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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Les trois fautes de Barack Obama en Afrique</title>
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		<dc:date>2009-09-08T17:47:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Victor Nzuzi, Luc Mukendi, Jean Victor Lemvo, Solange Kon&#233;, Emilie Tamadaho Atchaca, Sophie Perchellet, Aminata Barry Toure, Ibrahim Yacouba, Damien Millet, &#201;ric Toussaint</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s le sommet du G8 en Italie, le pr&#233;sident &#233;tats-unien Barack Obama s'est envol&#233; pour l'Afrique avec un pr&#233;tendu cadeau : une enveloppe de 20 milliards de dollars &#224; distribuer sur 3 ans, afin que les &#171; g&#233;n&#233;reux &#187; donateurs des pays riches &#171; aident &#187; &#224; r&#233;duire la faim dans le monde. Alors que la promesse d'&#233;radiquer la faim est faite r&#233;guli&#232;rement depuis 1970, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a publi&#233; un rapport le mois dernier indiquant que le nombre de personnes sous-aliment&#233;es a pass&#233; le cap du milliard, soit 100 millions de plus durant l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e. Au m&#234;me moment, le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) tirait la sonnette d'alarme et annon&#231;ait qu'il devait r&#233;duire les rations distribu&#233;es au Rwanda, en Ouganda, en Ethiopie, en Cor&#233;e du Nord et au Kenya (pays d'origine de la famille paternelle d'Obama), principalement en raison de la r&#233;duction de la contribution des Etats-Unis, son principal bailleur de fonds |1|.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le sommet du G8 en Italie, le pr&#233;sident &#233;tats-unien Barack Obama s'est envol&#233; pour l'Afrique avec un pr&#233;tendu cadeau : une enveloppe de 20 milliards de dollars &#224; distribuer sur 3 ans, afin que les &#171; g&#233;n&#233;reux &#187; donateurs des pays riches &#171; aident &#187; &#224; r&#233;duire la faim dans le monde. Alors que la promesse d'&#233;radiquer la faim est faite r&#233;guli&#232;rement depuis 1970, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a publi&#233; un rapport le mois dernier indiquant que le nombre de personnes sous-aliment&#233;es a pass&#233; le cap du milliard, soit 100 millions de plus durant l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e. Au m&#234;me moment, le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) tirait la sonnette d'alarme et annon&#231;ait qu'il devait r&#233;duire les rations distribu&#233;es au Rwanda, en Ouganda, en Ethiopie, en Cor&#233;e du Nord et au Kenya (pays d'origine de la famille paternelle d'Obama), principalement en raison de la r&#233;duction de la contribution des Etats-Unis, son principal bailleur de fonds |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; d'un effet d'annonce de la part du pr&#233;sident Obama, qui vient s'ajouter &#224; une longue liste de v&#339;ux pieux n'ayant permis en rien d'am&#233;liorer la situation &#224; l'heure actuelle, il convient de rappeler que le montant de l'aide de 20 milliards sur 3 ans repr&#233;sente moins de 2% de ce que les Etats-Unis ont d&#233;pens&#233; en 2008-2009 pour sauver les banquiers et les assureurs responsables de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s avoir tendu la main aux &#171; amis musulmans &#187; lors du discours du Caire (tout en continuant en coulisse de d&#233;stabiliser la r&#233;gion du Moyen-Orient), apr&#232;s avoir tendu la main aux &#171; amis russes &#187; (tout en gardant ses positions sur le bouclier anti-missiles en Europe de l'Est), Obama tend la main aux &#171; amis africains &#187; (tout en gardant sa casquette n&#233;ocoloniale bien viss&#233;e sur la t&#234;te).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand Obama d&#233;responsabilise les pays riches&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La longue allocution d'Obama &#224; Accra, au Ghana, fait suite &#224; une s&#233;rie de rencontres avec ses homologues &#233;trangers. Sous le pr&#233;texte de refonder les relations &#233;tats-uniennes vis-&#224;-vis du reste du monde, Obama a encore une fois excell&#233; dans l'art de pr&#244;ner l'ouverture et le changement, tout en continuant d'appliquer les funestes politiques de ses pr&#233;d&#233;cesseurs |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, il d&#233;clare qu'il &#171; revient aux Africains de d&#233;cider de l'avenir de l'Afrique &#187; |3|. Pourtant, alors que cette d&#233;claration frapp&#233;e du sceau du bon sens met tout le monde d'accord, ce n'est toujours pas le cas dans la r&#233;alit&#233;, et l'action des pays du G8 est d&#233;terminante depuis un demi-si&#232;cle pour priver les peuples africains de leur souverainet&#233;. Obama n'oublie pas de rappeler qu'il poss&#232;de &#171; du sang africain dans les veines &#187;, comme si cela donnait automatiquement plus de force et de l&#233;gitimit&#233; &#224; son discours. En tout cas, le message est clairement pos&#233; : le colonialisme dont leurs anc&#234;tres ont &#233;t&#233; les victimes ne doit pas constituer une excuse pour les Africains. Il y a l&#224; de fortes similitudes avec le discours que le pr&#233;sident fran&#231;ais Nicolas Sarkozy avait prononc&#233; &#224; Dakar quelques mois apr&#232;s son &#233;lection, discours qui avait soulev&#233; une vague de protestations m&#233;rit&#233;es &#224; laquelle Obama semble miraculeusement &#233;chapper pour l'instant&#8230; Mais nous comptons bien r&#233;parer cette injustice !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, Obama d&#233;responsabilise l'Occident sur l'&#233;tat actuel du d&#233;veloppement du continent. En d&#233;clarant que &#171; le d&#233;veloppement d&#233;pend de la bonne gouvernance &#187; et que &#171; c'est une responsabilit&#233; dont seuls les Africains peuvent s'acquitter &#187;, il part du faux constat que la pauvret&#233; qui r&#232;gne en Afrique est principalement due &#224; la mauvaise gouvernance et aux libres choix des dirigeants africains. En somme, c'est la faute des Africains. Rien de plus erron&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des affirmations comme &#171; l'Occident n'est pas responsable de la destruction de l'&#233;conomie zimbabw&#233;enne au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, ni des guerres o&#249; des enfants sont enr&#244;l&#233;s comme soldats &#187;, le pr&#233;sident Obama occulte le r&#244;le central des pays riches dans l'&#233;volution de l'Afrique. Et notamment celui des institutions financi&#232;res internationales, FMI et Banque mondiale en t&#234;te, ces puissants outils de domination des grandes puissances qui organisent la soumission des peuples du Sud. Cela se fait par l'interm&#233;diaire de politiques d'ajustement structurel (abandon des subventions aux produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, r&#233;duction drastique des d&#233;penses publiques, privatisation d'entreprises publiques, lib&#233;ralisation des march&#233;s, etc.) qui emp&#234;chent la satisfaction des besoins fondamentaux, r&#233;pandent une mis&#232;re galopante, accroissent les in&#233;galit&#233;s et rendent possibles les pires horreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand Obama compare l'incomparable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour appuyer ses dires, Obama compare l'Afrique &#224; la Cor&#233;e du Sud. Il a d'abord expliqu&#233; qu'il y a cinquante ans, quand son p&#232;re a quitt&#233; Nairobi pour &#233;tudier aux Etats-Unis, le Kenya avait un PNB par habitant sup&#233;rieur &#224; celui de la Cor&#233;e du Sud, avant d'ajouter : &#171; On a parl&#233; d'h&#233;ritage du colonialisme et d'autres politiques mises en place par les pays riches. Sans vouloir minimiser ce facteur, mon propos est de dire que la Cor&#233;e du Sud, en travaillant avec le secteur priv&#233; et la soci&#233;t&#233; civile, a r&#233;ussi &#224; mettre en place des institutions qui ont garanti la transparence et la responsabilit&#233;. &#187; Tous ceux qui lisent attentivement les publications du CADTM n'ont pas manqu&#233; de s'&#233;trangler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la pr&#233;tendue r&#233;ussite &#233;conomique de la Cor&#233;e du Sud |4|, s'est faite &#224; l'encontre des recommandations impos&#233;es par la Banque mondiale &#224; la plupart des autres pays en d&#233;veloppement. Apr&#232;s la seconde guerre mondiale et jusqu'en 1961, la dictature militaire au pouvoir en Cor&#233;e du Sud a b&#233;n&#233;fici&#233; de dons importants de la part des Etats-Unis pour un montant de 3,1 milliards de dollars. C'est plus que l'ensemble des pr&#234;ts de la Banque mondiale aux autres pays du tiers-monde pendant la m&#234;me p&#233;riode ! Gr&#226;ce &#224; ces dons, la Cor&#233;e du Sud n'a pas eu &#224; s'endetter pendant 17 ans (1945-1961). Les emprunts ext&#233;rieurs ne deviendront importants qu'&#224; partir de la fin des ann&#233;es 1970, une fois l'industrialisation de la Cor&#233;e bien avanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout a donc commenc&#233; en Cor&#233;e par une dictature &#224; la poigne de fer qui a appliqu&#233; une politique &#233;tatiste et tr&#232;s protectionniste. Cette dictature a &#233;t&#233; mise en place par Washington &#224; l'issue de la seconde guerre mondiale. L'Etat a impos&#233; une r&#233;forme agraire radicale o&#249; les grands propri&#233;taires terriens japonais furent expropri&#233;s sans indemnisations. Les paysans sont devenus propri&#233;taires de petites parcelles de terres (&#233;quivalentes &#224; 3 hectares maximum par famille) et l'Etat a mis la main sur le surplus agricole, autrefois empoch&#233; par les propri&#233;taires japonais quand la Cor&#233;e &#233;tait une colonie nipponne. La r&#233;forme agraire a soumis les paysans &#224; de fortes contraintes. L'Etat fixait les prix et les quotas de production, ne permettant pas le libre jeu des forces du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1961 et 1979, la dictature militaire de Park Chung Hee fut soutenue par la Banque mondiale, bien que la Cor&#233;e se refuse &#224; suivre son mod&#232;le de d&#233;veloppement. A ce moment, l'Etat planifiait d'une main de fer le d&#233;veloppement &#233;conomique du pays. La continuit&#233; de l'adoption de politique d'industrialisation par substitution d'importation et la surexploitation de la classe ouvri&#232;re sont deux des ingr&#233;dients de la r&#233;ussite &#233;conomique du pays. La dictature de Chun Doo Hwan (1980-1987) sera de m&#234;me soutenue par la Banque mondiale, m&#234;me si ses recommandations n'&#233;taient toujours pas suivies (notamment concernant la restructuration du secteur automobile).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, quand Barack Obama d&#233;clare que &#171; la Cor&#233;e du Sud, en travaillant avec le secteur priv&#233; et la soci&#233;t&#233; civile, a r&#233;ussi &#224; mettre en place des institutions qui ont garanti la transparence et la responsabilit&#233; &#187;, il omet de dire que le secteur priv&#233; &#233;tait clairement orient&#233; par l'Etat et que la dictature cor&#233;enne &#171; dialoguait &#187; avec la soci&#233;t&#233; civile &#224; la force du fusil et du canon : l'histoire de la Cor&#233;e du Sud de 1945 au d&#233;but des ann&#233;es 1980 est jalonn&#233;e de massacres et de r&#233;pressions brutales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement important de rafra&#238;chir la m&#233;moire de Barack Obama qui se r&#233;f&#232;re &#224; l'exemple du Zimbabwe pour illustrer l'&#233;chec des Africains et &#224; celui de la Cor&#233;e du Sud comme mod&#232;le. L'ann&#233;e de l'accession du Zimbabwe &#224; l'ind&#233;pendance (1980) a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des soul&#232;vements populaires contre la dictature militaire en Cor&#233;e du Sud. Ils ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;s dans le sang, plus de 500 civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s par les militaires avec le soutien de Washington. A cette &#233;poque, et ce depuis 1945, les forces arm&#233;es sud-cor&#233;ennes &#233;taient plac&#233;es sous le commandement conjoint am&#233;ricano-cor&#233;en, lui-m&#234;me sous le contr&#244;le du commandant en chef des forces des Etats-Unis en Cor&#233;e du Sud. Les massacres perp&#233;tr&#233;s par l'arm&#233;e sud-cor&#233;enne au mois de mai 1980 furent compl&#233;t&#233;s par une r&#233;pression de masse dans les mois qui suivirent. Selon un rapport officiel dat&#233; du 9 f&#233;vrier 1981, plus de 57 000 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es &#224; l'occasion de la &#171; Campagne de purification sociale &#187; engag&#233;e depuis l'&#233;t&#233; 1980. Pr&#232;s de 39 000 d'entre elles ont &#233;t&#233; envoy&#233;es dans des camps militaires pour une &#171; r&#233;&#233;ducation physique et psychologique &#187;. En f&#233;vrier 1981, le dictateur Chun Doo Hwan fut re&#231;u &#224; la Maison Blanche par le nouveau pr&#233;sident des &#278;tats-Unis, Ronald Reagan. Est-ce cet exemple qu'Obama veut offrir au peuple du Zimbabwe et des autres pays d'Afrique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position g&#233;ostrat&#233;gique de la Cor&#233;e fut un de ses atouts majeurs jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980, lui permettant de ne pas tomber sous la coupe du FMI et de la Banque mondiale. Mais dans les ann&#233;es 1990, la situation g&#233;opolitique fut boulevers&#233;e suite &#224; l'effondrement du bloc sovi&#233;tique. Washington changea progressivement d'attitude envers les dictatures alli&#233;es et accepta de soutenir des gouvernements civils. Entre 1945 et 1992, la Cor&#233;e du Sud a &#233;t&#233; sous r&#233;gime militaire avec la b&#233;n&#233;diction de Washington. Le premier opposant civil &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence lors d'une &#233;lection ouverte est Kim Youngsam, qui acceptait le Consensus de Washington et mit en place un agenda clairement n&#233;olib&#233;ral (suppression des barri&#232;res douani&#232;res, privatisations &#224; la cha&#238;ne, lib&#233;ralisation des mouvements des capitaux), ce qui plongea la Cor&#233;e du Sud dans la crise &#233;conomique du sud-est asiatique en 1997-1998. Entre temps, la Cor&#233;e du Sud avait pu r&#233;aliser une industrialisation que les pays riches ont refus&#233;e &#224; l'Afrique. On comprend alors combien l'exemple de la Cor&#233;e du Sud est loin d'&#234;tre convaincant et reproductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, la pauvret&#233; en ressources naturelles a paradoxalement favoris&#233; le d&#233;veloppement de la Cor&#233;e du Sud car le pays a &#233;vit&#233; la convoitise des soci&#233;t&#233;s transnationales. Les &#278;tats-Unis consid&#233;raient la Cor&#233;e comme une zone strat&#233;gique du point de vue militaire face au bloc de l'URSS, pas comme une source cruciale d'approvisionnement (comme le Nigeria, l'Angola ou le Congo-Kinshasa). Si la Cor&#233;e avait &#233;t&#233; dot&#233;e de fortes r&#233;serves de p&#233;trole ou d'autres mati&#232;res premi&#232;res strat&#233;giques, elle n'aurait pas b&#233;n&#233;fici&#233; de la part de Washington de la m&#234;me marge de man&#339;uvre pour se doter d'un puissant appareil industriel. Les &#278;tats-Unis ne sont pas pr&#234;ts &#224; favoriser d&#233;lib&#233;r&#233;ment l'&#233;mergence de concurrents puissants dot&#233;s &#224; la fois de grandes r&#233;serves naturelles et d'industries diversifi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand Obama exon&#232;re le capitalisme de ses fautes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de la crise mondiale actuelle, Obama d&#233;nonce &#171; les actions irresponsables de quelques-uns [qui] ont engendr&#233; une r&#233;cession qui a balay&#233; le globe &#187;. Ainsi, il laisse penser que cette crise est due &#224; l'irresponsabilit&#233; d'une poign&#233;e d'individus dont les exc&#232;s auraient plong&#233; le monde dans la r&#233;cession. De la sorte, il &#233;clipse la responsabilit&#233; de ceux qui ont impos&#233; la d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re depuis presque trente ans, Etats-Unis en t&#234;te. Il serait plus exact de souligner le mod&#232;le de d&#233;veloppement capitaliste productiviste, impos&#233; aux forceps par les pays du Nord, comme &#233;tant la source des multiples crises actuelles qui, loin d'&#234;tre seulement &#233;conomiques, sont aussi d'ordre alimentaire, migratoire, social, environnemental et climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces crises ont pour origine des d&#233;cisions prises par les gouvernements imp&#233;rialistes du Nord, et principalement celui des Etats-Unis qui, contr&#244;lant &#224; la fois le FMI et la Banque mondiale, imposent des conditionnalit&#233;s favorables &#224; leurs int&#233;r&#234;ts et &#224; ceux de leurs grandes entreprises. Depuis &#171; l'ind&#233;pendance &#187; des pays africains, au virage des ann&#233;es 1960 pour la plupart, le FMI et la Banque mondiale agissent telles des chevaux de Troie pour favoriser l'appropriation des richesses naturelles du Sud et d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t des cr&#233;anciers. En soutenant des dictatures aux quatre coins du monde (Mobutu au Za&#239;re, Suharto en Indon&#233;sie, Pinochet au Chili et tant d'autres), puis en faisant appliquer des politiques antisociales rigoureuses, les gouvernements occidentaux successifs n'ont jamais permis que soient garantis les droits humains fondamentaux de par le monde. Les expressions &#171; droit &#224; l'autod&#233;termination &#187;, &#171; d&#233;mocratie &#187;, &#171; droits &#233;conomiques et politiques &#187; ne sont pas des r&#233;alit&#233;s en Afrique, contrairement au poids &#233;crasant du service de la dette et aux complaintes des affam&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A quand l'&#233;mancipation de l'Afrique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique a &#233;t&#233; bris&#233;e par le syst&#232;me d&#233;vastateur de la traite des esclaves dans le cadre du commerce international triangulaire instaur&#233; par l'Europe et ses colons aux Am&#233;riques du 17e au 19e si&#232;cle. Puis elle a &#233;t&#233; mise totalement sous tutelle par le colonialisme europ&#233;en de la fin du 19e si&#232;cle jusqu'aux ind&#233;pendances. Ensuite, l'Afrique a &#233;t&#233; maintenue sous d&#233;pendance par l'interm&#233;diaire du m&#233;canisme de la dette et de l'aide publique au d&#233;veloppement. Apr&#232;s les ind&#233;pendances, elle a &#233;t&#233; livr&#233;e &#224; des potentats (Mobutu, Bongo, Eyadema, Amin Dada, Bokassa, Biya, Sassou Nguesso, Idriss D&#233;by&#8230;) qui la plupart du temps &#233;taient ou sont prot&#233;g&#233;s par les capitales europ&#233;ennes et Washington. Plusieurs hauts dirigeants africains qui voulaient un d&#233;veloppement autonome et favorable &#224; leur population ont &#233;t&#233; assassin&#233;s sur ordre de Paris, de Bruxelles, de Londres ou de Washington (Patrice Lumumba en 1961, Sylvanus Olympio en 1963, Thomas Sankara en 1987&#8230;). Les classes dominantes africaines et les r&#233;gimes politiques qu'elles mettent en place ont tr&#232;s clairement leur part de responsabilit&#233; dans la poursuite des malheurs de l'Afrique. Le r&#233;gime de Robert Mugabe au Zimbabwe en fait partie. Aujourd'hui, les peuples d'Afrique sont directement affect&#233;s par les effets de la crise mondiale dont l'&#233;picentre se trouve &#224; Washington et &#224; Wall Street, r&#233;v&#233;latrice du fait que le capitalisme conduit &#224; une impasse inacceptable pour les peuples. Les origines africaines de Barack Obama sont du pain b&#233;ni pour les entreprises de son pays qui d&#233;fendent des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques tr&#232;s pr&#233;cis dans l'exploitation des mati&#232;res premi&#232;res de l'Afrique. Voil&#224; une r&#233;alit&#233; qu'Obama balaie d'un revers de main, en poursuivant un discours paternaliste et moralisateur afin de convaincre les Africains de ne pas s'engager dans la lutte pour une ind&#233;pendance authentique et un v&#233;ritable d&#233;veloppement garantissant enfin la pleine satisfaction des droits humains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.cadtm.org/Les-trois-fautes-de-Barack-Obama" class="spip_out"&gt;http://www.cadtm.org/Les-trois-faut...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Voir le Financial Times (FT) du 12 juin 2009. Selon le FT, Burham Philbrook, le sous-secr&#233;taire d'Etat &#224; l'Agriculture des Etats-Unis a d&#233;clar&#233; que Washington ne pouvait pas garantir le financement du PAM &#224; hauteur de l'ann&#233;e 2008, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient apport&#233; 2 milliards de dollars &#224; son budget. Toujours selon le FT, Philbrook sugg&#233;rait que le PAM devait r&#233;duire son aide alors qu'il savait parfaitement que le nombre d'affam&#233;s a augment&#233; en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Cette continuit&#233; appara&#238;t &#233;galement dans l'inaction d'Obama face au putsch au Honduras. Tout en condamnant, il laisse faire. Le Pentagone est d'ailleurs tr&#232;s proche des putschistes. Ceux-ci ne resteront pas au pouvoir si le Pentagone leur intime l'ordre de se retirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Les citations d'Obama sont extraites du journal Le Monde, 11 juillet 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Voir Eric Toussaint, Banque Mondiale : le coup d'Etat permanent, CADTM-Syllepse-Cetim, chapitre 11&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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