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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Articuler les r&#233;sistances pour des alternatives r&#233;gionales</title>
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		<dc:date>2008-09-03T18:59:55Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator> Shalmali Guttal et Jenina Joy Chavez </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;En Asie, la soumission des &#201;tats aux imp&#233;ratifs du march&#233; et la marchandisation des ressources naturelles au profit d'une &#233;lite &#233;conomique constituent la toile de fond de la mont&#233;e en puissance de diverses r&#233;sistances locales et de certaines articulations r&#233;gionales. Gagner des espaces d&#233;mocratiques pour y d&#233;fendre leurs propositions alternatives, tel est le d&#233;fi des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Asie, la soumission des &#201;tats aux imp&#233;ratifs du march&#233; et la marchandisation des ressources naturelles au profit d'une &#233;lite &#233;conomique constituent la toile de fond de la mont&#233;e en puissance de diverses r&#233;sistances locales et de certaines articulations r&#233;gionales. Gagner des espaces d&#233;mocratiques pour y d&#233;fendre leurs propositions alternatives, tel est le d&#233;fi des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Asie, les luttes des mouvements sociaux se sont intensifi&#233;es suite &#224; l'acc&#233;l&#233;ration du n&#233;olib&#233;ralisme, la soumission des &#201;tats aux imp&#233;ratifs du march&#233; et la complicit&#233; des &#233;lites &#233;conomiques dans l'exploitation des ressources naturelles. L'adoption par la plupart des &#201;tats asiatiques d'une strat&#233;gie de d&#233;veloppement fond&#233;e sur l'int&#233;gration au march&#233; mondial et la privatisation, a affect&#233; consid&#233;rablement des secteurs tels que l'emploi, la sant&#233;, l'&#233;ducation, la production et la distribution de produits alimentaires, le bien-&#234;tre social et les services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la lib&#233;ralisation et la marchandisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers toute l'Asie, cette tendance &#224; la lib&#233;ralisation et &#224; la marchandisation des ressources naturelles (notamment dans les accords d'investissement) menace l'&#233;quilibre environnemental dont d&#233;pend la survie de nombreux peuples de la r&#233;gion. Des populations et communaut&#233;s locales se sont ainsi vues priv&#233;es d'acc&#232;s &#224; leurs terres et &#224; leurs moyens de subsistance, pour privil&#233;gier les int&#233;r&#234;ts de l'agriculture et de la p&#234;che industrielles, des grandes industries, des vastes projets d'infrastructure, du tourisme, de l'extraction mini&#232;re et des habitations de luxe ; cr&#233;ant ainsi les conditions d'&#233;mergence des mouvements de r&#233;sistance dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les luttes les plus &#226;pres pour les ressources naturelles figurent celles relatives &#224; la terre, &#224; l'eau et au territoire. A ce niveau, l'influence des institutions financi&#232;res internationales (IFI) - en particulier la Banque mondiale et l'Asian Development Bank (ADB) - et des investisseurs priv&#233;s nationaux et &#233;trangers accentue les conflits dans la mesure o&#249; les gouvernements et les grandes entreprises n'h&#233;sitent pas &#224; recourir aux politiques nationales, aux tribunaux et &#224; la violence d'&#201;tat pour d&#233;jouer la r&#233;sistance des communaut&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gravit&#233; de la crise des ressources a entra&#238;n&#233; une pouss&#233;e de l'opposition populaire contre le d&#233;mant&#232;lement des services publics, des campagnes de d&#233;fense et des actions communes pour un contr&#244;le d&#233;mocratique des ressources, des biens et services, des institutions et de la sc&#232;ne politique. Face &#224; ces enjeux, les communaut&#233;s rurales et urbaines s'organisent comme jamais auparavant, renfor&#231;ant les liens aussi bien verticalement, entre les couches sociales, qu'horizontalement, entre les mouvements engag&#233;s dans les m&#234;mes combats &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements populaires et les communaut&#233;s locales concluent des alliances avec un large &#233;ventail d'acteurs dont des universitaires, des organismes de recherches, des organisations de la soci&#233;t&#233; civile, des &#233;lus et des l&#233;gislateurs, des hommes de lois, des juges, des m&#233;dias et des petits industriels et commerciaux. Le d&#233;nominateur commun entre tous ces mouvements et conf&#233;d&#233;rations, c'est la revendication de l'arr&#234;t des privatisations, de la lib&#233;ralisation du commerce et des investissements, de la d&#233;possession des terres, de l'agriculture industrielle, de l'exploitation des ressources naturelles, ainsi que du d&#233;mant&#232;lement des r&#233;gimes de propri&#233;t&#233; intellectuelle favorables aux entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemples r&#233;v&#233;lateurs au Bangladesh, aux Philippines et en Inde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance de Phulbari au Bangladesh, d'Alyansa Tigil Mina (Alliance contre l'extraction mini&#232;re) aux Philippines et des communaut&#233;s rurales dans les zones d'&#233;conomie sp&#233;ciale (ZES) en Inde sont des exemples r&#233;v&#233;lateurs de campagnes nationales existantes, men&#233;es contre la r&#233;duction de l'acc&#232;s des communaut&#233;s aux biens et services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement populaire de Phulbari s'est construit autour de l'opposition &#224; l'exploitation d'un puit de charbon &#224; ciel ouvert, dirig&#233;e par une compagnie &#233;trang&#232;re anglaise (Asia Energy / AEC) qui entra&#238;nerait le d&#233;placement de 150 000 personnes et en affecterait indirectement 250 000 autres dans les environs de la mine. D&#233;termin&#233;es &#224; bloquer ce projet qui mena&#231;ait leur vie et leur environnement, plus de 50 000 personnes (certains estiment jusqu'&#224; 80 000) se sont rassembl&#233;es &#224; Phulbari, le 26 ao&#251;t 2006, pour r&#233;clamer le d&#233;part de la compagnie du pays et de leurs sites sacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par mesure de r&#233;pression, la police paramilitaire des fronti&#232;res (Banglazdesh riflers, BRD) a tir&#233; sur les citoyens, faisant trois morts et des centaines de bless&#233;s. Sans se laisser intimider par ce d&#233;ploiement de violence de la part de l'&#201;tat, un nombre plus important encore de manifestants se sont rassembl&#233;s et ont fini par obtenir, quatre jours plus tard, un accord avec le gouvernement. Ce contrat dit &#171; social &#187; pr&#233;voyait une rupture de l'engagement pris par le gouvernement envers Asia Energy dans le mois suivant la signature. Cet accord qui n'est pas encore mis en &#339;uvre est n&#233;anmoins une victoire symbolique pour le mouvement de r&#233;sistance de Phulbari qui ne cesse de cro&#238;tre de jour en jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alyansa Tigil Mina est, quant &#224; elle, une coalition de paysans, d'&#233;cologistes, de populations indig&#232;nes et autres acteurs cr&#233;&#233;e en 2005 pour r&#233;clamer du gouvernement des Philippines qu'il mette fin aux politiques d'exploitation mini&#232;re agressive. Cette coalition est parvenue &#224; rassembler des individus et des groupes aux convictions politiques et id&#233;ologiques diverses, autour de la d&#233;fense de leur patrimoine national. Pour ce faire, elle a utilis&#233; des strat&#233;gies vari&#233;es, allant de l'engagement politique, au travail avec les m&#233;dias, &#224; l'&#233;ducation populaire, &#224; l'organisation de luttes et de mobilisations nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Inde, les communaut&#233;s rurales et urbaines se sont mobilis&#233;es contre les expropriations men&#233;es par le gouvernement f&#233;d&#233;ral et les gouvernements des &#201;tats, en vue de cr&#233;er des zones d'&#233;conomie sp&#233;ciale (ZES). Ces derni&#232;res ann&#233;es, ces zones ont &#233;t&#233; promues de mani&#232;re agressive par le gouvernement indien pour tenter d'attirer l'investissement priv&#233; et les capitaux. Ces ZES sont consacr&#233;es pour certaines &#224; l'agriculture industrielle et, pour d'autres, &#224; des parcs de haute technologie, des centres commerciaux et des habitations de luxe. Dans chacun des cas, les communaut&#233;s rurales et urbaines sont d&#233;poss&#233;d&#233;es de leurs terres et de leurs moyens de subsistance sans que le gouvernement ne propose de compensations suffisantes ou de r&#233;elles alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communaut&#233;s locales ont commenc&#233; &#224; protester contre ces invasions (comme dans les &#201;tats du Maharashtra, du Bengale occidental, de l'Haryana, du Bihar, de l'Orissa et du Madhya Pradesh) et &#224; se regrouper pour construire un mouvement national contre les ZES. Les luttes sont f&#233;roces et souvent accompagn&#233;es de repr&#233;sailles brutales de la part de la police nationale et des forces de s&#233;curit&#233;. Mais ce mouvement anti ZES ne cesse de grandir et gagne le soutien de d&#233;put&#233;s, d'universitaires, de journalistes, d'&#233;tudiants, d'hommes d'&#201;tat reconnus et d'autres personnalit&#233;s en vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Criminalisation des luttes et r&#233;pression&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans nombre de pays, la r&#233;sistance populaire est rendue plus difficile en raison de marges de man&#339;uvre politiques limit&#233;es et de l'accroissement de la militarisation et de la r&#233;pression d'&#201;tat. La &#171; guerre contre la terreur &#187; a offert aux gouvernements un pr&#233;texte suppl&#233;mentaire pour criminaliser les protestations populaires. Au Bangladesh, la militarisation du pays est utilis&#233;e pour intimider les meneurs des mouvements de protestation de Phulbari. Aux Philippines, le nombre de meurtres politiques d'activistes n'a cess&#233; de cro&#238;tre depuis 2001. En Inde, il est devenu quasi coutumier d'avoir recours &#224; des forces paramilitaires et des services de vigiles et de s&#233;curit&#233; pour intimider et d&#233;manteler les r&#233;sistances locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers toute l'Asie, les gouvernements n'ont aucun scrupule &#224; faire usage de la force militaire pour brider l'action des mouvements locaux et r&#233;gionaux qui luttent pour l'autod&#233;termination et le contr&#244;le de leurs territoires et de leurs ressources. En Birmanie, la junte militaire continue &#224; d&#233;placer des populations rurales pour asseoir son contr&#244;le sur les for&#234;ts, les zones riches en minerai et l'&#233;nergie ; et les soumet au travail forc&#233; dans le cadre de projets d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En R&#233;publique d&#233;mocratique populaire du Laos, au Cambodge et au Vietnam, les communaut&#233;s locales n'ont en principe m&#234;me pas le droit de porter plainte contre les expropriations ou contre l'exploitation des for&#234;ts et des ressources en eau, que ce soit pour des projets hydro&#233;lectriques, d'infrastructure agricole ou d'extraction mini&#232;re. Les marges de man&#339;uvre politiques sont tellement limit&#233;es dans ces pays que peu d'acteurs de la soci&#233;t&#233; civile osent contester les mod&#232;les de d&#233;veloppement adopt&#233;s par les gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conditions du succ&#232;s : articulation et convergence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes et coalitions qui enregistrent les meilleurs succ&#232;s sont organis&#233;es au niveau national et connect&#233;es efficacement &#224; des r&#233;seaux internationaux. Parmi les r&#233;seaux les plus puissants, on trouve ceux qui s'opposent &#224; l'OMC, aux accords de libre-&#233;change, aux accords sur le commerce et les investissements, aux IFI, aux privatisations (surtout de l'eau, des terres et des for&#234;ts), &#224; la militarisation et &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain (illustr&#233; par les guerres en Afghanistan, en Irak et en Palestine). Ces r&#233;seaux et coalitions se rassemblent lors d'&#233;v&#233;nements cl&#233;s, lors des r&#233;unions annuelles de la Banque mondiale, du FMI, de la Banque asiatique de d&#233;veloppement (ADB) ou lors de rencontres des responsables de l'OMC en Asie, de l'Association de coop&#233;ration &#233;conomique Asie-Pacifique (APEC) ou encore &#224; l'occasion des r&#233;unions intergouvernementales comme l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, des campagnes coordonn&#233;es &#224; un niveau r&#233;gional apparaissent &#233;galement. Le Secr&#233;tariat du mouvement paysan international Via Campesina est bas&#233; &#224; Djakarta depuis plusieurs ann&#233;es. Il renforce la solidarit&#233; des paysans en Asie et contribue &#224; former des alliances nouvelles avec les mouvements des travailleurs, des p&#234;cheurs et des autochtones. Le mouvement Asie-Pacifique contre la dette et pour le d&#233;veloppement, qui est l'expression r&#233;gionale du puissant mouvement international sur la dette, Jubilee South, m&#232;ne des campagnes r&#233;gionales contre la dette odieuse et ill&#233;gitime et les privatisations en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Forum des migrants d'Asie (MFA) rassemble quant &#224; lui les d&#233;fenseurs des droits des migrants dans la r&#233;gion et m&#232;ne une campagne pour le d&#233;veloppement d'accords r&#233;gionaux et d'instruments qui reconnaissent, prot&#232;gent et promeuvent les droits et le bien-&#234;tre de la main-d'&#339;uvre migrante dans la r&#233;gion. Ces derni&#232;res ann&#233;es, ces mouvements r&#233;gionaux ont accru leur collaboration et focalis&#233; leur attention sur l'agriculture industrielle, le libre-&#233;change, les investissements, la marchandisation et la privatisation des biens et services publics, mais aussi la criminalisation des luttes et la d&#233;fense des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus important encore, en m&#234;me temps que des myriades de mouvements nationaux, les r&#233;seaux r&#233;gionaux se sont mis &#224; rechercher, exp&#233;rimenter et militer pour des mod&#232;les alternatifs de d&#233;veloppement bas&#233;s sur la solidarit&#233;, la s&#233;curit&#233; &#233;conomique, &#233;cologique et politique v&#233;ritable et sur une prise en compte d&#233;mocratique de leur voix. Ce type d'initiatives aide &#224; r&#233;gionaliser et internationaliser les luttes locales et nationales et les mouvements de r&#233;sistance. Tout en continuant &#224; se d&#233;velopper, s'&#233;tendre et s'adapter aux nouvelles circonstances et conditions d'existence, ces luttes montent progressivement en puissance gr&#226;ce &#224; la solidarit&#233;, aux &#233;changes d'exp&#233;riences et de strat&#233;gies entre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements locaux et nationaux sont moins isol&#233;s qu'auparavant. Ils peuvent aussi s'appuyer sur un vaste r&#233;seau d'acteurs et d'organisations, et b&#233;n&#233;ficier du soutien d'une large communaut&#233; d'acteurs d&#233;sireux de se faire entendre. En collaborant avec des groupes engag&#233;s dans des luttes similaires dans d'autres pays, les mouvements nationaux et r&#233;gionaux parviennent ainsi &#224; mieux comprendre le fonctionnement de leurs adversaires communs et la complexit&#233; des probl&#232;mes partag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, les campagnes internationales ont innov&#233; en incluant l'identit&#233; r&#233;gionale dans la recherche d'alternatives. Souvent, les &#201;tats invoquent la coop&#233;ration r&#233;gionale dans la lutte contre le &#171; terrorisme &#187; et les &#171; mouvements s&#233;cessionnistes &#187;, pour justifier l'exploitation internationale des ressources naturelles et humaines dans la r&#233;gion et l'absence de prise en compte des revendications des citoyens ordinaires. Depuis peu, des mouvements politiques contestent ces pratiques et r&#233;clament &#224; la fois un droit de parole et un acc&#232;s d&#233;mocratique des peuples &#224; la gouvernance r&#233;gionale par l'instauration d'un &#171; r&#233;gionalisme des peuples &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mouvements affirment que les peuples, au sein d'une r&#233;gion, sont globalement confront&#233;s aux m&#234;mes probl&#232;mes dans leur rapport &#224; l'&#201;tat, et que, de ce fait, une collaboration entre eux permettrait de lutter plus efficacement pour l'instauration de standards r&#233;gionaux ; cr&#233;ant ainsi un espace politique r&#233;gional plus large reconnu par les diff&#233;rents gouvernements. La mobilisation sociale dans le cadre de l'ASEAN et de l'Association d'Asie du Sud pour la coop&#233;ration r&#233;gionale (SAARC) marque un premier pas dans ce sens. Une vaste coalition d'acteurs sociaux est ainsi intervenue dans le processus d'&#233;laboration de la charte de l'ASEAN, invitant les instances aussi bien r&#233;gionales que nationales &#224; faire des propositions constructives pour ce qui pourrait devenir &#224; terme la Constitution d'une communaut&#233; r&#233;gionale &#233;largie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En marge de l'ASEAN et de la SAARC, des rencontres des peuples et des conf&#233;rences de la soci&#233;t&#233; civile sont organis&#233;es, parall&#232;lement aux sommets officiels. En prenant part &#224; des d&#233;bats &#224; caract&#232;re r&#233;gional (par exemple, la campagne pour la cr&#233;ation d'une commission r&#233;gionale des droits de l'homme, l'adoption d'une charte sociale ou l'&#233;tablissement d'un protocole pour prot&#233;ger la main-d'&#339;uvre migrante), ces mouvements construisent une nouvelle identit&#233; r&#233;gionale centr&#233;e sur la solidarit&#233; et la recherche conjointe d'alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peser sur les rapports de force&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme les gouvernements essaient d'int&#233;grer la dimension r&#233;gionale &#224; leurs politiques et int&#233;r&#234;ts respectifs, notamment par l'organisation de plates-formes de coop&#233;ration &#233;conomique et strat&#233;gique, les peuples de la r&#233;gion parlent d'une voix commune pour d&#233;fendre la d&#233;mocratie, la paix, l'autod&#233;termination, la souverainet&#233; &#233;conomique et alimentaire et des alternatives aux mod&#232;les de d&#233;veloppement et de s&#233;curit&#233; actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux sont convaincus par l'id&#233;e selon laquelle les gouvernements, plac&#233;s dans certaines circonstances, sont forc&#233;s d'&#233;couter leurs peuples. Plusieurs &#233;v&#232;nements leur donnent raison : le blocage des n&#233;gociations de l'OMC, la reconnaissance par des l&#233;gislateurs nationaux de l'&#233;chec des politiques n&#233;olib&#233;rales des IFI et la pression exerc&#233;e par la soci&#233;t&#233; civile sur les associations r&#233;gionales pour s'engager &#224; la fois aux niveaux national et r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; des peules d'Asie contre le n&#233;olib&#233;ralisme et la militarisation s'accro&#238;t, mais des barri&#232;res importantes subsistent comme l'&#233;tendue de la r&#233;gion, la diversit&#233; des langues, le co&#251;t des rassemblements pour &#233;laborer des strat&#233;gies et des actions communes, etc. L'absence d'espace d&#233;mocratique dans nombre de pays accro&#238;t la difficult&#233; pour les communaut&#233;s engag&#233;es dans les luttes d'&#233;tablir des contacts avec des peuples et des mouvements &#224; l'&#233;tranger, ce qui leur ouvrirait pourtant de nouvelles perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair toutefois que la solidarit&#233; asiatique est dynamique, accrue et qu'elle cr&#233;e de nouvelles formes et de nouveaux espaces d'expression. Les communaut&#233;s locales et nationales, les organisations populaires et les mouvements sociaux r&#233;alisent qu'un progr&#232;s social, politique et &#233;conomique durable ne peut advenir qu'au travers de luttes des peuples ax&#233;es principalement sur l'acc&#232;s &#224; un espace politique, sur le contr&#244;le des biens communs et des gouvernements qui pr&#233;tendent parler en leurs noms. Malgr&#233; l'in&#233;galit&#233; des forces, ces luttes gagnent en puissance et deviennent des acteurs incontournables dont les gouvernements doivent d&#233;sormais tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction de l'anglais : Annie Vonesch&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="https://www.cetri.be" class="spip_out"&gt;www.cetri.be&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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