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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Entre cyclone et tyrannie</title>
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		<dc:date>2008-05-17T17:03:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Marc JOHNSON et Danielle SABAI </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Frapp&#233; les 2 et 3 mai par le pire cyclone que l'Asie ait connu depuis une vingtaine d'ann&#233;es, le peuple birman tente de survivre sans aide de son gouvernement. Les puissances occidentales en profitent pour faire valoir leurs int&#233;r&#234;ts, qui ont peu &#224; voir avec l'urgence humanitaire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon les m&#233;dias birmans, contr&#244;l&#233;s par l'&#201;tat, il y aurait 22 980 morts ainsi que 42 119 disparus. Mais on approcherait plut&#244;t de 100 000 personnes et d'environ un million de sans-abri. La junte militaire au pouvoir a une responsabilit&#233; immense dans cette catastrophe. Alors qu'elle connaissait l'existence du cyclone, gr&#226;ce aux alertes des centres m&#233;t&#233;orologiques indiens et tha&#239;landais, elle a refus&#233; d'alerter la population et d'organiser l'&#233;vacuation des zones les plus menac&#233;es. Cela montre, une fois de plus, combien cette junte parasitaire fait peu de cas du peuple birman. Des centaines de milliers de personnes se sont retrouv&#233;es brutalement sans abri, sans &#233;lectricit&#233;, sans eau potable, sans aucun secours, trouvant refuge dans les &#233;coles et les monast&#232;res. Apr&#232;s la catastrophe, malgr&#233; la propagande montrant des g&#233;n&#233;raux distribuant des colis, les soldats et les membres de l'Association pour le d&#233;veloppement et la solidarit&#233; de l'Union (USDA), une organisation de masse progouvernementale, si nombreux &#224; r&#233;primer les mobilisations de septembre dernier, se faisaient rares dans les rues. Seuls les moines ont apport&#233; une aide r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression internationale, la junte a fait appel &#224; l'aide humanitaire mais, dans les faits, elle freine la d&#233;livrance de visas, pr&#233;tendant prendre en charge seule l'acheminement de l'aide aux victimes. La Birmanie &#233;tant d&#233;pourvue de m&#233;dias ind&#233;pendants et d'un quelconque milieu associatif autonome, il est fort probable qu'une partie du mat&#233;riel et de la nourriture sera d&#233;tourn&#233;e par les voyous qui administrent l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les victimes font face &#224; la faim comme aux maladies et elles sont r&#233;duites &#224; boire l'eau des rivi&#232;res pollu&#233;es par les milliers de corps qui y flottent. Le chol&#233;ra est apparu et on signale des cas de diarrh&#233;es et de dysenteries. Une recrudescence de la malaria menace, ainsi que des nombreuses maladies qui font leur nid dans ce pays o&#249; le r&#233;gime consacre moins de 3 % du budget de l'&#201;tat &#224; la sant&#233; (contre 49 % &#224; l'arm&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gime parano&#239;aque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de l'aide humanitaire internationale tient principalement &#224; la situation politique interne. Ce r&#233;gime x&#233;nophobe, qui ne cherche qu'&#224; se perp&#233;trer, vit dans la peur permanente d'un nouveau soul&#232;vement populaire ou d'une invasion militaire am&#233;ricaine. Mais, surtout, la junte ne voulait pas voir d&#233;barquer des milliers d'&#233;trangers &#224; l'approche du 10 mai, date pr&#233;vue du r&#233;f&#233;rendum sur une nouvelle Constitution. C'est le changement politique le plus significatif organis&#233; par la junte depuis les &#233;lections de 1990. Malgr&#233; la situation, le gouvernement a refus&#233; de reporter la date du r&#233;f&#233;rendum, sauf dans les r&#233;gions les plus touch&#233;es par le cyclone. Il a tout fait pour assurer la victoire massive du &#171; oui &#187; : arrestations de militants, pers&#233;cutions, amendes, emprisonnements, menaces de r&#233;vocation des fonctionnaires ou de confiscation de terres, de fermetures de magasins, de renvoi des &#233;tudiants en cas de vote &#171; non &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle Constitution a pour but d'asseoir le pouvoir des militaires en l&#233;gitimant leur participation aux affaires de l'&#201;tat. 25 % des si&#232;ges des deux Chambres leur sont attribu&#233;s, directement coopt&#233;s par le commandement en chef de l'arm&#233;e birmane, la Tatmadaw. Pour pouvoir modifier la Constitution il faudra le soutien d'au moins 20 % des membres du Parlement. Autant dire, qu'avec 25 % de militaires d&#233;sign&#233;s dans les deux Chambres, la junte se garantit une stabilit&#233;, au moins au niveau parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comportement de la junte ne doit pas faire oublier celui des classes moyennes et des milieux d'affaires birmans, les principaux soutiens de l'opposition pro-occidentale, dont Aung San Suu Kyi est l'ic&#244;ne. Leur r&#233;ponse &#224; la crise a montr&#233; qu'ils ne sont pas en mesure de prendre en charge les commandes du pays. Apr&#232;s le passage du cyclone, les petites et moyennes entreprises ont augment&#233; les prix des biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, de 200 &#224; 400 %, alors que la grande majorit&#233; des habitants vit avec moins d'un dollar par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puissances occidentales ont exploit&#233; la situation cr&#233;&#233;e par le passage du cyclone pour faire avancer leur propre plan, &#224; savoir l'ouverture sans restriction de la Birmanie aux investisseurs occidentaux. Elles cherchent &#224; contrer l'influence de la Chine, qui utilise les routes et les ports birmans pour d&#233;senclaver ses r&#233;gions occidentales sous-d&#233;velopp&#233;es. Ainsi, le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res fran&#231;ais, Bernard Kouchner, a sugg&#233;r&#233;, d&#232;s le 6 mai, que les puissances occidentales fassent valoir &#171; le droit d'ing&#233;rence humanitaire &#187; et d&#233;ploient des aides militaires et civiles sans le consentement du gouvernement birman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tr&#232;s grande m&#233;diatisation de la catastrophe et de la folie du gouvernement birman est utilis&#233;e par l'administration am&#233;ricaine pour aligner les associations humanitaires et les journalistes derri&#232;re sa politique agressive de changement de r&#233;gime. Un petit nombre d'organisations internationales de solidarit&#233; tente d'aller &#224; contre-courant de cette d&#233;primante situation, toutes n'ayant pas succomb&#233; &#224; l'offensive id&#233;ologique am&#233;ricaine et &#224; ses largesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les prochaines semaines, nous allons malheureusement &#234;tre les t&#233;moins de la lutte pour la survie de centaines de milliers de Birmans laiss&#233;s sans abri par le cyclone Nargis, mais aussi de millions de gens lentement affam&#233;s par la conjonction de l'incomp&#233;tence du r&#233;gime, de la politique agressive am&#233;ricaine, et de la voracit&#233; des profiteurs locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette p&#233;riode pourrait bien aussi voir se redessiner les contours politiques de la Birmanie et, peut-&#234;tre, s'effondrer ce monstrueux r&#233;gime vieux de 45 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JOHNSON Marc, SABAI Danielle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru dans Rouge n&#176; 2252, 15/05/2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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