<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.alterinter.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="en">
	<title>Alternatives International</title>
	<link>https://www.alterinter.org/</link>
	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
	<language>en</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.alterinter.org/spip.php?id_auteur=2573&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Alternatives International</title>
		<url>https://www.alterinter.org/local/cache-vignettes/L144xH42/siteon0-c616d.png?1749672047</url>
		<link>https://www.alterinter.org/</link>
		<height>42</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="en">
		<title>La crise hondurienne et le &#171;made in Washington&#187;</title>
		<link>https://www.alterinter.org/?La-crise-hondurienne-et-le-made-in-Washington</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.alterinter.org/?La-crise-hondurienne-et-le-made-in-Washington</guid>
		<dc:date>2009-08-18T14:44:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Commentaire de Pagina 12</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Au-del&#224; du drame tragique qui frappe le Honduras et de la mise en sc&#232;ne pr&#233;cautionneuse qui a lieu &#224; San Jos&#233;, capitale du Costa Rica, le sort du Honduras se d&#233;cide &#224; Washington. Comme l'a affirm&#233; l'un des principaux conseillers de Lula, comme l'a dit Fidel Castro et toute personne qui suit avec attention les &#233;v&#233;nements. Pourquoi tout va se jouer aux Etats-Unis ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au-del&#224; du drame tragique qui frappe le Honduras et de la mise en sc&#232;ne pr&#233;cautionneuse qui a lieu &#224; San Jos&#233;, capitale du Costa Rica, le sort du Honduras se d&#233;cide &#224; Washington. Comme l'a affirm&#233; l'un des principaux conseillers de Lula, comme l'a dit Fidel Castro et toute personne qui suit avec attention les &#233;v&#233;nements. Pourquoi tout va se jouer aux Etats-Unis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que le Honduras est le plus proche de ce que pourrait &#234;tre une colonie des Etats-Unis au XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au Honduras que les Etats-Unis disposent de la base militaire de Soto Cano, plateforme pour les op&#233;rations contre les mouvements insurrectionnels dans toute l'Am&#233;rique latine au cours de la guerre froide. Au travers de cette derni&#232;re, des liens solides ont &#233;t&#233; tiss&#233;s avec les forces arm&#233;es honduriennes, dont les chefs ont &#233;t&#233; form&#233;s dans les institutions militaires &#233;tats-uniennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Honduras existe une oligarchie soumise et transnationalis&#233;e qui poss&#232;de sa maison d'&#233;t&#233; &#224; Miami et qui d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts des entreprises et du gouvernement am&#233;ricain aussi bien que les siens. Le Honduras a sign&#233; un Trait&#233; de libre commerce (TLC) avec les Etats-Unis, qui donne le libre acc&#232;s au march&#233; du pays &#224; tous les biens &#233;tats-uniens. Ce trait&#233; rel&#232;gue le pays centram&#233;ricain appauvri au r&#244;le de pourvoyeur de biens primaires, situ&#233; &#224; la p&#233;riph&#233;rie du capitalisme mondialis&#233;. C'est au Honduras qu'arrive les fonds envoy&#233;s par les &#233;migr&#233;s (&#171;remesas&#187;), depuis la Floride ou New York et ces fonds maintiennent en vue l'&#233;conomie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Honduras est en vigueur la constitution et le syst&#232;me &#233;lectoral le plus conservateur de la r&#233;gion, un syst&#232;me qui, pratiquement, peut servir &#224; des exp&#233;rimentations populistes et / ou progressistes comme, subitement, Mel Zelaya a d&#233;cid&#233; de l'incarner au cours de la seconde moiti&#233; de son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, le D&#233;partement d'Etat savait qu'un coup d'&#233;tat &#233;tait en pr&#233;paration. Son ambassadeur l'a racont&#233;. Toutefois, le D&#233;partement d'Etat et sa bureaucratie ont commis une erreur qu'ils paieront chers &#224; la fin. Tegucigalpa ne repr&#233;sente pas une destination diplomatique tr&#232;s attractive. Avant la conversion de Zelaya, la capitale du Honduras apparaissait comme &#233;tant un lieu suffisamment peu dangereux et pouvait, de la sorte, permettre de placer le quota d'ambassadeurs r&#233;publicains. D&#232;s lors, y a &#233;t&#233; envoy&#233; Hugo Llorens, un classique exemple d'entrepreneur-diplomate, qui utilise ce type de poste pour s'assurer des op&#233;rations bien pay&#233;es lorsqu'il sera &#224; la retraite, se fondant avec les secteurs les plus corrompus de l'oligarchie locale, secteurs pour lesquels les services de l'ambassadeur sont tr&#232;s utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a r&#233;v&#233;l&#233; Ernesto Seman dans Pagina 12, lorsque H. Llorens &#233;tait en poste en Argentine, il fut un lobbyiste en faveur de l'entreprise Ciccon Calcografica, c'est-&#224;-dire qu'il travaillait pour une entreprise sp&#233;cialis&#233;e dans la colonisation de divers secteurs de l'Etat. Il s'&#233;tait li&#233; &#224; Alfredo Yabran [un homme d'affaire argentin tr&#232;s li&#233; &#224; Carlos Menem] et &#224; Domingo Cavallo [ministre de Menem puis rappel&#233; en mars 2001, apr&#232;s la crise, par Fernando de la Rua]. Llorens a toujours &#233;t&#233; proche des secteurs les plus r&#233;trogrades de l'Eglise, qui avaient comme repr&#233;sentants politiques des personnages comme Esteban Cacho Caselli. Afin de participer aux op&#233;rations les plus rentables d'impression de faux billets, de billets de loterie, de passeports, de carte d'identit&#233;, de permis de conduire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon des sources diplomatiques et selon des organismes multilat&#233;raux [Organisation des Etats am&#233;ricains (OEA), etc.], au Honduras, les forces ayant fait le coup d'&#233;tat avaient suffisamment persuad&#233; Hugo Llorens qu'un coup s&#233;rieux pouvait fonctionner. Et que c'&#233;tait la meilleure fa&#231;on d'emp&#234;cher que Zelaya obtienne sa r&#233;&#233;lection et que le Honduras tombe dans l'orbite de Chavez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, c'&#233;tait une stupidit&#233;. Pour autant que Zelaya le tentait [obtenir la modification de la constitution pour se pr&#233;senter &#224; nouveau], et probablement il allait le faire, il ne disposait ni des votes, ni du pouvoir l&#233;gal, ni du pouvoir institutionnel, ni du pouvoir militaire pour obtenir sa r&#233;&#233;lection. Il devait remettre son mandat au cours d'une p&#233;riode de six mois. La Cour supr&#234;me, la Cour &#233;lectorale, le Congr&#232;s, les g&#233;n&#233;raux du Honduras, l'ambassade am&#233;ricaine, les Eglises catholique et protestante, deux des trois principales organisations d'entrepreneurs, les journaux nationaux, les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et jusqu'&#224; son propre parti, le parti lib&#233;ral, s'&#233;tait prononc&#233; contre sa r&#233;&#233;lection. Et la constitution en vigueur statuait qu'une tentative de r&#233;&#233;lection &#233;quivalait &#224; un d&#233;lit. En plus, dans les enqu&#234;tes d'opinion, Zelaya n'atteignait pas le 50 % des intentions de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, Llorens ne faisait pas ce genre de comptes. Non pas pour des raisons d'affinit&#233;s id&#233;ologiques mais pour des int&#233;r&#234;ts partag&#233;s. Llorens a donc achet&#233; les analyses parano&#239;aques et revanchardes des organisateurs du coup d'&#233;tat et ses messages envoy&#233;s &#224; Washington affirmaient que Zelaya repr&#233;sentait un danger. Lors de ses conversations avec les &#171;golpistes&#187;, il &#233;tait difficile &#224; Llorens de d&#233;fendre la ligne d&#233;velopp&#233;e par Obama lors de la derni&#232;re r&#233;union [en mars 2009] de l'OEA : plus de coup, plus &#171;d'interventionnisme&#187;, nous sommes tous des associ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tom Shannon, sous-secr&#233;taire d'Etat pour la r&#233;gion a d&#251; voyager &#224; Tegucigalpa pour transmettre le message &#224; Micheletti [le pr&#233;sident de facto] et au g&#233;n&#233;ral &#171;golpiste&#187; Romeo Vazquez en insistant qu'il lui &#233;tait p&#233;nible de rencontrer Llorens. Toutefois, sur un point, les repr&#233;sentants des Etats-Unis et les golpistes &#233;taient d'accord : Mel Zelaya ne pouvait pas prolonger sa fonction pr&#233;sidentielle au-del&#224; de l'&#233;ch&#233;ance de son mandat. S'il ne le respectait pas, il fallait l'arr&#234;ter. Sur cela, un consensus existait entre : Llorens, Shannon, les militaires &#233;tats-uniens de la base de Soto Cano, les militaires du Honduras, les civils golpistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait contenir l'expansion chaviste que, pr&#233;tendument, aurait impliqu&#233;e la r&#233;&#233;lection de Zelaya. Une expansion dangereuse, non seulement au niveau territorial puisque s'&#233;tendant en direction du c&#339;ur du pouvoir militaire &#233;tats-unien dans la r&#233;gion, mais aussi au niveau id&#233;ologique. En effet, si l'on permettait aux alli&#233;s de Chavez de r&#233;former leur constitution selon leur plaisir pour se maintenir au pouvoir, l'&#233;quilibre r&#233;gional se perdait et les int&#233;r&#234;ts de Washington n'&#233;taient plus prot&#233;g&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, avant qu'Obama puisse r&#233;agir, les ministres des affaires &#233;trang&#232;res de l'h&#233;misph&#232;re se sont r&#233;unis &#224; Washington [d&#233;but juillet 2009] dans le cadre de l'OEA pour exiger le retour imm&#233;diat et inconditionnel de Zelaya [Zelaya avait &#233;t&#233; exil&#233; au Costa Rica]. Les Etats-Unis n'ont pas trouv&#233; d'autres solutions que de soutenir cette r&#233;solution d'autant plus qu'Obama avait exprim&#233; un engagement de ce type avec les pr&#233;sidents de toute la r&#233;gion. N&#233;anmoins, un terme incommodait les Nord-Am&#233;ricains : l'adjectif &#171;inconditionnel&#187;. Foggy Bottom [allusion m&#233;tonymique au nom du quartier &#224; la limite duquel se trouve le D&#233;partement d'Etat &#224; Washington D.C.], ne voulait pas un retour inconditionnel. Le D&#233;partement d'Etat acceptait que Zelaya retourne, mais il ne voulait pas qu'il reste au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shannon, &#224; coup s&#251;r, a recommand&#233; de faire ce qui est fait &#224; l'occasion de chaque crise dans la r&#233;gion, depuis qu'il &#233;tait en charge de celle-ci lors de la fin du mandat de George W. Bush : baisser les d&#233;cibels dans l'affrontement avec Chavez et n&#233;gocier avec le Br&#233;sil une position commune qui int&#232;gre les autres pays de la r&#233;gion. Comme Lula voulait que Zelaya retourne et qu'Obama d&#233;sirait qu'il ne reste pas au pouvoir, un accord s'est fait &#224; Moscou afin que Zelaya retourne mais qu'il ne reste pas &#224; la pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour passer du &#171;qu'il retourne sans condition&#187; au &#171;qu'il retourne mais s'en aille&#187;, Shannon, Hillary Clinton et d'autres t&#234;tes d'&#339;ufs de Foggy Bottom ont eu l'id&#233;e de faire appel au pr&#233;sident du Costa Rica, Oscar Arias, afin que ce dernier concr&#233;tise l'accord entre Obama et Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de la m&#233;diation d'Arias fut comme un seau d'eau pour l'OEA. &#171;Nous sommes arriv&#233;s invaincus et, d'un coup, ils [Lula et Obama] nous ont laiss&#233;s devant la porte&#187; a expliqu&#233; de mani&#232;re illustr&#233;e un membre de l'OEA. Ni maladroit, ni paresseux, Arias a mis sur la table sa version &#171;light&#187; du &#171;retour inconditionnel&#187; : amnistie pour tous, gouvernement &#171;d'unit&#233; nationale&#187;, &#233;lections anticip&#233;es, forces arm&#233;es plac&#233;es sous les ordres de la Cour &#233;lectorale, promesse publique de Zelaya de s'en aller sans modifier la constitution. De la sorte, l'OEA se trouvait otage du Costa Rica, de son pr&#233;sident. S'il y avait un accord, ce dernier aurait un r&#244;le en vue dans la mise en &#339;uvre et la v&#233;rification des accords. Si l'accord &#233;chouait, on lui referait le portrait gr&#226;ce aux critiques qui se faisaient entendre de mani&#232;re croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays de l'ALBA (Alternative bolivarienne pour les Am&#233;riques) n'&#233;taient de m&#234;me pas content. Fidel Castro a accus&#233; Arias de vouloir consolider les r&#233;sultats du coup. Par contre, Chavez a fait conna&#238;tre ses objections, mais, par la suite, il a manifest&#233; un silence sonore face aux &#233;ditoriaux rageurs du commandant cubain. Chavez avait d&#233;cid&#233; de baisser le profil au Costa Rica pour pouvoir jouer plus fortement sa carte &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zelaya a accept&#233; de suite la proposition d'Arias ; Micheletti la refusa. Il pensait qu'il pouvait faire changer Washington. Plus les jours pass&#232;rent et plus Arias se montrait nerveux parce que les golpistes ne descendaient pas de leur cheval. Lorsque la p&#233;riode fix&#233;e s'est termin&#233;e, le prix Nobel costaricain [Arias a &#233;t&#233; prix Nobel de la paix en 1987] a r&#233;affirm&#233; sa proposition, augment&#233;e de quelques d&#233;tails que les golpistes demandaient. Par exemple : faire un &#233;loge du &#171;professionnalisme&#187; des militaires honduriens ; &#233;tablir une &#171;commission de la v&#233;rit&#233;&#187; ; d&#233;clarer un moratoire durant six mois [le temps jusqu'&#224; la fin du mandat de Zelaya] pour un quelconque jugement politique. Micheletti a r&#233;affirm&#233; son opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passait-il &#224; Washington ? Le lobby anticastriste, avec son &#233;picentre &#224; Miami, avait retrouv&#233; &#233;nergie d'autrefois et avait du coup au Honduras sa nouvelle cause patriotique. Sous la houlette des dinosaures Otto Juan Reich [un cubano-am&#233;ricain qui a servi sous les administrations de Reagan et de Bush sr et jr ; il fut ambassadeur au Venezuela] et de Roger Noriega [il a &#233;t&#233; secr&#233;taire adjoint pour l'h&#233;misph&#232;re occidental sous l'administration de George W. Bush], des personnes de r&#233;f&#233;rences pour Llorens, ce groupe petit et marginal &#8211; qui fut influent par le pass&#233; mais dont l'image face &#224; l'opinion publique &#233;tats-unienne s'&#233;croula suite &#224; l'affaire de Elian Gonzales, ce jeune exil&#233; dont la justice am&#233;ricaine accepta le retour demand&#233; &#224; Cuba &#8211; envahit les r&#233;dactions des quotidiens, des m&#233;dias avec l'aide de sp&#233;cialistes en marketing. Ils venaient pr&#233;senter le &#171;cas hondurien&#187; devant les d&#233;cideurs de Washington. Hector Timerman, ambassadeur argentin &#224; Washington, d&#233;clarait : &#171;si tu vas au Congr&#232;s, c'est plein de Honduriens et de personnes pay&#233;es par les Honduriens qui font du lobbying en faveur du coup d'&#233;tat.&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, l'attention d'Obama &#233;tait dirig&#233;e dans une autre direction. Le pr&#233;sident cherchait d&#233;sesp&#233;r&#233;ment les votes n&#233;cessaires pour faire passer sa r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233;, et il le fait toujours ; or c'est une question d&#233;cisive qui l'oppose aux R&#233;publicains et m&#234;me &#224; une partie des D&#233;mocrates. La derni&#232;re chose qu'Obama voulait et veut, c'est de perdre des votes &#224; l'occasion d'un d&#233;bat pour savoir s'il y avait eu ou non un coup d'&#233;tat au Honduras. Pour cette raison, il y avait d'un c&#244;t&#233; une fanfare, marginale, mais qui faisait beaucoup de bruit, et, de l'autre, une fanfare qui d&#233;tenait le pouvoir mais qui ne r&#233;pondait pas. Cela a cr&#233;&#233; un microclimat que diff&#233;rents analystes ont confondu avec une &#171;lutte interne f&#233;roce&#187; au sein du gouvernement nord-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce furent les diplomates argentins et v&#233;n&#233;zu&#233;liens qui prirent en charge l'essentiel de la campagne en faveur de Zelaya. Ils ont combattu en nombre inf&#233;rieur le lobby anticastriste lors des heures d&#233;cisives qui firent suite au coup. Ils ont d&#233;fini l'agenda politique de la d&#233;l&#233;gation en faveur de Zelaya, lorsque ce dernier, une semaine plus tard, essaya de retourner au Honduras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gestion a suscit&#233; le rapprochement diplomatique le plus grand entre le Venezuela et les Etats-Unis que l'on a connu jusqu'&#224; ce moment. Selon une source digne de foi, il y a eu y compris un travail commun, un rapprochement entre les deux gouvernements qui ont pr&#233;f&#233;r&#233; faire silence &#224; ce sujet pour des raisons de politique int&#233;rieure. Le terme Chavez est une injure aux Etats-Unis ; et le terme Etats-Unis est une injure dans le Venezuela chaviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du bruit suscit&#233;, &#224; l'heure de faire les comptes, le r&#233;sultat des &#171;golpistes&#187; fut assez maigre. 18 votes sur les 400 congressistes &#233;tats-uniens s'exprim&#232;rent en faveur d'une condamnation de la tentative de r&#233;&#233;lection de Zelaya. A cela s'ajoute quelques &#233;ditoriaux favorables dans des quotidiens importants et le renvoi durant quelques semaines de la nomination d'Arturo Valenzuela (sous-secr&#233;taire pour l'Am&#233;rique latine) et Shannon, comme ambassadeur au Br&#233;sil. Ce ne fut pas beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil a jou&#233; comme il le fait dor&#233;navant dans la r&#233;gion. Il l'a fait avec les FARC de Colombie, il l'a fait &#224; l'occasion de la tentative de coup d'&#233;tat en Bolivie. Le Br&#233;sil se montre serein, confiant, il ne court pas apr&#232;s la balle sachant que, t&#244;t ou tard, elle lui reviendrait dans les mains. Il laissa faire Arias, comme il l'avait accompagn&#233; dans le cadre de l'OEA. Le Br&#233;sil commen&#231;a &#224; agir ouvertement le 21 juillet, deux jours avant que s'&#233;coule le temps pour la m&#233;diation. Le ministre des affaires &#233;trang&#232;res br&#233;silien, Celso Amorin, appela Hillary Clinton et lui dit qu'il &#233;tait temps de pr&#233;parer Micheletti pour qu'il organise un voyage &#224; Washington. Son atout &#233;tait sa facult&#233; de supprimer les visas [pour des voyages dans le continent] aux golpistes. Selon ce qu'ont pu constater des n&#233;gociateurs forts diff&#233;rents, ce fut l'action br&#233;silienne la plus t&#233;m&#233;raire. Elle se concr&#233;tisa ainsi : les golpistes ne pourraient pas visiter durant longtemps leurs villas &#224; Miami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir parl&#233; avec Amorin, Hillary Clinton prit son t&#233;l&#233;phone et appela Micheletti. Mais, le dictateur jura, devant la presse hondurienne, que la question des visas n'avait m&#234;me pas &#233;t&#233; mentionn&#233;e. Si Micheletti ne ment pas, Hillary Clinton garde cette carte en r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus le temps passe, plus le lobby anticastriste est moins pr&#233;sent &#224; Washington. Uribe, le pr&#233;sident colombien, encourag&#233; par les deux bases militaires que les Etats-Unis lui ont refil&#233;es [apr&#232;s le non-renouvellement des bases en Equateur] s'est laiss&#233; aller &#224; se moquer des golpistes, rompant le consensus au sein de l'OEA. C'est alors que Zelaya d&#233;cida que l'heure &#233;tait venue de faire pression &#224; Washington pour que le d&#233;nouement s'acc&#233;l&#232;re. Il se d&#233;pla&#231;a &#224; la fronti&#232;re entre le Nicaragua et le Honduras. Lula lui souhaita bonne chance. L'Union europ&#233;enne lui demanda de faire montre de &#171;s&#233;r&#233;nit&#233;&#187;. Le Mercosur [qui r&#233;unit le Br&#233;sil, le Paraguay, l'Uruguay et l'Argentine] appuya Zelaya avec une ferme d&#233;claration, mais il ne fut pas invit&#233; &#224; la r&#233;union du Mercosur. Quant &#224; Chavez, il ne s'engagea pas aux c&#244;t&#233;s de Zelaya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pressions multiples oblig&#232;rent Washington &#224; utiliser toute leur influence pour &#233;viter que les militaires honduriens appliquent les ordres de Micheletti et mettent Zelaya en prison, au moment o&#249; il mettrait le pied sur le sol du Honduras. Quand il y mit un pied, un colonel le renvoya fermement au Nicaragua. En syntonie avec le colonel, les Etats-Unis utilis&#232;rent tout leur pouvoir de s&#233;duction pour obtenir de Zelaya un recul. Ils l'invit&#232;rent &#224; Washington, lui promirent des r&#233;unions avec des hauts responsables et lui jur&#232;rent que ce genre de probl&#232;me serait r&#233;solu sans sang et que c'&#233;tait une question de jours. Si Zelaya rentrait au Honduras sans le contr&#244;le d'Arias et de l'OEA, les Etats-Unis ne pourraient pas le contr&#244;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc Zelaya resta sur place, &#224; la fronti&#232;re ; avec l'espoir que les militaires honduriens le laisseraient revenir. Et les tr&#232;s professionnels militaires honduriens qui, auparavant, d&#233;sob&#233;issaient &#224; Zelaya, d&#233;sob&#233;issent maintenant &#224; Micheletti. Ils rest&#232;rent aussi sur place, cette fois en silence et &#224; l'int&#233;rieur de leurs casernes. En attendant que leurs v&#233;ritables patrons, les commandos de la base de Soto Cano, leur disent qu'est-ce qu'il faudra faire. Au moment de boucler cette &#233;dition [le 25 juillet], les militaires &#233;tats-uniens au Honduras attendaient les ordres de Washington. (traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.forumdesalternatives.org/FR/readarticle.php?article_id=5906" class="spip_out"&gt;http://www.forumdesalternatives.org...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
