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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Le contentieux Paraguay-Br&#233;sil Barrage d'Itaipu : accord historique ou imp&#233;rialisme br&#233;silien ?</title>
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		<dc:date>2009-08-07T14:02:14Z</dc:date>
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		<dc:creator>C&#233;cile Lamarque</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s 10 mois d'&#226;pres n&#233;gociations, le pr&#233;sident br&#233;silien Lula da Silva et son homologue paraguayen Fernando Lugo ont annonc&#233; samedi 25 juillet la conclusion d'une D&#233;claration qualifi&#233;e d'&#171; historique &#187; sur l'exploitation du barrage hydro&#233;lectrique d'Itaipu. Forte de 31 points qui recouvrent divers aspects des relations commerciales, &#233;nerg&#233;tiques, migratoires et de l'int&#233;gration r&#233;gionale, et avec des avanc&#233;es concernant la libre disponibilit&#233; et le prix de l'&#233;nergie paraguayenne c&#233;d&#233;e au Br&#233;sil, cette D&#233;claration cache cependant mal la volont&#233; h&#233;g&#233;monique du g&#233;ant br&#233;silien. Si d'aucuns y voient la pleine satisfaction des revendications paraguayennes et une avanc&#233;e majeure vers la r&#233;cup&#233;ration du contr&#244;le de ses ressources naturelles, la D&#233;claration s'apparente davantage &#224; une &#171; feuille de route &#187; mue par les vis&#233;es imp&#233;rialistes du Br&#233;sil et visant &#224; calmer les vell&#233;it&#233;s du gouvernement paraguayen de sortir du giron br&#233;silien.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;par C&#233;cile Lamarque*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 10 mois d'&#226;pres n&#233;gociations, le pr&#233;sident br&#233;silien Lula da Silva et son homologue paraguayen Fernando Lugo ont annonc&#233; samedi 25 juillet la conclusion d'une D&#233;claration qualifi&#233;e d'&#171; historique &#187; sur l'exploitation du barrage hydro&#233;lectrique d'Itaipu. Forte de 31 points qui recouvrent divers aspects des relations commerciales, &#233;nerg&#233;tiques, migratoires et de l'int&#233;gration r&#233;gionale, et avec des avanc&#233;es concernant la libre disponibilit&#233; et le prix de l'&#233;nergie paraguayenne c&#233;d&#233;e au Br&#233;sil, cette D&#233;claration cache cependant mal la volont&#233; h&#233;g&#233;monique du g&#233;ant br&#233;silien. Si d'aucuns y voient la pleine satisfaction des revendications paraguayennes et une avanc&#233;e majeure vers la r&#233;cup&#233;ration du contr&#244;le de ses ressources naturelles, la D&#233;claration s'apparente davantage &#224; une &#171; feuille de route &#187; mue par les vis&#233;es imp&#233;rialistes du Br&#233;sil et visant &#224; calmer les vell&#233;it&#233;s du gouvernement paraguayen de sortir du giron br&#233;silien.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;4 ao&#251;t 2009&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.alterinter.org/local/cache-vignettes/L400xH238/1-418-b2ffd.jpg?1749681002' width='400' height='238' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; Situ&#233;e sur le fleuve Paran&#225;, &#224; la fronti&#232;re entre le Paraguay et le Br&#233;sil, la centrale hydro-&#233;lectrique d'Ita&#239;pu s'&#233;tend sur 7,2 km de long. Elle est la plus puissante au monde apr&#232;s celle des Trois gorges en Chine.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement paraguayen de Fernando Lugo qui est entr&#233; en fonction en ao&#251;t 2008 a entrepris des n&#233;gociations avec celui de Lula au Br&#233;sil pour r&#233;viser le trait&#233; d'Itaipu, qui fixe l'usage des ressources hydro&#233;lectriques relevant de leur souverainet&#233; commune au sein de l'entreprise binationale Itaipu [1]. En effet, ce trait&#233; largement d&#233;s&#233;quilibr&#233; au profit du Br&#233;sil, conclu &#224; l'&#233;poque o&#249; les deux pays vivaient sous des dictatures militaires, &#244;te au Paraguay toute souverainet&#233; sur ses ressources hydro&#233;lectriques. Apr&#232;s 10 mois de n&#233;gociations, marqu&#233;es fin 2008 par la reconnaissance des revendications paraguayennes les moins pr&#233;judiciables aux int&#233;r&#234;ts br&#233;siliens [2], la D&#233;claration sur l'exploitation du barrage d'Itaipu conclue samedi 25 juillet entre le pr&#233;sident br&#233;silien Lula et son homologue paraguayen Lugo marque un pas en avant dans les n&#233;gociations et vers la r&#233;cup&#233;ration de la souverainet&#233; du Paraguay, aussi longtemps d&#233;sir&#233;e qu'ajourn&#233;e. Cependant, sous couvert de &#171; respect strict des droits humains, de la souverainet&#233; et de l'autod&#233;termination de peuples &#187;, cette D&#233;claration confirme la volont&#233; imp&#233;rialiste du g&#233;ant br&#233;silien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maintenir jusqu'en 2023 l'&#233;nergie paraguayenne sous la tutelle br&#233;silienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avanc&#233;e la plus concr&#232;te porte sur le prix de l'&#233;nergie c&#233;d&#233;e &#224; Brasilia. En effet, le Trait&#233; d'Itaipu, tel qu'il est appliqu&#233; depuis 36 ans, viole le droit du peuple paraguayen &#224; disposer librement de ses ressources naturelles [3]. Ses dispositions organisent le partage &#224; part &#233;gale de l'&#233;nergie produite par les installations d'Itaipu entre les deux pays et donnent &#224; chacune des parties le droit d'acqu&#233;rir la part d'&#233;nergie non consomm&#233;e par l'autre (article 13). Le Paraguay, qui ne consomme que 5 % de sa part d'&#233;nergie (il ne compte que 6 millions d'habitants contre 184 millions pour le Br&#233;sil), est contraint de c&#233;der son exc&#233;dent de 95 % au Br&#233;sil, au prix de revient, ou presque. Au sein de la commission de ren&#233;gociation d'Itaipu, l'&#201;tat paraguayen revendique donc tout naturellement, dans les six points de la ren&#233;gociation [4], l'exercice de son droit souverain et inali&#233;nable &#224; la libre disponibilit&#233; de ses ressources hydro&#233;lectriques, en refusant de vendre exclusivement son &#233;lectricit&#233; au Br&#233;sil, et en demandant un prix juste pour l'&#233;nergie qu'il c&#232;de au Br&#233;sil afin de d&#233;gager plus de ressources financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 juillet, Lula a accept&#233; de tripler le facteur multiplicateur sur base duquel est calcul&#233; le prix de l'&#233;nergie c&#233;d&#233;e au Br&#233;sil via la compagnie br&#233;silienne Electrobras. Passant de 5,1 &#224; 15,3, le Br&#233;sil versera ainsi annuellement environ 360 millions de dollars au Paraguay pour la vente d'&#233;lectricit&#233; &#224; son immense voisin, contre 120 millions actuellement. Cette mesure entrera en vigueur en 2010 et doit &#234;tre au pr&#233;alable soumise &#224; l'approbation du Congr&#232;s br&#233;silien, dont on conna&#238;t l'hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard des revendications paraguayennes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette avanc&#233;e est &#224; souligner, on est cependant loin du &#171; prix juste &#187; r&#233;clam&#233; initialement par le Paraguay. Ricardo Canese, ing&#233;nieur sp&#233;cialiste en &#233;nergie et expert au sein de la Commission de ren&#233;gociation du trait&#233;, estime qu'au prix du march&#233;, le Paraguay devrait retirer pas moins de 4 milliards de dollars pour l'&#233;nergie qu'il vend au Br&#233;sil [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La D&#233;claration pr&#233;voit la possibilit&#233; pour le Paraguay de vendre graduellement l'&#233;nergie produite sur le march&#233; br&#233;silien, sans passer obligatoirement par la compagnie nationale br&#233;silienne Electrobras, mais non &#224; un pays tiers comme le demandait Asunci&#243;n, une perspective repouss&#233;e &#224; 2023. Ce dernier point, dans lequel le Br&#233;sil reconna&#238;t le droit du Paraguay de vendre son &#233;nergie &#224; des pays tiers &#224; partir de 2023, ne constitue pas une avanc&#233;e mais t&#233;moigne de l'inflexibilit&#233; de l'administration br&#233;silienne et de ses pr&#233;tentions &#224; pr&#233;server ses int&#233;r&#234;ts sur l'&#233;nergie paraguayenne. En effet, le Trait&#233; d'Itaipu &#8212;&#224; supposer qu'il soit l&#233;gitime&#8212; est en vigueur jusqu'en 2023, date &#224; laquelle le Paraguay pourra de toute fa&#231;on exercer librement ce droit. Une fois les infrastructures en place (lignes, transformateurs, etc), le Paraguay doit donc pouvoir vendre librement au plus offrant. Par exemple, le Chili propose actuellement de payer entre 120 et 150 US$/MWh pour l'&#233;nergie paraguayenne, tandis que sur le march&#233; br&#233;silien les prix fluctuent entre 60 et 70 US$/MWh [6]. De plus, certains analystes consid&#232;rent que la vente exclusive sur le march&#233; br&#233;silien jusqu'en 2023 est une victoire en demi-teinte puisque les Br&#233;siliens seront alors encore en mesure d'influer sur la fixation des prix [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la D&#233;claration fait montre explicitement des vis&#233;es br&#233;siliennes sur les autres sources d'&#233;nergies hydro&#233;lectriques paraguayennes dans son point 8, qui pr&#233;voit la mise en place d'un groupe de travail compos&#233; des deux entreprises nationales d'&#233;lectricit&#233;, l'Administraci&#243;n Nacional de Electricidad (ANDE, Paraguay) et Electrobras (Br&#233;sil), afin &#171; d'examiner dans quelles conditions l'ANDE peut commercialiser sur le march&#233; br&#233;silien l'&#233;nergie de l'entreprise hydro&#233;lectrique d'Acaray et, ensuite, du barrage de Yguaz&#250; quand il sera op&#233;rationnel, ainsi que les exc&#233;dents disponibles issues d'autres sources du Paraguay &#187;. Alors qu'il r&#233;clame un prix du march&#233; pour son &#233;nergie issue d'Itaipu, sans autre examen, le Paraguay devrait logiquement vendre l'&#233;nergie issue des autres barrages au prix du march&#233; sans recourir &#224; ce groupe de travail bi-national ! &#192; d&#233;faut, on comprendrait mal la lutte historique pour la r&#233;cup&#233;ration de la souverainet&#233; hydro&#233;lectrique si c'est pour reproduire les m&#234;mes travers via de nouveaux accords favorables au Br&#233;sil !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'annulation des dette ill&#233;gitimes d'Itaipu vs les pr&#234;ts de la BNDES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la D&#233;claration, sans qu'il soit clairement fait mention du caract&#232;re ill&#233;gitime des dettes dont le Paraguay r&#233;clame l'annulation [8], Fernando Lugo a toutefois &#171; inform&#233; sur l'audit que la Contralor&#237;a Generale de la R&#233;publique du Paraguay r&#233;alise sur la dette de Itaip&#250; Binacional, et son intention de transmettre ses conclusions &#224; la partie br&#233;silienne &#187;. Le Br&#233;sil s'&#233;tait jusqu'&#224; lors refus&#233; &#224; aborder la probl&#233;matique de la dette d'Itaipu, au c&#339;ur du m&#233;canisme visant &#224; d&#233;pouiller le Paraguay de sa souverainet&#233;. Le fait que le Br&#233;sil accepte d'inclure express&#233;ment &#224; la D&#233;claration le processus d'audit men&#233; au Paraguay, est donc en soi un pas important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la juste revendication paraguayenne de proc&#233;der &#224; l'annulation des dettes ill&#233;gitimes au cours de n&#233;gociations pr&#233;c&#233;dentes, le Br&#233;sil avait oppos&#233; &#224; titre de compensations l'octroi de pr&#234;ts li&#233;s aux entreprises br&#233;siliennes pour financer des projets productifs au Paraguay, alors m&#234;me que les pr&#233;sidents Lugo et Lula, r&#233;unis &#224; l'occasion du Forum social mondial en janvier au Br&#233;sil, &#233;taient convenus de ne pas inclure la question des pr&#234;ts dans les n&#233;gociations d'Itaipu [9]. Entre autres points de discordes, cette proposition, jug&#233;e &#224; juste titre inacceptable par l'&#233;quipe paraguayenne de ren&#233;gociation du Trait&#233;, avait fait &#233;chouer les n&#233;gociations en janvier et avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pr&#233;sente D&#233;claration, sans l'opposer ou la lier directement &#224; l'annulation des dettes, Lula n'a cependant pas manqu&#233; de r&#233;it&#233;rer &#171; l'offre de financements en des termes favorables, avec des ressources de la BNDES (Banco Nacional de Desenvolvimento Econ&#244;mico e Social - Br&#233;sil) et de PROEX (Programme de Financement des Exportations), pour des ouvrages d'infrastructure d'int&#233;r&#234;t pour le gouvernement paraguayen &#187;, alors qu'on croyait ce point d&#233;finitivement exclu de l'agenda des n&#233;gociations d'Itaipu. La BNDES est la Banque nationale de d&#233;veloppement &#233;conomique et social br&#233;silienne, cr&#233;&#233;e pour soutenir l'expansion des grandes entreprises br&#233;siliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, des l&#233;gislateurs et grands industriels br&#233;siliens n'ont pas tard&#233; &#224; r&#233;agir &#224; la D&#233;claration commune. D&#233;j&#224;, les premi&#232;res objections quant &#224; la hausse du prix vers&#233; par le Br&#233;sil pour l'&#233;nergie c&#233;d&#233;e par son voisin pleuvent, et le ministre des Mines et de l'&#201;nergie du cabinet de Lula, Edison Lob&#227;o, a corrig&#233; le tir : le Br&#233;sil ne proc&#233;derait pas au paiement des 360 millions de dollars mais celui-ci se mat&#233;rialiserait au travers d'une r&#233;duction des int&#233;r&#234;ts de la dette d'Itaipu pay&#233;s par le Paraguay au Br&#233;sil ! [10]&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_161 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.alterinter.org/local/cache-vignettes/L400xH273/LL-246b2.jpg?1749681002' width='400' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; Un brin paternaliste, le pr&#233;sident br&#233;silien Lula da Silva f&#233;licite son homologue paraguayen Fernando Lugo.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aupr&#232;s de la BNDES tu t'endetteras. Les int&#233;r&#234;ts des firmes br&#233;siliennes tu serviras&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La D&#233;claration transpire de la volont&#233; br&#233;silienne de mettre le Paraguay au service des entreprises br&#233;siliennes afin de leur garantir des contrats ou des investissements. Dans ses articles 21 &#224; 24, la D&#233;claration met en &#233;vidence la n&#233;cessit&#233; d'avancer, dans le cadre du d&#233;veloppement des couloirs bio-oc&#233;aniques li&#233;s &#224; l'Initiative d'int&#233;gration de l'infrastructure r&#233;gionale sud-am&#233;ricaine (IIRSA) [11], dans la construction d'une s&#233;rie de infrastructures, suppos&#233;es b&#233;n&#233;fiques &#224; l'&#233;conomie des deux pays et de la r&#233;gion (ponts entre les deux pays, interconnexions ferroviaires, etc), et qui b&#233;n&#233;ficieront des pr&#234;ts de la BNDES et d'autres agences br&#233;siliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BNDES dispose d'un portefeuille de pr&#234;ts de 22 milliards de dollars (plus que la Banque mondiale) et apporte les principaux capitaux des m&#233;ga projets de l'IIRSA. Les pays qui b&#233;n&#233;ficient de ces pr&#234;ts &#171; ne pourront pas employer leurs propres entreprises de construction pour ces travaux financ&#233;s par la BNDES. Ils seront oblig&#233;s d'engager des constructeurs br&#233;siliens &#187;, parmi lesquels se distinguent Odebrecht, Andrade Gutierrez, Camargo Correa, Queiroz Galvao, etc. De plus, &#171; la BNDES exige que tout le mat&#233;riel pour les travaux soit import&#233; du march&#233; br&#233;silien &#187; [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XXIe si&#232;cle, la nation la plus puissante d'Am&#233;rique du Sud entend r&#233;aliser ses desseins g&#233;ostrat&#233;giques, non par la conqu&#234;te militaire &#8212;mentionnons la Guerre de la Triple Alliance contre le Paraguay qui a mis fin &#224; l'exp&#233;rience la plus aboutie de construction nationale anti-oligarchique, anti-imp&#233;rialiste et anti-lib&#233;rale en Am&#233;rique latine au cours du XIX&#232;me si&#232;cle [13]&#8212; mais par de grands travaux d'int&#233;gration r&#233;gionale et l'expansion de ses principales entreprises. La strat&#233;gie br&#233;silienne est on ne peut plus claire et les diff&#233;rends qui opposent ses entreprises aux pays voisins se multiplient. &#192; titre d'exemple, en 2006, par d&#233;cret pr&#233;sidentiel, la Bolivie a repris le contr&#244;le du secteur des hydrocarbures, remis aux mains de compagnies priv&#233;s &#233;trang&#232;res au cours des ann&#233;es 1980 et 1990, dont la br&#233;silienne Petrobras. Le pr&#233;sident Lula a &#233;t&#233; mis sous pression par la droite br&#233;silienne pour qu'il d&#233;nonce la d&#233;cision bolivienne mais il n'a finalement pas eu d'autre choix que de reconna&#238;tre la validit&#233; et les effets juridiques de cet acte. Un autre exemple r&#233;cent est l'expulsion d'&#201;quateur par le pr&#233;sident Rafael Correa de l'entreprise de construction br&#233;silienne Odebrecht, qui b&#233;n&#233;ficie du soutien syst&#233;matique de l'&#201;tat br&#233;silien, pour inefficacit&#233; et corruption dans le cadre de la construction d'une centrale hydro&#233;lectrique (la centrale San Francisco), financ&#233;e gr&#226;ce &#224; un pr&#234;t de 243 millions de dollars accord&#233; &#224; l'&#201;quateur par la banque br&#233;silienne BNDES, dont le pr&#233;sident &#233;quatorien a suspendu le paiement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre diplomatie et d&#233;monstration de force. Touche pas aux &#171; brasiguayos &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Lula a exprim&#233; &#171; sa reconnaissance pour l'hospitalit&#233; paraguayenne, qui accueille un nombre important de Br&#233;siliens &#187; dont Fernando Lugo convient qu'elle &#171; se maintiendra imperturbable &#187;. On peut y voir l&#224; une allusion aux &#171; brasiguayos &#187;, ces entrepreneurs br&#233;siliens, qui ont conquis les terres paraguayennes pour y implanter de grandes exploitations bas&#233;es sur l'agriculture intensive dans un premier temps, et derni&#232;rement le soja transg&#233;nique, et que le gouvernement br&#233;silien craint de voir d&#233;log&#233;s par la r&#233;forme agraire au Paraguay, principal engagement lors de la campagne &#233;lectorale qui a valu &#224; Lugo un soutien populaire massif [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2008, face aux occupations de plusieurs champs de soja de propri&#233;taires br&#233;siliens, notamment dans les r&#233;gions de San Pedro et d'Alto Paran&#225;, pr&#232;s de la fronti&#232;re avec le Br&#233;sil, le gouvernement Lula n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; mobiliser des troupes pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts, apr&#232;s avoir &#233;mis d&#233;but octobre 2008 le d&#233;cret 6952, taill&#233; sur mesure, par lequel il autorise des incursions militaires hors de ses fronti&#232;res en cas d'une &#233;ventuelle &#171; agression &#233;trang&#232;re &#187;, d&#233;finie dans l'article 2 comme suit : &#171; des menaces ou des actes nuisibles vis-&#224;-vis de la souverainet&#233; nationale, de l'int&#233;grit&#233; territoriale, du peuple br&#233;silien ou des institutions nationales, m&#234;me si cela ne repr&#233;sente pas l'invasion du territoire national [15] &#187;. A la mi-octobre et durant une semaine, 10 000 soldats br&#233;siliens ont &#233;t&#233; d&#233;p&#234;ch&#233;s &#224; la fronti&#232;re du Paraguay dans le cadre de l'op&#233;ration baptis&#233;e Frontera Sur II. Munis d'un lourd arsenal militaire (avions, tanks, munitions), cette op&#233;ration a &#233;galement men&#233; un exercice au sein de l'entreprise Itaipu pour faire face &#224; une &#233;ventuelle occupation par les mouvements sociaux ! Le gouvernement paraguayen n'a gu&#232;re appr&#233;ci&#233; cette d&#233;monstration de force du Br&#233;sil et a d&#233;nonc&#233; que le Br&#233;sil voulait n&#233;gocier la paix des producteurs de soja en &#233;change d'une petite augmentation du prix de l'&#233;nergie qu'il ach&#232;te au Paraguay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;vision des titres de propri&#233;t&#233;s des Br&#233;siliens &#233;tablis au Paraguay, acquis en grande partie ill&#233;galement sous la dictature du g&#233;n&#233;ral Stroessner puis brad&#233;s sous les gouvernements successifs, est une mesure indispensable, au c&#244;t&#233; de celle des latifundistes nationaux, pour mettre fin &#224; la scandaleuse concentration des terres et tendre vers la souverainet&#233; alimentaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne pas c&#233;der face au g&#233;ant br&#233;silien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations entre le Paraguay et le Br&#233;sil sont mises &#224; l'&#233;preuve sur le dossier &#233;nerg&#233;tique. Du c&#244;t&#233; du Paraguay, les dirigeants pensent que Lula reste le meilleur interlocuteur sur le dossier Itaipu. Leur objectif strat&#233;gique est donc d'arriver &#224; un accord sur Itaipu avant la fin du mandat de Lula en 2010. Les deux chefs d'&#201;tat ont d'ailleurs convenu de se r&#233;unir trimestriellement afin d'appr&#233;cier l'application de la d&#233;claration, ce qui laisse peu de temps pour traiter le litige. Du c&#244;t&#233; du Br&#233;sil, on peut percevoir &#224; travers cette d&#233;claration la double tentative de Lula en vue des &#233;lections : faire mine, d'une part, de r&#233;pondre aux mouvements sociaux br&#233;siliens qui soutiennent les revendications paraguayennes concernant l'injustice historique d'Itaipu et t&#233;moigner, d'autre part, &#224; travers l'inclusion des points relatifs &#224; la BNDES et aux grands projets de construction, de son soutien ind&#233;fectible aux capitalistes et aux entrepreneurs br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar de la Bolivie et de l'&#201;quateur, la posture du gouvernement paraguayen &#224; l'&#233;gard du Br&#233;sil doit &#234;tre ferme. Esp&#233;rons que le Paraguay ne c&#233;dera pas face au g&#233;ant br&#233;silien, maintiendra ses revendications initiales pour la r&#233;vision du Trait&#233; d'Itaipu et m&#232;nera un audit de la dette de l'entreprise binationbale Itaipu, qui a accumul&#233; des milliards de dollars de dettes ill&#233;gitimes, imputables en grande partie au Br&#233;sil et &#224; ses entreprises, et dont la charge repose pour moiti&#233; sur la partie paraguayenne (soit 9,5 milliards de dollars). Cet audit reste en effet une mesure indispensable pour mettre en avant le poids de cette dette sur le peuple paraguayen [16] ainsi que le processus d'endettement ill&#233;gitime d'Itaipu. Une des finalit&#233;s de cet audit pourra alors &#234;tre la r&#233;pudiation de cette dette par le gouvernement paraguayen. Comme toujours, la r&#233;alisation de ces mesures progressistes d&#233;pendra de la pression des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;cile Lamarque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Membre du Comit&#233; pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.voltairenet.org/article161489.html" class="spip_out"&gt;http://www.voltairenet.org/article1...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[1] Sur l'ancien &#233;v&#234;que catholique Fernando Lugo, &#233;lu pr&#233;sident du Paraguay, voir &#171; Ex obispo es nombrado candidato presidencial en Paraguay &#187;, par Mat&#237;as Mongan, et &#171; Fernando Lugo, nuevo presidente de Paraguay &#187;, par TeleSUR, Red Voltaire, 1er et 22 avril 2008. On notera qu'il avait fait du r&#233;glement du contentieux Itaipu un de ses principaux th&#232;mes de campagne &#233;lectorale. Voir &#233;galement &#171; Fernando Lugo et les enjeux paraguayens &#187;, par C&#233;cile Lamarque, CADTM, 23 mai 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La cogestion pleine pour l'administration de l'entreprise binationale ; la gestion commune des finances par la Contralor&#237;a du Paraguay et le Tribunal des comptes du Br&#233;sil ; terminer les travaux tel qu'il est pr&#233;vu dans le Trait&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Article 1 commun aux deux Pactes de 1966 : &#8220;1. Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-m&#234;mes. En vertu de ce droit, ils d&#233;terminent librement leur statut politique et assurent librement leur d&#233;veloppement &#233;conomique, social et culturel. 2. Pour atteindre leurs fins, tous les peuples peuvent disposer librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles, sans pr&#233;judice des obligations qui d&#233;coulent de la coop&#233;ration &#233;conomique internationale, fond&#233;e sur le principe de l'int&#233;r&#234;t mutuel, et du droit international. En aucun cas, un peuple ne pourra &#234;tre priv&#233; de ses propres moyens de subsistance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Les experts paraguayens en charge du dossier ont remis &#224; leurs homologues br&#233;siliens un m&#233;morandum qui contient les revendications du Paraguay, en six points : - disposer librement de l'&#233;nergie pour commercialiser l'exc&#233;dent &#224; d'autres pays qui offrent un meilleur prix - un prix juste pour l'&#233;nergie que le Paraguay c&#232;de au Br&#233;sil - la r&#233;vision du passif d'Itaip&#250; et la diminution du taux usurier (7,5%) appliqu&#233; par Electrobr&#225;s - la cogestion pleine ou alternance pour l'administration des directions techniques et financi&#232;res - la gestion commune des finances par la Contralor&#237;a du Paraguay et le Tribunal des comptes du Br&#233;sil - terminer les travaux tel qu'il est pr&#233;vu dans le Trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Raul Zibechi, &#171; Paraguay : el fin de la dictadura colorada &#187;, La Jornada, 25 avril 2008,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Voir &#171; Sostiene el ingeniero Ricardo Canese : El acuerdo con Brasil avanza hacia la soberan&#237;a energ&#233;tica &#187;, ABC digital, 26 juillet 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Voir entre autres &#171; Focalizar venta solo al Brasil ser&#237;a un error &#187; et &#171; S&#233;gun Gonzalo Quintana, la soberan&#237;a sigue pendiente &#187;, ABC Digital, 26 juillet 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &#171; Le trait&#233; d'Itaipu entre le Paraguay et le Br&#233;sil : un scandale qui a trop dur&#233; &#187;, par C&#233;cile Lamarque, CADTM, 17 d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &#171; Entrevista a Ricardo Canese : &#8220; La defensa de la soberan&#237;a es irrenunciable para el Paraguay&#8221; &#187;, CADTM, 25 f&#233;vrier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] &#171; Brasil bajara los intereses de la deuda por Itaip&#250; &#187;, Argenpress, 28 juillet 2009 ; &#171; Paraguay es propietario del 50% de la energ&#237;a de Itaip&#250; &#187;, ABC digital, 28 juillet 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] L'IIRSA est un vaste programme d'int&#233;gration, qui s'inspire du libre-&#233;change, et comprend la construction de nouvelles routes, de ponts, de voies fluviales et de liaisons &#233;nerg&#233;tiques et de communication sp&#233;cialement dans les zones tropicales et andines. Ce projet est n&#233; &#224; l'initiative du pr&#233;sident br&#233;silien Fernando Henrique Cardoso, lors du sommet des pr&#233;sidents d'Am&#233;rique du Sud (2000). Il peut compter sur le financement de la Banque interam&#233;ricaine de d&#233;veloppement (BID), de la Corporation andine de financement (CAF), du Fonds financier du bassin de la Plata (FONPLATA) et d'agences gouvernementales br&#233;siliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Isto&#233; Dinheiro , juin 2004, cit&#233; in &#171; Brasil y el dif&#237;cil camino hacia el multilateralismo &#187;, par Ra&#250;l Zibechi, Programa de las Am&#233;ricas, 26 f&#233;vrier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] D&#232;s la fin de la colonisation espagnole en 1811, l'&#201;tat paraguayen a pratiqu&#233; le protectionnisme pour d&#233;fendre son industrie nationale et son march&#233; int&#233;rieur. Il &#233;tait alors l'&#201;tat le plus progressiste de la r&#233;gion. De ce fait, il a &#233;t&#233; attaqu&#233; en 1865 par une coalition de ses trois voisins, le Br&#233;sil, l'Argentine et l'Uruguay, soutenus et stimul&#233;s par la Grande-Bretagne, la puissance capitaliste dominante de l'&#233;poque, qui craignait la diffusion de l'exemple paraguayen. La guerre meurtri&#232;re qui a dur&#233; cinq ans n'a laiss&#233; en vie qu'un sixi&#232;me de la population. En outre, le Paraguay s'est vu imposer des sanctions &#233;conomiques : il a d&#251; remettre des terres aux autres pays - le Br&#233;sil s'est retrouv&#233; avec 90 000 kilom&#232;tres carr&#233;s du Paraguay - et payer des dettes de guerre. Il se retrouva endett&#233; pour la premi&#232;re fois de son histoire, ayant connu de 1811 &#224; 1870 un d&#233;veloppement sans recourir &#224; l'endettement ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Depuis le d&#233;but du mandat de Lugo, les manifestations et les occupations de terres par les paysans au c&#244;t&#233; d'autres mouvements sociaux se succ&#232;dent pour faire pression sur le gouvernement de Lugo pour la r&#233;forme agraire et pour r&#233;clamer l'expropriation des propri&#233;t&#233;s destin&#233;es &#224; la culture agressive du soja, aux mains de grands producteurs, dont les brasiguayos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] &#171; Brasil hace una gratuita demostraci&#243;n de fuerza que afecta al Paraguay] &#187;, Ultima Hora, 15 octobre 2008,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] La charge de la dette est directement support&#233;e par la population paraguayenne vu que son remboursement se fait par l'augmentation des tarifs de l'&#233;lectricit&#233; pour les usagers ! En effet, d'apr&#232;s le Trait&#233;, le prix de vente doit &#234;tre &#233;gal au co&#251;t de production de l'&#233;lectricit&#233;. Le co&#251;t de production inclut le paiement du service de la dette, qui correspond aujourd'hui &#224; 65% du co&#251;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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