<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.alterinter.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="en">
	<title>Alternatives International</title>
	<link>https://www.alterinter.org/</link>
	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
	<language>en</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.alterinter.org/spip.php?id_auteur=2590&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Alternatives International</title>
		<url>https://www.alterinter.org/local/cache-vignettes/L144xH42/siteon0-c616d.png?1749672047</url>
		<link>https://www.alterinter.org/</link>
		<height>42</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="en">
		<title>La Libye s'accapare des terres rizicoles maliennes</title>
		<link>https://www.alterinter.org/?La-Libye-s-accapare-des-terres-rizicoles-maliennes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.alterinter.org/?La-Libye-s-accapare-des-terres-rizicoles-maliennes</guid>
		<dc:date>2009-09-09T14:21:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>COULIBALY Lamine, MONJANE Boaventura</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'accaparement des terres des petits paysans par des grandes entreprises nationales et &#233;trang&#232;res devient un sujet de plus en plus r&#233;voltant au Mali. Apr&#232;s avoir investit dans divers secteurs &#233;conomiques au Mali et en Afrique, ces entreprises nationales ou multinationales se rabattent aujourd'hui sur d'autres cieux, &#224; savoir la terre. Cela, &#224; l'image de MALIBYA, une entreprise libyenne &#224; qui le gouvernement du Mali, dans sa politique de promotion des investissements priv&#233;s dans la production (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'accaparement des terres des petits paysans par des grandes entreprises nationales et &#233;trang&#232;res devient un sujet de plus en plus r&#233;voltant au Mali. Apr&#232;s avoir investit dans divers secteurs &#233;conomiques au Mali et en Afrique, ces entreprises nationales ou multinationales se rabattent aujourd'hui sur d'autres cieux, &#224; savoir la terre. Cela, &#224; l'image de MALIBYA, une entreprise libyenne &#224; qui le gouvernement du Mali, dans sa politique de promotion des investissements priv&#233;s dans la production rizicole a octroy&#233; 100 000 hectares dans la zone Office du Niger, la principale zone rizicole du pays et pr&#233;cis&#233;ment &#224; Macina ouest dans la r&#233;gion de S&#233;gou, quatri&#232;me r&#233;gion du Mali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet strat&#233;gique selon la convention sign&#233;e par les deux pays a pour objectifs principaux : d'assurer l'autosuffisance alimentaire des pays ; le d&#233;veloppement de l'agro-industrie ; et le d&#233;veloppement de l'&#233;levage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le directeur g&#233;n&#233;ral de MALIBYA, Abdalilah Youssef, les composantes du premier volet du projet &#8211; financ&#233; par MALIBYA- sont d'abord la construction d'un canal d'approvisionnement en eau sur une longueur de 40 km, qui s'&#233;tend de la zone de Kolongotomo jusqu'au site du projet, dans la zone de Boky-W&#232;r&#232;. La capacit&#233; minimale du canal est de 130 m3. Ce qui permet d'approvisionner plus de 11 millions de m3 par jour et plus de 4 milliards de m3 par an. L'autre composante, c'est la route, longue, elle aussi, de 40 km. Le co&#251;t du contrat est estim&#233; &#224; 25 milliards de FCFA. Il va &#234;tre ex&#233;cut&#233; sur une dur&#233;e de 12 mois. Pour assurer l'ex&#233;cution des travaux relatifs &#224; la construction du canal et la route le longeant c'est l'entreprise chinoise CGC qui a &#233;t&#233; commandit&#233;e par MALIBYA. Il va s'agir du plus grand canal sur le territoire malien, et l'un des plus grands en Afrique. Nous avons commenc&#233; &#224; mettre en &#339;uvre le projet, qui va s'ex&#233;cuter par &#233;tapes dont la premi&#232;re est de 25 000 hectares de terres agricoles. Pour ces 25 000 hectares, nous avons commenc&#233; les travaux depuis d&#233;j&#224; plus d'un an. Le projet va &#234;tre un projet multi-fonctionnel qui englobe des activit&#233;s d'agriculture (notamment la culture du riz dont la production sera environ 200 000 tonnes par an), d'&#233;levage et d'industrie. Donc, en plus de l'agriculture, il y aura de la production animale, dont les projections seront de 25 000 tonnes de viandes par an, des usines pour la transformation des produits agricoles (comme du concentr&#233; de tomates et des laboratoires, a expliqu&#233; le directeur de MALIBYA au quotidien priv&#233; &#171; L'aube &#187; dans sa parution du 10 novembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le cercle de Macina est un cercle &#224; vocation agro-pastorale et la plus grande zone rizicole de l'Office du Niger en termes de superficie. Il s'agit non seulement d'une zone d'&#233;levage par excellence, mais aussi une zone de transit et de d&#233;part des animaux transhumants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pendant que le gouvernement malien proclame sa volont&#233; d'assurer l'autosuffisance alimentaire du pays, il continue &#224; signer un nombre inqui&#233;tant d'accords avec des investisseurs &#233;trangers. Ce qui permet &#224; ces derniers d'avoir un contr&#244;le sur les terres agricoles les plus importantes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de rappeler &#233;galement qu'il y a quelques ann&#233;es, en marge d'un sommet de la Communaut&#233; des Etats Sah&#233;lo-Sahariens (CEN-SAD) &#224; Bamako, le Pr&#233;sident du Mali, Amadou Toumani Tour&#233; a offert 100 000 hectares &#224; la CEN-SAD dans la zone Office du Niger. Tout porte &#224; croire que la CEN-SAD est dirig&#233;e par la Libye !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libye qui a une d&#233;pendance accrue vis-&#224;-vis des multinationales en mati&#232;re d'approvisionnement des produits agricoles, a import&#233; 177 000 tonnes de riz en 2005 &#233;valu&#233;es &#224; 62 milliards de dollars US, selon les donn&#233;es de la FAO. On se rend compte qu'&#224; l'instar des autres pays arabes, la Libye cherche &#224; sortir de cette d&#233;pendance alimentaire en mettant en &#339;uvre des projets comme celui au Mali. Quelle que soit la destination finale du riz, sa production ne va pas beaucoup aider les agriculteurs et agricultrices du Mali, parce qu'elle va se traduire par l'expulsion de certains agriculteurs locaux de leurs terres et va entrer directement en concurrence avec d'autres producteurs pour l'approvisionnement en eau &#224; partir du fleuve Niger, la plus importante ressource pour l'irrigation de la r&#233;gion. La soci&#233;t&#233; est m&#234;me entr&#233;e en n&#233;gociation avec le gouvernement pour obtenir une priorit&#233; sur l'attribution de l'eau en contre saison, quand les niveaux de l'eau sont faibles. Selon les informations que nous avons obtenues, MALIBYA entend exploiter elle-m&#234;me ces 100 000 hectares de terres, engageant les paysans et paysannes locales comme ouvriers et ouvri&#232;res agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, tous s'inqui&#232;tent de la fa&#231;on dont ce projet va d&#233;truire l'importante diversit&#233; de semences de riz locales, et favoriser un petit nombre de vari&#233;t&#233;s de semences am&#233;lior&#233;es et de techniques modernes dans le domaine agricole, tel que soulign&#233; dans la convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons sign&#233; un contrat avec une soci&#233;t&#233; chinoise pour la production du riz hybride. Aujourd'hui, en terme de rendement en ce qui concerne le riz, le Mali est &#224; 2 tonnes &#224; l'hectare. En introduisant cette nouvelle vari&#233;t&#233; de riz hybride, le rendement sera major&#233; et passera de 2 &#224; 8 ou 9 tonnes &#224; l'hectare. Ce sont essentiellement les pays puissants qui produisent ce riz hybride et qui en ont le monopole. Il n'existe pas encore ici. Il s'agira d'une premi&#232;re au Mali, voire en Afrique ; souligne le directeur de MALIBYA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon des sp&#233;cialistes, cette vari&#233;t&#233; de riz pr&#233;sente une qualit&#233; gustative m&#233;diocre, ce qui constitue un aspect important pour les petits producteurs qui fournissent les march&#233;s locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les semences de cette vari&#233;t&#233; ne peuvent &#234;tre conserv&#233;es et reproduites par les producteurs qui seront oblig&#233;s d'en racheter tous les ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les organisations paysannes locales craignent que la soci&#233;t&#233; libyenne n'introduise du riz g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233; (OGM) sur le territoire malien par le biais de ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali (CNOP), en tant que structure de repr&#233;sentation politique et de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des producteurs Agricoles, a vite saisi le dossier apr&#232;s avoir &#233;t&#233; interpell&#233;e par les organisations paysannes de la base. Elle a d&#233;p&#234;ch&#233; une mission avec des repr&#233;sentants du Programme d'Appui aux Collectivit&#233;s Territoriales pour se rendre compte de l'&#233;tendue des travaux d'am&#233;nagement sur le terrain et de leurs r&#233;percussions sur la population locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Constats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite des cites et des entretiens avec les diff&#233;rents acteurs &#224; la base (r&#233;alis&#233;es du 07 au 10 juillet 2009) : la Pr&#233;fecture, l'Office du Niger, les mairies, la population concern&#233;e, entre autres&#8230; ont abouti aux constats suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La non r&#233;alisation de l'&#233;tude d'impact social et environnemental, alors que les travaux d'am&#233;nagement ont d&#233;but&#233; depuis octobre 2008 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La non-clart&#233; des informations fournies aux diff&#233;rents acteurs quant &#224; l'ex&#233;cution du projet ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La construction du b&#226;timent du bureau de contr&#244;le sur la piste de parcours des animaux &#224; &#171; Boky-w&#232;r&#232; &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'obstruction totale sur 7 kilom&#232;tres de la piste de parcours des animaux de &#171; Kolongo &#187; par la route et un canal en chantier sans que des passages ad&#233;quats alternatifs ne soient pr&#233;vus pour les animaux ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'Office du Niger de Kolongo, qui refusait de signer le contrat de bail car n'ayant pas &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; la signature de la convention, a fait volte-face et d&#233;fend actuellement le projet ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les collectivit&#233;s ne re&#231;oivent aucune taxe de l'extraction des produits de carri&#232;res utilis&#233;s pour la construction de la route ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'entreprise exploite les carri&#232;res sans autorisation de la collectivit&#233; et autres autorit&#233;s locales ; Certaines zones de pr&#233;l&#232;vement de carri&#232;re sont soit des cimeti&#232;res ou des parcelles d&#233;j&#224; loties pour l'extension de la ville par la mairie de Kolongo ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La formation de nuages de poussi&#232;res occasionn&#233;s par la fr&#233;quence des camions d'approvisionnement et accentu&#233;s par le manque d'arrosage, malgr&#233; plusieurs interventions faites par les collectivit&#233;s concern&#233;es avec l'implication de l'administration ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La destruction des cimeti&#232;res par les travaux d'am&#233;nagement du canal et de la route ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La destruction des maisons, des villages, des vergers et jardins mara&#238;chers par la construction de la route et le pr&#233;l&#232;vement des produits de carri&#232;res. (seulement 58 familles seront d&#233;dommag&#233;es sur les 150 familles recens&#233;es comme affect&#233;e) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'expropriation des maisons des villages dans la zone sans compensation &#224; nos jours ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;veloppement des agrocarburants&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si cela ne suffisait pas, la visite a aussi permis d'identifier qu'une autre surface de 100 000 hectares dans la commune de &#171; Monip&#233;bougou &#187;, toujours dans le cercle de Macina, appartenait d&#233;sormais au groupe TOMOTA, un op&#233;rateur &#233;conomique malien qui le d&#233;die &#224; la culture du jatropha, utilis&#233;e comme agrocarburant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des paysans de la commune qui n'ont d'autres richesses que leur terre, ont ici aussi &#233;t&#233; expropri&#233;s au profit d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Selon le premier adjoint du maire, de la commune, Mamadou Coulibaly, l'octroi de ces terres a &#233;t&#233; fait sans l'implication des acteurs concern&#233;s &#224; la base et aucune convention n'a &#233;t&#233; sign&#233;e entre le groupe et la localit&#233;. En plus, les travaux de labour ont atteint la route qui est une route nationale sans tenir compte des bornes plant&#233;s pour identifier les pistes de passage des animaux. Ce qui mettra en cause les r&#233;sultats obtenus par les collectivit&#233;s dans le cadre de la recherche de solutions aux conflits sanglants et voire mortels entre &#233;leveurs et agriculteurs. On a &#233;crit au Pr&#233;fet, au Gouverneur, au ministre de l'Environnement et m&#234;me au groupe TOMOTA pour que les droits de chacun soient respect&#233;s : et les paysans qui ont &#233;t&#233; expropri&#233;s, et la marie qui veut que les pistes de passage des animaux soient respect&#233;es afin d'&#233;viter des conflits, explique M. Coulibaly sur le site du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes paysans n'ayant pas &#233;t&#233; d&#233;dommag&#233;s sont oblig&#233;s de travailler pour le Groupe TOMOTA moyennant 500 &#224; 750 FCFA par jour pour subvenir aux besoins de leurs familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les populations expuls&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mettant &#171; la charrue avant les b&#339;ufs &#187; la population affect&#233;e par le projet MALIBYA n'a d'autre espoir que d'attendre les conclusions quant &#224; leur d&#233;dommagement. Cela &#224; l'image d'Antoinette Demb&#233;l&#233;, une sexag&#233;naire qui s'adonnait au mara&#238;chage depuis des d&#233;cennies dans la parcelle que lui a l&#233;gu&#233; son &#233;poux avant son d&#233;c&#232;s, afin de faire face aux d&#233;penses familiales et autres charges sociales. Elle a &#233;t&#233; expropri&#233;e de sa parcelle situ&#233;e &#224; c&#244;t&#233; du canal d'approvisionnement d'eau dans le cadre des travaux d'am&#233;nagement. Les Chinois sont venus d&#233;truire mon jardin avec tout son contenu : goyaviers, orangers, papayers, oignons&#8230; et jusqu'&#224; pr&#233;sent je n'ai pas &#233;t&#233; d&#233;dommag&#233;e. On a tent&#233; de saisir nos autorit&#233;s locales &#224; savoir : la mairie, l'office du Niger&#8230; celles-ci nous ont fait savoir qu'elles ne peuvent rien contre une d&#233;cision qui est venue du gouvernement et elles n'ont d'autres choix que de constater les travaux. Je suis oblig&#233;e de rester &#224; la maison &#224; faire des petits commerces de cigarettes, de condiments pour faire face aux besoins de la famille. Nous sommes vieilles pour mener des luttes aussi difficiles, car ils nous ont fait savoir que la terre appartient &#224; l'Etat et seuls les arbres et les plantes que l'on a plant&#233;es ou cultiv&#233;es nous appartiennent. Si on essaie de s'informer aupr&#232;s des Chinois qui font l'am&#233;nagement, ils nous disent d'aller voir le Pr&#233;sident de la R&#233;publique et qu'ils n'ont de compte &#224; ne rendre &#224; personne. On n'a pas d'autres espoirs que d'attendre notre d&#233;dommagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'une commission ait &#233;t&#233; mise en place par le village pour recenser tous les probl&#232;mes de la population en vue d'informer la mairie et d'informer la population des d&#233;cisions prises ; bon nombre d'habitants ignorent son existence, ce qui remet en cause sa l&#233;gitimit&#233; et son r&#244;le de d&#233;fense de la population locale. D'autres signalent que cette commission est manipul&#233;e par les d&#233;fenseurs du projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de dire que tout porte &#224; croire que ce projet ne sera b&#233;n&#233;fique qu'a la Libye, contrairement &#224; ce que pense la population, qui esp&#232;re profiter de l'am&#233;nagement de ces 100 000 hectares. Cela est d&#251; &#224; la non clart&#233; de l'information de part et d'autre. L'information est biais&#233;e &#224; tous les niveaux et en fonction des int&#233;r&#234;ts des parties concern&#233;es : la pr&#233;fecture de Macina, l'Office du Niger, la population, entre autre. Ce qui pousse les autorit&#233;s locales &#224; croire &#224; ce projet, &#224; l'image du Pr&#233;fet de Macina M. Ciss&#233; : d'apr&#232;s les constats et les rencontres avec les repr&#233;sentants des deux investisseurs qui n'avaient pas eu lieu avant le d&#233;but des travaux, je pense que c'est un projet porteur qui va permettre d'am&#233;nager une grande superficie et d&#233;velopper le cercle. Je n'ai pas constat&#233; de mauvaise foi de l'un ou de l'autre &#8211;MALIBYA et TOMOTA, peut &#234;tre un probl&#232;me d'approche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur de l'Office du Niger de la zone de Kolongo qui avait affich&#233; un refus vis-&#224;-vis du projet parce qu'il n'avait pas &#233;t&#233; associ&#233; au processus de la signature de la convention, a d&#233;sormais fait volte-face et d&#233;fend le projet. Il pense que l'am&#233;nagement du canal principal long de 17 kilom&#232;tres et qui sert de ravitaillement pourra aussi servir &#224; l'Office du Niger pour am&#233;nager d'autres parcelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de signaler que tous ces souhaits &#233;voqu&#233;s par les diff&#233;rents acteurs d&#233;notent de la non connaissance du contenu de la convention. Car, il convient de dire que la convention sign&#233;e par les deux pays reste jusque l&#224; invisible. Les services concern&#233;s, la population en g&#233;n&#233;ral et plus encore la paysannerie de la localit&#233; ignorent son contenu et sa quintessence. Ce qui justifie peut-&#234;tre un certain espoir de b&#233;n&#233;ficier d'un part cons&#233;quente de cet investissement. Cependant, il n'est nullement garanti dans la convention que la population allait en b&#233;n&#233;ficier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;fense des producteurs locaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant devenue un sujet particuli&#232;rement complexe et sensible, la question de la terre suscite beaucoup d'inqui&#233;tudes quant l'avenir des petits producteurs. Par cons&#233;quent, bon nombre de structures &#233;tatiques (Programme d'appui aux collectivit&#233;s territoriales, Direction nationale de la production des ressources animales) et structures priv&#233;es de la soci&#233;t&#233; civile (Coordination Nationale des Organisations Paysannes et F&#233;d&#233;ration de B&#233;tails et Viandes du Mali) se sont lev&#233;es pour former une commission nationale afin de lutter et d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de la population touch&#233;e qui ne vit que de l'agriculture, l'&#233;levage et la p&#234;che. La CNOP entend non seulement renforcer la lutte avec l'ensemble des organisations de la soci&#233;t&#233; civile, mais aussi organiser avec des parlementaires une interpellation du ministre de l'Agriculture et celui de l'Environnement &#224; l'Assembl&#233;e Nationale pour clarifier le dossier et garantir les droits de tous les acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'un bail de 50 ans renouvelable soit mentionn&#233; dans la convention, bon nombre d'observateurs craignent aussi l'accaparement d&#233;finitif de ces terres par la Libye par l'octroi d'un titre foncier. Cela cr&#233;erait des dangers sans pr&#233;c&#233;dents tels que des r&#233;bellions et la destruction du syst&#232;me semencier de la zone rizicole avec l'introduction de semences am&#233;lior&#233;es, voire m&#234;me des OGM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos sur &lt;a href=&#034;http://www.viacampesina.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.viacampesina.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14808" class="spip_out"&gt;http://www.europe-solidaire.org/spi...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
