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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Nouvel article</title>
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		<dc:date>2008-10-02T15:46:35Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Il y a plus d'un an maintenant que la crise a &#233;clat&#233;, et elle se diffuse depuis comme une tra&#238;n&#233;e de poudre, sans que l'on sache o&#249; elle va s'arr&#234;ter. Cette crise structurelle va durer et remettre en cause les fondements du capitalisme n&#233;o-lib&#233;ral.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-Espace-Associatif-" rel="directory"&gt;Espace Associatif&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a plus d'un an maintenant que la crise a &#233;clat&#233;, et elle se diffuse depuis comme une tra&#238;n&#233;e de poudre, sans que l'on sache o&#249; elle va s'arr&#234;ter. Cette crise structurelle va durer et remettre en cause les fondements du capitalisme n&#233;o-lib&#233;ral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une r&#233;action en cha&#238;ne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe avant tout c'est la concomitance de diff&#233;rentes crises. Au d&#233;but, il y a la crise des subprimes aux Etats-Unis que l'on peut donc qualifier de crise financi&#232;re et bancaire. Mais elle s'est accompagn&#233;e d'une crise &#233;nerg&#233;tique, avec l'augmentation du prix du p&#233;trole, d'une crise alimentaire r&#233;sultant de la hausse des prix agricole, d'une crise mon&#233;taire avec la chute du dollar, et finalement d'une crise de croissance avec un ralentissement marqu&#233;e flirtant avec la r&#233;cession dans la plupart des pays dits d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se de la d&#233;connexion, selon laquelle le dynamisme des pays dits &#233;mergents aurait pu compenser la tendance au ralentissement dans les pays riches, a fait long feu. Il n'emp&#234;che que la transmission &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle des effets de la crise initiale suit une trajectoire in&#233;gale et combin&#233;e : elle n'est pas imm&#233;diate et suscite des contre-tendances. On se rappelle ainsi la jubilation exprim&#233;e par Christine Lagarde quand &#233;tait tomb&#233; le chiffre de la croissance du premier trimestre en France : +0,4 %. C'&#233;tait donc moins pire qu'on le craignait. Mais le second trimestre est venu d&#233;mentir ce soulagement, avec un recul du Pib de 0,3 %. Aujourd'hui on pr&#233;voit une croissance z&#233;ro jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e, ce qui voudrait dire que la croissance sur l'ann&#233;e tournerait autour de 1 %, ce qui est &#233;videmment tr&#232;s loin des hypoth&#232;ses sur lesquelles a &#233;t&#233; construit le budget. Or, un point de croissance en moins, c'est environ 18 milliards d'euros, soit plus que le paquet fiscal, &#233;valu&#233; &#224; 15 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, les derniers chiffres connus sont moins mauvais que pr&#233;vus, mais personne ne jubile, et certainement pas les millions de m&#233;nages que la crise immobili&#232;re et la mont&#233;e du ch&#244;mage frappent de plein fouet. Mais il est vrai que la crise suscite quelques contre-tendances : au cours des tous derniers mois, les prix du p&#233;trole et des mati&#232;res premi&#232;res ont baiss&#233;, et le cours du dollar a remont&#233;. Ces fluctuations &#224; l'int&#233;rieur de la crise sont souvent amplifi&#233;es par les journalistes &#233;conomiques, sans doute pour soutenir le moral de leurs lecteurs. Mais tous les organismes de pr&#233;vision, que ce soit l'OCDE, le FMI ou la Commission europ&#233;enne ont r&#233;vis&#233; leurs pr&#233;visions &#224; la baisse. Ils pr&#233;voient dans le meilleur des cas une croissance molle pour 2008, et n'envisagent m&#234;me pas un retour &#224; la normale pour 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation est donc tr&#232;s diff&#233;rente du krach boursier de 1987 qui avait d&#233;jou&#233; la plupart des pronostics en conduisant &#224; un rebond de l'&#233;conomie mondiale d&#232;s l'ann&#233;e suivante. C'est un sympt&#244;me parmi d'autres montrant que la crise actuelle est d'une nature diff&#233;rente et qu'elle ne se r&#233;sume pas &#224; une simple purge. Plusieurs &#233;l&#233;ments font de cette crise une crise durable (on n'en sortira pas rapidement) et syst&#233;mique (on ne peut pas revenir &#224; la situation ant&#233;rieure). Deux &#233;l&#233;ments essentiels sous-tendent ce pronostic. La configuration de l'&#233;conomie mondiale de la derni&#232;re d&#233;cennie &#233;tait en effet caract&#233;ris&#233;e par une croissance &#224; cr&#233;dit des Etats-Unis financ&#233;e par les capitaux venus du reste du monde, et notamment de Chine. Or, cet arrangement ne pourra pas &#234;tre remis sur les rails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La fin du mod&#232;le US&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le de croissance de Etats-Unis depuis le milieu des ann&#233;es 1990 &#233;tait une bizarrerie historique sans &#233;quivalent. Pour aller vite, la croissance a &#233;t&#233; tir&#233;e par la consommation des m&#233;nages qui augmentait tr&#232;s rapidement &#224; cause de la baisse de leur &#233;pargne et d'un recours croissant &#224; l'endettement. Les Etats-Unis vivaient donc au-dessus de leurs moyens et leur d&#233;ficit commercial s'est r&#233;guli&#232;rement creus&#233;. Pour un pays quelconque, une telle d&#233;gradation aurait conduit &#224; une perte de substance de la monnaie, et &#224; une r&#233;cession n&#233;cessaire pour r&#233;ajuster le tir. Mais les Etats-Unis ne sont pas un pays comme les autres : le dollar est la monnaie mondiale de fait, et la rentabilit&#233; offerte semblait &#224; la fois &#233;lev&#233;e et garantie par le dynamisme de l'&#233;conomie [1]. Les capitaux affluaient donc aux Etats-Unis et finan&#231;aient leur d&#233;ficit. Ce mod&#232;le ne peut pas &#234;tre restaur&#233; : &#224; l'int&#233;rieur, la crise du cr&#233;dit va &#234;tre tr&#232;s longue &#224; &#233;ponger, et l'endettement des m&#233;nages ne pourra retrouver le m&#234;me rythme de progression. A l'ext&#233;rieur, les capitaux y regarderont &#224; deux fois avant de venir s'investir dans une &#233;conomie d&#233;s&#233;quilibr&#233;e par la crise financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente nationalisation de fait de Fannie Mae et Freddie Mac, ces deux &#233;normes institutions financi&#232;res charg&#233;es du refinancement immobilier, marque sans doute le partage des eaux. Cette socialisation des pertes est un ph&#233;nom&#232;ne classique : les institutions et les gouvernements ont pris la mesure de la crise, comme le montre aussi l'injection de liquidit&#233;s par la Banque centrale europ&#233;enne. Cela veut dire qu'un effondrement comparable &#224; la grande crise des ann&#233;es 30 est peu probable, mais que l'apurement des comptes va s'&#233;taler sur une longue p&#233;riode, un peu comme au Japon qui a mis une bonne dizaine d'ann&#233;es avant d'&#233;ponger les effets d'une crise comparable intervenue au d&#233;but des ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'Europe et la France en premi&#232;re ligne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise aura &#233;galement des effets en retour sur la croissance des pays &#233;mergents, et notamment la Chine, qui est tir&#233;e par les exportations, dont le rythme devrait ralentir. Mais ces pays disposent d'une solution de rechange qui passe par un recentrage sur le march&#233; int&#233;rieur. C'est finalement l'Union europ&#233;enne qui devrait ressentir le plus profond&#233;ment les cons&#233;quences de la crise, qui va servir ici de r&#233;v&#233;lateur des fragilit&#233;s de la construction europ&#233;enne. Dans l'imm&#233;diat, la baisse du dollar reporte sur la zone euro le d&#233;ficit de croissance global en augmentant le prix relatif de ses produits. Or, la Banque centrale europ&#233;enne n'a aucun objectif en mati&#232;re de change et n'intervient pas pour freiner l'appr&#233;ciation de l'euro, qui p&#232;se sur la croissance moyenne en Europe. Elle se crispe au contraire sur son objectif de stabilit&#233; des prix et redoute avant tout le d&#233;clenchement d'une spirale inflationniste au cas o&#249; les salaires augmenteraient pour compenser la hausse des prix. Elle maintient des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s et contribue ainsi au ralentissement de l'&#233;conomie qui lui semble le seul moyen, via la pression du ch&#244;mage, de limiter les augmentations de salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse de l'Union europ&#233;enne r&#233;side aussi dans l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des &#233;conomies qui la composent : ce n'est pas nouveau, mais le ph&#233;nom&#232;ne va &#234;tre accentu&#233; parce que la crise va toucher de mani&#232;re tr&#232;s diff&#233;renci&#233;e les diff&#233;rents pays. Le Royaume-Uni est sans doute le pays qui va &#234;tre soumis aux pressions les plus fortes, dans la mesure o&#249; ses bons r&#233;sultats &#233;taient en grande partie fond&#233;s sur la finance, l'immobilier et l'endettement de m&#233;nages. Vient ensuite l'Espagne dont le boom &#233;conomique r&#233;cent &#233;tait tir&#233; par l'immobilier. En revanche, l'Allemagne tire plut&#244;t bien son &#233;pingle du jeu en augmentant ses parts de march&#233; en Europe au d&#233;triment des autre pays de l'Union, et en les conservant sur le reste du march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe ne peut rem&#233;dier &#224; cette divergence croissante, en raison m&#234;me de son mode de construction, fond&#233; sur la concurrence qui la conduit &#224; refuser les politiques d'harmonisation et les instruments d'une intervention coordonn&#233;e, comme par exemple un budget europ&#233;en. L'Union europ&#233;enne est donc d&#233;sarm&#233;e par rapport &#224; la crise en raison des outils dont elle a d&#233;cid&#233; de se priver. Aux Etats- Unis, Bush a inject&#233; des sommes consid&#233;rables dans l'&#233;conomie r&#233;elle, mais l'Europe n'a tout simplement pas les moyens d'envisager un tel plan de relance coordonn&#233;. Certains pays, comme l'Espagne, vont chercher &#224; soutenir l'&#233;conomie, mais cette voie est ferm&#233;e &#224; ceux, comme la France, dont le d&#233;ficit budg&#233;taire est d&#233;j&#224; trop important selon les crit&#232;res europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France est de ce point de vue dans une situation particuli&#232;rement difficile, qui est encore aggrav&#233;e par les &#171; r&#233;formes &#187; r&#233;alis&#233;es depuis un an. Le paquet fiscal et l'acceptation des normes europ&#233;ennes r&#233;affirm&#233;e par Sarkozy dans le projet de trait&#233; &#171; simplifi&#233; &#187; interdisent tout soutien budg&#233;taire &#224; l'activit&#233;. La suppression de fait de la dur&#233;e l&#233;gale du travail repr&#233;sente un formidable encouragement pour les patrons. Ils auraient tort de ne pas profiter de l'occasion qui leur est offerte, &#224; co&#251;t &#224; peu pr&#232;s nul, d'allonger la dur&#233;e du travail et d'ajuster encore plus brutalement leurs effectifs. La crise leur servira ainsi de pr&#233;texte pour rattraper le retard de productivit&#233; de ces deux derni&#232;res ann&#233;es. L'emploi, qui avait augment&#233; de plus de 300 000 en 2007 va donc stagner cette ann&#233;e, et pourrait m&#234;me reculer de 50 &#224; 60000 personnes si les patrons font le plein des r&#233;serves de productivit&#233;. Cette d&#233;gradation de l'emploi et le recours aux heures suppl&#233;mentaires dispenseront le patronat de maintenir le pouvoir d'achat, et le gouvernement se gardera de tout coup de pouce au Smic, et cette aust&#233;rit&#233; salariale fera boule de neige pour plomber encore un peu plus la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une crise syst&#233;mique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, la crise actuelle marque l'entr&#233;e en crise du mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral tr&#232;s in&#233;galitaire qui s'est mis en place dans la plupart des pays au d&#233;but des ann&#233;es 80. Sa caract&#233;ristique essentielle est une baisse continue de la part des richesses revenant aux salari&#233;s qui les produisent [2]. Cette tendance posait un probl&#232;me dit de r&#233;alisation, la question &#233;tant de savoir &#224; qui vendre une production en hausse si les salaires sont gel&#233;s. Or, c'&#233;taient les revenus financiers qui assuraient les d&#233;bouch&#233;s n&#233;cessaires. La crise est donc appel&#233; &#224; durer, parce qu'il n'existe pas de solution de rechange. Pour sortir en douceur de la situation actuelle, il faudrait que la r&#233;partition des revenus devienne plus favorable aux salari&#233;s afin que les principales &#233;conomies se r&#233;orientent vers la demande salariale. Mais la crise ne suffira pas &#224; convaincre les poss&#233;dants d'emprunter spontan&#233;ment cette voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la crise financi&#232;re, on retrouve ainsi la question sociale, d'autant plus que tout va &#234;tre fait pour reporter sur les salari&#233;s les effets du ralentissement. Mais il va &#234;tre de plus en plus difficile de justifier que l'on baisse les salaires pour pr&#233;server les dividendes. Ce constat est un point d'appui essentiel pour la r&#233;sistance &#224; la rigueur et la refondation d'un projet de transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HUSSON Michel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Voir Michel Husson, &#171; Etats-Unis : la fin d'un mod&#232;le &#187;, La Br&#232;che n&#176;3, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir Michel Husson, &#171; La hausse tendancielle du taux d'exploitation &#187;, Inprecor n&#176;534-535, 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Texte mis en ligne sur le site de Michel Husson et &#224; para&#238;tre dansL'Ecole &#233;mancip&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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