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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>L'avenir de l'altermondialisme</title>
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		<dc:date>2008-05-02T08:47:15Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Ventura </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le cycle 1998-2008 a consacr&#233; la naissance et l'affirmation du mouvement altermondialiste, comme il a modifi&#233; les conditions objectives de son &#233;volution. Le mouvement &#171; altermondialiste &#187; recouvre des r&#233;alit&#233;s tr&#232;s diverses en termes de nature d'organisations, de projets, de priorit&#233;s politiques et strat&#233;giques pour ses composantes. Mais il b&#226;tit son unit&#233; &#224; travers l'affirmation de grandes revendications internationales et transversales sur les questions sociales, environnementales et de paix.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-altermondialisme-" rel="directory"&gt;L'altermondialisme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le cycle 1998-2008 a consacr&#233; la naissance et l'affirmation du mouvement altermondialiste, comme il a modifi&#233; les conditions objectives de son &#233;volution. Le mouvement &#171; altermondialiste &#187; recouvre des r&#233;alit&#233;s tr&#232;s diverses en termes de nature d'organisations, de projets, de priorit&#233;s politiques et strat&#233;giques pour ses composantes. Mais il b&#226;tit son unit&#233; &#224; travers l'affirmation de grandes revendications internationales et transversales sur les questions sociales, environnementales et de paix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entendu comme &#171; mouvement de mouvements &#187; de tous les continents formulant une nouvelle solidarit&#233; Nord / Sud, il s'est construit dans les ann&#233;es 1990 contre la mondialisation n&#233;olib&#233;rale, lorsqu'il a fallu identifier et nommer la stabilisation d'une nouvelle phase historique du d&#233;veloppement du capitalisme caract&#233;ris&#233;e par la domination de la finance, la marchandisation de toutes les activit&#233;s humaines et l'internationalisation des forces du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une phase en r&#233;alit&#233; bien ant&#233;rieure. On peut commencer &#224; l'identifier &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1970 et l'incarner &#224; travers l'arriv&#233;e au pouvoir de Margaret Thatcher au Royaume-Uni en 1979 et de Ronald Reagan aux Etats-Unis en 1981. Elle s'est ensuite acc&#233;l&#233;r&#233;e avec la chute du mur de Berlin en 1989 et celle de l'URSS en 1991, lorsque le capitalisme s'est retrouv&#233; face &#224; lui-m&#234;me et &#224; sa pr&#233;tention destructrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps qu'il la nommait, le mouvement altermondialiste a contest&#233; cette mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Des organisations comme Attac France, puis les autres Attac (une cinquantaine aujourd'hui dans le monde), se sont constitu&#233;es &#224; partir de 1998 pour porter cette d&#233;nonciation publiquement et faire des propositions pour &#171; un autre monde &#187;. De son c&#244;t&#233;, l'embl&#233;matique mobilisation internationale de Seattle en 1999 (o&#249; se sont retrouv&#233;s syndicats, ONG, associations, mouvements sociaux, etc.) &#224; l'occasion de la Conf&#233;rence minist&#233;rielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a pos&#233; un acte, d'une certaine mani&#232;re, fondateur. Pour la premi&#232;re fois, des associations et des organisations du monde entier, conscientes des m&#233;faits caus&#233;s par les pr&#233;tentions des ma&#238;tres du monde, emp&#234;ch&#232;rent le bon d&#233;roulement d'une r&#233;union d'une institution du capitalisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but des ann&#233;es 2000 sera donc marqu&#233; par une nouvelle forme de contestation internationale du capitalisme visant ses institutions et ses espaces de visibilit&#233; plan&#233;taires (FMI, Banque mondiale, OMC, OCDE, Davos, G8, etc.). La r&#233;action de l'ordre dominant saura &#234;tre violente. La r&#233;union du G8 &#224; G&#234;nes en juillet 2001 (pr&#233;c&#233;d&#233;e par celle du Conseil europ&#233;en &#224; G&#246;teborg en juin) et ses violences polici&#232;res contre les militants altermondialistes indiquera une strat&#233;gie de criminalisation du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette offensive, cette p&#233;riode a facilit&#233; la construction de r&#233;seaux au niveau continental et mondial, et la production d'un patrimoine de connaissances commun sur la mondialisation. Elle a r&#233;uni des milliers d'organisations jusque l&#224; atomis&#233;es par deux d&#233;cennies de rouleau compresseur n&#233;olib&#233;ral. Dans ce contexte, les Forums sociaux (le premier s'est tenu en 2001 &#224; Porto Alegre au Br&#233;sil) se sont enracin&#233;s dans le paysage public aux niveaux international, continental et national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont dans ces espaces ouverts d'&#233;change et de travail, o&#249; se regroupent associations, syndicats, mouvements sociaux, mouvements de jeunes, de femmes, de paysans, etc., qu'ont commenc&#233; &#224; &#234;tre &#233;labor&#233;es des contre-propositions et des alternatives au capitalisme n&#233;olib&#233;ral, ainsi que de nouvelles formes d'organisation des luttes et des mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici aussi que nombre de grandes revendications th&#233;matiques ont combin&#233;, de mani&#232;re in&#233;dite, le social et l'environnemental (suppression des paradis fiscaux, abolition de la dette des pays les plus pauvres, mesures sur la pr&#233;servation et la distribution de l'eau, lutte contre les OGM, taxes internationales, r&#233;forme de l'ONU, d&#233;mocratie participative, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son acc&#233;l&#233;ration s&#233;curitaire et guerri&#232;re (notamment &#224; partir du 11 septembre 2001), la mondialisation n&#233;olib&#233;rale a pouss&#233; le mouvement altermondialiste &#224; prendre &#233;galement en charge ces th&#233;matiques de mani&#232;re de plus en plus centrale (c'est ainsi qu'il organisera, dans un tr&#232;s grand nombre de pays, les grandes manifestations contre la guerre en 2003 lors de l'invasion de l'Irak par les arm&#233;es des Etats-Unis et de leurs alli&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apport crucial de ce &#171; mini-cycle &#187; (1998-2003) est que le mouvement altermondialiste, s'appuyant sur une dynamique d'amplification du rejet du n&#233;olib&#233;ralisme, a impos&#233; des th&#232;mes politiques dans l'agenda mondial, aupr&#232;s des opinions publiques et des gouvernements. Ces th&#232;mes et revendications ont pouss&#233;, temporairement, les institutions financi&#232;res internationales et le lib&#233;ralisme sur la d&#233;fensive entre 1999 et 2004-2005. Ainsi, le mouvement altermondialiste a cr&#233;&#233; une faille dans l'h&#233;g&#233;monie culturelle du lib&#233;ralisme et dans le triomphalisme du capitalisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production et la circulation internationales d'id&#233;es et de propositions du mouvement des mouvements a arm&#233; tous les acteurs (syndicats, ONG, mouvements politiques et sociaux, associations citoyennes, etc.) d'un nouveau logiciel critique du capitalisme n&#233;olib&#233;ral adapt&#233; &#224; toutes ses dimensions. Pour ne prendre que le cas de l'Europe, ce dernier a permis aux uns et aux autres d'enraciner, &#224; partir de 2003, leurs luttes sur leurs terrains directs (r&#233;formes des retraites en France et dans d'autres pays europ&#233;ens en 2003, trait&#233; constitutionnel europ&#233;en en 2005, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le d&#233;veloppement d'une critique r&#233;formiste issue des rangs des &#233;lites intellectuelles et &#233;conomiques internationales (l'&#233;conomiste Joseph Stiglitz ou le financier Georges Soros) t&#233;moigne, au-del&#224; du mouvement lui-m&#234;me et de ses r&#233;alisations propres, de l'avanc&#233;e de ses id&#233;es et de ses pr&#233;occupations. Mais il convient &#233;galement d'admettre que, dans le m&#234;me temps, critiques syst&#233;miques et revendications ont &#233;t&#233; absorb&#233;es par les &#233;lites mondiales et les gouvernements. Du moins, dans leur communication aupr&#232;s des opinions publiques (d&#233;clarations d'intention, dialogues citoyens, commerce &#233;quitable et &#171; bio &#187;, responsabilit&#233; sociale et &#233;thique des entreprises, etc.) et dans leurs strat&#233;gies de mise en place des politiques n&#233;olib&#233;rales (d&#233;veloppement des accords commerciaux bilat&#233;raux ou multilat&#233;raux en lieu et place des grand-messes de l'OMC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici, &#224; titre d'illustration, la derni&#232;re communication du Forum de Davos 2008 disponible sur la Toile sur la plateforme de sociabilisation You Tube. Dans un clip tr&#232;s dynamique et interactif, le Forum de Davos annonce son objectif : &#171; Rendre le monde meilleur &#187; (How to Make the World a Better place ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers une succession d'interventions interg&#233;n&#233;rationnelles et internationales - c&#233;l&#233;brant la diversit&#233; - , il nous est dit que les penseurs et les dirigeants mondiaux vont traiter, pendant le Forum de Davos, la question de la lutte contre la pauvret&#233; mondiale, du changement climatique, de savoir comment g&#233;rer la p&#233;nurie &#233;nerg&#233;tique, aborder la question des technologies de l'information, de l'&#233;ducation, de la citoyennet&#233; globale, du sida, des d&#233;sastres humanitaires, du d&#233;veloppement &#233;conomique et de la gouvernance mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clip compte sur chaque individu pour changer le monde : &#171; Tu peux faire entendre ta voix en envoyant une question &#224; Davos. Les meilleures seront pr&#233;sent&#233;es aux penseurs et leaders de Davos qui te r&#233;pondront. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la question soumise &#224; l'internaute : &#171; si les pays, les entreprises, ou les gens pouvaient faire quelque chose pour rendre le monde meilleur en 2008, quelle serait-elle selon vous ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce m&#233;canisme de digestion de la contestation, le r&#244;le des m&#233;dias (qui, tour &#224; tour, ont encens&#233; - souvent avec sa collaboration - ce mouvement dans ces expressions les plus &#171; soft &#187; - style de vie, humanisme, sous-culture, etc. - avant le banaliser et le d&#233;cr&#233;dibiliser) a &#233;galement &#233;t&#233; significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes, un d&#233;bat s'est enclench&#233; au sein de l'altermondialisme en 2005 [1] .C'est &#224; partir de ce moment que la question de son objet, de ses finalit&#233;s et ses diff&#233;rents potentiels se pose de mani&#232;re r&#233;currente alors que, conjugu&#233; &#224; la r&#233;orientation strat&#233;gique des &#233;lites et des gouvernements, un effet palier commence &#224; se faire sentir (r&#233;p&#233;tition de la formule des Forums, banalisation, manque de mat&#233;rialisation dans le r&#233;el, absence de prolongement politique des mobilisations sociales, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le visage de la mondialisation s'est consid&#233;rablement modifi&#233; ces dix derni&#232;res ann&#233;es, ce d&#233;bat s'av&#232;re, plus que jamais, crucial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution de la mondialisation impose un &#233;largissement des objectifs du &#171; mouvement des mouvements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; chang&#233; d'&#233;poque. La derni&#232;re d&#233;cennie n'a pas modifi&#233; le rapport de forces dans le sens d'un affaiblissement du syst&#232;me capitaliste mondial, mais dans celui d'une modification des conditions dans lesquelles &#233;volue aujourd'hui le mouvement des mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation n'a plus, en effet, le m&#234;me visage qu'en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une dynamique contradictoire, la mondialisation n&#233;olib&#233;rale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;s'est accentu&#233;e. Elle est marqu&#233;e par la continuation et l'approfondissement des politiques de marchandisation, de pr&#233;carisation du travail et de fragilisation des individus et de leur reproduction socio-&#233;conomique, de d&#233;veloppement des accords de libre-&#233;change (Accords de partenariat &#233;conomique en Europe avec les pays du Sud), de concentration des richesses, de d&#233;veloppement des in&#233;galit&#233;s, de destruction de l'environnement, etc. L'Union europ&#233;enne (UE) est, &#224; notre &#233;chelle continentale, cet agent z&#233;l&#233; de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a suscit&#233; la naissance de nouveaux &#171; comp&#233;titeurs mondiaux &#187; concurrents de l'h&#233;g&#233;monie &#233;tatsunienne. Cette concurrence s'exerce sur le m&#234;me terrain &#233;conomique et financier. Ces nouvelles puissances venant du Sud, comme la Chine, l'Inde ou le Br&#233;sil (auxquelles il convient d'ajouter la Russie) sont de ferventes promotrices du syst&#232;me capitaliste mondial a renforc&#233; son ordre imp&#233;rial (Irak, Afghanistan, Palestine, etc.). s'est dot&#233;e d'une capacit&#233; d'absorption de la contestation, aux niveaux global, continental et national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;continue de s'appuyer sur la diffusion d'un style de vie et d'un mod&#232;le de consommation individualiste qui a pour fonction d'anesth&#233;sier la construction d'espaces politiques collectifs. C'est une arme tr&#232;s forte du syst&#232;me capitaliste aujourd'hui. Cela s'est aussi d&#233;velopp&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, avec l'utilisation des technologies de l'information.&lt;br class='autobr' /&gt;
a produit un mouvement de rejet sur toute la plan&#232;te qui a reconfigur&#233; les luttes nationales et internationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
a produit, dans le cadre de processus d'in&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#233;gration r&#233;gionale, des territoires concrets de remise en cause : l'Am&#233;rique latine avec l'Alternative bolivarienne pour les Am&#233;riques (Alba), la Banque du Sud, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;semble entrer dans une phase de crise financi&#232;re, &#233;nerg&#233;tique et &#233;conomique aigu&#235; dont l'issue est, &#224; cette heure, incertaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour des strat&#233;gies &#233;largies&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution g&#233;n&#233;rale a sensiblement diminu&#233; la visibilit&#233; et l'espace propres du mouvement altermondialiste , en m&#234;me temps qu'elle lui offre aujourd'hui de nouveaux d&#233;fis strat&#233;giques et de nouveaux points d'appui&#8230; &#224; condition qu'il modifie ses m&#233;thodes d'action et qu'il investisse de nouveaux champs de bataille, en particulier celui de la reconstruction et du renouvellement du champ de l'action politique dans le cadre de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci a produit un rejet et une conscience collective qui vont s'enraciner dans le long terme. Il faut tout faire pour renforcer et consolider cette vocation de long terme de l'altermondialisme et des forums sociaux. Ces derniers doivent rester ces espaces d'&#233;change, de construction, de mutualisation, d'&#233;laboration, de nouvelles alliances, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question pos&#233;e par le post-altermondialisme est : comment, une fois le consensus atteint sur l'&#233;laboration de la critique et des revendications communes, renforcer les exp&#233;riences r&#233;ellement existantes de remise ne cause du n&#233;olib&#233;ralisme et permettre la mutation ou l'&#233;closion d'acteurs capables de peser directement sur la transformation des soci&#233;t&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse n'induit pas une mutation globale et lin&#233;aire du mouvement des mouvements, mais l'int&#233;gration, pour ses composantes les plus actives, de nouveaux sujets de pr&#233;occupation et la construction de nouveaux espaces d'exp&#233;rimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; le n&#233;olib&#233;ralisme est atteint, c'est l&#224; o&#249; de nouvelles articulations sont n&#233;es entre le mouvement social et le champ politique. Pas de mouvement par le haut, ou de mouvement par le bas, mais l'articulation et la p&#233;n&#233;tration de tous les espaces du pouvoir : &#233;conomique, social, politique pour dessiner les contours de la reconstruction d'une v&#233;ritable opposition d&#233;mocratique face aux forces du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point d'analyse est capital, mais reste souvent sous trait&#233; ou &#233;vacu&#233; au sein du mouvement altermondialiste au nom du principe d'autonomie du mouvement social ou de la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; par rapport &#224; la sph&#232;re politique et &#224; l'institution [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'observation historique r&#233;cente impose un constat. L&#224; o&#249; le n&#233;olib&#233;ralisme est atteint, c'est l&#224; o&#249; l'Etat et les institutions politiques ont &#233;t&#233; r&#233;investis par le mouvement populaire pour les transformer dans une dynamique post-n&#233;olib&#233;rale, comme le dirait Emir Sader. L&#224; o&#249; ils ont &#233;t&#233; identifi&#233;s comme un champ de bataille permanent avec les int&#233;r&#234;ts dominants par les forces populaires et sociales. L&#224; o&#249; ils ne servent pas seulement &#224; appliquer un programme politique, mais &#224; refondre les nations et &#224; construire de nouvelles h&#233;g&#233;monies alternatives. L&#224; o&#249;, enfin, les gouvernements ont mis&#233; &#171; sur un mod&#232;le de d&#233;veloppement plus tourn&#233; vers leurs march&#233;s int&#233;rieurs en recherchant l'alliance avec les classes moyennes et une stabilisation de leurs classes ouvri&#232;res &#187; pour reprendre les propos de Gus Massiah dans son texte &#171; Evolution globale et altermondialisme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... qui incluent la question politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence consistant &#224; int&#233;grer la question de la conqu&#234;te de territoires politiques concrets est d'autant plus vitale que le n&#233;olib&#233;ralisme, lui, formule aujourd'hui son v&#233;ritable projet politique pour toutes les soci&#233;t&#233;s du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans apr&#232;s l'apparition de l'altermondialisme comme nouvelle reconfiguration d'un internationalisme apr&#232;s la chute du mur de Berlin, le capitalisme affirme aujourd'hui la n&#233;cessit&#233; de limiter la d&#233;mocratie comme mod&#232;le d'organisation de la soci&#233;t&#233;. Friedrich Von Hayek, p&#232;re fondateur du n&#233;olib&#233;ralisme, ne pr&#233;sentait- il pas son mod&#232;le de &#171; d&#233;mocratie limit&#233;e &#187; comme mod&#232;le optimal ? Toute une litt&#233;rature savante commence &#224; trouver son relai m&#233;diatique sur ce th&#232;me. C'est le signe d'un changement d'&#233;poque et de radicalisation du capitalisme financier. Selon cette th&#233;orie, il y aurait trop de d&#233;mocratie. Les peuples seraient, par nature, conservateurs, ignorants et seulement capables de mettre au pouvoir, lorsqu'il s'agit de gouvernements de rupture, des populistes autoritaires, etc. La d&#233;mocratie serait, in fine, un danger pour la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit du retour d'une vieille utopie conservatrice et r&#233;actionnaire dont l'objectif est de valoriser l'organisation du d&#233;p&#233;rissement du politique comme instrument de domination de l'&#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, l'existence de gouvernements de rupture en Am&#233;rique latine est insupportable. Au-del&#224; de ses gouvernements et de ses personnalit&#233;s phares, l'Am&#233;rique latine est, en effet, le seul endroit o&#249; se sont d&#233;velopp&#233;es de nouvelles articulations entre un mouvement social revendicatif et un champ politique en reconstruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les &#233;lites se sont autonomis&#233;es des peuples, qu'elles ont fait s&#233;cession, elles souhaitent aujourd'hui leur enlever les ultimes armes qu'ils leur restent : leur souverainet&#233; et leur vocation &#224; gouverner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que la notion de post-altermondialisme intervient. Elle n'indique pas la fin de l'altermondialisme, mais sa continuation par l'int&#233;gration de nouveaux sujets. Pas de post-altermondialisme sans mouvement altermondialiste. Il s'agit moins de faire table rase du pass&#233; et de d&#233;clarer obsol&#232;tes l'ensemble de ses outils (comme les Forums), que de cr&#233;er de nouveaux espaces propres &#224; travailler la question de l'articulation entre mouvements sociaux, forces politiques et actions de gouvernement (les Forums, par nature, ne peuvent remplir cette fonction, et plusieurs acteurs qui participent &#224; ce mouvement ne peuvent, pour des raisons structurelles et historiques, assumer cette orientation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi penser, dans ce cadre, de nouvelles articulations entre ces nouveaux espaces et celui des Forums.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela constitue m&#234;me une urgence, tant les projets politiques alternatifs du 20&#232; si&#232;cle (communisme sovi&#233;tique et social-d&#233;mocratie) et les forces politiques qui les ont port&#233;s - qui occupent encore le champ politique institutionnel dans nos pays - connaissent un d&#233;p&#233;rissement m&#233;canique et historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe, d'un certain point de vue, une similitude entre notre moment historique et l'histoire du mouvement socialiste au 19&#232; si&#232;cle [3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre constitu&#233; en espace intellectuel et philosophique commun, apr&#232;s avoir permis d'agglom&#233;rer des ressources et des forces disponibles &#224; qui il a donn&#233; des valeurs et une identit&#233; collectives dans la premi&#232;re partie du si&#232;cle, le socialisme, &#224; partir des ann&#233;es 1850, a produit une multitude d'&#233;coles, de chapelles, de penseurs, d'organisations, etc. Tous ces acteurs avaient pour point commun la critique et le rejet du lib&#233;ralisme et la remise en cause du r&#233;gime de propri&#233;t&#233;, mais ils pouvaient diverger sur les options prioritaires de lutte (primaut&#233; de la lutte politique ou syndicale par exemple), les projets de soci&#233;t&#233;, etc. Certains faisaient de l'industrie leur priorit&#233;, d'autres l'agriculture, d'autres encore pr&#244;naient la r&#233;g&#233;n&#233;rescence du la religion ou, au contraire, l'anarchie, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette phase historique du socialisme (1850-1870) a, en fait, incarn&#233; son passage du &#034;social&#034; (critique du syst&#232;me, &#233;laboration et diffusion d'id&#233;es) au &#034;politique&#034; (la conqu&#234;te du pouvoir devient l'objectif de sa r&#233;alisation &#224; partir de 1870-1875) lorsque le courant marxiste est devenu, au sein du mouvement socialiste international qui regroupait toutes ces sensibilit&#233;s, h&#233;g&#233;monique apr&#232;s de fortes luttes d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'altermondialisme, espace international premier, se pose aujourd'hui la question de savoir s'il doit - et si oui comment - gagner des espaces politiques concrets :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;influence sur le champ politique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;gration au champ politique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
ou renouvellement du champ politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette nouvelle phase de son histoire que l'on d&#233;signera comme un post-altermondialisme dans laquelle vont agir une partie de ses composantes les plus actives. Du point de vue des processus, l'histoire du mouvement socialiste montre que le champ de la mobilisation sociale, lorsqu'il atteint l'apog&#233;e de sa capacit&#233; d'agglutination, red&#233;ploie une partie de lui m&#234;me et des forces qu'il a produites sur la voie du politique. Cette mutation ne signifie pas l'abandon du terrain social, mais la reformulation dynamique de la relation social/politique comme n&#233;cessit&#233; pour remporter des succ&#232;s face &#224; la radicalisation des forces du capital et des &#233;lites qui relaient leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre qu'il faut soumettre une nouvelle proposition : la promotion de nouvelles convergences, au niveau international, entre mouvements sociaux disponibles, forces politiques cherchant leur d&#233;passement et gouvernements progressistes. Cela doit se faire &#224; partir deux principes : l'autonomie des acteurs et l'exclusion de tout suivisme. Mais cette autonomie n'emp&#234;che pas la construction d'une relation de travail et d'enrichissement mutuel bas&#233;e sur une articulation dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus des Forums sociaux, en tant que tel, n'a pas &#233;t&#233; con&#231;u pour remplir cette fonction. La sienne &#8211; espace d'&#233;changes entre une diversit&#233; d'organisations et de mouvements et d'&#233;laboration d'alternatives &#8211; reste cruciale dans le long terme. Mais une ramification dans le cycle qui s'ouvre aujourd'hui est tout aussi fondamentale. Tel est le sens de la d&#233;marche post-altermondialiste : la r&#233;alisation des propositions port&#233;es par ce mouvement et le renouvellement du politique, y compris du champ politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le Forum social mondial 2005 de Porto Alegre a &#233;t&#233; marqu&#233; par la proposition du Manifeste de Porto Alegre et de ses &#171; Douze propositions pour un autre monde possible &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Comme en t&#233;moigne une tribune parue le 21 janvier 2008 dans L'Humanit&#233;, &#171; L'altermondialisme, un processus de long terme porteur d'alternatives &#187; illustre cette situation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Cette partie est reprise de l'article &#171; Pourquoi s'int&#233;resser &#224; la r&#233;volution bolivarienne ? &#187; paru dans le num&#233;ro 43 d'Utopie critique..&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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