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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Egypte : paysans contre propri&#233;taires terriens</title>
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		<dc:date>2009-07-15T19:22:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>HAMDI Ola, UDRY Charles-Andr&#233;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Depuis 1986, le gouvernement &#233;gyptien a men&#233; une politique tr&#232;s active de &#171; lib&#233;ralisation de la terre &#187; &#8211; de contre-r&#233;forme agraire &#8211; remettant en cause les mesures progressistes prises en 1952 par Gamal Abdel Nasser (1918-1970) et les Officiers libres.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;HAMDI Ola, UDRY Charles-Andr&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
29 juillet 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1986, le gouvernement &#233;gyptien a men&#233; une politique tr&#232;s active de &#171; lib&#233;ralisation de la terre &#187; &#8211; de contre-r&#233;forme agraire &#8211; remettant en cause les mesures progressistes prises en 1952 par Gamal Abdel Nasser (1918-1970) et les Officiers libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, pour &#233;chapper partiellement &#224; cette r&#233;forme agraire des ann&#233;es 1950 les grands propri&#233;taires avaient divis&#233; de mani&#232;re artificielle la propri&#233;t&#233; de leurs terres entre des membres de la famille ou des hommes de paille. Avant 1952, le degr&#233; de concentration de la terre &#233;tait extr&#234;me : 0,4% des propri&#233;taires d&#233;tenaient 34% des superficies. Des millions de paysans constituaient une arm&#233;e de r&#233;serve de travailleurs ruraux hyperexploit&#233;s. D&#233;j&#224;, ils venaient grossir les rangs de la population &#171; urbaine &#187;. La division factice de la terre a permis aux grands propri&#233;taires d'&#233;chapper, en partie, aux mesures baissant, par &#233;tapes, la surface des grands propri&#233;taires : 200 feddans &#8211; 1 feddan &#233;quivaut &#224; 0,42 hectare &#8211; en 1952 ; 100 en 1961 et 50 en 1969. Parmi les mesures de 1952, s'ajoutait un contr&#244;le assez strict du fermage et du m&#233;tayage, donc du loyer de la terre (voir ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le sillage de l'infitah (lib&#233;ralisation et ouverture&#8230; aux capitaux transnationaux) initi&#233; par Anwar al-S&#226;d&#226;t (1918-1981) en 1976, d&#232;s 1986 est discut&#233;e une contre-r&#233;forme. Elle &#233;tait justifi&#233;e par la volont&#233; de susciter une hausse de la productivit&#233; de la production agricole. Cela afin d'exporter des biens &#8211; ce qui &#233;tait cens&#233; financer une partie de la dette li&#233;e &#224; l'importation croissante de biens alimentaires pour la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1998, Fran&#231;ois Ireton &#233;crivait dans Alternatives &#233;conomiques : &#171; L'explication la plus plausible de cette loi est qu'un courant lib&#233;ral veut revaloriser les loyers de la terre pour qu'elle &#224; des paysans qui peuvent payer ce type de loyer, donc cr&#233;er des exploitations plus vastes, avec une intensification de la production, des m&#233;thodes de culture plus scientifiques et la cr&#233;ation de gros surplus. &#187;. Pour le gouvernement, &#233;trangl&#233; par la dette ext&#233;rieure et mis sous pression du &#171; donateur &#187; &#233;tasunien &#8211; aliments issus des surplus am&#233;ricains et armement &#8211; le dernier objectif (surplus exportable) &#233;tait prioritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de contre-r&#233;forme agraire a &#233;t&#233; mise en place par &#233;tapes &#8211; 1992 et 1997 &#8211; afin de neutraliser, entre autres, les r&#233;actions des paysans pauvres. Elle portait donc sur le fermage (le paysan verse une redevance au propri&#233;taire) et le m&#233;tayage (le propri&#233;taire donne un bail &#224; un paysan pour une dur&#233;e donn&#233;e contre le &#171; partage &#187; des fruits de la r&#233;colte, formellement aussi des pertes) ainsi que le syst&#232;me des baux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1992 &#224; 1997, la taxe fonci&#232;re a tripl&#233;. D&#232;s le 6 octobre 1997, tous les contrats de location ont &#233;t&#233; abolis. Les propri&#233;taires reprenaient la main. Ils pouvaient, d&#232;s lors, d&#233;cider de vendre les terres, de les exploiter directement ou de les louer au prix de leur choix et &#224; la personne de leur choix. Il en d&#233;coula des expulsions de la terre, une paup&#233;risation des populations rurales (les fellahs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les baux &#224; vie furent d&#233;truits et, de ce fait, les fils des fermiers et des m&#233;tayers ne pouvaient plus h&#233;riter des baux de leurs parents. La dur&#233;e d'un bail &#233;tait limit&#233;e &#224; cinq ans. Afin d'assurer une rentabilit&#233; maximale pour les propri&#233;taires, aucun temps minimum ne fut fix&#233; pour la dur&#233;e du bail. Il en d&#233;coula une location de terre pour la stricte p&#233;riode correspondant &#224; un cycle de culture !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour amortir le choc, selon les m&#233;canismes traditionnels de ce genre de r&#233;forme agraire pilot&#233;e par la Banque mondiale, la loi pr&#233;voyait que les terres d&#233;sertiques qui seraient irrigu&#233;es reviendraient, prioritairement, aux fermiers et m&#233;tayers ayant perdu leur terre. Le r&#233;sultat est insignifiant. Un programme d'habitations &#233;tait aussi pr&#233;vu pour reloger les paysans chass&#233;s des terres. Un mirage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi, au plan politique et social, avait une fonction : modifier les rapports de forces entre les propri&#233;taires et les paysans. Les premiers consid&#233;raient que la r&#233;forme de 1952 avait suscit&#233; une trop grande assurance chez les paysans qui ne se pliaient plus aussi facilement (en tant que fermiers ou m&#233;tayers) face aux diktats des propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fr&#232;res musulmans ont soutenu cette contre-r&#233;forme agraire pr&#233;tendant qu'ainsi on &#171; revenait ainsi &#224; la loi de Dieu &#187;. Cette posture s'inscrit parfaitement dans l'orientation &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale des courants fondamentalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures prises pour permettre le rachat de la terre par des fermiers ou des m&#233;tayers &#8211; des pr&#234;ts avec des taux d'int&#233;r&#234;ts inf&#233;rieurs &#224; ceux pratiqu&#233;es sur le march&#233; du cr&#233;dit &#8211; servaient d'arguments publicitaires. Ces mesures devaient aussi &#234;tre utilis&#233;es pour faire la d&#233;monstration que &#171; ceux qui voulaient &#187;, &#171; ceux qui avaient l'esprit entrepreuneurial &#187;, pouvaient s'&#233;tablir comme agriculteur ind&#233;pendant. Une op&#233;ration de marketing traditionnelle des contre-r&#233;formes agraires actuelles. Sauf qu'un simple probl&#232;me surgissait : le prix de la terre dans le Delta du Nil et la Vall&#233;e &#233;tait et est si &#233;lev&#233; que l'acc&#232;s &#224; ces terres est de l'ordre de l'impossible, m&#234;me avec les cr&#233;dits de la Banque agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l&#224; o&#249; la r&#233;sistance paysanne, depuis la fin des ann&#233;es 1990, s'est manifest&#233;e la r&#233;pression est &#233;t&#233; brutale. Cela d'autant plus que &#8211; lorsque les propri&#233;taires ne reprenaient pas en faire-valoir direct les terres &#8211; des couches nouvellement enrichies de commer&#231;ants, d'&#233;migr&#233;s ayant accumul&#233; une certaine somme de capital dans les Etats du Golfe, par exemple, se pr&#233;sentaient comme nouveaux fermiers ou m&#233;tayers. Ils pouvaient payer un loyer plus &#233;lev&#233;, ce qui &#233;tait un des objectifs de la contre-r&#233;forme. Devant cette possibilit&#233; d'accumuler une rente agraire plus importante, il n'y avait donc pas de temps &#224; perdre pour retirer tous les avantages de la contre-r&#233;forme agraire. Les propri&#233;taires agraires &#8211; en collaboration avec l'Etat, son arm&#233;e et sa police ainsi que leurs milices &#8211; ont fait valoir &#171; leur droit &#187;&#8230; de terroriser les paysans pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les nouvelles propri&#233;t&#233;s g&#233;r&#233;es de fa&#231;on moderne &#8211; capitaliste &#8211; une tr&#232;s grande partie de la main-d'&#339;uvre est saisonni&#232;re. L'exploitation de cette main-d'&#339;uvre est tr&#232;s brutale, ce d'autant plus que la partie des propri&#233;taires, qui a d&#233;plac&#233; ses capitaux d'un secteur commer&#231;ant ou immobilier vers l'agriculture, exige des taux de rendement &#233;lev&#233;s. La pression du &#171; co&#251;t &#187; du cr&#233;dit joue aussi un r&#244;le afin d'accentuer les exigences de retour sur investissement des propri&#233;taires fonciers. Les prix du fermage ayant augment&#233; brutalement, ils d&#233;bouch&#232;rent, logiquement, sur une concentration de la terre, car seule des exploitations moyennes ou grandes pouvaient assurer des revenus suffisants pour assurer un renouvellement r&#233;gulier de l'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre-r&#233;forme agraire de 1997 n'a pas abouti &#224; une am&#233;lioration significative de la production agricole, par contre la pr&#233;carisation des baux est devenue la r&#232;gle ; la concentration de la propri&#233;t&#233; terrienne est all&#233;e de pair, comme il se doit, avec l'expulsion des paysans et leur paup&#233;risation. Ce qui a &#171; nourri &#187; les bidonvilles du Caire et d'Alexandrie, pour ne prendre que deux exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terreur exerc&#233;e par un grand propri&#233;taire &#224; Saranto, un village appartenant administrativement au gouvernorat de Al-Buhayrah &#8211; l'un des 27 gouvernorats d'Egypte &#8211; traduit un conflit social qui court dans la soci&#233;t&#233; &#233;gyptienne. Il a &#233;t&#233; un peu &#171; oubli&#233; &#187; depuis la mont&#233;e des gr&#232;ves ouvri&#232;res d&#232;s 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage d'Ola Hamdi permet de prendre connaissance de ces luttes ignor&#233;es par les touristes &#8211; comme cela doit &#234;tre la r&#232;gle &#8211; et par les m&#233;dias occidentaux. De sourdes jacqueries parcourent les r&#233;gions rurales de l'Egypte et la bi-polarisation entre grand agrobusiness, d'une part, et, d'autre part, le microfundisme ainsi que les sans-terre constitue une donn&#233;e de plus en plus nette de la formation sociale &#233;gyptienne, comme d'autres pays, tel que le Maroc, la Tunisie, l'Alg&#233;rie ou la Turquie. (cau)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles-Andr&#233; Udry&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Paysans contre propri&#233;taires terriens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ola Hamdi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 20 kilom&#232;tres de Damanhour, dans le Delta, s'&#233;tend Sarando. Pour acc&#233;der &#224; ce village, il faut emprunter un long chemin escarp&#233;. Les rues et les champs sont d&#233;serts. Connu par ses cultures de bl&#233; et de coton, Sarando a &#233;t&#233; en 2005 le th&#233;&#226;tre de heurts entre les paysans et le chef d'une puissante famille locale d&#233;nomm&#233; Salah Nawwar. Ce dernier, qui a vu ses terres confisqu&#233;es par la r&#233;forme agraire dans les ann&#233;es 1950, avait d&#233;cid&#233; de r&#233;cup&#233;rer ses biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s diff&#233;rentes tentatives rejet&#233;es par la justice civile, Salah Nawwar d&#233;cide d'employer les grands moyens, mobilisant pas moins d'une centaine d'hommes de main pour d&#233;loger les petits exploitants. Les paysans r&#233;pondent alors aux violences, et la confrontation tourne &#224; la bataille rang&#233;e. Un membre de la famille de Nawwar est tu&#233;, des dizaines de paysans arr&#234;t&#233;s. Certains, afin de ne pas &#234;tre arr&#234;t&#233;s ont quitt&#233; le village laissant derri&#232;re eux femmes et enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les affrontements ont conduit &#224; la destruction de plusieurs tracteurs et un certain nombre de voitures de la famille Nawwar. Huit paysans sont condamn&#233;s &#224; 15 ans de prison et 17 sont acquitt&#233;s, de m&#234;me que leur avocat (accus&#233; d'incitation aux troubles !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouverneur militaire d&#233;cide de ratifier le verdict contre les 8 condamn&#233;s, mais il refuse de ratifier les verdicts d'acquittement. Le proc&#232;s est transf&#233;r&#233; &#224; la Cour supr&#234;me de s&#251;ret&#233; de l'Etat de Damanhour qui vient cette semaine (10 juillet 2008) de confirmer l'acquittement des 17 paysans et de l'avocat, Mohamad Abdel-Aziz Salama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Sarando est un village fant&#244;me. Les champs ne sont plus recouverts de verdure &#224; cause de la p&#233;nurie d'eau [1]. Les ruelles qui traversent le village sont d&#233;sertes et les fen&#234;tres des maisons ferm&#233;es. Les paysans gardent le silence. Une infime minorit&#233; d'entre eux accepte de parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un regard inquiet, Sabrine Abdallah ouvre la porte de sa maison. Construite en terre cuite, la maison est enti&#232;rement vide. Il n'y a pas de meubles et seuls quelques v&#234;tements sont suspendus aux murs. Le fils de Sabrine, Mohamad Radi, fait partie des 8 paysans condamn&#233;s &#224; 15 ans de prison. Depuis les &#233;v&#233;nements de mars 2005, Sarando vit dans la terreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les paysans ont peur des hommes de Salah Nawwar qui viennent de temps en temps au village pour les frapper et les emp&#234;cher d'aller aux champs, ou pour les obliger &#224; signer des documents et renoncer aux terrains. Nous avons refus&#233; de c&#233;der &#224; ces demandes, et c'est pour cette raison que Nawwar et sa famille ont ouvert les portes de l'enfer devant nous &#187;, affirme Sabrine. Et d'ajouter : &#171; J'ai 4 enfants, et mon mari est mort dans un accident en Libye. Mohamad &#233;tait ma seule chance. Mais il a quitt&#233; le village apr&#232;s le verdict du tribunal. Il n'a absolument rien fait. Les hommes de Nawwar ont relev&#233; son nom et l'ont inclus &#224; une liste de personnes qu'ils ont remise &#224; la s&#233;curit&#233; de l'Etat. Ils voulaient me faire un chantage pour que je quitte mon terrain. &#187; Quelques moments passent et Sabrine re&#231;oit la visite de son fr&#232;re Mohamad. Il fait partie des 17 paysans acquitt&#233;s. Pourtant, Mohamad n'est pas satisfait du verdict. &#171; Ce verdict ne r&#233;sout pas le probl&#232;me des paysans. Nous sommes toujours sous la menace de Nawwar et on ne sait pas jusqu'&#224; quand on pourra se d&#233;fendre &#187;, affirme Mohamad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sabrine d&#233;cide d'aller appeler d'autres habitants du village pour leur demander de parler aux m&#233;dias et de faire valoir leur cause. A quelques pas de la maison de Sabrine, au milieu des champs, se trouve la maison de Saniya Mohamad, 75 ans. Sa fille Samah, &#226;g&#233;e de 15 ans seulement, avait elle aussi &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e et accus&#233;e d'incitation aux troubles avant d'&#234;tre acquitt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saniya se rappelle, les larmes aux yeux, le jour des affrontements. &#171; Ce jour-l&#224; des hommes sont venus et ont enlev&#233; mon autre fille, Fatma, alors qu'elle pr&#233;parait le pain avec moi. Pendant 7 jours, je n'ai pas vu ma fille. Ils voulaient me faire un chantage pour m'obliger &#224; renoncer au terrain au profit de Nawwar, mais j'ai refus&#233; et ils ont fini par lib&#233;rer ma fille &#187;, explique-t-elle. Et d'ajouter : &#171; Les hommes de Salah Nawwar affirment qu'ils vont nous &#233;craser comme des cafards &#187;. La maison de Saniya se remplit de femmes qui viennent exprimer leurs souffrances. Certaines n'ont pas revu leurs maris depuis 2005 et n'ont pas de ressources pour vivre. D'autres ont d&#251; faire sortir leurs enfants de l'&#233;cole pour qu'ils travaillent avec elles afin de subvenir aux besoins de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les imbroglios de la r&#233;forme agraire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution de 1952 a confisqu&#233; les grands propri&#233;taires terriens et a distribu&#233; les terrains aux paysans. Salah Nawwar en faisait partie. Ses terrains ont &#233;t&#233; plac&#233;s sous la tutelle de l'Etat dans les ann&#233;es 1950. Et les paysans qui y travaillaient se sont vus accorder des contrats &#171; d'exploitation &#187; par l'Organisme de la r&#233;forme agraire en &#233;change d'un loyer annuel de 16 L.E ( quelque 3 CHF) par feddan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, sous Sadate, la tutelle impos&#233;e &#224; certains terrains a &#233;t&#233; lev&#233;e. Nawwar loue alors ses terrains aux paysans (qui continuent &#224; verser de l'argent &#224; l'Organisme de la r&#233;forme agraire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;cide d'augmenter les loyers, mais les paysans refusent d'obtemp&#233;rer. Nawwar porte plainte et obtient des jugements en faveur de l'expulsion des paysans qui ne paient pas. C'est en tout cas la version avanc&#233;e par les proches de Salah Nawwar. &#171; Ces terrains nous appartiennent. Le probl&#232;me est que les organisations des droits de l'homme qui se solidarisent avec les paysans les incitent &#224; se soulever. Nous ne sommes pas contre les paysans et ce n'est pas vrai que nous voulons les d&#233;loger &#187;, affirme Ahmad Nawwar, fils de Salah. Il nie les accusations port&#233;es contre lui, selon lesquelles il aurait coup&#233; l'eau aux paysans pour les obliger &#224; partir. &#171; La p&#233;nurie d'eau est un probl&#232;me dont souffre le village en g&#233;n&#233;ral. Nous n'y sommes pour rien &#187;, assure Ahmad Nawwar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les ONG se mobilisent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs organisations de d&#233;fense des droits de l'homme ont d&#233;clar&#233; leur solidarit&#233; avec les paysans de Sarando, dont le Centre Hicham Moubarak des droits de l'homme, le Centre Nadim pour le traitement et la r&#233;adaptation psychologique, le Centre de la terre, le Centre &#233;gyptien pour les droits de l'homme et le R&#233;seau arabe pour l'information sur les droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Centre de la terre a lanc&#233; un appel &#224; toutes les forces nationales, partis politiques, associations et institutions impliqu&#233;s dans les droits de l'homme pour demander aux responsables d'intervenir pour arr&#234;ter &#171; l'injustice &#187; subie par la population de Sarando et mettre fin &#224; leur expulsion de leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de Sarando n'est pas unique. Dans d'autres r&#233;gions du Delta, des heurts, parfois tr&#232;s violents, ont lieu entre paysans et propri&#233;taires terriens, depuis la promulgation d'une loi lib&#233;ralisant les loyers agricoles dans les ann&#233;es 1990 et remettant en cause la r&#233;forme agraire de Nasser, car le gouvernement est bien d&#233;cid&#233; &#224; s'ouvrir &#224; l'&#233;conomie de march&#233;. Quelque 4500 proc&#232;s sont en attente de jugement devant les tribunaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la loi autorise les anciens propri&#233;taires &#224; r&#233;cup&#233;rer leurs terres s&#233;questr&#233;es, ils doivent en th&#233;orie proposer prioritairement aux exploitants de les racheter. Face &#224; la lib&#233;ralisation des loyers qui ont connu une explosion, les petits paysans se trouvent dans un dilemme. &#171; Ce qui se passe &#224; Sarando est le reflet de l'incoh&#233;rence et de l'inconsistance des politiques de l'Etat &#233;gyptien qui a tourn&#233; le dos aux principes de la R&#233;volution &#187; [allusion &#224; la &#171; r&#233;volution &#187; nass&#233;rienne] affirme Hussein Abdel-Razeq, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Parti du Rassemblement unioniste progressiste (UPI, gauche nationaliste, li&#233;e au nass&#233;risme). Et de pr&#233;ciser que l'Etat est pass&#233; abruptement du &#171; socialisme &#187; au lib&#233;ralisme et &#224; l'&#233;conomie de march&#233; sans rem&#233;dier aux failles d'une telle transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce sont les pauvres qui sont laiss&#233;s pour compte. &#171; Toutes les forces populaires et les partis politiques doivent agir pour que l'affaire de Sarando soit une question d'opinion. Car les pressions c'est la seule carte pour les sauver &#187;. La situation reste pr&#233;caire &#224; Sarando. Elle peut d&#233;g&#233;n&#233;rer &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis en ligne le 15 juillet 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14441" class="spip_out"&gt;http://www.europe-solidaire.org/spi...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] L'acc&#232;s &#224; l'eau est un des probl&#232;mes parmi les plus aigus en Egypte. En &#233;t&#233; 2007, en ville comme dans les r&#233;gions agraires &#8211; quelque 25% de la population peut-&#234;tre consid&#233;r&#233;e comme rurale &#8211; de nombreuses mobilisations ont eu lieu pour avoir acc&#232;s &#224; une eau plus ou moins potable ou, tout simplement &#224; l'eau et l'irrigation des terres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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