<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.alterinter.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="en">
	<title>Alternatives International</title>
	<link>https://www.alterinter.org/</link>
	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
	<language>en</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.alterinter.org/spip.php?id_auteur=2329&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Alternatives International</title>
		<url>https://www.alterinter.org/local/cache-vignettes/L144xH42/siteon0-c616d.png?1749672047</url>
		<link>https://www.alterinter.org/</link>
		<height>42</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="en">
		<title>De quoi la Palestine est-elle le nom ?</title>
		<link>https://www.alterinter.org/?De-quoi-la-Palestine-est-elle-le-nom</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.alterinter.org/?De-quoi-la-Palestine-est-elle-le-nom</guid>
		<dc:date>2009-03-26T18:19:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Alain Gresh </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La guerre isra&#233;lienne contre Gaza de l'hiver 2008-2009 a soulev&#233; une immense &#233;motion et de puissantes mobilisations &#224; travers le monde. Elle a provoqu&#233; de vifs d&#233;bats autour de la l&#233;gitimit&#233; de cette offensive, des crimes commis, de l'avenir - et m&#234;me de la possibilit&#233; - de la paix entre Palestiniens et Isra&#233;liens. Une question a aussi ressurgi : pourquoi la Palestine ? Pourquoi suscite-t-elle tant d'&#233;moi, tant d'invectives, tant de manifestations ? Apr&#232;s tout, la plan&#232;te conna&#238;t des guerres (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La guerre isra&#233;lienne contre Gaza de l'hiver 2008-2009 a soulev&#233; une immense &#233;motion et de puissantes mobilisations &#224; travers le monde. Elle a provoqu&#233; de vifs d&#233;bats autour de la l&#233;gitimit&#233; de cette offensive, des crimes commis, de l'avenir - et m&#234;me de la possibilit&#233; - de la paix entre Palestiniens et Isra&#233;liens. Une question a aussi ressurgi : pourquoi la Palestine ? Pourquoi suscite-t-elle tant d'&#233;moi, tant d'invectives, tant de manifestations ? Apr&#232;s tout, la plan&#232;te conna&#238;t des guerres plus meurtri&#232;res, que ce soit au Darfour ou au Congo ; des oppressions au moins aussi d&#233;vastatrices, que ce soit au Tibet, en Tch&#233;tch&#233;nie ou en Birmanie ; des d&#233;nis aussi scandaleux du droit &#224; la libert&#233;, qui concernent le sort des intouchables en Inde, celui des Nubiens au Kenya ou des Indiens dans divers pays d'Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se cache-t-il donc derri&#232;re cette focalisation sur la Palestine ? Pour certains, la r&#233;ponse ne fait aucun doute : c'est la pr&#233;sence des juifs, la haine contre eux qui est le moteur de cet int&#233;r&#234;t malsain. La critique de l'Etat d'Isra&#235;l et de sa politique servirait de feuille de vigne &#224; l'antis&#233;mitisme &#233;ternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me sans partager ce point de vue r&#233;ducteur, la question &#171; Pourquoi la Palestine ? &#187; est l&#233;gitime. Elle offre m&#234;me un int&#233;r&#234;t dans la mesure o&#249; elle permet de r&#233;fl&#233;chir &#224; la place centrale que ce conflit occupe aujourd'hui sur la sc&#232;ne mondiale, au m&#234;me titre que ceux du Vietnam dans les ann&#233;es 1960-1970 et de l'Afrique du Sud dans les ann&#233;es 1970-1980 (lire ci-dessous &#171; Du Vietnam &#224; l'Afrique du Sud &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Palestine a d&#233;sormais pris le relais. Pourquoi ? Parce que, en ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle, elle cristallise un moment de l'histoire des relations internationales : dernier &#171; fait &#187; colonial n&#233; du partage des empires, elle symbolise la persistance de la relation in&#233;gale entre le Nord et le Sud - comme le conflit du Vietnam ou celui d'Afrique du Sud -, mais aussi la volont&#233; de sa remise en cause. Elle est le paradigme d'une injustice jamais r&#233;par&#233;e. L'implication des &#201;tats-Unis, principale puissance mondiale, et d'Isra&#235;l, principale puissance r&#233;gionale, conforte son enjeu mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arri&#232;re-plan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t strat&#233;gique de la Palestine (et du Proche-Orient) - qui explique la long&#233;vit&#233; peu ordinaire des rivalit&#233;s dont elle a &#233;t&#233; l'objet -, et le caract&#232;re &#171; saint &#187; de cette Terre forment le terreau de l'affrontement, m&#234;me s'ils ne sont pas la cause premi&#232;re de l'importance qu'il a acquis aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situ&#233; au carrefour de trois continents, le Levant est le lieu de passage d'une grande part du commerce mondial. D&#232;s le XIXe si&#232;cle, son contr&#244;le devient essentiel pour Londres, qui veut prot&#233;ger, &#224; travers le canal de Suez, la route des Indes, joyau de son empire. De plus, la r&#233;gion est devenue, au XXe si&#232;cle, le plus riche r&#233;servoir de p&#233;trole de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affrontement autour de la Palestine s'est engag&#233; avant m&#234;me l'effondrement des deux empires ottoman et tsariste ; il s'est poursuivi durant la marche vers la seconde guerre mondiale, s'est intensifi&#233; avec la guerre froide, a r&#233;sist&#233; au &#171; nouvel ordre international &#187; n&#233; de l'effondrement de l'Union sovi&#233;tique et se prolonge encore sans que personne puisse apercevoir une lueur au bout du tunnel. Henri Queuille, ministre de la IIIe R&#233;publique, pr&#233;tendait qu'aucun probl&#232;me ne r&#233;sistait &#224; l'absence de solution ; la Palestine offre un contre-exemple tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1967, des guerres, dont certaines ont failli d&#233;g&#233;n&#233;rer en affrontements entre les deux blocs, ont install&#233; le Proche-Orient &#224; l'avant-sc&#232;ne de l'actualit&#233; : guerre de juin 1967 ; guerre d'usure entre l'&#201;gypte et Isra&#235;l (1968-1970) ; guerre d'octobre, dite de Ramadan ou de Kippour (1973) ; guerre civile libanaise en 1975 avec participation des Palestiniens et occupation isra&#233;lienne du Sud ; invasion isra&#233;lienne du Liban (1982) ; premi&#232;re Intifada (1987-1993) ; seconde Intifada, &#224; partir de septembre 2000, avec sa vague d'attentats-suicides ; guerre contre le Hezbollah (2006) ; offensive isra&#233;lienne contre Gaza (2008-2009) - sans m&#234;me parler des diff&#233;rentes conflagrations dans le Golfe... Aucun autre conflit n'a occup&#233; aussi longtemps une telle place dans les bulletins d'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre dimension des affrontements, le caract&#232;re &#171; sacr&#233; &#187; de la Palestine. Durant des si&#232;cles, les noms de J&#233;rusalem, de Bethl&#233;em, de H&#233;bron ont r&#233;sonn&#233; dans la m&#233;moire des fid&#232;les des trois grandes religions monoth&#233;istes. M&#234;me si elles servirent de couverture &#224; d'autres ambitions, les Croisades ont embrigad&#233; pendant plusieurs centaines d'ann&#233;es des hommes et des femmes des deux bords de la M&#233;diterran&#233;e. Et les juifs religieux allaient en Palestine pour y mourir et y &#234;tre enterr&#233;s. Quand, &#224; partir du XIIe si&#232;cle, ces terres revinrent durablement sous contr&#244;le de puissances musulmanes, d'importantes communaut&#233;s chr&#233;tiennes (et m&#234;me juives) y vivaient et la Palestine demeura un lieu de p&#232;lerinage, aussi bien pour les juifs que pour les chr&#233;tiens. Les voyages, &#224; l'&#233;poque, n'&#233;taient soumis &#224; aucun visa, &#224; aucun papier d'identit&#233;, mais aux al&#233;as de la s&#233;curit&#233;, les longs d&#233;placements par mer ou par terre &#233;tant souvent hasardeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux XVIIIe et XIXe si&#232;cles, les collines de J&#233;rusalem et les oliviers de Palestine attir&#232;rent romanciers et peintres fran&#231;ais ou britanniques. Chaque nom, chaque pierre &#233;voquait la naissance des religions, les Livres saints, la travers&#233;e du Sina&#239; par Mo&#239;se, le sermon de J&#233;sus sur la montagne, m&#234;me pour des voyageurs que n'exaltait plus une foi conqu&#233;rante. Durant de longues p&#233;riodes, la M&#233;diterran&#233;e fut une mer d'&#233;changes, aussi bien humains que culturels, plut&#244;t que de d&#233;chirements. Et l'esprit des Croisades ne soufflait pas toujours sur la &#171; mer du milieu &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A une exception pr&#232;s toutefois, pass&#233;e largement inaper&#231;ue : l'existence de penseurs protestants qui, interpr&#233;tant des passages de la Bible, et notamment de l'Apocalypse, voyaient dans le &#171; retour &#187; des juifs en Palestine, puis leur conversion, une &#233;tape n&#233;cessaire &#224; la venue du Messie. Ce mill&#233;narisme aura une influence substantielle sur la politique britannique, comme il en a une aujourd'hui aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, alors que d&#233;clinait en partie l'attraction des religions, une nouvelle id&#233;ologie &#233;mergeait : le nationalisme. A la fin du XIXe si&#232;cle, l'Organisation sioniste mondiale &#233;tait fond&#233;e, qui revendiquait un &#201;tat juif en Palestine ; et, d&#233;j&#224;, un mouvement de renaissance arabe (nahda) ambitionnait d'assurer l'ind&#233;pendance des Arabes face &#224; l'Empire ottoman, mais aussi face aux puissances europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; reconqu&#234;te &#187; de J&#233;rusalem par les troupes alli&#233;es en 1918 ne pouvait manquer de soulever une vague de consternation dans le monde musulman. Elle ent&#233;rinait l'effondrement du dernier grand empire musulman, l'Empire ottoman - dont on oublie trop souvent qu'il fut une des puissances europ&#233;ennes les plus avanc&#233;es du continent aux XVe et XVIe si&#232;cles - ; l'abolition du califat, symbole de l'unit&#233; (en partie factice) de l'oumma, la communaut&#233; des croyants, mais aussi du &#171; retard &#187; dans laquelle s'enfon&#231;ait le monde arabe, et plus g&#233;n&#233;ralement le monde non d&#233;velopp&#233;. Cette reconqu&#234;te marquait l'apog&#233;e de la domination de l'Europe sur la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dict&#233;e par des ambitions purement &#171; g&#233;opolitiques &#187;, la prise de J&#233;rusalem pouvait &#234;tre lue comme une revanche sur la d&#233;faite des Croisades. N'est-ce pas un g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais qui, apr&#232;s avoir pris Damas en 1920, alla se recueillir sur la tombe de Saladin, le &#171; lib&#233;rateur &#187; de J&#233;rusalem pour les musulmans, et aurait d&#233;clar&#233; : &#171; Saladin, nous voil&#224; de retour &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Royaume-Uni, qui avait obtenu en 1922 le mandat de la Soci&#233;t&#233; des Nations (SDN) sur la Palestine, se voyait aussi confier la mise en &#339;uvre de la &#171; promesse Balfour &#187; (2 novembre 1917), un engagement pris par Londres de favoriser la cr&#233;ation d'un &#171; foyer national juif &#187;. L'affrontement se d&#233;ploya dans ses formes actuelles, mais la Palestine resta un aimant pour nombre de p&#232;lerins : juifs, musulmans ou chr&#233;tiens pouvaient s'y rendre et y accomplir leurs devoirs religieux. La dimension &#171; sainte &#187; de cette terre ne dispara&#238;tra jamais, m&#234;me quand l'affrontement prendra un caract&#232;re national - qu'on l'interpr&#232;te comme la lutte du peuple juif pour retourner dans sa patrie (y compris en affrontant parfois l'empire britannique &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 1940) ou comme une lutte anticoloniale des Palestiniens contre les Britanniques et l'immigration sioniste. Elle servira toujours, avec plus ou moins de force suivant les p&#233;riodes, &#224; alimenter l'imaginaire des uns et des autres, &#224; conforter leur mobilisation. Ni le Vietnam, ni l'Afrique du Sud n'ont jamais mis en mouvement un tel h&#233;ritage culturel et religieux dans l'inconscient collectif des mouvements et des personnes qui se sont mobilis&#233;es pour leur cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;nocide des juifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la crois&#233;e du religieux, du politique et de l'histoire, la pers&#233;cution des juifs et le g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; durant la seconde guerre mondiale marqueront l'histoire de la Palestine, mais de mani&#232;re diff&#233;renci&#233;e selon les &#233;poques. Jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1920, le mouvement d'&#233;migration juive en Palestine reste limit&#233;, et le sionisme, tr&#232;s minoritaire parmi les juifs du monde, un &#233;chec. Deux &#233;l&#233;ments vont inverser le cours de l'histoire : la fermeture des Etats-Unis (et en partie de l'Europe de l'Ouest) &#224; l'immigration ; la marche des nazis vers le pouvoir et l'antis&#233;mitisme de plus en plus militant en Allemagne et en Europe orientale. Le nombre des juifs cherchant asile en Palestine s'accro&#238;t d'autant plus que tous les autres pays leur sont ferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode 1936-1939 repr&#233;sente le grand tournant en Terre sainte : la r&#233;volte palestinienne est &#233;cras&#233;e ; le mouvement sioniste, renforc&#233; par un grand nombre d'&#233;migrants europ&#233;ens, se dote de puissantes milices et ach&#232;ve la transformation du Yichouv (la communaut&#233; juive en Palestine) en quasi-Etat, avec ses institutions, son &#233;conomie, ses partis, son arm&#233;e, etc. C'est de ce moment que date la v&#233;ritable naissance d'Isra&#235;l et la transformation du &#171; probl&#232;me juif &#187; : le juda&#239;sme fut, au XIXe si&#232;cle, la n&#233;gation du nationalisme europ&#233;en ; le sionisme transforme, par la colonisation de la Palestine, les juifs du Yichouv en communaut&#233; nationale dans laquelle vont se reconna&#238;tre et s'identifier nombre d'Europ&#233;ens. Cette sympathie se manifeste d&#233;j&#224; dans les ann&#233;es 1920 parmi des journalistes et des intellectuels, fascin&#233;s par la r&#233;ussite d'un projet colonial (lire, par exemple, Joseph Kessel, Terre d'amour, 1927).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; durant la seconde guerre mondiale ne jouera pas un r&#244;le majeur dans l'adoption par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations unies du plan de partage de la Palestine (27 novembre 1947). S'il alimente, bien &#233;videmment, la sympathie dans les opinions publiques du Nord &#224; l'&#233;gard du jeune Etat, il n'a pas encore conquis la place centrale qu'il occupera &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1960 : d'un c&#244;t&#233;, les dirigeants d'Isra&#235;l veulent donner une image de juifs combattants &#224; l'oppos&#233; de ceux qui se sont &#171; laiss&#233; conduire &#224; l'abattoir &#187; ; de l'autre, les juifs sont consid&#233;r&#233;s comme des victimes du nazisme au m&#234;me titre que les d&#233;port&#233;s politiques ou les Tsiganes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1962 et le proc&#232;s Eichmann, 1967 et la guerre de juin, les ann&#233;es 1970 et la &#171; d&#233;couverte &#187; de la collaboration en France et en Europe, donneront une dimension nouvelle au g&#233;nocide et influeront de mani&#232;re importante sur la perception du conflit isra&#233;lo-palestinien et, aussi, sur sa mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cadre international boulevers&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
une place nouvelle de la Palestine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cet arri&#232;re-fond historique, strat&#233;gique et religieux que la Palestine va s'imposer, &#224; partir des ann&#233;es 1990, puis surtout apr&#232;s l'&#233;clatement de la seconde Intifada (novembre 2000), sur la sc&#232;ne mondiale. Le conflit acquiert une place nouvelle, une dimension qu'il n'avait s&#251;rement pas dans les ann&#233;es 1970 ou 1980 - o&#249;, au mieux, on le consid&#233;rait comme une lutte parmi d'autres, au pire, comme une simple extension d'un mouvement nationaliste arabe peu fr&#233;quentable. La mobilisation de quelques groupes d'extr&#234;me gauche europ&#233;ens en faveur des Palestiniens apr&#232;s 1967 - limit&#233;e par le poids de la question juive et par la &#171; d&#233;couverte &#187; par l'Europe de la sp&#233;cificit&#233; du g&#233;nocide et de la responsabilit&#233; des Etats europ&#233;ens dans son accomplissement (la traduction du livre de Robert Paxton La France de Vichy date de 1973) - s'inscrit plut&#244;t dans la solidarit&#233; mondiale anti-imp&#233;rialiste et dans le grand r&#234;ve de r&#233;volution mondiale. Pour Jean Genet, dans Un captif amoureux, la Palestine &#233;tait au c&#339;ur &#171; d'une r&#233;volution grandiose en forme de bouquet d'artifice, un incendie sautant de banque en banque, d'op&#233;ra en op&#233;ra, de prison en palais de justice &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation a d&#233;sormais chang&#233;. Comme avant elle le Vietnam ou l'Afrique du Sud, la Palestine d&#233;voile la r&#233;alit&#233; des relations internationales. Celles-ci sont marqu&#233;es par la domination occidentale sur le monde et sa contestation de plus en plus forte. Une p&#233;riode de deux si&#232;cles marqu&#233;e par la conqu&#234;te europ&#233;enne du monde est en train de s'achever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sc&#232;ne internationale a &#233;t&#233; boulevers&#233;e par la disparition de l'URSS qui mit un terme &#224; toute id&#233;e d'inscrire la lutte autour de la Palestine et d'Isra&#235;l dans le champ de la guerre froide - de toute fa&#231;on, m&#234;me si, depuis 1967, le &#171; camp socialiste &#187; a appuy&#233; les Arabes et les Etats-Unis Isra&#235;l, le conflit a toujours &#233;t&#233; &#224; l'&#233;troit dans la grille Est-Ouest. La p&#233;riode de l'apr&#232;s-1990 fut aussi marqu&#233;e par l'affirmation des Etats-Unis comme unique super-puissance. Francis Fukuyama parle m&#234;me de &#171; la fin de l'histoire &#187; et la victoire sans retour du mod&#232;le lib&#233;ral d&#233;mocratique. Vingt ans plus tard, avec l'enlisement am&#233;ricain en Irak (et en Afghanistan) et la crise &#233;conomique et financi&#232;re, la dynamique mondiale est marqu&#233;e par l'essoufflement de la domination occidentale. L'ancien ordre international est contest&#233; tant par l'affirmation sur la sc&#232;ne mondiale de la Chine, du Br&#233;sil, de l'Inde et de nombreux pays nagu&#232;re domin&#233;s qu'&#224; travers les luttes altermondialistes et celles de nombre de mouvements contestataires. Cette &#171; insurrection &#187; contre l'ordre ancien ne concerne pas seulement le domaine de la politique ou de l'&#233;conomie, mais aussi ceux de la culture, de l'histoire. C'est tout un r&#233;cit de l'histoire du monde qui est remis en cause, un r&#233;cit dans lequel l'Europe et les Etats-Unis occupaient jusque-l&#224; une place pr&#233;pond&#233;rante tandis que les pays du tiers-monde &#233;taient rel&#233;gu&#233;s dans une sorte d'antichambre. Parall&#232;lement, se renforce l'id&#233;e d'un &#171; choc des civilisations &#187;, d'une &#171; menace islamique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, c'est le moment o&#249; les images du Proche-Orient submergent les &#233;crans de t&#233;l&#233;vision du monde. Nous en savons bien plus sur cet affrontement, aussi bien en Europe que dans le reste du monde, que sur n'importe quel autre. M&#234;me si chacun n'en ma&#238;trise &#233;videmment pas les tenants et les aboutissants, chacun a lu ou entendu mille et une analyses, vu mille et un reportages. La r&#233;volution technologique de la fin des ann&#233;es 1980, avec le num&#233;rique et les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision d'information en direct, permet aux t&#233;l&#233;spectateurs de vivre de plain-pied dans l'actualit&#233;. Le monopole de CNN durant la premi&#232;re guerre du Golfe (1990-1991) ayant &#233;t&#233; battu en br&#232;che par les cha&#238;nes satellitaires arabes - et surtout par la plus c&#233;l&#232;bre d'entre elles, Al-Jazira -, et l'utilisation par des individus sur le terrain de portables et de cam&#233;ras vid&#233;os se g&#233;n&#233;ralisant, plusieurs r&#233;cits s'entendent d&#233;sormais sur la sc&#232;ne mondiale, pour la premi&#232;re fois depuis l'effondrement de l'URSS et la disparition du &#171; camp socialiste &#187;. Et le r&#233;cit d'Al-Jazira et des autres cha&#238;nes du Sud a d'autant plus d'impact que ces m&#233;dias r&#233;pondent aux crit&#232;res occidentaux de professionnalisme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la pr&#233;sence, aussi bien en Europe qu'en Am&#233;rique latine, et m&#234;me aux Etats-Unis, d'importantes immigrations arabes et musulmanes, qui voient dans les Palestiniens la &#171; m&#233;taphore &#187; de leur propre situation, et le r&#244;le des communaut&#233;s juives - en majorit&#233; ralli&#233;es &#224; Isra&#235;l et &#224; sa politique - &#224; travers le monde, contribuent &#224; la mondialisation des pol&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Palestine m&#234;le &#233;videmment nombre de dimensions. Trois d'entre elles expliquent sa place centrale : la red&#233;couverte d'une histoire longtemps occult&#233;e de domination coloniale ; l'injustice maintenue et la violation permanente du droit international ; le &#171; deux poids, deux mesures &#187; appliqu&#233; par les gouvernements et par nombre d'intellectuels occidentaux dans leur lecture du conflit. Au croisement de l'Orient et de l'Occident, du Sud et du Nord, la Palestine symbolise &#224; la fois le monde ancien et la gestation du monde nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s longtemps, l'histoire dominante du choc proche-oriental se r&#233;suma au &#171; miracle &#187; que repr&#233;sentait la cr&#233;ation d'un Etat juif en Palestine, le &#171; retour &#187; de ce peuple sur sa terre dont il avait &#233;t&#233; chass&#233; il y a deux mille ans, &#171; un peuple sans terre pour une terre sans peuple &#187;, le d&#233;sert transform&#233; en verger, le socialisme des kibboutz. La guerre de 1948-1949 passa pour le combat h&#233;ro&#239;que de David contre Goliath : des soldats moins nombreux et moins bien &#233;quip&#233;s, dont certains &#233;taient des rescap&#233;s du g&#233;nocide des juifs en Europe, r&#233;sistaient &#224; l'assaut des arm&#233;es arabes coalis&#233;es. Personne n'avait vu, au sens propre du terme, l'expulsion de centaines de milliers de Palestiniens (lire Comment Isra&#235;l expulsa les Palestiniens (1947-1949), de Dominique Vidal).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallut plusieurs d&#233;cennies pour que, gr&#226;ce notamment aux nouveaux historiens isra&#233;liens, le r&#233;cit fait par les Palestiniens de la guerre de 1948-1949 - notamment leur expulsion massive - devienne enfin audible au-del&#224; du monde arabe. Ce retour du refoul&#233; co&#239;ncidait avec un mouvement, perceptible dans tous les pays anciennement colonis&#233;s, pour r&#233;&#233;crire une histoire jusque-l&#224; r&#233;dig&#233;e &#224; travers des grilles d'interpr&#233;tation occidentales. Ce qui se joue aussi en Palestine, c'est l'interpr&#233;tation de l'histoire mondiale des XIXe et XXe si&#232;cles, de la politique coloniale et de ses cons&#233;quences sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me dimension, la permanence d'une injustice politique qui, partout ailleurs sur la plan&#232;te, a &#233;t&#233;, au moins en partie, r&#233;par&#233;e. L'immense majorit&#233; des peuples ayant acc&#233;d&#233; &#224; l'ind&#233;pendance, les derniers - Afrique portugaise, Afrique du Sud, Namibie, Timor - dans les ann&#233;es 1970-1990, la colonisation a disparu de la surface de la Terre. La Palestine rappelle que le colonialisme a marqu&#233; pour longtemps l'histoire contemporaine et que m&#234;me sa fin politique ne signifie pas qu'il s'est simplement &#233;vanoui, ni que les injustices qu'il a provoqu&#233;es se sont effac&#233;es. Il est une page que l'on ne peut pas purement et simplement tourner. Et, contrairement aux Indiens d'Am&#233;rique ou aux populations autochtones d'Australie ou de Nouvelle-Z&#233;lande, les Palestiniens maintiennent une pr&#233;sence forte et massive sur leur territoire national ou autour de lui, et exercent donc une pression par leur seule pr&#233;sence, qui n'est pas pr&#232;s de dispara&#238;tre, quels que soient les al&#233;as de leur lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, troisi&#232;me facteur, le &#171; deux poids, deux mesures &#187; appliqu&#233; par les Etats-Unis et l'Europe (non seulement par les gouvernements, mais aussi par nombre d'intellectuels). On entend souvent l'argument selon lequel l'analyse du heurt isra&#233;lo-palestinien ob&#233;irait &#224; des r&#232;gles diff&#233;rentes, qu'Isra&#235;l serait jug&#233; selon des lois distinctes. Cela est en partie vrai, mais pas dans le sens que lui attribuent certains. Quel autre exemple d'occupation condamn&#233;e depuis plus de quarante ans par les Nations unies et qui perdure ? Quel autre exemple d'occupation o&#249; la puissance conqu&#233;rante peut installer pr&#232;s de 500 000 colons dans les territoires occup&#233;s - ce qui, en droit, constitue un &#171; crime de guerre &#187; - sans que la communaut&#233; internationale prenne aucune sanction ? Quel autre exemple d'une puissance qui d&#233;clenche une agression comme celle de Gaza en d&#233;cembre 2008, affirme ouvertement qu'elle a recours &#224; des moyens &#171; disproportionn&#233;s &#187;, qui commet des crimes de guerre et des crimes contre l'humanit&#233; ? Imaginons un moment que la Serbie se d&#233;clare &#171; Etat des Serbes &#187; : que dirait la communaut&#233; internationale face &#224; l'exclusion de toutes les minorit&#233;s ethniques de cet Etat ? Or Isra&#235;l se proclame &#171; Etat juif &#187; et met de facto &#224; l'&#233;cart plus de 15 % (sans compter les Arabes de J&#233;rusalem) de sa population - tout en leur accordant le droit de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une remarque importante &#224; ce stade. Si d'autres conflits aussi ou m&#234;me plus meurtriers ne suscitent pas un tel int&#233;r&#234;t - que ce soit la guerre au Congo et ses millions de morts ou le conflit du Sri Lanka - c'est qu'ils ne se situent pas &#224; ce &#171; carrefour &#187; des relations entre le Nord et le Sud qui est au c&#339;ur de l'histoire depuis le d&#233;but du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que nombre d'Etats arabes (ou autres), qui d&#233;fendent verbalement les Palestiniens, n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; les massacrer, que leurs r&#233;gimes sont autoritaires ou dictatoriaux et qu'ils manipulent la cause palestinienne pour d&#233;tourner leurs opinions des n&#233;cessaires r&#233;formes internes. Ils ne sont pas les mieux qualifi&#233;s pour se pr&#233;senter en champions de la cause palestinienne. Mais la justesse de celle-ci ne d&#233;pend pas de la &#171; qualit&#233; &#187; de ses d&#233;fenseurs : l'apartheid &#233;tait condamn&#233; par tous les gouvernements africains, dont certains &#233;taient bien peu recommandables. Il n'en demeure pas moins que la Palestine est une injustice flagrante. Et c'est ce sentiment d'injustice qui anime les mouvements de solidarit&#233; &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, et sous couvert du g&#233;nocide, l'Occident refuse d'appliquer &#224; ce conflit les m&#234;mes r&#232;gles d'analyse que celles qu'il applique en g&#233;n&#233;ral. Ailleurs, on se r&#233;clamera du droit international, des droits humains, du droit de la presse et des journalistes de couvrir les guerres, de la n&#233;cessaire proportionnalit&#233; des actions. Les exactions serbes contre les Kosovars, souvent r&#233;elles, parfois invent&#233;es, peuvent servir &#224; justifier une intervention militaire de l'OTAN contre la Serbie. Le comportement de la Russie contre les Tch&#233;tch&#232;nes est &#224; juste titre condamn&#233;, et aucune action terroriste men&#233;e par les rebelles &#224; Moscou ou ailleurs ne d&#233;douane l'ex-Arm&#233;e rouge. Mais que &#171; la quatri&#232;me (ou troisi&#232;me) arm&#233;e du monde &#187; s'attaque au territoire minuscule de Gaza sur lequel s'entassent plus de 1,5 million de personnes, qu'elle bombarde des &#233;coles, tue des centaines de civils, d&#233;truise les infrastructures, alors, les gouvernements occidentaux et certains intellectuels trouvent des excuses et des justifications &#224; ce qui rel&#232;ve de crimes de guerre et de crimes contre l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Choc de civilisation ou enjeu politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lecture politique s'oppose &#224; une autre, qui verrait la Palestine au c&#339;ur d'un affrontement entre le monde jud&#233;o-chr&#233;tien et l'islam ou un simple pr&#233;texte &#224; l'&#233;ternel antis&#233;mitisme. La vision d'une &#171; guerre de civilisation &#187;, des protagonistes des deux c&#244;t&#233;s la partagent, un type de d&#233;formation qui n'est pas nouveau : au temps de la guerre froide, la guerre du Vietnam et m&#234;me la lutte en Afrique du Sud &#233;taient vues, par certains, comme un avatar du choc entre l'Est et l'Occident. M. Nelson Mandela, aujourd'hui port&#233; aux nues, passait pour un terroriste, et m&#234;me Amnesty International refusait de l'adopter comme &#171; prisonnier de conscience &#187; car il pr&#244;nait la lutte arm&#233;e. La crainte du communisme agissait alors comme un frein &#224; la solidarit&#233;, mais de mani&#232;re moins puissante que celle de l'islamisme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais on agite deux &#233;pouvantails, la peur d'un &#171; retour &#187; de l'islam et la r&#233;surgence de l'antis&#233;mitisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place occup&#233;e par le Hamas (et aussi par le Hezbollah) dans la r&#233;sistance paralyse bien des bonnes volont&#233;s en Occident. Il peut sembler, apr&#232;s coup, qu'il &#233;tait plus facile d'&#234;tre solidaire du Vietnam - malgr&#233; le r&#244;le central des communistes - que de Palestiniens dont un nombre important se reconnaissent dans un mouvement islamiste. On peut r&#233;torquer que, dans l'histoire, la religion a inspir&#233; nombre de mouvements anticoloniaux. C'est au nom de l'islam que le Mahdi, incontestablement un &#171; r&#233;actionnaire &#187;, m&#232;ne la r&#233;volte au Soudan contre la pr&#233;sence britannique &#224; la fin du XIXe si&#232;cle. Fallait-il, parce que le Royaume-Uni &#233;tait un pays d&#233;mocratique et se r&#233;clamait des Lumi&#232;res, d&#233;noncer cette r&#233;volte &#171; r&#233;actionnaire &#187; ? Sans revenir sur la complexit&#233; et la diversit&#233; des formations islamistes, croit-on vraiment que, s'ils gagnent, ils imposeront des r&#233;gimes plus r&#233;pressifs que ceux de l'Alg&#233;rie, de l'Irak ou de la Syrie &#171; la&#239;ques &#187;, ou encore de l'Egypte ? Le droit &#224; la r&#233;sistance contre l'oppression &#233;trang&#232;re est un droit universel reconnu &#224; tous les peuples : l'Occident n'a aucun droit &#224; l'accepter pour les uns et &#224; le refuser pour les autres. Et si la &#171; religion &#187; n'&#233;tait que l'habit emprunt&#233; actuellement par le mouvement de r&#233;sistance &#224; l'injustice ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'emp&#234;che pas de rester attentif &#224; l'avenir, &#224; ne pas se bander les yeux et &#224; appuyer tous ceux qui veulent construire demain une soci&#233;t&#233; palestinienne plus d&#233;mocratique, plus juste. La seule volont&#233; de mettre un terme &#224; l'injustice ne garantit pas, l'histoire l'a prouv&#233;, la construction d'une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids de la Shoah est, en Occident, &#233;norme. Certains, notamment dans l'aire musulmane, estiment que ce g&#233;nocide est purement et simplement instrumentalis&#233;, manipul&#233;, voire qu'il n'a pas eu lieu - ou n'a pas eu la dimension que l'historiographie lui accorde. Pour nombre de forces au Nord, au contraire, il est un &#233;v&#233;nement marquant de l'histoire europ&#233;enne, et toute tentative de le minimiser est condamnable. Peut-on d&#233;passer ces divergences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien isra&#233;lien Tom Segev r&#233;sume les deux le&#231;ons contradictoires que la soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne peut tirer du g&#233;nocide des juifs : 1) personne n'a le droit de &#171; rappeler aux Isra&#233;liens des imp&#233;ratifs moraux tels que le respect des droits de l'homme &#187;, car les juifs ont trop souffert et les gouvernements &#233;trangers ont &#233;t&#233; incapables de leur venir en aide ; 2) on peut, au contraire, penser que le g&#233;nocide &#171; somme chacun de pr&#233;server la d&#233;mocratie, de combattre le racisme, de d&#233;fendre les droits de l'homme &#187;. Et donc de d&#233;fendre aujourd'hui les Palestiniens... Pourtant, la sensibilit&#233; au Nord et au Sud ne sera jamais la m&#234;me, que ce soit sur les formes de lutte, le terrorisme, la l&#233;gitimit&#233; d'Isra&#235;l, le contenu d'une solution politique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce combat, la lutte contre l'antis&#233;mitisme est importante. Elle est rendue plus difficile par l'identification &#224; laquelle on assiste, des deux c&#244;t&#233;s, entre Isra&#235;l et les juifs. Quand Richard Prasquier, pr&#233;sident du Conseil repr&#233;sentatif des institutions juives de France (CRIF), d&#233;clare, &#224; propos de l'offensive isra&#233;lienne contre Gaza : &#171; Je peux vous affirmer que 95 % de la communaut&#233; juive de France est en accord avec la politique d'Isra&#235;l et avec ce qu'entreprend son arm&#233;e &#187;, le journaliste Jean-Fran&#231;ois Kahn a raison de dire que cette phrase devrait valoir &#224; son auteur une poursuite devant les tribunaux pour antis&#233;mitisme. Quand des pr&#234;cheurs musulmans d&#233;noncent les juifs et leur mainmise sur le monde, en se r&#233;f&#233;rant au Protocole des sages de Sion, ils rel&#232;vent d'une d&#233;marche similaire. Lutter contre ces amalgames, contre toutes les formes de racisme, &#224; l'encontre des juifs ou des Arabes, contre toute id&#233;e de &#171; choc des civilisations &#187;, est l'un des enjeux des ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains affirment que la seule solution reste la cr&#233;ation d'un Etat palestinien aux c&#244;t&#233;s de l'Etat d'Isra&#235;l. D'autres assurent que la colonisation massive de la Cisjordanie et de J&#233;rusalem rend ce d&#233;nouement illusoire et pr&#244;nent un Etat binational o&#249; les deux nationalit&#233;s, arabe-palestinienne et juive-isra&#233;lienne jouiraient de droits &#233;quivalents. D'autres encore &#233;voquent le mod&#232;le sud-africain, un Etat de tous ses citoyens : un homme, une femme, une voix. Quoi qu'il en soit, il est difficile d'imaginer une solution sans adh&#233;sion d'une majorit&#233; de la population pr&#233;sente aujourd'hui sur le territoire de la Palestine historique. Il faut rappeler que la fin de l'apartheid n'a &#233;t&#233; possible que parce que le Congr&#232;s national africain (ANC) a &#233;t&#233; capable de formuler un projet pour tous les citoyens de l'Afrique du Sud et de les unir, Noirs, m&#233;tis et Blancs dans le combat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2009-03" class="spip_out"&gt;http://blog.mondediplo.net/2009-03&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
