement de politique s'est initi&#233; dans les ann&#233;es 1980, quand il a graduellement opt&#233; pour une adh&#233;sion sans r&#233;serve au capitalisme mondialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Parti peut confier progressivement le contr&#244;le d'une partie de l'&#233;conomie, m&#234;me du secteur financier, &#224; l'entreprise priv&#233;e et au capital &#233;tranger, mais il n'est pas pr&#234;t &#224; l&#226;cher les r&#234;nes du contr&#244;le de la production et de la libert&#233; de l'information, parce qu'il ne veut pas perdre la moindre parcelle de pouvoir sur ce que les gens pensent et sur leur fa&#231;on de penser. Quand l'ensemble des maisons d'&#233;dition, des m&#233;dias et des compagnies cin&#233;matographiques restent entre ses mains et ne sont pas affect&#233;s par la grande vague de privatisations, ce que le Parti Communiste Chinois permet ou interdit d'apparition en public devient primordial dans le modelage de l'opinion publique. Aucun livre n'est publi&#233;, aucun film n'est tourn&#233; sans son approbation pr&#233;alable. C'est dans ce domaine que la position ou la pr&#233;f&#233;rence de l'&#201;tat devient cruciale. Toutes les voix dissidentes ont &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement censur&#233;es : revendications d&#233;mocratiques, d&#233;fense des travailleurs et m&#234;me les critiques les plus mod&#233;r&#233;es de la politique environnementale. Par exemple quand un &#233;diteur chinois a entrepris la publication de Blue Gold de Tony Clark et Maud Barlow, qui contenait simplement quelques paragraphes critiquant l&#233;g&#232;rement la politique chinoise de gestion de l'eau et des fleuves, le livre a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme offensant et par cons&#233;quent, censur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, le Parti autorise la production et la distribution massive d'ouvrages nationalistes dans tous les domaines. Les dix derni&#232;res ann&#233;es ont vu nombre de livres et de programmes de t&#233;l&#233;vision glorifiant les anciens grands empereurs, d&#233;fendant le chauvinisme chinois et la pens&#233;e anti-occidentale, voire le darwinisme social et m&#234;me le fascisme. Entre 2004 et 2006, un &#233;diteur d'&#201;tat a imprim&#233; 900 000 copies de Wolves Totem, un roman qui raconte l'histoire des f&#233;roces et brutaux Loups de Mongolie. Craignant l'incompr&#233;hension des lecteurs, l'auteur a &#233;crit une longue postface pour d&#233;crire ses motivations. Selon lui, les Chinois doivent prendre exemple sur les Loups de Mongolie pour apprendre &#224; survivre dans la jungle de la mondialisation. Si la civilisation chinoise a nagu&#232;re &#233;t&#233; si grande, c'est, selon lui, uniquement parce qu'elle a &#233;t&#233;, pendant des milliers d'ann&#233;es, impr&#233;gn&#233;e du culte que les nomades du nord vouaient aux loups, ce qui a facilit&#233; le maintien d'un grand empire par les &#233;lites. Ce principe combine darwinisme social et messianisme chinois. Bien que ce livre ait &#233;t&#233; &#233;dit&#233; &#224; partir d'une initiative personnelle, le Parti Communiste Chinois ne peut nier sa part de responsabilit&#233;, pas plus qu'il ne peut invoquer la libert&#233; d'expression, car une telle libert&#233; est inconnue en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, les th&#232;mes des programmes de t&#233;l&#233;vision et des livres &#233;taient souvent domin&#233;s par un profond sentiment d'inf&#233;riorit&#233; nationale. Ce sentiment se traduisait par la peur d'&#234;tre marginalis&#233; dans la comp&#233;tition mondiale [8] et par un d&#233;sir ardent de r&#233;formes sociales. L'ambiance g&#233;n&#233;rale a radicalement chang&#233; au milieu des ann&#233;es 1990, quand le Parti Communiste Chinois a pris conscience de l'impossibilit&#233; dans laquelle se trouvait l'Ouest de r&#233;sister &#224; la tentation du gigantesque march&#233; chinois. Il a &#233;galement compris que les gouvernements et les capitalistes &#233;taient tout pr&#234;ts &#224; pardonner la r&#233;pression de 1989 dans le but de b&#233;n&#233;ficier d'une part de ce march&#233;. Le fait que la Chine ait su &#233;viter le mis&#233;rable destin de l'Union Sovi&#233;tique, alli&#233; &#224; la forte croissance qu'elle conna&#238;t comparativement, a encore renforc&#233; la confiance en soi du Parti Communiste Chinois. C'est sur cet arri&#232;re-plan qu'un changement de ton s'est op&#233;r&#233; depuis le milieu des ann&#233;es 1990 dans l'opinion publique, les programmes TV, les publications, etc. Le sentiment d'inf&#233;riorit&#233; nationale a laiss&#233; place &#224; un sentiment de confiance nationale et de soif d'un retour &#224; la gloire pass&#233;e de l'Empire du Milieu. Le bombardement de l'Ambassade de Chine par les &#201;tats-Unis en 1999 a renforc&#233; au sein du Parti et de la population chinoise, le sentiment que les &#201;tats-Unis ne sont pas un partenaire fiable. Le sentiment de vivre sous une menace ext&#233;rieure a aliment&#233; encore plus la pulsion nationaliste. Cette p&#233;riode a &#233;galement co&#239;ncid&#233; avec un &#233;pisode d'intenses n&#233;gociations entre les &#201;tats-Unis et la Chine sur son adh&#233;sion &#224; l'OMC. Dans ces n&#233;gociations les &#201;tats-Unis ont contraint la Chine &#224; plus de concessions qu'il n'en &#233;tait exig&#233; de la plupart des pays en voie de d&#233;veloppement. De plus les capitaux &#233;trangers ont rapidement pris le contr&#244;le de nombreuses firmes chinoises, ce qui a &#233;t&#233; largement ressenti comme une menace contre la s&#233;curit&#233; &#233;conomique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme, les nationalistes et la Nouvelle Gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu pr&#233;c&#233;demment que Zheng consid&#232;re que &#171; les principales sources du nationalisme dans l'&#232;re post-mao&#239;ste sont plus internes qu'externes &#187;. Ce probl&#232;me est d&#233;battu avec passion entre les n&#233;olib&#233;raux et la &#171; Nouvelle Gauche &#187;. Avec le terme &#171; n&#233;olib&#233;ral &#187; nous faisons r&#233;f&#233;rence aux lib&#233;raux et n&#233;olib&#233;raux chinois. L'amalgame des deux dans une m&#234;me cat&#233;gorie refl&#232;te la difficult&#233; qu'il y a &#224; faire la distinction dans le contexte chinois. La ligne de partage entre les deux cat&#233;gories est assez floue en occident, mais en Chine l'enthousiasme d&#233;bordant de lib&#233;raux tels que Yu Jie pour les privatisations, l'OMC, le licenciement des employ&#233;s des entreprises publiques, l'invasion de l'Irak par les &#201;tats-Unis et ainsi de suite, laisse peu de place aux id&#233;es progressistes dans la conception du lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Dale Wen, une intellectuelle invit&#233;e aux &#201;tats-Unis, &#233;galement membre de la Nouvelle Gauche, cette Nouvelle Gauche s'&#233;tend des &#171; sociaux-d&#233;mocrates aux nationalistes &#233;conomiques et aux mao&#239;stes &#187; [9]. Les n&#233;olib&#233;raux ont tendance &#224; penser que le plus grand ennemi de la Chine sont ses propres institutions d&#233;su&#232;tes, alors que la mondialisation est l'incarnation du principal courant de modernisation et de la civilisation. Dans le m&#234;me esprit, le risque pour la Chine de s'arr&#234;ter &#224; mi-chemin de l'int&#233;gration totale dans ce processus repr&#233;sente l'horreur absolue. L'&#233;ventuelle mont&#233;e du nationalisme est donc exclusivement imputable aux institutions int&#233;rieures. Le commentaire de Zheng fait &#233;cho aux arguments des n&#233;olib&#233;raux dans leurs d&#233;bats avec la Nouvelle Gauche. Entre temps, la Nouvelle Gauche ou &#224; tout le moins ses principaux porte-parole, avance des arguments oppos&#233;s. Si quelque chose ne va pas bien en Chine, la faute est &#224; imputer aux ennemis de l'ext&#233;rieur, &#224; savoir la mondialisation et l'imp&#233;rialisme. Quand des membres &#233;minents de la Nouvelle Gauche attaquent le Parti Communiste Chinois c'est pour affirmer que celui-ci est trop mod&#233;r&#233; face aux challengers &#233;trangers [10]. Dans la dichotomie entre march&#233; et &#201;tat, &#233;tranger et national, Occident et Orient, les lib&#233;raux d&#233;fendent le premier paradigme tandis que la Nouvelle Gauche est favorable au second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2004 les n&#233;olib&#233;raux ont rassembl&#233; leurs arguments contre les nationalistes et la Nouvelle Gauche, dans un ouvrage intitul&#233; Qian Liu (Under Current) &#8211; Critique on and Rethinking of Narrow Nationalism. Un des auteurs, Xiao Xuehui, attaque les nationalistes en d&#233;non&#231;ant leur croyance dans le principe qui veut &#171; que &#8220;la loi du plus fort reste le principe de base qui r&#233;git ce monde&#8221; (&#8230;) Les nationalistes ne voient pas que beaucoup de pays dans le monde, y compris les &#201;tats-Unis (&#8230;) &#233;tablissent des r&#232;gles (gouvernant le monde) plus justes, plus loyales et plus raisonnables dans leur gestion des affaires internationales &#187; [11]. Le lib&#233;ral plus connu, Qin Hui, pr&#233;tend que &#171; Au final, le lib&#233;ralisme implique l'universalisme. Parce que la lib&#233;ralisation &#233;conomique et son impartialit&#233; n&#233;cessitent la libre circulation de tous les facteurs de production partout dans le Monde. (&#8230;) Sous la condition d'une concurrence loyale, le retour sur investissement des facteurs de production a tendance &#224; s'&#233;galiser. (&#8230;) Pour les pays pauvres, le combat en faveur de la libre circulation de tous les facteurs de production est plus avantageux que le combat contre le libre &#233;change. Le lib&#233;ralisme universel est n&#233;cessairement plus efficace que le nationalisme dans la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t national. &#187; [12]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;olib&#233;raux militaient activement pour l'adh&#233;sion de la Chine &#224; l'OMC. Liu Junning universitaire lib&#233;ral bien connu, sugg&#233;rait que &#171; L'entr&#233;e de la Chine dans l'OMC obligera les institutions chinoises qui dirigent l'&#233;conomie &#224; se r&#233;former. (&#8230;) Quand les grandes soci&#233;t&#233;s occidentales s'implanteront massivement en Chine, elles exigeront une &#233;conomie de march&#233; plus ouverte et plus loyale. (&#8230;) L'adh&#233;sion &#224; l'OMC n&#233;cessite l'ouverture de la politique et de l'action du gouvernement chinois ; (&#8230;) Ceci est d&#233;termin&#233; par le principe d'ouverture de l'&#233;conomie de march&#233; ainsi que par le principe de responsabilit&#233; comptable. (&#8230;) L'adh&#233;sion &#224; l'OMC implique l'int&#233;gration officielle de la Chine dans le syst&#232;me capitaliste mondial et la red&#233;finition de toutes ses institutions &#233;conomiques et politiques selon les principes de l'&#233;conomie de march&#233; et de la d&#233;mocratie. &#187; [13]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci constitue la version la plus grossi&#232;re du d&#233;terminisme &#233;conomique qu'on puisse imaginer. Mais il faut poursuivre la lecture de leurs &#233;crits sur la politique et la guerre. Le c&#233;l&#232;bre Yu Jie a condamn&#233; la Nouvelle Gauche pour sa d&#233;nonciation de l'invasion de l'Irak par les &#201;tats-Unis en 2003, assimilant cette position &#224; un soutien &#224; Saddam Hussein. &#171; Il existe un genre de guerre &#187;, &#233;crivait-il, &#171; men&#233;e pour d&#233;fendre les valeurs absolues de libert&#233; et d'humanit&#233;. Nous consid&#233;rons que la guerre des &#201;tats-Unis contre le r&#233;gime de Saddam Hussein, en fait partie. (&#8230;) Il y a quelques jours un groupe d'intellectuels chinois &#224; publi&#233; ce qu'il est convenu d'appeler un manifeste anti-guerre. Nous affirmons que cette d&#233;claration n'est que la repr&#233;sentation exacerb&#233;e de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence des intellectuels chinois. Les auteurs de ce manifeste m&#233;prisent les valeurs morales universelles de l'humanit&#233; et ne font qu'exprimer une haine profond&#233;ment enracin&#233;e des &#201;tats-Unis qui sont les repr&#233;sentants de la civilisation et du progr&#232;s de l'humanit&#233;. &#187; [14] On peut se demander si un lib&#233;ral sinc&#232;re peut &#234;tre l'auteur de ces lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de Yu Jie on peut m&#234;me soup&#231;onner qu'il n'est qu'un simple complice de l'empire &#233;tats-unien. L'enthousiasme des n&#233;olib&#233;raux pour les privatisations, qui ont eu pour effet le licenciement de 40 millions de travailleurs, leur a valu l'attribution du surnom de &#171; d&#233;peceurs &#187; (des actifs de l'&#201;tat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les n&#233;olib&#233;raux ont tendance &#224; adopter tout ce que produit la mondialisation, les nationalistes, tels que Wang Xiaodong, sont l'exact contraire. Dans la p&#233;riode qui suivit le bombardement de l'Ambassade de Chine par l'arm&#233;e &#233;tats-unienne, Wang publia un ouvrage intitul&#233; The Chinese Road Under the Shadow of Globalization (La voie de la Chine &#224; l'ombre de la mondialisation) [15] qui caricature le monde de l'apr&#232;s guerre froide comme rien d'autre que la m&#234;me vieille histoire du &#171; droit du plus fort &#187;, par contraste avec la notion de Nouvel Ordre Mondial vant&#233; par George Bush Sr. Il consid&#232;re les n&#233;olib&#233;raux pro-&#233;tats-uniens comme des ren&#233;gats de leur propre culture et de leur identit&#233; traditionnelle, ce qu'il qualifie de &#171; racisme invers&#233; &#187;. Il affirme continuellement que puisque l'&#201;tat-nation reste le garant en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, il s'ensuit que le nationalisme reste une valeur fondamentale. Au lieu d'une adh&#233;sion aveugle &#224; la mondialisation, la Chine devrait opter pour un &#171; splendide isolement &#187;, ne devrait placer aucun espoir ni passer aucune alliance avec un quelconque &#201;tat et faire uniquement confiance &#224; sa propre capacit&#233; d&#233;fensive. En 2000, il publia On Contemporary Nationalism (Sur le nationalisme contemporain) qui approuve la th&#233;orie nazie de &#171; l'espace vital &#187; et adh&#232;re ouvertement au darwinisme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la mont&#233;e de la Nouvelle Gauche, suivie de l'adh&#233;sion de certains de ces principaux porte-parole aux th&#232;ses nationalistes au d&#233;but de ce nouveau si&#232;cle, est un ph&#233;nom&#232;ne plus important que les travaux des vieux nationalistes. Car, contrairement &#224; ceux-ci, les plus importants leaders de la Nouvelle Gauche retiennent l'attention de la direction du Parti Communiste Chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aupr&#232;s des lecteurs non chinois, l'appellation de Nouvelle Gauche peut faire r&#233;f&#233;rence &#224; la Nouvelle Gauche occidentale des ann&#233;es 1960. Cependant il n'existe aucun lien id&#233;ologique entre ces deux courants. La Nouvelle Gauche chinoise est un terme uniquement utilis&#233; pour faire la distinction avec la vieille gauche (les conservateurs) compos&#233;e de staliniens endurcis. &#192; l'inverse cette Nouvelle Gauche regroupe sous le m&#234;me vocable, des partisans tr&#232;s diff&#233;rents les uns des autres. Ce qui les f&#233;d&#232;re principalement, c'est leur critique de la mondialisation, du march&#233;, des privatisations et de la d&#233;mocratie lib&#233;rale. L'accord est moins &#233;vident entre eux sur les alternatives au discours lib&#233;ral et n&#233;olib&#233;ral. Un point commun peut &#234;tre l'insistance sur le r&#244;le de l'&#201;tat &#224; parti unique, la valeur du collectivisme, l'importance de la coh&#233;rence de l'&#201;tat multiethnique chinois, une voie de d&#233;veloppement &#233;conomique plus autonome et la r&#233;f&#233;rence &#224; une l&#233;gitimit&#233; mao&#239;ste. Cependant, les partisans de la Nouvelle Gauche ne partagent pas tous l'ensemble de ces orientations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux porte-parole de la Nouvelle Gauche affichent de fortes tendances &#233;tatiques et d&#233;fendent le parti unique, revenant ainsi &#224; la p&#233;riode de r&#233;pression de l'apr&#232;s Tienanmen, bien qu'alors l'expression Nouvelle Gauche ne fusse pas encore apparue. Tandis que les n&#233;olib&#233;raux ont accueilli positivement la disparition de l'Union sovi&#233;tique, la Nouvelle Gauche la consid&#232;re comme un d&#233;sastre, un destin que la Chine doit s'efforcer d'&#233;viter &#224; tout prix. En fait, si grande est leur volont&#233; de conserver l'&#201;tat multiethnique chinois, avec l'ethnie han comme ethnie dominante, qu'on peut consid&#233;rer qu'il s'agit de leur motivation premi&#232;re surpassant toutes les autres valeurs telles que d&#233;mocratie ou &#233;galit&#233;. Leur scepticisme &#224; l'&#233;gard du n&#233;olib&#233;ralisme et de la d&#233;mocratie lib&#233;rale est principalement dict&#233; par la menace de l'instabilit&#233; que pourraient provoquer la r&#233;forme du march&#233;, l'accession &#224; l'OMC, la tenue d'&#233;lections l&#233;gislatives, etc. Tous ces &#233;v&#233;nements sont consid&#233;r&#233;s comme ind&#233;sirables car ils pourraient mener &#224; l'effondrement de l'&#201;tat chinois. En fait ce courant de pens&#233;e fait &#233;cho aux positions de l'administration de Deng et de Jiang &#224; cette &#233;poque : La stabilit&#233; passe avant tout ! Cette prise de position est une r&#233;ponse &#224; toute aspiration &#224; la r&#233;habilitation du mouvement de 1989, &#224; des &#233;lections d&#233;mocratiques ou encore &#224; la libert&#233; d'expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que les premiers partisans de la Nouvelle Gauche n'ont fait que s'allier au pouvoir. Les premiers parmi eux qui aient &#233;crit quelque chose &#224; ce sujet sont Wang Shaoguang and Hu Angang. Tandis que les lib&#233;raux croient qu'il faut r&#233;duire au maximum l'intervention de l'&#201;tat pour faciliter la croissance de l'&#233;conomie de march&#233;, Hu et Wang affirment le contraire. En 1993 ils ont publi&#233; Une &#201;tude des Capacit&#233;s de l'&#201;tat Chinois [16], dans laquelle ils affirment la n&#233;cessit&#233; d'un &#201;tat fort pour conduire la r&#233;forme du march&#233;. Ils consid&#232;rent que le trop bas niveau du budget du gouvernement central rend la Chine vuln&#233;rable aux forces centrifuges, ce qui pourrait amener &#224; sa disparition comme le montre l'exemple de la Yougoslavie. Malgr&#233; l'importance du probl&#232;me sp&#233;cifique des recettes centrales, les pr&#233;occupations des auteurs sont en fait plus profondes. Deux ans plus tard, Hu publia Challenging China (Le d&#233;fi chinois), ouvrage qui exprimait sa crainte d'un &#233;ventuel effondrement apr&#232;s la mort de Deng : &#171; Le probl&#232;me central et la capacit&#233; ou non de la Chine d'effectuer une transition paisible et stable apr&#232;s l'&#232;re Deng. (&#8230;) Mao Ze Dong savait que la R&#233;volution Culturelle qu'il avait initi&#233;e &#233;tait tr&#232;s impopulaire. &#192; l'inverse, Deng Xiaoping sait que les r&#233;formes et l'ouverture qu'il a entam&#233;es sont populaires. (&#8230;) Mais il sait qu'il est malsain et dangereux que le destin de la nation d&#233;pende enti&#232;rement de l'autorit&#233; d'une ou deux personnes sp&#233;cifiques, (&#8230;) ce qui renforce encore l'importance et l'urgence de la reconstruction institutionnelle. &#187; [17] Le conseil le plus important qu'il donne pour la &#171; reconstruction institutionnelle &#187; est non seulement de renforcer le pouvoir central par le biais d'une r&#233;forme fiscale et de l'&#233;radication de la corruption, mais &#233;galement de renforcer l'actuel &#201;tat &#224; parti unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre partisan de la Nouvelle Gauche, Cui Zihyuan, se r&#233;f&#232;re &#224; la l&#233;gitimit&#233; mao&#239;ste et plaide pour la &#171; participation des masses &#187; et la &#171; d&#233;mocratie &#233;conomique &#187;. Il se montre particuli&#232;rement sceptique sur le sujet de la d&#233;mocratie lib&#233;rale et des &#233;lections l&#233;gislatives au motif de leur vuln&#233;rabilit&#233; face &#224; la manipulation par les poss&#233;dants. Il d&#233;fend en tant que meilleure alternative possible, l'id&#233;e de la Charte AnGang mise en avant par Mao. AnGang est une aci&#233;rie qui, dans les ann&#233;es 1960, avait d&#233;fendu l'id&#233;e de la participation des travailleurs &#224; la direction de l'usine tandis que les cadres les relaieraient dans les ateliers. L'exp&#233;rience re&#231;ut l'approbation de Mao qui y voyait une expression de la d&#233;mocratie. Cui &#233;crit que la Charte AnGang &#171; est la meilleure partie de la pens&#233;e de Mao. Mis &#224; part les erreurs commises lors de la mise en place de la Charte AnGang, son id&#233;e de d&#233;mocratie &#233;conomique reste un tr&#233;sor de ressources spirituelles pour la Chine &#224; l'aube du XXIe si&#232;cle. &#187; Aujourd'hui, la Charte AnGang a largement disparu des m&#233;moires en Chine, mais selon Cui elle fleurit au Japon, au point d'avoir &#233;t&#233; adopt&#233;e comme mode de fonctionnement par la soci&#233;t&#233; Toyota qui, gr&#226;ce &#224; son organisation &#171; post-fordiste &#187; permet la mise en place d'&#233;l&#233;ments de d&#233;mocratie &#233;conomique [18].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toyota comme mod&#232;le de d&#233;mocratie &#233;conomique ? Cui est en faveur d'&#233;lections tant que la politique de partis est bannie, car cette interdiction &#171; &#233;vite un sc&#233;nario dans lequel les partis d'opposition affrontent le parti au pouvoir (&#8230;) Le Parti Communiste Chinois a introduit la primaut&#233; exclusive du parti depuis 1943. Cette doctrine a deux cons&#233;quences. D'abord elle renforce le contr&#244;le du parti [sur la soci&#233;t&#233;], ensuite elle provoque la fusion des int&#233;r&#234;ts du parti et des int&#233;r&#234;ts du pays. &#187; [19]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Fusion &#187; par le massacre de centaines sinon de milliers d'innocents en 1989 ? Examinons plus en d&#233;tail le mod&#232;le d'AnGang et nous verrons qu'AnGang n'a jamais connu la participation des travailleurs via une &#233;lection d&#233;mocratique, ni dans la haute direction, ni au niveau de l'usine, ni m&#234;me au niveau des ateliers, mais uniquement au niveau de chaque &#233;quipe de travail. Cette exp&#233;rience fait p&#226;le figure face au mod&#232;le d'autogestion par les travailleurs dans l'ex-Yougoslavie qui leur garantissait le pouvoir de choisir eux-m&#234;mes la direction. Il est tout simplement ridicule de faire de l'exp&#233;rience d'AnGang, un cas remarquable de &#171; d&#233;mocratie &#233;conomique &#187;. L'exp&#233;rience qui exige des cadres qu'ils travaillent en premi&#232;re ligne ne fait que r&#233;activer la vieille vision de Xu You, qui v&#233;cut il y a plus de 2 000 ans. Xu You plaidait pour une soci&#233;t&#233; o&#249; les rois laboureraient la terre au c&#244;t&#233; des simples paysans. Cela n'a cependant rien &#224; voir avec une vision socialiste moderne. Cette derni&#232;re envisage une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, caract&#233;ris&#233;e non par l'obligation faite aux travailleurs intellectuels d'accomplir des t&#226;ches manuelles, mais plut&#244;t par l'&#233;limination de la division sociale du travail entre ces deux cat&#233;gories de travailleurs, gr&#226;ce &#224; l'innovation technologique, &#224; la r&#233;duction du temps de travail et &#224; la fin de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approbation de l'exp&#233;rience d'AnGang par Mao r&#233;v&#232;le simplement que la vision de celui-ci se limitait &#224; ce que Marx appelait le &#171; communisme primitif &#187;. Malheureusement cette nostalgie de Mao pour le &#171; communisme primitif &#187; est devenue la marque de la Nouvelle Gauche contemporaine. Ses partisans consid&#232;rent l'h&#233;ritage de Mao comme la seule alternative id&#233;ologique au discours n&#233;olib&#233;ral, sans pr&#234;ter attention au fait que c'est pr&#233;cis&#233;ment le socialisme &#233;tatique excessivement mis en avant par Mao qui est &#224; l'origine de &#171; l'&#233;conomie socialiste de march&#233; &#187; de Deng et qui donne au discours lib&#233;ral sa force de conviction aupr&#232;s de la majeure partie de la bureaucratie et des intellectuels. La tentative de Cui d'opposer le mod&#232;le d'AnGang aux r&#233;formes d&#233;mocratiques est plus significative que la juste &#233;valuation de ce mod&#232;le. En faisant de la taupini&#232;re AnGang une montagne de &#171; d&#233;mocratie &#233;conomique &#187;, il rejette les aspirations populaires et rejoint le camp de la dictature du parti unique. Gr&#226;ce au soutien des principaux porte-parole de la Nouvelle Gauche, la mutation du Parti Communiste Chinois vers l'&#232;re post-Deng Xiaoping s'est accomplie progressivement avec une douceur exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fusion de la Nouvelle Gauche et des nationalistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin des ann&#233;es 1990, l'impact des aspirations de la Nouvelle Gauche s'est consid&#233;rablement renforc&#233;, parall&#232;lement &#224; la forte anxi&#233;t&#233; nationale face aux menaces &#171; ext&#233;rieures &#187;. L'ouverture de la Chine au monde &#233;tait entr&#233;e dans une nouvelle p&#233;riode. La peur d'une r&#233;gression de l'industrie nationale chinoise face &#224; la concurrence sur le march&#233; int&#233;rieur, semblait tout &#224; fait r&#233;elle. En 2003, les firmes &#233;trang&#232;res repr&#233;sentaient 31 % de la totalit&#233; de la production industrielle chinoise alors que ce pourcentage ne d&#233;passait pas 9,5 % en 1992. L'augmentation de la part de march&#233; du capital &#233;tranger aux d&#233;pens des entreprises publiques et la pression &#233;norme subie par ces entreprises dans le sens d'une restructuration radicale afin de maintenir leur comp&#233;titivit&#233; apr&#232;s l'entr&#233;e de la Chine dans l'OMC, entra&#238;n&#232;rent le licenciement de plus de 40 millions de travailleurs. Agents de la mondialisation, les multinationales et l'OMC, &#233;taient consid&#233;r&#233;es par certains comme une &#171; menace ext&#233;rieure &#187; sur la Chine, crainte l&#233;gitime dans une certaine mesure. Dans le m&#234;me temps, le bombardement de l'Ambassade de Chine &#224; Belgrade en 1999, par les forces &#233;tats-uniennes, d&#233;clenchait une vague de sentiments nationalistes. Malgr&#233; la forte interd&#233;pendance &#233;conomique de la Chine et des &#201;tats-Unis, ces derniers voient en elle un de leurs principaux concurrents et pensent qu'elle doit, comme telle, &#234;tre contenue. Ce contexte infirme s&#233;rieusement la th&#232;se de Zheng qui voit des causes int&#233;rieures plut&#244;t qu'ext&#233;rieures au regain de nationalisme qui a suivi l'&#233;poque de Mao.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ant&#233;riorit&#233; dans la prise de position critique face au n&#233;olib&#233;ralisme dans cette nouvelle &#233;poque est &#224; verser au cr&#233;dit de la Nouvelle Gauche qui a ainsi probablement emp&#234;ch&#233; cette doctrine de devenir encore plus dominante. Deux intellectuels majeurs, Han Deqiang et Yang Fan, sont devenus les porte-parole les plus connus de la Nouvelle Gauche au tournant du si&#232;cle. Ils ont publi&#233; pl&#233;thore d'&#233;crits sur la mondialisation et l'entr&#233;e de la Chine dans l'OMC. En 2000, Han a publi&#233; The Crash &#8211; The Global Trap and China's Realistic Choice [20] (L'effondrement &#8211; Le pi&#232;ge de la mondialisation et le choix r&#233;aliste de la Chine). Il y d&#233;crit comme un &#171; romantisme du march&#233; &#187; l'espoir important qu'ont suscit&#233; en Chine, l'accession &#224; l'OMC et l'efficacit&#233; suppos&#233;e du march&#233;. Contrairement aux affirmations des n&#233;olib&#233;raux, l'accession de la Chine &#224; l'OMC dans les conditions actuelles n'aurait pour effet que de fragiliser l'industrie nationale naissante. Il fait remarquer que &#171; La mondialisation a pour effet de favoriser le passage rapide de secteurs de l'&#233;conomie chinoise &#224; haute valeur ajout&#233;e, sous la d&#233;pendance de capitaux &#233;trangers et de biens d'importation. Les entreprises publiques et des entreprises priv&#233;es chinoises ont vu leurs sources de profit se tarir, les pertes s'accumuler, la dette s'aggraver. Des entreprises sont au bord de la faillite tandis que la courbe d'augmentation du ch&#244;mage s'accentue vertigineusement. Tous ces facteurs menacent s&#233;rieusement l'am&#233;lioration des conditions de vie de la population ainsi que la stabilit&#233; sociale. &#187; [21]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au &#171; romantisme de march&#233; &#187;, Han oppose le &#171; r&#233;alisme de march&#233; &#187; qui consid&#232;re que le protectionnisme, plut&#244;t que le libre &#233;change, est la condition n&#233;cessaire au d&#233;veloppement national. Dans le livre il ne s'oppose jamais au principe de l'entr&#233;e de la Chine dans l'OMC, mais il consid&#232;re que les conditions accept&#233;es par la Chine vont trop loin. Il plaide seulement pour de meilleures conditions de son accession, des conditions qui prot&#232;geraient mieux le march&#233; chinois tout en permettant simultan&#233;ment &#224; la Chine d'acqu&#233;rir une part plus importante du march&#233; mondial. Il reste &#224; savoir comment atteindre cet objectif. Sa r&#233;ponse est la suivante : &#171; Le r&#233;alisme de march&#233; demande de consid&#233;rer l'&#201;tat comme la mat&#233;rialisation de notre int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur et d'avoir une compr&#233;hension raisonnable du march&#233; en tant que champ de bataille de la concurrence. Guid&#233; par le r&#233;alisme de march&#233;, l'ensemble de notre jeune industrie se combinera pour former un ensemble unique sous les auspices de l'&#201;tat. Elle pourra ainsi entrer dans la comp&#233;tition mondiale, mener durablement le combat du faible contre le fort et &#224; la fin, r&#233;aliser l'&#233;veil singulier de la Chine. &#187; [22] &#171; Quand, &#224; la fin, nous sortirons vainqueurs de la guerre &#233;conomique, la Chine ne se contentera pas de se d&#233;velopper pleinement sous le r&#233;gime de l'OMC, mais il lui sera m&#234;me possible de le dominer. &#187; [23]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 1990, un &#233;pisode d'un programme TV grand public mettait en sc&#232;ne une m&#232;re qui &#233;crivait une lettre &#224; son fils, &#233;tudiant aux &#201;tats-Unis et qui travaillait &#224; temps partiel comme plongeur dans un restaurant. Elle lui &#233;crivait : &#171; Travaille dur mon fils. Plus tard, quand notre pays sera devenu fort et puissant, ce seront ces Lowai (occidentaux) qui feront la vaisselle pour nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique par Han, de la mondialisation et de l'OMC reprend globalement ce que cette m&#232;re &#233;crit &#224; son fils. Il ne s'agit pas d'une opposition &#224; la mondialisation men&#233;e par les entreprises en tant que telle, mais essentiellement d'un plaidoyer en faveur de sa version chinoise. Cette version peut contenir plus de protectionnisme mais pour l'essentiel est uniquement une seconde voie, diff&#233;rente de celle adopt&#233;e par les &#201;tats-Unis et l'Union Europ&#233;enne, pour l'int&#233;gration de la Chine dans le capitalisme mondial. Han veut remplacer l'am&#233;ricanisation du monde par sa sinisation. Il n'est pas enti&#232;rement s&#251;r que la Chine puisse atteindre ce but qui reste n&#233;anmoins son objectif. Il y a donc toujours un &#233;l&#233;ment de messianisme chinois dans le discours de Han (et dans ceux d'autres auteurs de la Nouvelle Gauche) : &#171; Si la voie chinoise peut arriver &#224; r&#233;soudre le probl&#232;me rest&#233; insoluble pour la Civilisation Occidentale, la Nation chinoise sera capable de conqu&#233;rir le c&#339;ur du monde et la Chine appara&#238;tra en Orient comme une nation riche, d&#233;mocratique et civilis&#233;e. &#187; [24]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre partisan bien connu de la Nouvelle Gauche, Yang Fan, d&#233;veloppe son programme dans un article de juin 2005 : &#171; Le Combat Id&#233;ologique et Th&#233;orique dans La Soci&#233;t&#233; Chinoise &#187; : &#171; Sur la question du d&#233;veloppement, [nous devons] baser nos recherches fondamentales sur la th&#233;orie de la Grande Nation, gr&#226;ce &#224; laquelle nous pouvons trouver la voie pour l'&#233;veil de la Chine en tant que grande nation sp&#233;cifique. Sur la question de l'ouverture au Monde sur l'arri&#232;re-plan de la mondialisation, nous devons explorer le chemin vers notre s&#233;curit&#233; nationale et l'&#233;veil de notre nation. Nous devons briser la logique du capital, abandonner le postulat de l'absence d'ennemis ext&#233;rieurs et placer la s&#233;curit&#233; nationale au c&#339;ur de notre engagement strat&#233;gique. Sur la question des r&#233;formes, nous soutenons le genre de la r&#233;forme loyale qui transcende le discours de droite et le discours de gauche et abolit &#224; la fois le dogme et le fondamentalisme de l'&#233;conomie de march&#233; et ceux de l'&#233;conomie planifi&#233;e. Nous devons proposer une nouvelle r&#232;gle de conduite des r&#233;formes, le concept de &#8220;l'industrie nationale strat&#233;gique&#8221;. Nous devons &#234;tre particuli&#232;rement attentifs au guidage des entrepreneurs priv&#233;s et de l'&#233;conomie priv&#233;e au sein de l'Industrie Nationale. Sur la question de la th&#233;orie, nous soutenons une position de type centre-gauche qui combine le nouveau socialisme et le patriotisme. Nous sommes partisans d'une alliance avec le centre-droit, le centre et la gauche lib&#233;rale, m&#234;me d'un bloc avec les fondamentalistes de l'&#233;conomie planifi&#233;e, la vieille gauche, dans le but de construire un front commun qui s'oppose aux n&#233;olib&#233;raux chinois et aux s&#233;cessionnistes d'extr&#234;me droite. &#187; ( [25]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme ci-dessus n'a rien de neuf. C'est toujours la m&#234;me histoire de croissance guid&#233;e par l'&#201;tat. Han et Yang adoptent si int&#233;gralement le nationalisme Grand Han qu'ils ont pouss&#233; le gouvernement &#224; attaquer Ta&#239;wan et &#224; l'int&#233;grer aussi t&#244;t que possible. &#171; Si nous gagnons cette guerre &#187;, &#233;crivait Han, &#171; nous effacerons les ann&#233;es d'insultes inflig&#233;es par les &#201;tats-Unis, le peuple chinois se rassemblera une fois de plus autour du Parti Communiste Chinois et le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; chinoises sera garanti pour le XXIe si&#232;cle. &#187; [26] Han et Yang ainsi que de nombreux partisans de la Nouvelle Gauche, sont tellement immerg&#233;s dans le nationalisme du Grand Han qu'ils ne peuvent en aucun cas concevoir que la population de Ta&#239;wan jouisse du droit de d&#233;cider d&#233;mocratiquement de sa volont&#233; et des conditions d'unification avec la Chine continentale. Il n'est pas non plus surprenant qu'ils restent aveugles au d&#233;ni des droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires inflig&#233;s aux minorit&#233;s ethniques du Tibet et du Xinjiang. Si la &#171; stabilit&#233; surpasse tout &#187;, elle doit logiquement surpasser &#233;galement les droits des minorit&#233;s et les droits d&#233;mocratiques [27].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les facteurs int&#233;rieurs sont &#233;galement ext&#233;rieurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat essentiel de Han et de Yang n'est ni le protectionnisme de march&#233; ni le keyn&#233;sianisme, mais le renforcement de l'&#201;tat &#224; parti unique comme planche de salut de la Chine contre la menace ext&#233;rieure de la mondialisation, mais &#233;galement comme un outil qui permettra au final de surpasser ses rivaux sur le march&#233; mondial. Pendant ce temps les n&#233;olib&#233;raux avancent des arguments diam&#233;tralement oppos&#233;s. Pourtant, les deux parties commettent la m&#234;me erreur fatale qui consiste &#224; opposer les facteurs &#171; internes &#187; aux facteurs &#171; externes &#187;, sans prendre en compte le fait qu'ils sont r&#233;ciproquement compl&#233;mentaires et qu'ils constituent jusqu'&#224; un certain degr&#233;, le m&#234;me et unique facteur. Quand Han et Yang avancent que la mondialisation est une menace ext&#233;rieure, ils occultent le fait que c'est leur propre &#201;tat &#224; parti unique qui a non seulement ouvert la Chine au capitalisme mondial mais qui a &#233;galement opt&#233; pour une strat&#233;gie intrins&#232;quement d&#233;pendante des capitaux &#233;trangers &#224; un niveau largement sup&#233;rieur &#224; celui de nombreux pays &#233;mergents. Et cette strat&#233;gie r&#233;sulte d'un choix conscient et autonome. Bien que cet &#201;tat ne soit pas totalement libre dans le choix de sa politique (qui l'est ?), il est difficile de pr&#233;tendre que ces politiques ont &#233;t&#233; impos&#233;es par l'empire &#233;tats-unien ou par &#171; l'imp&#233;rialisme &#187; en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de sa taille et du degr&#233; &#233;lev&#233; de contr&#244;le de l'&#201;tat &#224; tous les niveaux de la soci&#233;t&#233; et de l'&#233;conomie, la Chine est dans une bien meilleure position que celle de nombreux pays &#233;mergents pour concurrencer les pays d&#233;velopp&#233;s. Les privil&#232;ges du &#171; traitement supra-national &#187; dont b&#233;n&#233;ficient les soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res et qui ram&#232;nent leur imposition sur les b&#233;n&#233;fices &#224; la moiti&#233; de celui qui p&#232;se sur les entreprises publiques chinoises, mis &#224; part les r&#233;ductions d'imp&#244;ts et autres privil&#232;ges, est une d&#233;cision consciente prise par les dirigeants au plus haut niveau dans le but d'attirer autant d'investissements &#233;trangers directs que possible. Il en va de m&#234;me pour les concessions humiliantes accept&#233;es lors de la n&#233;gociation d'entr&#233;e de la Chine dans l'OMC. Le choix de cette voie n'est pas uniquement dict&#233; par la rationalit&#233; &#233;conomique telle que la comprennent les &#233;lites dirigeantes, mais il est principalement et avant tout motiv&#233; par leur int&#233;r&#234;t personnel. La bureaucratie administrative de l'&#233;poque de Mao s'est transform&#233;e en une sorte de &#171; bureaucratie capitaliste &#187; telle qu'elle pr&#233;valait sous la gestion du Kuomintang avant 1949. De P&#233;kin jusqu'au niveau local, les fonctionnaires responsables sont souvent directement ou indirectement (via des membres de la famille ou des relations) impliqu&#233;s dans les affaires &#233;conomiques. Il est de leur int&#233;r&#234;t de rechercher une grande alliance avec le capitalisme mondialis&#233; et ils en profitent immens&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter Nolan fournit une vision plus large de l'interd&#233;pendance entre la Chine et les &#201;tats-Unis en disant que &#171; La Chine est devenue une &#8220;pompe d'alimentation&#8221; de l'&#233;conomie mondiale, tandis que les &#201;tats-Unis sont devenus la &#8220;pompe de consommation&#8221; de la plan&#232;te. Chacun d'eux croit d'une mani&#232;re profond&#233;ment d&#233;s&#233;quilibr&#233;e. (&#8230;) Aujourd'hui, les &#201;tats-Unis absorbent presque 40 % des exportations de la Chine et la Chine d&#233;tient la majorit&#233; de ses r&#233;serves de change en dollars. (&#8230;) Les &#233;conomies chinoise et &#233;tasunienne sont maintenant &#233;troitement imbriqu&#233;es. &#187; [28]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande alliance &#233;conomique entre les &#233;lites dirigeantes chinoises et celles de l'Occident n'est, bien s&#251;r, pas compl&#232;tement stable ; particuli&#232;rement dans le contexte de l'actuel &#171; &#233;veil apparent de la Chine &#187;. Apr&#232;s vingt ann&#233;es d'int&#233;gration dans le capitalisme mondial, les entreprises chinoises se sont d&#233;velopp&#233;es &#224; un point tel qu'elles ont acquis suffisamment de confiance en elles-m&#234;mes pour exiger une part plus importante de la valeur ajout&#233;e dans la cha&#238;ne mondiale d'approvisionnement, un d&#233;veloppement qui &#233;videmment n'est pas du go&#251;t de l'Occident ni du Japon. La comp&#233;tition p&#233;troli&#232;re entre la Chine et les pays riches a apport&#233; de l'eau au moulin du &#171; p&#233;ril jaune &#187;. Cependant, ces frictions ne permettent pas de nier l'int&#233;r&#234;t commun qui lie tous les protagonistes. Cet int&#233;r&#234;t commun est l'expression d'un monde globalis&#233; dans lequel la dichotomie entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur est une notion d&#233;pass&#233;e. Un simple fait en est la d&#233;monstration : aujourd'hui les grandes entreprises chinoises, souvent des entreprises publiques, appartiennent de plus en plus &#224; des investisseurs multinationaux, soit parce qu'elles sont cot&#233;es &#224; Hong Kong, soit que les actions qui composent leur capital sont directement vendues &#224; des multinationales occidentales ou japonaises. Alors m&#234;me qu'elles sont consid&#233;r&#233;es comme les d&#233;tentrices des principales commandes de l'&#233;conomie, certaines banques publiques subissent le m&#234;me traitement. D&#233;j&#224;, au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, de nombreuses entreprises publiques se sont associ&#233;es avec des firmes occidentales, japonaises ou cor&#233;ennes. Leslie Skair &#233;voque une &#171; classe capitaliste supranationale bas&#233;e sur des soci&#233;t&#233;s multinationales [qui] initie et qui contr&#244;le plus ou moins le processus de mondialisation &#187; [29].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'affirmation de Skair reste encore &#224; d&#233;montrer, une chose est cependant s&#251;re : &#224; l'&#232;re de la mondialisation, des concepts tels que &#171; bourgeoisie nationale &#187;, &#171; industrie nationale &#187; etc. doivent &#234;tre s&#233;rieusement d&#233;finis avant de repr&#233;senter une quelconque valeur analytique. En v&#233;rit&#233;, les &#233;l&#233;ments &#171; nationaux &#187; portent souvent en eux-m&#234;mes des &#233;l&#233;ments &#233;trangers, et vice-versa. Une approche plus sp&#233;cifique est n&#233;cessaire pour aller au-del&#224; de la dichotomie entre national et &#233;tranger et pour d&#233;monter les m&#233;canismes internes de la classe capitaliste mondiale et du capitalisme mondial en action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Nouvelle Gauche repr&#233;sente-t-elle les travailleurs ? Ce discours nationaliste n'est pas simplement le r&#233;sultat d'une th&#233;orie incorrecte. En fait, il est correct du point de vue de l'&#233;lite chinoise, dont l'ambition est de prendre le contr&#244;le d'une plus grande part du march&#233; mondial avec l'aide de l'&#201;tat. De ce point de vue, les &#201;tats &#233;trangers et les entreprises multinationales apparaissent comme des concurrents ext&#233;rieurs. Ils consid&#232;rent les travailleurs et les paysans chinois comme int&#233;rieurs parce qu'ils constituent la main-d'&#339;uvre de l'atelier de mis&#232;re du monde, la Chine, avec un travail et une nourriture bon march&#233;, ce qui rend les entreprises chinoises plus comp&#233;titives sur le march&#233; mondial. C'est en ces termes que la dichotomie entre national et &#233;tranger prend tout son sens. Ainsi, au lieu de d&#233;fendre un int&#233;r&#234;t national commun, le discours nationaliste d&#233;fend uniquement les int&#233;r&#234;ts &#233;troits des &#233;lites dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant Zheng d&#233;fend un point de vue diff&#233;rent : &#171; Les n&#233;olib&#233;raux repr&#233;sentent les int&#233;r&#234;ts de la nouvelle classe riche montante, tandis que la Nouvelle Gauche repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et des paysans. &#187; [30] La vision que Zheng a des lib&#233;raux est correcte, mais il se trompe fondamentalement sur la Nouvelle Gauche en ce qui concerne les porte-parole principaux de celle-ci. En fait, dans un atelier anim&#233; par une ONG lors de la VIe Conf&#233;rence Minist&#233;rielle de l'OMC, Han Deqiang admettait sans d&#233;tour que : &#171; La Nouvelle Gauche ne d&#233;fend pas les travailleurs et les paysans ; notre pr&#233;occupation majeure est d'&#233;viter la catastrophe. Nous esp&#233;rons obtenir des ajustements [de la politique du gouvernement]. Nous b&#233;n&#233;ficions de soutiens importants aux niveaux moyen et sup&#233;rieur [de l'administration gouvernementale]. Aux yeux des travailleurs et des paysans nous pouvons appara&#238;tre comme les chiens de garde des capitalistes. Nous ne voulons pas de l'instabilit&#233;. Nous sommes des r&#233;formistes. &#187; [31]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, Han &#233;crivit un article encore plus explicite : &#171; La nouvelle direction du gouvernement central a d&#233;j&#224; constat&#233; l'existence du probl&#232;me [de l'&#233;largissement du foss&#233; entre les riches et les pauvres, du ch&#244;mage, etc.]. C'est pourquoi ces dirigeants d&#233;fendent le d&#233;veloppement durable, une soci&#233;t&#233; harmonieuse, l'innovation autonome, etc. Leurs id&#233;es sont &#224; un certain degr&#233;, influenc&#233;es par la Nouvelle Gauche. Quant &#224; la question de savoir si nous devrions faire quelque chose pour les travailleurs, ma r&#233;ponse est que je suis davantage pr&#233;occup&#233; par les crises sociales et le risque de catastrophe. Aux yeux des travailleurs et des paysans ma position peut appara&#238;tre comme au service des capitalistes. Ce que je propose est le remplacement de l'exploitation outranci&#232;re par l'exploitation supportable. &#187; [32]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'un glissement s&#233;mantique mais d'une pens&#233;e d&#233;lib&#233;r&#233;e. Dans un autre article il affirme que &#171; Le probl&#232;me actuel de l'&#233;conomie chinoise n'est pas de savoir si nous voulons ou non l'exploitation, il est de savoir si nous voulons l'exploitation outranci&#232;re ou si nous voulons l'exploitation supportable. &#187; [33] &#171; Les accidents dans les mines sont la cons&#233;quence de l'exploitation outranci&#232;re, car ils provoquent la mort de travailleurs. Si les travailleurs [sont trait&#233;s de sorte &#224;] pouvoir survivre ou m&#234;me [de sorte &#224; pouvoir] pourvoir aux besoins de leurs familles, je pense que les mineurs seront reconnaissants de subir un type d'exploitation qui est supportable. &#187; [34]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs Yang Fan indique explicitement &#224; ses lecteurs, la classe sociale qu'il soutient : &#171; Nous voulons brandir la banni&#232;re du patriotisme. Les capitaux publics chinois et les capitaux priv&#233;s nationaux ont besoin de la protection de l'&#201;tat. Sans cette derni&#232;re, il nous sera impossible de rivaliser avec les entreprises multinationales apr&#232;s notre entr&#233;e dans l'OMC. (&#8230;) Je pense qu'il faut liquider [privatiser] la plupart des entreprises publiques. Nous n'avons pas besoin d'un si grand nombre d'entreprises publiques. Cependant l'&#201;tat a un r&#244;le &#224; jouer dans la protection des capitaux publics et des capitaux priv&#233;s nationaux, par la cr&#233;ation de r&#232;gles communes de protection de notre propri&#233;t&#233; intellectuelle et de nos marques commerciales. &#187; [35]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rences entre les n&#233;olib&#233;raux et certains intellectuels &#233;minents de la Nouvelle Gauche (pas tous, bien entendu) n'est pas qu'ils repr&#233;sentent des classes sociales diam&#233;tralement oppos&#233;es, mais plut&#244;t un projet diff&#233;rent pour une seule et m&#234;me classe, la nouvelle classe capitaliste montante. L'augmentation de l'influence des n&#233;olib&#233;raux dans les ann&#233;es 1990 a co&#239;ncid&#233; avec la tendance de l'&#233;poque, quand l'&#201;tat a d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi d'accueillir les capitaux &#233;trangers. &#192; la fin du XXe si&#232;cle, le vent a de nouveau tourn&#233;, quand apr&#232;s dix ans de croissance d&#233;pendante, le danger de recolonisation &#233;conomique est devenu une menace tangible. C'est alors que les dirigeants sont devenus sensibles au discours de renaissance nationale et de renforcement de l'autonomie. De toute &#233;vidence ni les capitalistes bureaucratiques, ni les capitalistes priv&#233;s ne constituent un groupe homog&#232;ne en termes d'int&#233;r&#234;ts directs. Il y a toujours une fraction d'entre eux qui, en raison de leur situation sp&#233;cifique dans le syst&#232;me &#233;conomique, consid&#232;re le renforcement du partenariat avec les capitaux &#233;trangers comme une priorit&#233; ou qui, dans l'intervention de l'&#201;tat, voit plus un handicap qu'un avantage. Ils sont donc plus r&#233;ceptifs au discours n&#233;olib&#233;ral. Si bien qu'au lieu que les n&#233;olib&#233;raux et les principales figures de la Nouvelle Gauche repr&#233;sentent respectivement les int&#233;r&#234;ts contradictoires des riches et des pauvres, la v&#233;rit&#233; est plut&#244;t que chaque groupe repr&#233;sente une voie diff&#233;rente du d&#233;veloppement capitaliste, l'un &#233;tant plus d&#233;pendant du capital &#233;tranger et moins d&#233;pendant de l'&#201;tat et inversement pour l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci explique &#233;galement pourquoi les principaux porte-parole de la Nouvelle Gauche ont &#233;t&#233; si complaisants envers la r&#233;pression men&#233;e par l'&#201;tat, m&#234;me quand cette r&#233;pression s'abat directement sur la Vielle Gauche ou les mao&#239;stes. Interrog&#233; sur la raison de &#171; l'&#233;veil plus tardif en Chine que dans de nombreux autres pays, de la r&#233;sistance contre le n&#233;olib&#233;ralisme &#187;, Dale Wen r&#233;pond que c'est en raison &#171; 1. de l'accumulation consid&#233;rable de moyens politiques par l'&#201;tat au cours des ann&#233;es de pr&#233;-r&#233;forme et 2. du d&#233;guisement efficace sous lequel la r&#233;forme a &#233;t&#233; men&#233;e. &#187; [36]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est le plus frappant dans sa r&#233;ponse, c'est l'absence d'une quelconque mention de la r&#233;pression d'&#201;tat contre tous les types de mouvements sociaux. En fait ce probl&#232;me est totalement absent des 47 pages de son rapport. La Nouvelle Gauche voit l'&#201;tat en g&#233;n&#233;ral, mais d'abord et avant tout l'&#201;tat sp&#233;cifique r&#233;gi par le Parti Communiste Chinois, comme la seule planche de salut de la Chine contre l'agression &#233;trang&#232;re et contre le sous-d&#233;veloppement int&#233;rieur. Alors qu'ils font preuve d'une profonde hostilit&#233; contre les n&#233;olib&#233;raux (et ceux-ci r&#233;agissent de mani&#232;re similaire contre la Nouvelle Gauche) [37], ils s'accommodent fort bien de la r&#233;pression d'&#201;tat. Ainsi malgr&#233; la poursuite et m&#234;me l'aggravation de la r&#233;pression, sous la conduite de Hu Jintao, dans le but d'&#233;carter tout risque de &#171; r&#233;volution de couleur &#187; en Chine, Dale Wen (ou Han et Yang) refuse d'&#233;mettre une quelconque critique contre le parti unique et l'&#201;tat. Vers la fin de la version chinoise de son rapport elle exprime l'espoir suivant pour Hu Jintao : &#171; Heureusement l'&#201;tat r&#233;pond aux attentes du peuple (sur la crise sociale et environnementale). Depuis 2003, la nouvelle direction gouvernementale a men&#233; de nombreuses actions de r&#233;formes pour r&#233;gler les nombreux probl&#232;mes dus aux politiques n&#233;olib&#233;rales men&#233;es aux cours des sept derni&#232;res ann&#233;es. (&#8230;) Le gouvernement chinois optera-t-il pour une red&#233;finition plus profonde de la politique et une rupture plus nette avec le n&#233;olib&#233;ralisme ? Nous sommes plut&#244;t optimistes &#224; ce sujet. &#187; [38]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous apprenons ensuite comment le gouvernement de Hu Jintao a adopt&#233; des &#171; mesures progressistes &#187; : r&#233;duction des taxes rurales, promesses d'augmentation des cr&#233;dits pour l'&#233;ducation, etc. Il s'agit au mieux d'am&#233;liorations &#233;conomiques tr&#232;s parcellaires. Il n'y a rien dans les d&#233;cisions de Hu qui conf&#232;re &#224; la population de quelconques droits politiques fondamentaux tels que la libert&#233; d'association ou la libert&#233; de la presse. Si le peuple avait dispos&#233; de ces droits, il n'aurait pas &#233;t&#233; en premier lieu, totalement sans d&#233;fense face aux expropriations administratives ! Le Parti Communiste Chinois peut faire de temps en temps quelques concessions &#233;conomiques superficielles, mais il n'accorde jamais aucune avanc&#233;e politique, m&#234;me pour accorder une libert&#233; aussi fondamentale que le droit de manifester. Il adh&#232;re &#224; la philosophie politique de toutes les &#233;lites dirigeantes et l'applique &#224; la lettre : &#171; Il faut travailler pour le bien du peuple, mais le peuple ne doit rien entreprendre par lui-m&#234;me. &#187; [39]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, ce qui importe r&#233;ellement, ce n'est pas la rupture &#233;ventuelle de Hu Jintao avec le n&#233;olib&#233;ralisme, mais plut&#244;t l'alternative que ce gouvernement choisira. Il existe de nombreuses &#171; alternatives &#187;, diff&#233;rentes du n&#233;olib&#233;ralisme. Le probl&#232;me est que du point de vue des travailleurs, elles ne valent pas forc&#233;ment la peine d'&#234;tre soutenues. Cette perspective n&#233;cessite un type sp&#233;cifique d'alternative qui place la d&#233;mocratie, l'&#233;galit&#233; et les libert&#233;s politiques au c&#339;ur des pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment le plus troublant est pr&#233;cis&#233;ment &#224; nos yeux le fait que ces valeurs n'apparaissent jamais dans le discours des partisans de la Nouvelle Gauche tels que Han et Yang. Ils d&#233;fendent plut&#244;t une &#171; alternative &#187; d'&#233;tatisme et de nationalisme, dont les nouveaux dirigeants du Parti Communiste Chinois peuvent facilement prendre un ou deux &#233;l&#233;ments pour promouvoir &#171; l'&#233;veil de la Chine &#187;. Dale Wen est moins nationaliste dans son rapport, mais il n'y appara&#238;t aucune revendication d&#233;mocratique, ni la moindre critique du r&#233;gime &#224; parti unique. Cette absence n'est en aucun cas accidentelle. Elle est en rapport avec la th&#232;se pr&#233;pond&#233;rante dans la Nouvelle Gauche, &#224; savoir la confiance dans la capacit&#233; de l'&#201;tat &#224; parti unique de construire une Chine modernis&#233;e. On ne critique pas s&#233;v&#232;rement celui qui appara&#238;t comme un sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant les d&#233;fenseurs de cette proposition r&#233;alisent rarement le dilemme qu'elle contient. En m&#234;me temps que l'&#201;tat leur appara&#238;t comme la solution, il constitue en fait un probl&#232;me, un tr&#232;s gros probl&#232;me. L'&#201;tat &#224; parti unique est si profond&#233;ment d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et corrompu que Chen Yun, deuxi&#232;me personnage du r&#233;gime apr&#232;s Deng Xiaoping, faisait remarquer peu de temps avant sa mort en 1995, que cette situation pouvait aboutir au wangdang wangguo &#8212; l'effondrement du parti et de l'&#201;tat. Plus de dix ans plus tard la corruption de l'&#233;poque fait p&#226;le figure &#224; c&#244;t&#233; de celle qui r&#232;gne aujourd'hui. Son omnipr&#233;sence et la brutalit&#233; des privatisations contribuent au d&#233;veloppement de forces centrifuges au sein du Parti Communiste Chinois. Avant les privatisations, la corruption se limitait essentiellement &#224; l'appropriation du bien public sous forme de produits de consommation. Puis au milieu des ann&#233;es 1980, les dirigeants commenc&#232;rent &#224; engranger des profits en sp&#233;culant sur le march&#233;. Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990, ces m&#234;mes dirigeants se sont jet&#233;s dans la cr&#233;ation de leurs propres soci&#233;t&#233;s ou ont pouss&#233; leur famille ou leurs relations &#224; mettre en place des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es pour faire de l'argent. Une des meilleures m&#233;thodes pour d&#233;velopper des profits est de transf&#233;rer la propri&#233;t&#233; publique dans leurs propres soci&#233;t&#233;s. La corruption est devenue tellement rampante qu'elle est &#224; l'origine d'une c&#233;l&#232;bre plaisanterie : s&#233;lectionnez cent fonctionnaires de rang moyen au hasard et fusillez-les, il est probable que seulement dix d'entre eux &#233;taient innocents, s&#233;lectionnez cent grands mandarins de la m&#234;me mani&#232;re et faites-leur subir le m&#234;me sort, vous courrez un petit risque qu'un d'entre eux ait &#233;t&#233; innocent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ces chiffres ne doivent pas &#234;tre pris au s&#233;rieux, ils refl&#232;tent pourtant le niveau de la corruption actuelle qui affaiblit grandement la capacit&#233; administrative de l'&#201;tat. M&#234;me quand une politique est intrins&#232;quement bonne, son application est souvent ralentie et d&#233;voy&#233;e par l'avidit&#233; de profit de la bureaucratie, ce qui se traduit par du chaos, des erreurs et des dommages &#224; la population. Quand des probl&#232;mes apparaissent et se multiplient, la seule pr&#233;occupation des fonctionnaires est d'essayer de les cacher par tous les moyens possibles. Il est de notori&#233;t&#233; publique qu'aucune statistique n'est fiable en Chine. Par exemple, les chiffres de la balance commerciale pour le mois d'ao&#251;t 1998 enregistraient un exc&#233;dent de 20 milliards de dollars US. Curieusement l'accroissement des r&#233;serves de change en devises sur la m&#234;me p&#233;riode, n'a pas d&#233;pass&#233; 1 milliard de dollars US. Au-del&#224; de la d&#233;monstration de l'absence de fiabilit&#233; des statistiques, cette anomalie met en lumi&#232;re le probl&#232;me de la fuite des capitaux (les statistiques douteuses masquant le pillage). Il est donc courant de voir les probl&#232;mes s'accumuler jusqu'au point o&#249; une crise devient in&#233;vitable, apr&#232;s quoi seulement ils retiennent l'attention du gouvernement central, g&#233;n&#233;ralement trop tard. De plus la corruption est la principale source de conflits entre gens ordinaires. Elle est &#224; l'origine d'innombrables protestations, de gr&#232;ves et m&#234;me d'&#233;meutes. La r&#233;pression de Tienanmen est un message envoy&#233; &#224; toute l'administration pour indiquer que, m&#234;me en face de tels incidents, le parti n'a pas l'intention de c&#233;der &#224; la pression du peuple. Il s'agit en pratique d'une sorte de mianzui tiejuan [40] ou pardon anticip&#233; accord&#233; aux mandarins corrompus. Peut importe que l'app&#233;tit de la bureaucratie ait enfl&#233; d&#233;mesur&#233;ment au d&#233;but des ann&#233;es 1990 et peu importe &#233;galement que la r&#233;volte gronde &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme de copinage du Parti Communiste Chinois pr&#233;pare &#233;galement une crise financi&#232;re et &#233;conomique qu'il devra affronter. Personne, par exemple, ne conna&#238;t exactement le montant des pr&#234;ts douteux ou des actifs pourris qui plombent le syst&#232;me bancaire chinois, de m&#234;me que personne ne peut affirmer que les livres de compte des soci&#233;t&#233;s chinoises officiellement d&#233;clar&#233;es sont sinc&#232;res et fiables. Il est impossible de g&#233;rer quelque chose dont on n'a pas la moindre id&#233;e. Seul le fait que les bons du tr&#233;sor chinois n'&#233;taient pas convertibles &#224; l'&#233;poque, a permis &#224; la Chine d'&#233;chapper &#224; la crise qui a frapp&#233; l'Asie en 1987. Avec la convertibilit&#233; actuellement &#224; l'ordre du jour du gouvernement, il est peu probable que la Chine puisse r&#233;sister &#224; une seconde crise. Une crise &#233;conomique provoquera immanquablement un soul&#232;vement populaire, fait remarquer l'intellectuel sinophile Peter Nolan [41] En r&#233;sum&#233;, dans le droit fil de la spoliation des travailleurs et des paysans et dans le pillage des propri&#233;t&#233;s de l'&#201;tat, la bureaucratie met en marche une explosion &#233;conomique et sociale &#224; laquelle elle devra faire face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est stup&#233;fiant que bien que Chen Yun ait fait de la corruption sa principale pr&#233;occupation, la plupart des partisans les plus connus de la Nouvelle Gauche tendent &#224; n'y accorder que peu d'attention. M&#234;me quand ils s'en pr&#233;occupent, il se contentent de r&#233;p&#233;ter le lieu commun du dogme du vieux parti qui veut que les dirigeants soient d&#233;termin&#233;s &#224; &#233;radiquer la corruption, que la corruption est le r&#233;sultat de la &#171; pollution spirituelle venue de l'Occident &#187; ou de la mondialisation, d'o&#249; ils concluent &#224; la n&#233;cessit&#233; du contr&#244;le par le parti, et ainsi de suite. Ils ne se tournent jamais vers une solution beaucoup plus simple : mettre un terme au r&#233;gime &#224; parti unique et placer la bureaucratie d'&#201;tat sous le contr&#244;le d&#233;mocratique du peuple. Hors de cette solution, il est impossible d'arr&#234;ter l'enrichissement de la bureaucratie par le biais des privatisations et de la corruption plus ou moins affich&#233;e au grand jour. La bureaucratie est parfaitement consciente de cette solution, ce qui explique sa r&#233;sistance forcen&#233;e contre toute avanc&#233;e d&#233;mocratique qu'elle vienne du sommet ou de la base. Elle d&#233;nie au peuple ses droits les plus essentiels de sorte &#224; le laisser sans la moindre d&#233;fense. Il existe cependant toujours un point au-del&#224; duquel personne n'est pr&#234;t &#224; supporter la spoliation de quelque nature qu'elle soit et ce point approche aujourd'hui &#224; grands pas. Le Parti Communiste Chinois en est parfaitement conscient et sa r&#233;ponse, en dehors de la r&#233;pression, consiste &#224; encourager le d&#233;veloppement du nationalisme afin de masquer les probl&#232;mes int&#233;rieurs sous la stigmatisation de l'ennemi ext&#233;rieur. Cette recette est cependant le creuset dans lequel se d&#233;veloppent les tensions internationales, voire les risques de conflit arm&#233;. Cette voie est sans issue pour le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La D&#233;mocratie est la seule issue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Chine, le parti &#233;tatique est tout-puissant. Le poids de la soci&#233;t&#233; civile est quasiment inexistant. Le renforcement grandissant de cet &#201;tat et le d&#233;veloppement du capitalisme d'&#201;tat sous ses auspices, m&#232;nent uniquement &#224; l'emballement de la fuite en avant vers le gouffre dans le march&#233; mondialis&#233; ou, pire encore, vers la guerre. L'antimondialisme dans le sillage du nationalisme chinois ne fait qu'aider les efforts du Parti Communiste Chinois pour &#233;liminer tous les obstacles sur sa route vers l'enfer. Ceux qui d&#233;fendent une telle voie peuvent difficilement &#234;tre d&#233;crits comme novateurs ou &#171; de gauche &#187;. C'est toujours la m&#234;me histoire de nationalisme. Certains partisans de la Nouvelle Gauche, dans une tentative de diff&#233;renciation avec Cui, Hui et Yang, d&#233;crivent ces derniers sous l'appellation de qianggo zuopai, ou nationalistes de gauche, plut&#244;t que partisans de la Nouvelle Gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous comprenons bien qu'il faille tenir compte du fait que tous les participants chinois au d&#233;bat n'ont pas la possibilit&#233; de parler librement dans un r&#233;gime domin&#233; par la censure. Cependant la v&#233;rit&#233; impose de dire que sous le m&#234;me r&#233;gime de censure, il existe des partisans de la Nouvelle Gauche, des mao&#239;stes sinc&#232;res ou des gauchistes engag&#233;s qui n'ont succomb&#233; ni au nationalisme ni &#224; l'&#233;tatisme. Wang Hui, autre intellectuel &#233;minent de la Nouvelle Gauche, fait preuve de peu de nationalisme dans sa critique de la mondialisation. Son insistance sur le r&#244;le actif du mouvement ouvrier dans les changements sociaux, est inhabituelle dans la Nouvelle Gauche. Kuang Xinnian, qui est consid&#233;r&#233; comme un mao&#239;ste, est &#224; bien des &#233;gards rest&#233; fid&#232;le &#224; la position critique d&#233;fendue &#224; l'origine par le Parti Communiste Chinois sur le nationalisme et &#224; certains &#233;gards il va m&#234;me au-del&#224; : &#171; Le nationalisme est une sorte d'id&#233;ologie bourgeoise. C'est par essence un genre de pens&#233;e utilis&#233; pour supprimer la conscience de classe du prol&#233;tariat et l'id&#233;ologie socialiste. Une des causes importantes de l'effondrement de l'Union Sovi&#233;tique est &#224; chercher dans les limites du &#8220;socialisme dans un seul pays&#8221; qui a produit la d&#233;g&#233;n&#233;rescence id&#233;ologique d'une vision socialiste en un nationalisme et au final sa m&#233;tamorphose en &#8220;social-imp&#233;rialisme&#8221; (&#8230;) Si la Chine adopte simplement le nationalisme comme une id&#233;ologie alternative, elle ne sera pas capable de r&#233;soudre l'antagonisme int&#233;rieur entre les classes sociales ni le conflit entre les &#201;tats-nations. Au contraire, ce nationalisme ne fait que renforcer ces conflits. Ce serait une trag&#233;die, non seulement pour la Chine mais &#233;galement pour le reste du monde. &#187; [42]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement ces voix sont bien trop marginalis&#233;es, mis &#224; part le fait que la Nouvelle Gauche constitue un groupe bien trop h&#233;t&#233;rog&#232;ne pour opposer des r&#233;ponses efficaces aux nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, il existe en Chine, des raisons d'esp&#233;rer une r&#233;ponse de plus en plus forte au n&#233;olib&#233;ralisme et &#224; la mondialisation capitaliste dans les ann&#233;es &#224; venir. Nous restons optimistes &#224; ce sujet. Cependant, l'&#201;tat &#224; parti unique, avec l'aide des nationalistes et de qiangguo zuopai tels que Han et Yang, a dans une large mesure, model&#233; la r&#233;ponse en un discours nationaliste et &#233;tatiste. Si un mouvement partant de la base s'oriente dans cette direction, il apportera de l'eau au moulin du nationalisme chinois. Il va sans dire que la gauche a un r&#244;le &#224; jouer autre que de rester assise pour observer ce qui va se passer ensuite. La gauche doit de toute urgence faire une critique rigoureuse de la tradition &#233;tatiste et nationaliste, qui est profond&#233;ment enracin&#233;e en Chine, et de l'&#201;tat &#224; parti unique. Notre vision d'une soci&#233;t&#233; juste ne peut pas int&#233;grer d'&#233;l&#233;ments &#233;tatistes ou nationalistes, ni s'accommoder en une quelconque fa&#231;on de l'&#201;tat &#224; parti unique. Si un autre monde est n&#233;cessaire, il doit placer les droits individuels, le pluralisme des partis politiques, la d&#233;mocratie politique et &#233;conomique et enfin l'internationalisme comme ses valeurs centrales. Ce monde auquel nous aspirons, implique &#233;galement une transcendance du discours &#233;troit aussi bien des n&#233;olib&#233;raux que de la Gauche nationaliste&lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Cette &#233;tude a &#233;t&#233; publi&#233;e par Alternative China en mars 2007. L'auteur tient &#224; remercier Hidayat Greenfield et John Chan pour la pertinence de leurs commentaires, ainsi que Tom Mertes et Saul Thomas pour leur patiente relecture. Disponible sur ESSF dans sa version originale. Paru en fran&#231;ais dans Inprecor n&#176; 551-552, juillet 2009. Traduit par Antoine Dequidt.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.cetri.be/spip.php?article1309&amp;lang=fr" class="spip_out"&gt;http://www.cetri.be/spip.php?articl...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] The Clash of Globalizations &#8212; Neo-liberalism, the Third Way and Anti-Globalization, (Le Choc de Mondialisations &#8212; Le N&#233;olib&#233;ralisme, la Troisi&#232;me Voie et la Mondialisation) Historical Materialism Book Series, p.177.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Socialist Register 2005, Merlin Press, p.170-1 et 175.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Il faut cependant faire la diff&#233;rence entre d'une part, l'identit&#233; nationale et l'attachement &#224; la culture nationale et d'autre part, le nationalisme. Il faut &#233;galement veiller &#224; ne pas identifier le programme &#233;conomique keyn&#233;sien ou l'&#201;tat providence au nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Voir &#224; ce sujet l'article du m&#234;me auteur : The Post MFA era and the rise of China&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Globalization and State Transformation in China, Cambridge University Press, 2004, p.51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Ibid, p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &#171; Le nationalisme est le point de vue de la bourgeoisie sur les nations, son programme et son principe dans le traitement des sujets nationaux. (&#8230;) Dans les pays coloniaux et semi-coloniaux et dans une nation ind&#233;pendante, dans les luttes nationales contre l'imp&#233;rialisme, le nationalisme est progressiste dans une certaine mesure, mais uniquement dans la mesure o&#249; il est en accord avec les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie. (&#8230;) La vision du monde d&#233;fendue par les partis prol&#233;tariens est l'internationalisme, pas le nationalisme &#187;. Ci Hai (Dictionnaire), Shanghai Dictionary Press, 1980, p. 1805.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &#192; cette &#233;poque, en raison de la lenteur des r&#233;formes, l'ensemble des classes sociales &#233;tait travers&#233; par la crainte aussi partag&#233;e que profonde de perdre le statut de qiu-ji, expression qu'on peut traduire par le sentiment de citoyennet&#233; mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] China copes with globalization &#8212; a mixed review, &#233;dit&#233; par le Forum International sur la Mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Bien s&#251;r, certains membres de la Nouvelle Gauche sont moins pro-gouvernementaux, mais ils sont souvent moins connus ; Wan Hui est une exception majeure &#224; ce constat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] &#201;dit&#233; par Huadong Shifan Daxue Chubanshe, 2004, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] ibid, p. 316-7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Beijing Spring, janvier 2000, Hong Kong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] &lt;a href=&#034;http://www.wtyzy.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.wtyzy.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] China Social Science Press, &#233;diteur 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Zhongguo guojia nengli baogao, Liaoning People's publisher, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Tao Zhan Zhongguo, 1995, Xin Xinwen Cultural Ltd. Company, Taipei, Taiwan, pp. 248, 272-3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] The AnGang Charter and Post-Fordism, (La charte AnGang et le postfordisme), Dushu, 3 (1996), p. 11-21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] The balance sheet of Mao Zedong's theory of cultural revolution and the reconstruction of modernity, HuaXia Wenze, avril 1997, &lt;a href=&#034;http://www.cnd.org/CR/ZK97/zk117.hz..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cnd.org/CR/ZK97/zk117.hz..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Pengzhuang, &#233;dit&#233; par Economic Management Press, 2000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Ibid, p. 5-6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Ibid, p.160.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Ibid, p.8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Ibid p. 264.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] 2005-6 : Zhongguo de shehui sichao yu lilun douzheng, &lt;a href=&#034;http://www.blogchina.com/new/displa..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.blogchina.com/new/displa..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Meiguo zenyang zhizao he zhichi liangguolun (Comment les &#201;tats-Unis fabriquent et soutienne la th&#233;orie des deux &#201;tats), 1999, &lt;a href=&#034;http://www.edu.cn/20030127/3076681_..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.edu.cn/20030127/3076681_..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Tragiquement mis sans surprise, le nationalisme Grand Han d&#233;clenche automatiquement la progression du nationalisme, voire le chauvinisme ta&#239;wanais, dont les partisans se plaisent &#224; scander des slogans tels que &#171; Allez au diable, cochons de Chinois ! &#187;. La mondialisation peut &#233;galement &#234;tre une autre cause de l'aggravation du nationalisme ta&#239;wanais dans le contexte de l'Extr&#234;me-Orient, pour la simple raison que la r&#233;int&#233;gration de la Chine dans le capitalisme mondial, en premier lieu et principalement, entra&#238;ne Ta&#239;wan dans son orbite du fait que l'int&#233;gration des deux &#233;conomies ont atteint un point de non-retour, provoquant une augmentation du ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Peaceful Rise or Yellow Peril ?, (&#201;veil paisible ou P&#233;ril Jaune ?) Peter Nolan, CITIC pacific research advance, 7 avril 2006, p. 19-24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] The Transnational Capitalist Class, (La classe capitaliste supranationale) Blackwell Publishers Ltd, 2001, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Globalization and State Transformation in China (La Mondialisation et la Transformation de l'&#201;tat en Chine), Cambridge University Press, 2004, p. 186.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] Shi gongnong de wuhui, haishi xinzuopai de wuhui ? (Qui s'est tromp&#233; d'interpr&#233;tation ? Les travailleurs ou la Nouvelle Gauche ?), rapport sur l'atelier organis&#233; en Chine par Focus of the Global South, Forum International Forum sur la Mondialisation, Globalization Monitor. Voir le site &lt;a href=&#034;http://xinmiao.hk.st&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://xinmiao.hk.st&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[32] Zai Tuopai yanzhong shui bushi zibenjia de zougou --- huida yixie pengyou de yiwen, (Aux yeux des trotskistes, qui ne fait pas partie des chiens de garde des capitalistes ?) &lt;a href=&#034;https://host378.ipowerweb.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://host378.ipowerweb.com/&lt;/a&gt; gong...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[33] Lianhe qilai fandui xinziyouzhuyi (S'unir pour s'opposer au n&#233;olib&#233;ralisme) &lt;a href=&#034;http://www.snzg.net/shownews.asp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.snzg.net/shownews.asp&lt;/a&gt; ?ne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[34] Ke chixu fazhan he shehui gongping (D&#233;veloppment durable et justice sociale), &lt;a href=&#034;http://www.edu.org.cn/Article/epedu..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.edu.org.cn/Article/epedu..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] Zhongguo minying jingji yinggai shangshen wei minzu jingji (La part de l'&#233;conomie chinoise priv&#233;e dans l'&#233;conomie nationale doit augmenter), &lt;a href=&#034;http://www.blogchina.com/new/displa..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.blogchina.com/new/displa..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[36] China copes with globalization &#8212; a mixed review (La Chine face &#224; la mondialisation &#8212; une synth&#232;se crois&#233;e), &#233;dit&#233; par le Forum International sur la Mondialisation, p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[37] Parfois cette hostilit&#233; va jusqu'&#224; applaudir les interdictions d&#233;cr&#233;t&#233;es par l'&#201;tat contre l'autre camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[38] Shi shaoshuren fuqilai de gaige &#8212; zhongguo yu tongwang jingji quanqiuhua zhi lu (La r&#233;forme qui en enrichit quelques-uns &#8212; La Chine et la voie vers la mondialisation &#233;conomique), p. 50. La citation dans la version chinoise diff&#232;re de la version anglaise, China copes with globalization &#8212; a mixed review. Tandis que la version chinoise est &#171; optimiste &#187; sur la rupture de Hu Jintao avec le n&#233;olib&#233;ralisme, cette &#233;valuation est absente de la version anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[39] Ces propos, cit&#233;s par Georges Novack dans Democracy and Revolution, Pathfinder Press, p. 73, ont &#233;t&#233; tenus en 1797, pendant la r&#233;volution fran&#231;aise par un conservateur fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[40] Sorte de certificat, grav&#233; dans le fer, accord&#233; par l'empereur &#224; ses ministres favoris, qui pardonnait &#224; l'avance tous les crimes dans lesquels ils pouvaient &#234;tre impliqu&#233;s, &#224; l'exception de ceux tels que la trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[41] Peaceful Rise or Yellow Peril ? (&#201;veil paisible ou p&#233;ril jaune ?,) Peter Nolan, CITIC pacific research advance, 7 avril 2006, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[42] Minzuzhuyi yu zhongguo (Nationalism and China), &lt;a href=&#034;http://www.hexinbbs.com/article/Show&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.hexinbbs.com/article/Show&lt;/a&gt; Article.asp ?Article1D=37&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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