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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Le mouvement altermondialiste et la crise de la mondialisation</title>
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		<dc:date>2008-11-28T22:38:44Z</dc:date>
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		<dc:creator>Gustave Massiah</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le Forum Social Mondial (FSM) de B&#233;l&#232;m, ouvre un nouveau cycle du mouvement altermondialiste. Le FSM aura lieu en Amazonie au c&#339;ur des limites de l'&#233;cosyst&#232;me plan&#233;taire et devra se poser la question majeure des contradictions entre la crise &#233;cologique et la crise sociale. Il sera marqu&#233; par le nouveau mouvement social et citoyen en Am&#233;rique Latine, l'alliance des peuples indig&#232;nes, des femmes, des ouvriers, des paysans et des sans-terre, de l'&#233;conomie sociale et solidaire. Ce mouvement civique a construit des nouveaux rapports entre le social et le politique qui ont d&#233;bouch&#233; sur de nouveaux r&#233;gimes et ont renouvel&#233; la compr&#233;hension de l'imp&#233;ratif d&#233;mocratique. Il a infl&#233;chi l'&#233;volution du continent montrant ainsi l'importance des grandes r&#233;gions dans la mondialisation et face &#224; la crise de l'h&#233;g&#233;monie des Etats-Unis. Le mouvement altermondialiste devra aussi r&#233;pondre &#224; la nouvelle situation mondiale n&#233;e de la crise ouverte de la phase n&#233;olib&#233;rale de la mondialisation capitaliste.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-Forum-social-mondial-" rel="directory"&gt;Forum social mondial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Forum Social Mondial (FSM) de B&#233;l&#232;m, ouvre un nouveau cycle du mouvement altermondialiste. Le FSM aura lieu en Amazonie au c&#339;ur des limites de l'&#233;cosyst&#232;me plan&#233;taire et devra se poser la question majeure des contradictions entre la crise &#233;cologique et la crise sociale. Il sera marqu&#233; par le nouveau mouvement social et citoyen en Am&#233;rique Latine, l'alliance des peuples indig&#232;nes, des femmes, des ouvriers, des paysans et des sans-terre, de l'&#233;conomie sociale et solidaire. Ce mouvement civique a construit des nouveaux rapports entre le social et le politique qui ont d&#233;bouch&#233; sur de nouveaux r&#233;gimes et ont renouvel&#233; la compr&#233;hension de l'imp&#233;ratif d&#233;mocratique. Il a infl&#233;chi l'&#233;volution du continent montrant ainsi l'importance des grandes r&#233;gions dans la mondialisation et face &#224; la crise de l'h&#233;g&#233;monie des Etats-Unis. Le mouvement altermondialiste devra aussi r&#233;pondre &#224; la nouvelle situation mondiale n&#233;e de la crise ouverte de la phase n&#233;olib&#233;rale de la mondialisation capitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un mouvement des mouvements&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement altermondialiste dans ses diff&#233;rentes significations est porteur d'un nouvel espoir n&#233; du refus de la fatalit&#233; ; c'est le sens de l'affirmation &#171; un autre monde est possible &#187;. Nous ne vivons pas &#171; La Fin de l'Histoire &#187; ni &#171; Le Choc des civilisations &#187;. La strat&#233;gie du mouvement altermondialiste s'organise autour de la convergence des mouvements sociaux et citoyens qui mettent en avant la solidarit&#233;, les libert&#233;s et la paix. Dans l'espace du FSM, ils confrontent leurs luttes, leurs pratiques, leurs r&#233;flexions et leurs propositions. Ils construisent aussi une nouvelle culture politique fond&#233;e sur la diversit&#233;, les activit&#233;s autog&#233;r&#233;es, la mutualisation, &#171; l'horizontalit&#233; &#187; pr&#233;f&#233;r&#233;e &#224; la hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers les forums, une orientation strat&#233;gique s'est d&#233;gag&#233;e, celle de l'acc&#232;s pour tous aux droits fondamentaux. C'est la construction d'une alternative &#224; la logique dominante, &#224; l'ajustement de chaque soci&#233;t&#233; au march&#233; mondial &#224; travers la r&#233;gulation par le march&#233; mondial des capitaux. A l'&#233;vidence impos&#233;e qui pr&#233;tend que la seule mani&#232;re acceptable pour organiser une soci&#233;t&#233; c'est la r&#233;gulation par le march&#233;, nous pouvons opposer la proposition d'organiser les soci&#233;t&#233;s et le monde &#224; partir de l'acc&#232;s pour tous aux droits fondamentaux. Cette orientation commune donne son sens &#224; la convergence des mouvements et se traduit par une nouvelle culture de la transformation qui se lit dans l'&#233;volution de chacun des mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats en cours dans le mouvement mettent en avant la question strat&#233;gique. Elle soul&#232;ve la question du pouvoir qui renvoie au d&#233;bat sur l'Etat et recoupe celle des partis, et la question du mod&#232;le de transformation sociale et de la nature du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement altermondialiste ne se r&#233;sume pas aux Forums Sociaux, mais le processus des forums y occupe une place particuli&#232;re. Le mouvement altermondialiste ne cesse de s'&#233;largir et de s'approfondir. Elargissement g&#233;ographique, social, th&#233;matique, il a connu une mont&#233;e en puissance consid&#233;rable en moins de dix ans. Pour autant, il n'a pas gagn&#233;, m&#234;me si la crise par bien des aspects valide nombre de ses analyses et justifie son appel aux r&#233;sistances. Le mouvement altermondialiste est un mouvement historique qui s'inscrit dans la dur&#233;e. Il prolonge et renouvelle les trois mouvements historiques pr&#233;c&#233;dents. Le mouvement historique de la d&#233;colonisation ; et de ce point de vue l'altermondialisme a modifi&#233; en profondeur les repr&#233;sentations Nord-Sud au profit d'un projet mondial commun. Le mouvement historique des luttes ouvri&#232;res ; et de ce point de vue, est engag&#233;e la mutation vers un mouvement social et citoyen mondial. Le mouvement des luttes pour la d&#233;mocratie &#224; partir des ann&#233;es 1960-70 ; et de ce point de vue le renouvellement de l'imp&#233;ratif d&#233;mocratique apr&#232;s l'implosion du sovi&#233;tisme en 1989 et les r&#233;gressions port&#233;es par les id&#233;ologies s&#233;curitaires. La d&#233;colonisation, les luttes sociales, l'imp&#233;ratif d&#233;mocratique et les libert&#233;s constituent la culture de r&#233;f&#233;rence historique du mouvement altermondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La crise de la mondialisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement altermondialiste est confront&#233; &#224; la crise de la mondialisation que l'on peut caract&#233;riser comme une crise de la mondialisation capitaliste dans sa phase n&#233;o-lib&#233;rale. Cette crise n'est pas une surprise pour le mouvement ; elle &#233;tait pr&#233;vue et annonc&#233;e depuis longtemps. Trois grandes questions d&#233;terminent l'&#233;volution de la situation &#224; l'&#233;chelle mondiale et marquent les diff&#233;rents niveaux de la transformation sociale (mondiale, par grande r&#233;gion, nationale et locale). Le syst&#232;me dominant est confront&#233; &#224; une triple crise : la crise &#233;cologique mondiale qui est devenue patente ; la crise du n&#233;olib&#233;ralisme ; la crise g&#233;opolitique avec la fin de l'h&#233;g&#233;monie des Etats-Unis. La crise de l'h&#233;g&#233;monie &#233;tats-unienne s'approfondit rapidement. L'&#233;volution des grandes r&#233;gions se diff&#233;rencie, d'autant que les r&#233;ponses de chaque r&#233;gion &#224; la crise de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine sont diff&#233;rentes. La lutte contre la pr&#233;tendue guerre des civilisations et la tr&#232;s r&#233;elle guerre sans fin constituent une des priorit&#233;s du mouvement altermondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phase n&#233;olib&#233;rale semble &#224; bout de souffle. La nouvelle crise financi&#232;re est d'une particuli&#232;re gravit&#233;. Ce n'est pas la premi&#232;re crise financi&#232;re de cette p&#233;riode (Mexique, Br&#233;sil, Inde, Argentine, etc.) et elle ne suffit pas &#224; elle seule &#224; caract&#233;riser l'essoufflement du n&#233;olib&#233;ralisme. La d&#233;clinaison des diff&#233;rentes crises est plus singuli&#232;re. La crise mon&#233;taire accro&#238;t les incertitudes sur les r&#233;am&#233;nagements des monnaies. La crise immobili&#232;re aux Etats-Unis r&#233;v&#232;le le r&#244;le que joue le surendettement, et ses limites, en tant que moteur de la croissance. La crise &#233;nerg&#233;tique et la crise climatique r&#233;v&#232;lent les limites de l'&#233;cosyst&#232;me plan&#233;taire. La crise alimentaire d'une exceptionnelle gravit&#233; peut remettre en cause des &#233;quilibres plus fondamentaux. L'approfondissement des in&#233;galit&#233;s et des discriminations, dans chaque soci&#233;t&#233; et entre les pays, atteint un niveau critique et se r&#233;percute sur l'intensification des conflits et des guerres et sur la crise des valeurs. Les institutions responsables de la r&#233;gulation du syst&#232;me &#233;conomique international (FMI, Banque Mondiale, OMC) n'ont plus de l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le G8 s'est r&#233;uni pour r&#233;soudre les probl&#232;mes de la plan&#232;te. M&#234;me repl&#226;tr&#233; en G20, avec quelques gros pays de plus, il n'a aucune l&#233;gitimit&#233; pour le faire. Seules les Nations Unies et leur Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale, quelques soient leurs limites, peuvent parler au nom de tous. D'autant que ce sont les m&#234;mes qui ont la plus grande part de responsabilit&#233; dans la crise actuelle. Le G20 n'a pas de solution parce qu'il est le probl&#232;me. C'est aux peuples et aux soci&#233;t&#233;s de se faire entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incertitude demeure sur les temps et les horizons de la crise. Il est probable qu'un nouveau cycle caract&#233;risera les 25 &#224; 40 prochaines ann&#233;es. La crise du n&#233;olib&#233;ralisme, du point de vue id&#233;ologique, est fortement li&#233;e &#224; la mont&#233;e en puissance de l'altermondialisme qui a aiguis&#233; les contradictions internes au syst&#232;me. Pour autant, la crise du n&#233;olib&#233;ralisme ne signifie pas sa disparition in&#233;luctable. De plus, le mouvement altermondialiste n'est pas le seul mouvement antisyst&#233;mique par rapport &#224; la logique dominante du syst&#232;me. D'autres mouvements int&#233;gristes divers peuvent aussi contester le cours dominant. Plusieurs sc&#233;narios sont possibles &#224; moyen terme, avec plusieurs variantes : un n&#233;olib&#233;ralisme confort&#233;, une dominante n&#233;oconservatrice, une variante n&#233;okeyn&#233;sienne. Une issue altermondialiste est tr&#232;s peu probable &#224; court terme, les conditions politiques n'&#233;tant pas encore remplies ; mais le renforcement du mouvement altermondialiste p&#232;sera sur les issues possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les cinq &#224; dix ans que se formalisera la nouvelle rationalit&#233; &#233;conomique, comme le n&#233;olib&#233;ralisme s'est impos&#233;, &#224; partir de tendances existantes, entre 1979 et 1985. Il reste une discussion sur la suite de ce cycle &#224; venir. Immanuel Wallerstein fait l'hypoth&#232;se d'un retournement du cycle s&#233;culaire, voire m&#234;me multis&#233;culaire, posant pour les trente ou quarante prochaines ann&#233;es, la question historique d'un d&#233;passement du capitalisme et donnant ainsi une port&#233;e nouvelle &#224; l'altermondialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les opportunit&#233;s ouvertes par la crise de la mondialisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ogramme chinois qui repr&#233;sente la crise, fort ancien et v&#233;n&#233;rable, associe deux signes, contradictoires comme il se doit pour toute bonne dialectique, celui des dangers et celui des opportunit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier danger concerne la pauvret&#233;. La sortie de crise recherch&#233;e consiste &#224; faire payer la crise aux pauvres, et d'abord aux discrimin&#233;s et aux colonis&#233;s. Il s'agit aussi de raboter les couches moyennes. Et m&#234;me, si &#231;a ne suffit pas, de faire payer certaines cat&#233;gories de riches ; ce qui laisse pr&#233;figurer de fortes contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire passer de telles politiques, il faudra beaucoup de r&#233;pression, de criminalisation des mouvements sociaux, de p&#233;nalisation de la solidarit&#233;, d'instrumentalisation du terrorisme, d'id&#233;ologie s&#233;curitaire, d'agitation raciste, islamophobe et nationaliste, d'exploitation des boucs &#233;missaires, des migrants et des rroms. Cette &#233;volution ira dans certaines r&#233;gions vers des r&#233;gimes autoritaires et r&#233;pressifs et m&#234;me vers des fascismes et des populismes fascisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre sortie de crise cible des pays qui seront marginalis&#233;s et ruin&#233;s. Les risques de guerre sont aussi une issue classique des grandes crises. N'oublions pas que le monde est d&#233;j&#224; en guerre et que pr&#232;s de un milliard de personnes vivent dans des r&#233;gions en guerre. Les conflits sont permanents et la d&#233;stabilisation syst&#233;matique. Les formes de guerre ont chang&#233; avec la militarisation des soci&#233;t&#233;s, l'apartheid global, la guerre des forts contre les faibles, la banalisation de la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lutter contre ces dangers par des r&#233;sistances, des alliances et des coalitions pour les libert&#233;s, la d&#233;mocratie et la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dangers sont connus, les opportunit&#233;s ouvertes le sont moins. Quatre opportunit&#233;s sont ouvertes par la crise. D'abord, la d&#233;faite id&#233;ologique du n&#233;olib&#233;ralisme favorise la mont&#233;e en puissance de la r&#233;gulation publique. Ensuite, la redistribution des richesses redonne une possibilit&#233; de retour du march&#233; int&#233;rieur, de stabilisation du salariat et de garantie des revenus et de la protection sociale, de red&#233;ploiement des services publics. De plus, le r&#233;&#233;quilibrage ente le Nord et le Sud ouvre une nouvelle phase de la d&#233;colonisation et une nouvelle g&#233;opolitique du monde. Il s'accompagne d'une nouvelle urbanisation et des migrations qui sont les nouvelles formes du peuplement de la plan&#232;te. Enfin, la crise du mod&#232;le politique de repr&#233;sentation rend incontournable la d&#233;mocratie sociale et le renforcement de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative par la d&#233;mocratie participative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;&#233;quilibrage possible entre le Nord et le Sud ouvre une nouvelle phase de la d&#233;colonisation. Elle suit la phase qui va de 1979 &#224; 2008, de reprise en main par la gestion de la crise de la dette, le contr&#244;le des mati&#232;res premi&#232;res et les interventions militaires. Entre trente et cinquante pays &#233;mergents, dont les trois les plus dynamiques Br&#233;sil, Inde, Chine, peuvent d&#233;fendre leur point de vue et leurs int&#233;r&#234;ts. Il ne s'agit pas d'un monde multipolaire mais d'un nouveau syst&#232;me g&#233;opolitique international. Les cons&#233;quences pourraient &#234;tre consid&#233;rables, notamment pour les termes de l'&#233;change international et pour la nature des migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux conditions &#224; cette &#233;volution qui ne se fera pas sans bouleversements. La premi&#232;re condition est que les pays &#233;mergents soient capables de changer leur mod&#232;le de croissance en privil&#233;giant le march&#233; int&#233;rieur et la consommation des couches populaires et moyennes par rapport aux exportations. Cette d&#233;connexion est possible. La deuxi&#232;me condition est que les pays &#233;mergents construisent des formes d'unit&#233; entre les pays du Sud. La premi&#232;re phase de la d&#233;colonisation avait &#233;chou&#233; en grande partie quand les pays p&#233;troliers, apr&#232;s le choc de 1977, avaient laiss&#233; la division s'installer entre les pays du Sud, permettant au G7, appuy&#233; sur le FMI et la Banque Mondiale, d'imposer l'ajustement structurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La redistribution des richesses, n&#233;cessaire par rapport &#224; la logique du n&#233;olib&#233;ralisme et par ses exc&#232;s, ouvre une tentation n&#233;o-keyn&#233;sienne. Elle conforte la tendance &#224; r&#233;habiliter le march&#233; int&#233;rieur, plut&#244;t &#224; l'&#233;chelle des grandes r&#233;gions qu'&#224; l'&#233;chelle nationale. Elle pourrait se traduire par la r&#233;habilitation des syst&#232;mes de protection sociale et d'une relative stabilit&#233; salariale. Les planchers des revenus et leur progression retrouveraient un r&#244;le en tant que moteur de croissance par rapport au surendettement qui a d&#233;clench&#233; la crise des &#171; subprimes &#187;. L'acc&#232;s aux droits pour tous, dont les Objectifs du Mill&#233;naire pour le D&#233;veloppement (OMD) sont un p&#226;le succ&#233;dan&#233; retrouveraient droit de cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux conditions &#224; cette hypoth&#232;se qui ne se confond pas avec l'id&#233;e d'un simple retour au mod&#232;le keyn&#233;sien d'avant le n&#233;olib&#233;ralisme. La premi&#232;re condition est la n&#233;cessit&#233; de r&#233;pondre aux limites &#233;cologiques qui rendent dangereux un prolongement du productivisme. La contradiction entre l'&#233;cologique et le social est devenue d&#233;terminante, son d&#233;passement est primordial. La deuxi&#232;me condition est la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;gulation ouverte &#224; l'&#233;chelle mondiale par rapport &#224; la r&#233;gulation nationale compl&#233;t&#233;e par le syst&#232;me de Bretton Woods des ann&#233;es soixante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e en puissance de la r&#233;gulation publique ach&#232;vera la d&#233;faite id&#233;ologique du n&#233;o-lib&#233;ralisme. Le n&#233;olib&#233;ralisme est toujours dominant mais l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale a subi une d&#233;faite cuisante, il lui sera difficile de s'en relever. Les nationalisations dites temporaires, le temps de sortir de la crise, seront difficiles &#224; renvoyer au cabinet des d&#233;barras. Les fonds souverains avaient d&#233;j&#224; ouvert la voie &#224; des interventions inattendues des Etats au niveau de la mondialisation. L'&#233;valuation des privatisations, jusque l&#224; demand&#233;es sans succ&#232;s, r&#233;servera certainement des surprises. La nouvelle rationalit&#233; pourra difficilement continuer &#224; subordonner compl&#232;tement la r&#233;gulation aux march&#233;s et &#224; confondre le priv&#233; avec les capitaux et leurs march&#233;s. De m&#234;me l'associatif pourrait ne pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une sous-cat&#233;gorie non viable des entreprises. Le retour de la r&#233;gulation publique pourrait prendre d'autre forme que l'&#233;tatisation classique et combiner socialisation et contr&#244;le d&#233;mocratique. Les diff&#233;rentes forme de propri&#233;t&#233; sociale et collective pourraient trouver une nouvelle l&#233;gitimit&#233;. Les nationalisations pourraient s'adapter &#224; la construction des grandes r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renouvellement des mod&#232;les de pouvoir et de repr&#233;sentation devrait &#234;tre au centre des recompositions &#233;conomiques et sociales. Il est probable que la reconstruction du lien social trouvera de nouvelles opportunit&#233;s par rapport aux formes juridiques de la d&#233;mocratie impos&#233;es par le haut. Les in&#233;galit&#233;s de revenus et la relation entre le revenu minimum et le revenu maximum seraient bien plus sensibles. La d&#233;mocratie resterait une r&#233;f&#233;rence mais les d&#233;terminants pourraient changer. Les syst&#232;mes institutionnels et &#233;lectoraux pourraient plus difficilement &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme ind&#233;pendants des situations sociales. Les revendications devraient mettre plus en &#233;vidence les libert&#233;s individuelles et collectives et leurs garanties. L'acc&#232;s aux droits individuels et collectifs pour tous devrait fonder une d&#233;mocratie sociale sans laquelle la d&#233;mocratie politique perdrait beaucoup de son attractivit&#233;. Les formes d'articulation entre la d&#233;mocratie participative et la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, et leur liaison primordiale avec la d&#233;mocratie sociale, devraient progresser et se diversifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres &#233;volutions, d&#233;j&#224; entam&#233;es devraient prendre plus d'importance. Les collectivit&#233;s locales &#233;largiront leur r&#244;le de pouvoirs locaux et d'institutions locales. L'alliance strat&#233;gique entre les collectivit&#233;s locales et les mouvements associatifs seront au fondement des territoires et de la citoyennet&#233; de r&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mettant en &#233;vidence le potentiel port&#233; par les r&#233;sistances et les pratiques actuelles, l'altermondialisme donne une perspective &#224; la sortie de la crise actuelle dans ses diff&#233;rentes configurations. Il permet de fonder, contre les conservatismes autoritaires et r&#233;pressifs, les coalitions pour les libert&#233;s et la d&#233;mocratie. Il permet de lutter contre l'alliance possible entre les n&#233;olib&#233;raux et les n&#233;okeyn&#233;siens en poussant les r&#233;sistances et les revendications pour la modernisation sociale. Il permet de pousser le n&#233;okeyn&#233;siannisme radical dans ses limites. Il permet d'esquisser les alternatives qui caract&#233;riseront un autre monde possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut aller plus loin. Apr&#232;s tout, si le capitalisme n'est pas &#233;ternel, la question de son d&#233;passement peut &#234;tre d'actualit&#233;. Et nous pourrions commencer d&#232;s maintenant &#224; revendiquer et &#224; construire un autre monde possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * Gustave Massiah est pr&#233;sident du CRID.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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