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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Main basse sur les terres agricoles du Sud</title>
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		<dc:date>2009-03-02T13:00:26Z</dc:date>
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		<dc:creator> Guy Debailleul </dc:creator>



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&lt;p&gt;Des &#201;tats riches et des entreprises multinationales ach&#232;tent ou louent &#224; tr&#232;s long terme des superficies consid&#233;rables de terres agricoles dans les pays en voie de d&#233;veloppement. Portrait d'une v&#233;ritable ru&#233;e, exacerb&#233;e par la crise alimentaire, qui a un fort relent de colonialisme et dont les cons&#233;quences pourraient &#234;tre d&#233;sastreuses. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Arabie Saoudite a pris le contr&#244;le d'environ 1,6 million d'hectares de terres en Indon&#233;sie, soit &#224; peu pr&#232;s les trois quarts des terres cultiv&#233;es au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des &#201;tats riches et des entreprises multinationales ach&#232;tent ou louent &#224; tr&#232;s long terme des superficies consid&#233;rables de terres agricoles dans les pays en voie de d&#233;veloppement. Portrait d'une v&#233;ritable ru&#233;e, exacerb&#233;e par la crise alimentaire, qui a un fort relent de colonialisme et dont les cons&#233;quences pourraient &#234;tre d&#233;sastreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arabie Saoudite a pris le contr&#244;le d'environ 1,6 million d'hectares de terres en Indon&#233;sie, soit &#224; peu pr&#232;s les trois quarts des terres cultiv&#233;es au Qu&#233;bec ! Et conjointement avec les &#201;mirats arabes unis, l'Arabie Saoudite s'est appropri&#233;e 1,4 million d'hectares dans des pays comme le Pakistan ou le Soudan. La Turquie, le Kazakhstan, le Cambodge, les Philippines, l'Ouganda sont &#233;galement vis&#233;s par les pays du Golfe Persique. Il s'agit l&#224; aussi d'assurer l'approvisionnement en c&#233;r&#233;ales des pays investisseurs dans lesquels la raret&#233; de l'eau limite la production agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Tanzanie, en moins d'un an, des compagnies internationales de production de biocarburants ont accapar&#233; 11&#8200;millions d'hectares, soit pratiquement le huiti&#232;me de la superficie du pays pour cultiver des plantes destin&#233;es &#224; produire des biocarburants pour l'exportation. L'une d'entre elles, Sunbiofuels de Grande-Bretagne, a par exemple mis la main sur 40 000 ha pour produire du jatropha &#224; des fins &#233;nerg&#233;tiques, apr&#232;s avoir &#233;vinc&#233; les agriculteurs, qui ont re&#231;u une maigre compensation. Comme le signale le Financial Times, qui rapportait l'&#233;v&#233;nement, il sera tr&#232;s difficile pour le gouvernement tanzanien de r&#233;cup&#233;rer ces terres afin d'y produire des aliments, puisque la concession est d'une dur&#233;e de 99 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, la compagnie sud-cor&#233;enne Daewoo avait n&#233;goci&#233; avec le gouvernement malgache la location pour 99 ans de pr&#232;s d'un million et demi d'hectares. Son projet &#233;tait de cultiver du ma&#239;s, avec comme objectif une production annuelle de 5,5 millions de tonnes en 2023 destin&#233;es &#224; &#234;tre export&#233;es en Cor&#233;e du Sud. Ce pays asiatique importe actuellement 11 millions de tonnes de ma&#239;s par ann&#233;e, principalement des &#201;tats-Unis. &#192; cela, s'ajoutait la production d'huile de palme. Pour mener &#224; bien son projet, Daewoo entendait faire venir de la main-d'&#339;uvre principalement sud-africaine. La col&#232;re suscit&#233;e par les r&#233;v&#233;lations entourant l'entente entre la compagnie et le gouvernement malgache, et par l'attitude arrogante dont la compagnie a fait preuve dans la justification de sa d&#233;marche, a eu raison du projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exemples ne repr&#233;sentent qu'un petit &#233;chantillon dans une multiplication de transactions du m&#234;me genre par des pays &#171; accapareurs &#187; (directement ou par le biais de certaines de leurs compagnies ou soci&#233;t&#233;s de placement). Ce sont aussi bien des pays europ&#233;ens (Grande-Bretagne, Su&#232;de), asiatiques (Chine, Cor&#233;e du Sud, Japon dont les entreprises contr&#244;lent d&#233;j&#224; plus de 12 millions d'hectares &#224; l'&#233;tranger), p&#233;troliers (pays du Golfe Persique, Libye, etc.) que des compagnies de pays &#233;mergents (Br&#233;sil, Inde). Les pays cibles sont &#233;galement r&#233;partis sur &#224; peu pr&#232;s tous les continents : Am&#233;rique latine (Paraguay, Argentine), Asie (Birmanie, Cambodge, Laos, Indon&#233;sie, Philippines, Tha&#239;lande, Vietnam), Europe centrale (Ukraine), Afrique (S&#233;n&#233;gal, Mali, Malawi, Ouganda, Soudan, Tanzanie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces listes non exhaustives ne font qu'illustrer un mouvement qui prend une ampleur pr&#233;occupante. Les pays et les compagnies qui investissent ainsi dans le contr&#244;le de grandes superficies de terre agricole sont guid&#233;s par des raisons qui peuvent varier : s'assurer un approvisionnement en produits alimentaires pour les uns, accro&#238;tre la production de biocarburants pour les autres ou simplement, en ces temps de d&#233;b&#226;cle financi&#232;re, investir dans ce qui appara&#238;t comme &#233;tant le meilleur v&#233;hicule de placement &#224; long terme pour des fonds sp&#233;culatifs. Ces raisons rel&#232;vent toutes d'un m&#234;me constat : la crise alimentaire et la crise &#233;nerg&#233;tique ont mis en &#233;vidence le caract&#232;re limit&#233; des disponibilit&#233;s en terres agricoles pour satisfaire &#224; la fois les besoins &#233;nerg&#233;tiques et les besoins alimentaires d'une population mondiale croissante et confront&#233;e &#224; l'&#233;puisement des &#233;nergies fossiles. Il est ironique que les m&#234;mes pays qui ont tent&#233; de lib&#233;raliser le commerce des produits agricoles au cours de la ronde de Doha, en invoquant les vertus du libre-&#233;change pour assurer les besoins de la plan&#232;te, semblent soudain accorder une confiance limit&#233;e &#224; une telle strat&#233;gie puisqu'ils optent pour le contr&#244;le direct de la terre et des ressources productives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau colonialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque 50 ans apr&#232;s les grands mouvements de d&#233;colonisation, les terres agricoles des pays en d&#233;veloppement sont donc en train de devenir l'objet d'une nouvelle prise de contr&#244;le par des int&#233;r&#234;ts &#233;trangers. C'est d'ailleurs au nom du rejet d'un n&#233;ocolonialisme que le projet sud-cor&#233;en &#224; Madagascar vient d'avorter. Mais ce recul, s'il montre qu'une mobilisation peut entraver l'aboutissement de tels projets, n'est encore qu'une exception dans un mouvement qui prend de l'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le patrimoine agricole des pays en d&#233;veloppement suscite tant de convoitise et donne lieu &#224; de telles concessions, c'est naturellement en raison de la d&#233;pendance de ces pays &#224; l'&#233;gard des investissements &#233;trangers. Il est facile de faire miroiter aux agriculteurs locaux les retomb&#233;es &#233;conomiques et les avantages, notamment en mati&#232;re de diffusion de nouvelles pratiques et technologies agricoles. D'autant plus que de nombreux pays n'ont toujours pas adopt&#233; de r&#233;gimes fonciers qui assurent des titres de propri&#233;t&#233; aux paysans en place. Beaucoup d'entre eux n'ont encore acc&#232;s &#224; la terre que par le biais de droits coutumiers complexes et souvent arbitraires. Dans d'autres pays, c'est plut&#244;t le contr&#244;le de la plus grande partie des terres par une toute petite minorit&#233; qui emp&#234;che les paysans de disposer de quantit&#233;s suffisantes de terres pour leur permettre d'en vivre. Ainsi au Paraguay, plus de 75 % des terres agricoles sont la propri&#233;t&#233; de moins de 1 % de la population. Dans de telles situations d'in&#233;galit&#233; ou d'ins&#233;curit&#233; fonci&#232;re, il est donc plus facile d'&#233;carter les paysans au profit de grands projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays du Nord, eux, se prot&#232;gent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pays occidentaux ont au contraire eu tendance depuis d&#233;j&#224; plusieurs d&#233;cennies &#224; adopter des l&#233;gislations plus ou moins restrictives en mati&#232;re d'achat de terres agricoles par des &#233;trangers. Aux &#201;tats-Unis pas moins de 28 &#201;tats ont des l&#233;gislations qui limitent les possibilit&#233;s d'acquisitions de terres par des non-r&#233;sidents. Il en est de m&#234;me pour une majorit&#233; des provinces au Canada. Au Manitoba ou en Saskatchewan, un non-r&#233;sident ou une compagnie &#233;trang&#232;re ne peut poss&#233;der plus de 20 hectares de terres agricoles. On trouve des restrictions du m&#234;me type en Australie, en Nouvelle-Z&#233;lande et dans certains &#201;tats europ&#233;ens. Plus les terres agricoles sont vastes et la densit&#233; de population faible, plus les besoins de protection sont manifestes, ce qui explique que des provinces comme l'Ontario ou le Qu&#233;bec, &#224; forte densit&#233; de population, ne se sont pas senties autant menac&#233;es par l'achat de terres par des &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement d'accaparement des terres agricoles par des int&#233;r&#234;ts &#233;trangers, qu'ils proviennent des pays occidentaux, des pays du Golfe ou des pays &#233;mergents a incontestablement des allures de n&#233;colonialisme. Au moment o&#249; - &#224; la faveur de la crise alimentaire - la communaut&#233; internationale r&#233;alise enfin que l'on a trop longtemps n&#233;glig&#233; l'agriculture des pays en d&#233;veloppement, cette confiscation d'une partie de leur patrimoine foncier pour satisfaire en priorit&#233; les besoins des pays les plus riches envoie d&#233;cid&#233;ment un signal contradictoire avec les efforts de concertation et de mobilisation pour redonner un nouvel &#233;lan &#224; l'agriculture des pays pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;centes n&#233;gociations commerciales de la ronde de Doha, de nombreux pays en d&#233;veloppement ont commenc&#233; &#224; opposer le principe de souverainet&#233; alimentaire &#224; celui de lib&#233;ralisation des &#233;changes. Ils revendiquent ainsi le droit de d&#233;finir et de mettre en place les politiques agricoles qui leur semblent appropri&#233;es, et de prendre les mesures n&#233;cessaires pour prot&#233;ger leur agriculture. C'est &#224; ces conditions que leur propre s&#233;curit&#233; alimentaire sera possible. Devant ce mouvement de ru&#233;e vers leurs terres agricoles, on observe que la souverainet&#233; alimentaire implique de se donner les moyens pour contr&#244;ler la ressource fondamentale dont d&#233;pend la satisfaction des besoins alimentaires, c'est-&#224;-dire les terres agricoles. Ce contr&#244;le sera d'autant plus efficace que les paysans pourront disposer de droits garantis et stables sur cette ressource.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur est titulaire de la chaire en d&#233;veloppement international de l'Universit&#233; Laval et pr&#233;sident de Plan Nagua&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="https://www.alternatives.ca" class="spip_out"&gt;www.alternatives.ca&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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