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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title> Barack et Rosa</title>
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		<dc:date>2008-11-23T14:02:19Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard Dr&#233;ano</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;La focalisation sur le duel Obama vs Mc Cain a fait oubli&#233; que chaque &#233;lection pr&#233;sidentielle est l'occasion pour des &#034;petits&#034; candidats issus des mouvements sociaux de se pr&#233;senter et d'obtenir une certaine visibilit&#233;. En &#233;voquant le cas de Rosa Clemente, Bernard Dreano tire le bilan de l'engagement des Greens dans la campagne. Le 9 novembre 2008.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La focalisation sur le duel Obama vs Mc Cain a fait oubli&#233; que chaque &#233;lection pr&#233;sidentielle est l'occasion pour des &#034;petits&#034; candidats issus des mouvements sociaux de se pr&#233;senter et d'obtenir une certaine visibilit&#233;. En &#233;voquant le cas de Rosa Clemente, Bernard Dreano tire le bilan de l'engagement des Greens dans la campagne. Le 9 novembre 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Evidemment l'&#233;lection de Barack Obama est historique. Evidemment, ce n'est pas pour autant la victoire d'un candidat antisyst&#232;me, la nouvelle administration va sans doute suivre une ligne proche de celle l'ancienne administration Clinton, en politique &#233;trang&#232;re comme int&#233;rieure ; encore que la crise financi&#232;re et la d&#233;pression &#233;conomique imposent des mesures in&#233;dites. De ce point de vue l'insistance d'Obama sur la refondation du contrat social et politique des Etats Unis, pendant toute la campagne et plus encore dans son magnifique discours de Chicago le soir de la victoire, pourrait annoncer un nouveau New Deal. Le talentueux et charismatique s&#233;nateur de l'Illinois sera-t-il un nouveau Roosevelt ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce moment de gr&#226;ce qui cristallise les esp&#233;rances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne et son r&#233;sultat nous permettent de mieux analyser ce moment d'Histoire de novembre 2008, et de faire des hypoth&#232;ses sur ses suites. Ce qui frappe d'abord c'est la mobilisation. La participation &#233;lectorale a &#233;t&#233; la &#233;t&#233; la plus &#233;lev&#233;e depuis pr&#232;s d'un si&#232;cle (69% des gens votant pour la premi&#232;re fois ont choisit Obama), Les jeunes, les noirs et les hispaniques, traditionnellement peu votants, ont &#233;t&#233; cette fois ci massivement aux urnes pour voter Obama qui recueille 66% des &#233;lecteurs de moins de 30 ans, 95% des noirs, 67% des hispaniques, tout en conservant l'appui de la majorit&#233; des groupes traditionnellement d&#233;mocrates (juifs, catholiques, intellectuels, ouvriers). La mobilisation dans les urnes &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une mobilisation de volontaires, principalement de jeunes, comme on n'en avait pas vu depuis les ann&#233;es 60, et d'une mobilisation financi&#232;re impressionnante, constitu&#233;e &#224; la fois des dons des star du show-biz ou de la fraction du bizness tout court acquise aux d&#233;mocrates, mais aussi de centaines de millier de dons modestes de citoyens ordinaires. Ce qui est peut &#234;tre encore plus frappant c'est la ferveur qui a accompagn&#233; cette s&#233;quence, ferveur croissante au fil des meetings, des foules enflamm&#233;es par un orateur dont le New York Times dit qu'on en rencontre qu'un par g&#233;n&#233;ration et qui a culmin&#233; dans ce moment de communion ressentie par des millions d'Am&#233;ricains &#224; l'annonce des r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle &#233;motion est en soi un &#233;v&#233;nement historique. Elle s'explique bien sur par le fait qu'un noir acc&#232;de &#224; la maison blanche, et que, comme l'a dit Bernice King, la fille de Martin Luther King, &#171; le r&#234;ve est r&#233;alis&#233; &#187;, et, comme elle le soulignait &#233;galement, c'est leader de la nouvelle g&#233;n&#233;ration. Mais chacun sait aussi qu'une vague d'esp&#233;rance peut &#234;tre lourde de d&#233;sillusions et de d&#233;senchantements futurs. Et si Obama lui-m&#234;me a annonc&#233; que la route serait difficile, cette route peut aussi mener dans des directions bien &#233;loign&#233;es des r&#234;ves de paix dans le monde et de justice et de r&#233;conciliation sociale aux Etats Unis. Faire de ce moment de gr&#226;ce qui cristallise les esp&#233;rances le point de d&#233;part de politiques concr&#232;tes ne d&#233;pend pas seulement du bon vouloir du Pr&#233;sident, et des ses objectifs proclam&#233; &#8211; &#224; supposer qu'ils soient progressistes. Cela d&#233;pend beaucoup des forces sociales et des mouvements qu'elles engendrent dans le nouveau contexte de l'h&#233;g&#233;monie d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue la situation est tr&#232;s diff&#233;rente de ce qu'elle &#233;tait lors de l'&#233;lection de Roosevelt, ou &#224; l'&#233;poque de Kennedy, quand il y avait, dans le premier cas une intelligentsia progressiste active et un mouvement ouvrier combatif (marqu&#233; par la cr&#233;ation du syndicat CIO) [1], et dans le second avec le d&#233;veloppement du mouvement des noirs et plus largement des droits civiques, puis le mouvement anti-guerre, et une effervescence culturelle et politique consid&#233;rable. Le New deal, fait de volontarisme d'Etat, de r&#233;gulation &#233;conomique et de politique sociale, et ses prolongations sous diverses formes jusqu'&#224; la Great Society de Lyndon Johnson &#224; la fin des ann&#233;es 60 &#233;taient aussi des politiques permettant de r&#233;pondre &#224; certaines revendications des mouvements sociaux et de contrer les demandes des plus radicaux. Rien de tel aujourd'hui. Comme ailleurs dans le monde les syndicats sont tr&#232;s affaiblis, m&#234;me si certain d'entre eux ont form&#233; une nouvelle conf&#233;d&#233;ration &#171; Change to Win &#187; qui se veut combative [2]. Le mouvement pacifiste demeure tr&#232;s faible malgr&#233; le rejet populaire massif de la guerre en Irak. Certes il existe de multiples initiatives locales, culturelles et civiques, de soutien aux immigr&#233;s ou aux sans logis ou de solidarit&#233; de quartier, et les community organisers qui les animent ont sans aucun doute vot&#233; Obama. Mais cela ne repr&#233;sente pas un mouvement national &#224; la mani&#232;re des ann&#233;es 30 ou 60.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mouvements sociaux existants &#233;clat&#233;s et dispers&#233;s, mais aussi un formidable moment qui semble unir toutes sortes d'aspirations autour de l'id&#233;e du time for change et de la profession de foi Yes we can ! Et quelle dynamique ensuite ? La chute de la maison Bush n'est pas un petit &#233;v&#233;nement, y compris pour le d&#233;veloppement des mouvements sociaux. L'&#233;mergence d'une dynamique vraiment progressiste au point de d&#233;border l'agenda plut&#244;t conservateur des d&#233;mocrates est pourtant peu probable, m&#234;me si il peut se passer bien des choses. Une analyse de la campagne et des r&#233;sultats du parti des Verts (Green Party of USA), peut appara&#238;tre comme une illustration microscopique de la phase actuelle. On pourrait &#233;videmment prendre bien d'autres exemples politiques et sociaux plus ou moins &#171; de terrain &#187;. Nous allons voir qu'elle peut cependant fournir des &#233;l&#233;ments r&#233;v&#233;lateurs, pour comprendre des espaces et des opportunit&#233;s qui existent pour forces progressistes et des difficult&#233;s politiques qu'elles rencontrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des grands et des petits partis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse d'une micro-campagne dans la grande campagne exige pr&#233;alablement quelques explications sur le syst&#232;me politique am&#233;ricain. On sait que celui-ci est, depuis les origines, organis&#233; autour de deux partis dominants. Ces &#171; partis &#187; sont de grandes coalitions organis&#233;es pour les &#233;lections et dans lesquelles cohabitent des tendances tr&#232;s diverses. Les tentatives de &#171; troisi&#232;me parti &#187; ont &#233;t&#233; nombreuses et ont toutes &#233;chou&#233;es sauf une, celle du parti R&#233;publicain (le Grand Old Party) cr&#233;e en 1854 par des anti-esclavagistes et qui, lors de l'&#233;lection de son leader Abraham Lincoln en 1860 a d&#233;pass&#233; le parti Whig (favorable &#224; la supr&#233;matie du parlement sur l'ex&#233;cutif) et fait face au parti D&#233;mocrate (favorable &#224; la supr&#233;matie de l'ex&#233;cutif). La diff&#233;rence d&#233;mocrate-r&#233;publicain n'est donc pas &#224; l'origine une division droite-gauche au sens fran&#231;ais du terme, elle ne l'est devenu que relativement et progressivement, et le parti D&#233;mocrate a compt&#233; dans ses rangs des forts contingents racistes du Sud profond (Solid South), jusqu'&#224; leur d&#233;part vers les R&#233;publicains apr&#232;s l'&#233;chec des tentatives de leur leader George Wallace de cr&#233;er un troisi&#232;me parti dans les ann&#233;es 60 [3]. La derni&#232;re tentative relativement r&#233;ussie d'un troisi&#232;me candidat, sinon d'un troisi&#232;me parti, fut celle du milliardaire populiste Ross Perot en 1992 (18,9% des voix) et en 1996 (8,4%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cala ne signifie pas la fin des &#171; petits candidats &#187;. D'une part parce qu'ils peuvent r&#234;ver d'obtenir les 5% de vote populaire donnant droit &#224; un financement public, et d'autre part parce que la candidature pr&#233;sidentielle est une tribune (malgr&#233; le blocage quasi-total des grands m&#233;dias &#224; l'&#233;gard de ces petits) et un drapeau pour les &#233;lections parlementaires au niveau f&#233;d&#233;ral, au niveau de chaque Etat et d'autres &#233;lections locales qui se d&#233;roulent en m&#234;me temps (malgr&#233; les obstacles institutionnels qui existent dans certains &#233;tats &#224; l'&#233;gard des tiers-partis). Dans la floraison de petits tiers partis qui existent aux Etats Unis, trois tendances se sont r&#233;guli&#232;rement affirm&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es : les libertariens (conservateurs ultra lib&#233;raux anti-Etat), l'extr&#234;me gauche (de plus en plus faible, principalement trotskyste) et les &#233;cologistes. Avant m&#234;me le scrutin, le rapport de force entre &#171; petits &#187; se mesure &#224; la capacit&#233; d'obtenir la reconnaissance du droit de figurer sur le bulletin de vote pr&#233;sidentiel officiel, acquis dans des conditions particuli&#232;res &#224; chaque Etat (en g&#233;n&#233;ral gr&#226;ce &#224; l'engagement &#233;crit d'un assez grand nombre d'&#233;lecteurs), sinon il faut &#233;crire le nom du candidat, et encore si vous savez comment faire avec votre machine &#224; voter ou votre bulletin &#224; trous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le candidat libertarien Bob Barr &#233;tait sur le bulletin officiel de 45 Etats, les deux &#233;cologistes de gauche Ralph Nader et Cynthia McKinney (des Verts), respectivement sur 46 et 32, tandis que le principal repr&#233;sentant de l'extr&#234;me gauche Roger Calero (SWP trotskyste) n'avait acc&#232;s qu'&#224; 5 bulletins d'Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le v&#233;ritable blocus institutionnel, financier et politique &#224; leur encontre le syst&#232;me &#233;lectoral pr&#233;sidentiel am&#233;ricain pourrait favoriser le vote pour des petits candidats. En effet le vote n'est pas direct puisqu'il s'agit d'&#233;lire des grands &#233;lecteurs et que celui qui arrive en t&#234;te dans un Etat r&#233;cup&#232;re tous les grands &#233;lecteurs de cet Etat. Ainsi on pourrait s'attendre &#224; ce que, dans un Etat dont les sondages indiquent qu'il est largement acquis, par exemple &#224; Obama, mettons New York, des progressistes, assez nombreux &#224; New York, inquiets du caract&#232;re trop centriste du programme d&#233;mocrate envoient sans grand risque un message critique en soutenant un petit candidat progressiste. Mais ce type de comportement est extr&#234;mement rare. Et ceci d'autant plus qu'il y eu en 2000 la controverse sur Nader le spoiler (le g&#226;cheur d'&#233;lection). Ralph Nader, c&#233;l&#232;bre avocat, militant &#233;cologiste, &#233;tait cette ann&#233;e l&#224; le candidat d'une coalition incluant les Verts, et il avait fait le score, important dans le contexte d&#233;crit ci-dessus, de 2,7% (2,8 millions de voix). Il a alors &#233;t&#233; accus&#233; d'avoir provoqu&#233; la victoire de George W. Bush, ayant obtenu plusieurs dizaines de milliers de voix en Floride, l&#224; ou, s'est jou&#233; l'&#233;lection entre Gore et Bush &#224; quelques milliers de voix et dans des conditions plus que douteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une campagne mettant au premier plan les solidarit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les conditions &#233;taient r&#233;unies pour que les petits candidats ne fassent pas recette en voix en 2008, avec une bipolarisation symbolique forte, la volont&#233; de rejet des R&#233;publicains, un candidat noir en position de victoire possible. Il est int&#233;ressant de voir comment, dans ce contexte, se sont positionn&#233;s les Verts qui avaient fait de Ralph Nader leur candidat en 2000, mais pas en 2004 (ils avaient leur propre candidat Ralph Cobb).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la convention verte 2008 s'est tenue en juillet alors que la nomination de Barack Obama &#233;tait d&#233;j&#224; certaine du cot&#233; d&#233;mocrate, les Greens ont r&#233;cus&#233; Nader, qui sollicitait leur investiture, au profit de Cynthia McKinney, avec Rosa Clemente comme vice pr&#233;sidente. Un tel choix, pour une candidature qui est de toute mani&#232;re essentiellement symbolique avait un sens particulier compte tenu de la personnalit&#233; des deux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cynthia McKinney (53 ans) a &#233;t&#233; repr&#233;sentante d&#233;mocrate (d&#233;put&#233;e) au parlement f&#233;d&#233;ral (chambre des repr&#233;sentants) entre 1993 et 2006, et la premi&#232;re femme afro-am&#233;ricaine &#233;lue &#224; ce niveau en G&#233;orgie, un de ces Etats du Sud profond. Pendant ces ann&#233;es d&#233;mocrates elle s'est notamment fait remarquer pour ses combats contre l'administration Bush, sa d&#233;nonciation, apr&#232;s le 11 septembre, des relations am&#233;ricano-saoudiennes et de la politique am&#233;ricaine au Moyen Orient, ses prises de positions en faveur de population spoli&#233;es par les compagnies mini&#232;res ou p&#233;troli&#232;res en Australie ou en Am&#233;rique Latine. Elle est &#233;galement connue pour sa campagne pour la v&#233;rit&#233; sur la mort de Tupac Amaru Shakur, ce c&#233;l&#232;bre rappeur, fils de deux membres des Black Panthers, assassin&#233; en 1996, son engagement aupr&#232;s des victimes de l'ouragan Katrina, son implication dans le mouvement anti-guerre, etc. A la suite d'une altercation avec un policier de faction au capitole qui ne l'avait pas reconnu, Cynthia McKinney a fait l'objet de campagnes de d&#233;nigrement syst&#233;matique, tandis qu'&#224; l'int&#233;rieur du parti d&#233;mocrate on la critiquait pour son soutien aux Palestiniens ou au Venezuela. Toujours est-il qu'elle a &#233;t&#233; battue lors des primaires et n'a donc pas pu d&#233;fendre son si&#232;ge parlementaire en 2006, elle a donc rejoint les Greens avec lesquels elle avait d&#233;j&#224; beaucoup de liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Clemente (36 ans) est une journaliste et militante Hip Hop d'origine portoricaine, n&#233;e dans le quartier du Bronx &#224; New York. F&#233;ministe et antiraciste, tr&#232;s engag&#233;e dans l'&#233;ducation populaire, elle est &#224; l'origine de la premi&#232;re convention politique du mouvement Hip Hop qui a rassembl&#233; 3000 militants en 2003 et contribua &#224; la mobilisation de tout le mouvement Hip Hop et des m&#233;dias ind&#233;pendants pour soutenir les r&#233;fugi&#233;s de l'ouragan Katrina. Elle a re&#231;u le soutien enthousiaste de certains des rappeurs les plus connus, comme par exemple Chuck D du group Public Ennemy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de telles candidates indiquait le type de message que les Verts voulaient faire passer. Une campagne mettant au premier plan les questions des solidarit&#233;s, notamment celle des assurances sociales, un tr&#232;s grand nombre d'am&#233;ricain, &#233;videmment parmi les plus pauvres, ne disposant d'aucune couverture, les questions culturelles, en particulier dans les ghettos urbains, et la fin des exp&#233;ditions militaires et de la politique imp&#233;rialiste. Tout ceci correspond &#224; des demandes sociales et parfois &#224; des mouvements et ont &#233;t&#233; beaucoup moins pr&#233;sent dans la campagne Nader. Les question environnementales n'&#233;taient &#233;videmment pas oubli&#233;es, dans un pays ou la prise de conscience de la crise &#233;cologique est de plus en plus importante, ou existent de multiples initiatives &#233;cologistes locales dans lesquelles les militants des Greens sont souvent impliqu&#233;s, de forts r&#233;seaux de production et diffusion d'alimentation biologique, etc. Mais ces th&#232;mes sont aussi ceux de Ralph Nader, qui dispose de la l&#233;gitimit&#233; d'une grande ant&#233;riorit&#233; en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout Obama a magnifiquement su, avec ses discours g&#233;n&#233;raux et g&#233;n&#233;reux, donner l'impression que la refondation du contrat social et politique national qu'il propose va cr&#233;er la dynamique favorable. Que, comme il l'a dit dans son discours tr&#232;s &#171; social &#187; &#224; la convention d&#233;mocrate de Denver, &#171; nous garderons nos promesse vivantes &#187;, ajoutant &#171; la promesse de l'Am&#233;rique &#187; c'est &#171; l'id&#233;e que nous sommes responsables de nous m&#234;me, mais que nous nous &#233;l&#232;verons ou que nous chuterons ensemble en tant que nation ; la croyance fondamentale que je suis le protecteur de mon fr&#232;re et de ma s&#339;ur &#187;.Une promesse qui ne laisse personne au bord du chemin, avec la d&#233;fense de l'emploi, un syst&#232;me de sant&#233; universel, une &#233;ducation pour tous, la reconversion &#171; verte &#187; de l'industrie, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, les &#233;lecteurs progressistes et militants, d&#233;j&#224; favorables &#224; l'&#233;lection d'un noir et au renversement des R&#233;publicains, ont &#233;videmment vot&#233; massivement Obama. Il a &#233;t&#233; choisit par 65 millions d'&#233;lecteurs, contre 57 &#224; McCa&#239;n, les petits candidats &#233;tant totalement marginalis&#233;s (0,5% des voix pour Nader, 0,1% pour McKinley, soit les m&#234;me mini pourcentages Nader et Verts qu'en 2004). Notons pour m&#233;moire que dans les scrutins o&#249; ils se pr&#233;sentaient, principalement pour des si&#232;ges de repr&#233;sentants des parlements des Etats les 73 candidats Verts ont toutefois souvent obtenus des scores de l'ordre de 4 ou 5%, quelques fois plus, et un &#233;lu, Richard Caroll au parlement d'Arkansas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de militants verts que nous avons rencontr&#233; &#224; New York, qui sont toujours aussi militants d'autre chose et souvent de sympathiques blancs grisonnants de la g&#233;n&#233;ration de 68, semblaient un peu d&#233;pit&#233;s des r&#233;sultats (et aussi vis-&#224;-vis du fr&#232;re ami-ennemi Nader) et grommelant par rapport &#224; l'enthousiaste obamania qui d&#233;ferlaient dans les rues : &#171; klaxonner ta-ta-ta (Yes-We-Can) dans la rue c'est bien joli mais c'est quand m&#234;me un candidat-du-syst&#232;me &#187;. Certains heureusement &#233;taient parties prenantes de la joie ambiante, en sachant qu'il ne s'agissait pas seulement de la belle &#233;motion d'un soir, mais d'une force potentielle, d'une ouverture de possibles, au-del&#224; des limites &#233;videntes qu'une majorit&#233; d&#233;mocrate au s&#233;nat et &#224; la chambre des repr&#233;sentants peut donner au time for change. C'est d'ailleurs ce que les Verts on dit dans leur message de f&#233;licitation au nouveau pr&#233;sident-&#233;lu : &#171; Les &#233;lecteurs ont exprim&#233;s un mandat pour le changement dans l'espoir que le pr&#233;sident-&#233;lu Obama respecterai son engagement pour &#171; un changement auquel nous puissions croire &#187; et inverser la direction dangereuse dans laquelle le pays est engag&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir l&#224;, dans ce bar de l'East Village ou nous &#233;changions quelques mots et quelques badges fran&#231;ais et am&#233;ricains, Rosa Clemente, certes un peu d&#233;&#231;ue par son r&#233;sultat et la morosit&#233; de certains de ses amis verts, &#233;tait aussi pleine d'enthousiasme pour la p&#233;riode qui s'ouvre. Comme quand elle avait d&#233;clar&#233; &#224; la convention des Verts en acceptant de s'engager dans cette affaire, &#171; Pour moi et tout ma g&#233;n&#233;ration, la g&#233;n&#233;ration Hip Hop je suis honor&#233;e d'y aller, parce que cela signifie que l'on nous demande maintenant pas seulement de rebondir mais d'agir, d'agir contre ceux qui pr&#233;f&#233;raient que nous soyons abattus plut&#244;t que de r&#233;ussir&#8230; C'est difficile d'imaginer des temps meilleurs, mais nous y sommes. Chacune de nos histoires et ce moment que nous vivons nous disent que nous y sommes &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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