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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Une nouvelle colonie de l'Otan dans le Nouvel Ordre Mondial </title>
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		<dc:date>2008-04-01T14:20:29Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Diana JOHNSTONE </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;On se croirait dans le Meilleur des mondes. La machine de propagande occidentale a tourn&#233; &#224; plein rendement pour c&#233;l&#233;brer le dernier miracle de l'Otan : la transformation du Kosovo serbe en Kosova albanais. Par le pouvoir des m&#233;dias, le fait que les &#201;tats-Unis se sont empar&#233;s sans vergogne d'un territoire d'importance strat&#233;gique qui ne leur appartient pas, pour y installer une base militaire gigantesque (Camp Bondsteel), a &#233;t&#233; transform&#233; en une &#233;difiante l&#233;gende de &#171; lib&#233;ration nationale &#187;. Pour les rares infortun&#233;s qui connaissent la v&#233;rit&#233; &#8211; compliqu&#233;e &#8211; sur le Kosovo, ce sont les mots d'Aldous Huxley qui semblent convenir le mieux : &#171; Tu conna&#238;tras la v&#233;rit&#233; et la v&#233;rit&#233; te rendra fou. &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-Mondialisation-et-resistances-" rel="directory"&gt;Mondialisation et r&#233;sistances&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On se croirait dans le Meilleur des mondes. La machine de propagande occidentale a tourn&#233; &#224; plein rendement pour c&#233;l&#233;brer le dernier miracle de l'Otan : la transformation du Kosovo serbe en Kosova albanais. Par le pouvoir des m&#233;dias, le fait que les &#201;tats-Unis se sont empar&#233;s sans vergogne d'un territoire d'importance strat&#233;gique qui ne leur appartient pas, pour y installer une base militaire gigantesque (Camp Bondsteel), a &#233;t&#233; transform&#233; en une &#233;difiante l&#233;gende de &#171; lib&#233;ration nationale &#187;. Pour les rares infortun&#233;s qui connaissent la v&#233;rit&#233; &#8211; compliqu&#233;e &#8211; sur le Kosovo, ce sont les mots d'Aldous Huxley qui semblent convenir le mieux : &#171; Tu conna&#238;tras la v&#233;rit&#233; et la v&#233;rit&#233; te rendra fou. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; propos du Kosovo, la v&#233;rit&#233; ressemble &#224; des lettres &#233;crites dans le sable au fur et &#224; mesure que le tsunami de la propagande arrive en rugissant. La v&#233;rit&#233; est disponible &#8211; par exemple, dans l'article instructif de George Szamuely publi&#233; r&#233;cemment ici, dans CounterPunch. Des fragments de la v&#233;rit&#233; apparaissent parfois dans les grands m&#233;dias, surtout dans des lettres de lecteurs. Mais aussi d&#233;nu&#233;e d'espoir que soit toute tentative de s'y opposer, permettez-moi n&#233;anmoins d'examiner une seule goutte de cette irr&#233;sistible mar&#233;e de propagande : une chronique sign&#233;e Roger Cohen, intitul&#233;e &#171; Un nouvel &#201;tat en Europe &#187; et publi&#233;e le jour de la Saint-Valentin dans l'International Herald Tribune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;dito de Cohen est assez typique de la fa&#231;on cavali&#232;re dont on traite Milosevic, la Russie et les Serbes. Cohen &#233;crit : &#171; Slobodan Milosevic, le dictateur disparu, a mis en mouvement la mar&#233;e nationaliste et meurtri&#232;re de la Serbie le 24 avril 1987, lorsqu'il s'est rendu au Kosovo pour d&#233;clarer que &#034;les anc&#234;tres des Serbes seraient humili&#233;s&#034; si les Albanais ethniques obtenaient gain de cause. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas o&#249; Roger Cohen est all&#233; p&#234;cher cette citation, mais on ne peut la retrouver dans le discours que Milosevic pronon&#231;a ce jour-l&#224; au Kosovo. Et il est certain que Milosevic ne se rendit pas au Kosovo pour y tenir de tels propos, mais bien pour consulter les officiels de la Ligue communiste locale de la ville de Kosovo Polje au sujet des graves probl&#232;mes &#233;conomiques et sociaux qui touchaient la province. Outre la pauvret&#233; chronique de la province, le ch&#244;mage et la gestion d&#233;plorable des fonds de d&#233;veloppement fournis par le reste de la Yougoslavie, le principal probl&#232;me social consistait en l'exode permanent d'habitants serbes et mont&#233;n&#233;grins sous la pression des Albanais ethniques. &#192; l'&#233;poque, il fut fait &#233;tat de ce probl&#232;me dans les principaux m&#233;dias occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, aussi loin que le 12 juillet 1982, Marvine Howe &#233;crivait dans le New York Times que des Serbes quittaient le Kosovo par dizaines de milliers en raison de discriminations et d'intimidations de la part des Albanais ethniques, qui &#233;taient majoritaires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les nationalistes [albanais] ont une plate-forme en deux points &#187;, affirme Beci Hoti, un secr&#233;taire ex&#233;cutif du parti communiste du Kosovo, &#171; d'abord, &#233;tablir ce qu'ils appellent une r&#233;publique albanaise ethniquement pure et, ensuite, fusionner avec l'Albanie afin de constituer une Albanie plus grande. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Hoti, un Albanais, exprimait des inqui&#233;tudes &#224; propos des pressions politiques for&#231;ant des Serbes &#224; quitter le Kosovo. &#171; Ce qui importe aujourd'hui &#187;, disait-il, &#171; c'est d'&#233;tablir un climat de s&#233;curit&#233; et de cr&#233;er la confiance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, sept mois apr&#232;s la visite de Milosevic au Kosovo, David Binder rapportait &#224; son tour dans le New York Times (1er novembre 1987) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Albanais ethniques au sein du gouvernement [du Kosovo] ont manipul&#233; les fonds publics et les r&#233;glementations pour reprendre des terres appartenant &#224; des Serbes. Des &#233;glises orthodoxes slaves ont &#233;t&#233; attaqu&#233;es et des drapeaux ont &#233;t&#233; jet&#233;s par terre et d&#233;chir&#233;s. Des puits ont &#233;t&#233; empoisonn&#233;s, des r&#233;coltes incendi&#233;es. Des adolescents slaves ont &#233;t&#233; poignard&#233;s et certains jeunes Albanais ethniques ont &#233;t&#233; encourag&#233;s par leurs a&#238;n&#233;s &#224; violer des jeunes filles serbes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le but des nationalistes radicaux parmi ces Albanais ethniques, d&#233;clara l'un deux lors d'une interview, est &#034;une Albanie ethnique comprenant la Mac&#233;doine occidentale, le Mont&#233;n&#233;gro m&#233;ridional, une partie de la Serbie m&#233;ridionale, le Kosovo et l'Albanie m&#234;me&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au fur et &#224; mesure que les Slaves fuient les violences prolong&#233;es, le Kosovo se mue en ce que les nationalistes albanais ethniques r&#233;clament depuis des ann&#233;es et, avec une insistance particuli&#232;re, depuis 1981 et l'&#233;meute sanglante d&#233;clench&#233;e par les Albanais ethniques &#224; Pristina &#8211; une r&#233;gion albanaise &#034;ethniquement pure&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut en fait le premier exemple de &#171; purification ethnique &#187; dans la Yougoslavie d'apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale. C'est en tant que telle que la chose fut pr&#233;sent&#233;e dans le New York Times et d'autres m&#233;dias occidentaux et les victimes en furent les Serbes. Le culte du &#171; souvenir &#187; est devenu une religion contemporaine mais certains souvenirs sont plus &#233;gaux que d'autres. Dans les ann&#233;es 1990, il est &#233;vident que le New York Times oublia compl&#232;tement ce qu'il avait dit du Kosovo dans les ann&#233;es 1980. Pourquoi ? Peut-&#234;tre parce que, dans l'intervalle, le bloc sovi&#233;tique s'&#233;tait effondr&#233; et que l'unit&#233; de la Yougoslavie ind&#233;pendante et non align&#233;e ne correspondait plus aux int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; la pr&#233;sence de Milosevic &#224; Kosovo Polje, le 24 avril 1987. Un incident se produisit lorsque la police locale (sous le gouvernement de la Ligue communiste, domin&#233;e par les Albanais) attaqua des Serbes qui s'&#233;taient rassembl&#233;s afin de protester contre l'absence de protection l&#233;gale. La phrase spontan&#233;e de Milosevic devint c&#233;l&#232;bre : &#171; Personne ne devrait plus vous battre ! &#187; S'il s'agit l&#224; de &#171; nationalisme extr&#234;me &#187;, il devrait peut-&#234;tre y en avoir davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nulle part je ne retrouve la trace des propos pr&#234;t&#233;s &#224; Milosevic par Cohen. Dans son discours aux d&#233;l&#233;gu&#233;s locaux du parti qui suivit &#8211; et qui est disponible au public &#8211; Milosevic fit allusion &#224; cet &#171; incident regrettable &#187; et promit une enqu&#234;te. Il poursuivit en insistant sur le fait que &#171; nous ne devrions pas permettre que les malheurs des gens soient exploit&#233;s par des nationalistes que toute personne honn&#234;te est cens&#233;e combattre. Nous ne devons pas diviser les gens en Serbes et en Albanais mais nous devrions plut&#244;t s&#233;parer, d'une part, les personnes d&#233;centes qui luttent pour la fraternit&#233;, l'unit&#233; et l'&#233;galit&#233; ethnique et, d'autre part, les contre-r&#233;volutionnaires et les nationalistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me tourne une fois de plus vers Aldous Huxley : &#171; Les faits ne cessent d'exister parce qu'on les ignore. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Huxley dit &#233;galement : &#171; Grande est la v&#233;rit&#233; mais, d'un point de vue pratique, plus grand encore est le silence &#224; propos de la v&#233;rit&#233;. Simplement par le fait de ne pas mentionner certains sujets (&#8230;), les propagandistes totalitaires ont influenc&#233; l'opinion bien plus efficacement qu'ils n'auraient pu le faire en recourant aux d&#233;nonciations les plus &#233;loquentes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 f&#233;vrier, &#224; Gen&#232;ve, le ministre russe des Affaires &#233;trang&#232;res, Sergue&#239; Lavrov, a tent&#233; de transmettre aux journalistes ses graves inqui&#233;tudes &#224; propos de la fa&#231;on dont les &#201;tats-Unis traitaient le probl&#232;me du Kosovo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous parlons ici de la subversion &#224; l'encontre de tous les fondements et principes des lois internationales qui, en tant que piliers de l'existence de l'Europe, ont &#233;t&#233; obtenues et instaur&#233;es au prix d'&#233;normes efforts et dans la douleur, le sacrifice et le sang &#187;, a dit le ministre russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Personne ne peut proposer de plan pr&#233;cis ou d'action dans le cas d'une r&#233;action en cha&#238;ne [celles des futures d&#233;clarations d'ind&#233;pendance unilat&#233;rale]. Il s'av&#232;re qu'ils [les &#201;tats-Unis et leurs alli&#233;s de l'Otan] ont l'intention d'agir d'une fa&#231;on d&#233;sinvolte dans une question d'une importance primordiale. C'est tout simplement inadmissible et irresponsable &#187;, a d&#233;clar&#233; le diplomate russe. &#171; Sinc&#232;rement, je ne parviens pas &#224; comprendre les principes qui guident nos coll&#232;gues am&#233;ricains, ni ces Europ&#233;ens qui ont adopt&#233; cette position &#187;, a-t-il encore ajout&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger Cohen &#233;vacue de telles consid&#233;rations en quelques mots : &#171; L'ours russe va gronder. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie, ajoute-t-il, &#171; va pousser les hauts cris. Mais elle a mis&#233; sur le mauvais cheval. &#187; Il n'y a pas de questions graves, ici, pas de principes. Rien que des grondements et le jeu. &#171; Milosevic a jet&#233; les d&#233;s du nationalisme g&#233;nocidaire et il a perdu &#187;, &#233;crit Cohen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation n'est pas seulement fausse, c'est une m&#233;taphore grotesque. Milosevic a tent&#233; de supprimer un mouvement s&#233;cessionniste arm&#233;, soutenu en secret mais de fa&#231;on efficace par l'Albanie voisine, les &#201;tats-Unis et l'Allemagne, qui a d&#233;lib&#233;r&#233;ment provoqu&#233; la r&#233;pression en assassinant et des Serbes et des Albanais fid&#232;les au gouvernement. &#192; l'instar des Am&#233;ricains dans pareilles circonstances, Milosevic s'est trop fi&#233; &#224; la sup&#233;riorit&#233; militaire en n&#233;gligeant la finesse politique. Mais m&#234;me le Tribunal p&#233;nal international de la Haye pour l'ancienne Yougoslavie, sponsoris&#233; par l'Otan, a d&#251; abandonner toutes les accusations de &#171; g&#233;nocide &#187; contre Milosevic au Kosovo, pour la simple raison qu'il n'y a jamais eu l'ombre d'une preuve pour &#233;tayer ce genre d'accusations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milosevic n'est plus de ce monde et la Russie est tr&#232;s &#233;loign&#233;e. Mais que dire des Serbes qui vivent toujours dans la partie historique de la Serbie appel&#233;e Kosovo ? Cohen se charge de ce probl&#232;me en quelques mots : &#171; Bon nombre des 120.000 Serbes au Kosovo peuvent plier bagages. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le faisait remarquer Aldous Huxley, &#171; le but du propagandiste est de faire oublier &#224; un groupe de personnes que certains autres groupes de personnes sont des &#234;tres humains &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, apr&#232;s cela, vous pouvez leur dire de plier bagages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cas &#171; unique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie a mis en garde contre le fait que l'ind&#233;pendance du Kosovo allait cr&#233;er un pr&#233;c&#233;dent dangereux en encourageant d'autres minorit&#233;s ethniques &#224; suivre l'exemple des Albanais et &#224; r&#233;clamer la s&#233;cession et un &#201;tat ind&#233;pendant. Les &#201;tats-Unis ont fait fi de ces inqui&#233;tudes en affirmant tout net que le Kosovo &#233;tait un cas &#171; unique &#187;. Eh bien, oui, le Kosovo est un cas unique et c'est m&#234;me le seul reconnu par les &#201;tats-Unis, jusqu'au moment o&#249; le prochain &#171; cas unique &#187; se pr&#233;sentera. Lorsqu'on a mis au rebut les crit&#232;res du droit international, on n'est plus confront&#233; qu'&#224; des &#171; cas uniques &#187;, les uns apr&#232;s les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; unicit&#233; &#187; mise en exergue par les &#201;tats-Unis n'est rien d'autre qu'un montage de propagande. Elle repose sur la pr&#233;tendue &#171; unicit&#233; &#187; de la r&#233;pression par Milosevic du mouvement s&#233;cessionniste arm&#233; qui, en fait, n'avait absolument rien d'unique. Il s'agissait de la proc&#233;dure &#224; suivre habituelle tout au long de l'histoire et partout dans le monde, dans de telles circonstances. D&#233;plorable, certes, mais pas unique. Elle fut m&#234;me mineure si on la compare aux op&#233;rations de contre-insurrection interminables et bien plus sanglantes poursuivies en Colombie, au Sri Lanka et en Tch&#233;tch&#233;nie, sans parler de l'Irlande du Nord, de la Tha&#239;lande ou des Philippines. Et, au contraire des op&#233;rations anti-insurrectionnelles en Iraq et en Afghanistan, qui tuent incomparablement plus de civils, elle a &#233;t&#233; men&#233;e par le gouvernement l&#233;gal, d&#233;mocratiquement &#233;lu du pays, et non par une puissance &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce caract&#232;re &#171; unique &#187; est une abstraction de propagande. Comme tout endroit du monde, le Kosovo est en effet unique. Mais pour des raisons qui n'ont rien &#224; voir avec le pr&#233;texte avanc&#233; par les Am&#233;ricains pour s'en emparer et le transformer en un poste avanc&#233; de l'Empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour savoir ce qui rend un endroit unique, il faut s'y int&#233;resser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me suis plus rendue au Kosovo depuis la guerre de l'Otan, en 1999. En une occasion, en ao&#251;t 1997, j'ai parcouru la province &#224; mes propres frais, dans une Skoda d&#233;faillante, juste pour voir. Parcourir le Kosovo en voiture &#233;tait quelque peu risqu&#233;, en partie &#224; cause du nombre de chiens morts qui encombraient les routes et, surtout, &#224; cause de la sale habitude des conducteurs locaux qui consistait &#224; d&#233;passer les v&#233;hicules plus lents dans les c&#244;tes et dans les virages. Dans le nord du Kosovo, juste &#224; la sortie de la ville de Zubin Potok, cette manie se solda par l'une de ses in&#233;vitables cons&#233;quences : une collision frontale &#8211; avec des bless&#233;s graves &#8211; qui bloqua l'autoroute &#224; deux bandes durant des heures pendant que les ambulances et la police tentaient de rem&#233;dier &#224; la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'impossibilit&#233; de poursuivre ma route vers Pristina, je retournai &#224; Zubin Potok pour tuer le temps &#224; la terrasse ombrag&#233;e d'un restaurant du bord de route. J'&#233;tais la seule cliente et l'unique gar&#231;on, un grand et &#233;l&#233;gant jeune homme appel&#233; Milomir, accepta avec plaisir mon invitation &#224; s'asseoir et &#224; bavarder pendant que je sirotais un verre apr&#232;s l'autre d'un d&#233;licieux jus de fraise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milomir &#233;tait heureux de bavarder avec quelqu'un qui connaissait bien la ville fran&#231;aise de Metz, qu'il avait visit&#233;e lorsqu'il &#233;tait &#233;tudiant et dont il se souvenait non sans tendresse. Il aimait lire et voyager mais, en 1991, il s'&#233;tait mari&#233; et avait d&#233;sormais deux petites filles &#224; &#233;lever. Les perspectives d'emploi &#233;taient restreintes, m&#234;me s'il &#233;tait all&#233; &#224; l'universit&#233;, de sorte qu'il n'avait d'autre choix que de rester &#224; Zubin Potok. Quant &#224; l'Europe, m&#234;me s'il parvenait &#224; obtenir un visa (ce qui &#233;tait de toute fa&#231;on impossible pour les Serbes), il ne parlait pas de langue plus occidentale que sa langue maternelle, le serbo-croate. Il avait &#233;tudi&#233; le russe (il aimait la litt&#233;rature russe) et l'albanais comme seules langues &#233;trang&#232;res. Il avait &#233;tudi&#233; l'albanais afin d'&#234;tre en mesure de communiquer avec la majorit&#233; des habitants du Kosovo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette communication &#233;tait malais&#233;e. Milomir &#233;tait tr&#232;s partisan d'une soci&#233;t&#233; bilingue et estimait que tout le monde au Kosovo devait apprendre et le serbe et l'albanais, ce qui n'&#233;tait pas le cas, malheureusement. La toute jeune g&#233;n&#233;ration des Albanais refusait d'apprendre le serbe, lui pr&#233;f&#233;rant l'anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville de Zubin Potok &#233;tait situ&#233;e &#224; proximit&#233; du barrage construit sur la rivi&#232;re Ibar, &#224; la fin des ann&#233;es 1970, afin de cr&#233;er de l'&#233;nergie hydraulique. Je venais de Novi Pazar et j'avais long&#233; le lac artificiel cr&#233;&#233; par le barrage et long de 35 km, en cherchant en vain un endroit agr&#233;able pour m'arr&#234;ter. Il me semblait qu'il aurait d&#251; y avoir des villages le long de l'Ibar, avant la construction du barrage, et je demandai &#224; Milomir des informations &#224; ce sujet. Oui, me dit-il, le lac artificiel avait inond&#233; une vingtaine d'anciens villages dont la population &#233;tait ethniquement m&#233;lang&#233;e, mais &#224; majorit&#233; serbe. Les autorit&#233;s communistes albanaises de Pristina avaient r&#233;install&#233; les Serbes en dehors du Kosovo, autour de la ville de Kraljevo. Ils &#233;taient environ dix mille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agissait d'un petit exemple des mesures administratives prises pour r&#233;duire la population serbe durant la p&#233;riode d'avant Milosevic, lorsque les Albanais dirigeaient la province par le biais de la Ligue communiste locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milomir ne se plaignait pas mais r&#233;pondait tout simplement &#224; mes questions. Il ne se rendait pas trop souvent (en prenant le bus, puisqu'il n'avait pas de voiture) dans la ville importante la plus proche, Mitrovica, par crainte de se faire tabasser par des Albanais. Cela faisait tout simplement partie de l'existence, &#224; une &#233;poque o&#249;, selon les m&#233;dias occidentaux, les Albanais du Kosovo &#233;taient terroris&#233;s par la r&#233;pression serbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous bavardions, un ami &#224; lui se pointa et la conversation d&#233;via sur la politique. Une campagne pr&#233;sidentielle &#233;tait en cours. Les deux jeunes hommes voulurent savoir quel candidat j'estimais comme le meilleur pour la Serbie, aux yeux du monde. Milomir penchait pour Vuk Draskovic et son ami pour Vojislav Kostunica. Aucun n'aurait imagin&#233; de voter pour Milosevic ou Seselj, le dirigeant nationaliste du Parti radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zubin Potok aujourd'hui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai aucune id&#233;e de ce que sont devenus Milomir, sa femme, ses deux filles ou encore son ami. Zubin Potok est la municipalit&#233; la plus &#224; l'ouest du nord du Kosovo, &#224; forte population serbe. Sur Internet, j'ai appris que la population de la municipalit&#233; de Zubin Potok (y compris les villages avoisinants) avait presque doubl&#233; depuis mon passage. Elle avoisine actuellement les 14.900 habitants, y compris les 3.000 Serbes d&#233;plac&#233;s internes (originaires d'autres r&#233;gions du Kosovo, d'o&#249; la majorit&#233; albanaise les a chass&#233;s depuis l'arriv&#233;e de l'Otan), 220 r&#233;fugi&#233;s serbes provenant de Croatie et 800 Albanais. L'assembl&#233;e locale est domin&#233;e &#224; une majorit&#233; &#233;crasante par le Parti d&#233;mocratique de Serbie, de Kostunica, mais elle comprend &#233;galement deux repr&#233;sentants des Albanais du Kosovo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les &#233;coles, les h&#244;pitaux et les autres services publics, de m&#234;me que l'&#233;conomie locale, ont continu&#233; &#224; fonctionner gr&#226;ce en grande partie aux subsides de Belgrade. La d&#233;claration albanaise de l'ind&#233;pendance du Kosovo va cr&#233;er une crise en exigeant qu'il soit mis un terme &#224; l'octroi vital de ces subsides, bien qu'un &#171; Kosovo ind&#233;pendant &#187; soit incapable de les remplacer. De plus, des groupes de nationalistes albanais d&#233;clarent que Zubin Potok &#171; est albanais &#187; et qu'il doit &#234;tre &#171; lib&#233;r&#233; des Serbes &#187;. On peut les voir sur You Tube, utilisant la statue de la Libert&#233; comme symbole et mena&#231;ant les Serbes dans des musiques de rap en albanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne va intervenir pour apporter la loi et l'ordre. Mais l'&#171; ordre &#187; qu'elle pr&#233;tend prot&#233;ger est celui-l&#224; m&#234;me que d&#233;finissent les nationalistes albanais. Qu'est-ce que cela peut vouloir dire pour des gens comme Milomir et sa petite famille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Roger Cohen, la r&#233;ponse est facile : &#171; Pliez bagages ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Serbie, quoi qu'il en soit, h&#233;berge d&#233;j&#224; le nombre le plus important de r&#233;fugi&#233;s en Europe, les victimes des &#171; &#233;purations ethniques &#187; en Croatie et au Kosovo. Et les Serbes ne peuvent obtenir de visas ni de statuts de r&#233;fugi&#233;s en Europe occidentale. On les a &#233;tiquet&#233;s comme &#171; mauvais sujets &#187;. Seuls leurs ennemis peuvent &#234;tre des &#171; victimes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant et apr&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la guerre et l'occupation par l'Otan, le Kosovo &#233;tait pourtant une soci&#233;t&#233; multiethnique. L'accusation d'&#171; apartheid &#187; &#233;tait tout simplement un &#233;l&#233;ment de la propagande albanaise, puisque les dirigeants nationalistes albanais avaient choisi d'utiliser ce terme lourd de sens pour d&#233;crire leur propre boycott des Serbes et des institutions serbes. Toute action de la police contre un Albanais et pour quelque raison que ce f&#251;t, qu'il se f&#251;t agi d'une r&#233;bellion arm&#233;e et d'un d&#233;lit ordinaire, &#233;tait d&#233;crite comme une &#171; violation des droits de l'homme &#187; par le r&#233;seau albanais des droits de l'homme, financ&#233; par le gouvernement des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une situation extraordinaire : les gouvernements serbe et yougoslave permettaient &#224; un &#171; gouvernement du Kosovo &#187;, s&#233;paratiste et ill&#233;gal, dirig&#233; par Ibrahim Rugova, de tenir boutique dans le centre de Pristina et de recevoir r&#233;guli&#232;rement des journalistes &#233;trangers pour les r&#233;galer de racontars sur la fa&#231;on dont le Kosovo &#233;tait opprim&#233; par ces horribles Serbes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les lois &#233;taient les m&#234;mes pour tous les citoyens, il y avait des Albanais au sein du gouvernement local et dans la police et, s'il y avait des cas de brutalit&#233;s polici&#232;res (et dans quel pays n'y en a-t-il pas ?), les Albanais au moins n'avaient rien &#224; craindre de leurs voisins serbes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me &#224; cette &#233;poque, c'&#233;taient les Serbes qui avaient peur des Albanais. Il fallait &#234;tre hors du Kosovo pour croire s&#233;rieusement que c'&#233;taient les Albanais qui vivaient sous la menace d'une &#171; &#233;puration ethnique &#187; (encore moins d'un &#171; g&#233;nocide &#187;). Un tel projet &#233;tait tout simplement et manifestement hors de propos. C'&#233;taient les Serbes qui avaient peur, qui parlaient d'envoyer leurs gosses dans des endroits s&#251;rs, en admettant qu'ils en eussent les moyens, ou qui envisageaient courageusement de rester, &#171; quoi qu'il adv&#238;nt &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, en mars 1999, lorsque l'Otan se mit &#224; bombarder le Kosovo, les Albanais fuirent par centaines de milliers et leur fuite temporaire du th&#233;&#226;tre de la guerre fut pr&#233;sent&#233;e comme la justification des bombardements qui l'avaient provoqu&#233;e. La presse ne se soucia pas le moins du monde de parler des Serbes et des autres qui avaient &#233;galement fui les bombardements, &#224; cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Kosovo, en 1987, et en particulier &#224; Pristina et Pec, j'observai un comportement de groupe curieux que je ne me souviens d'avoir vu que dans les cours de r&#233;cr&#233;ation des &#233;coles du Maryland de mon enfance. Une bande de gosses se rassemblent et, &#224; l'aide de signes divers et d'un minimum de mots, font savoir &#224; d'autres, de l'ext&#233;rieur, qu'ils sont exclus et m&#233;pris&#233;s. J'ai vu des Albanais agir de la sorte avec des Serbes isol&#233;s, et sp&#233;cialement avec des femmes &#226;g&#233;es. Cette vari&#233;t&#233; de brimade se pratiquait sans violence, en 1987, mais ce ne fut plus le cas d&#232;s l'occupation du territoire par l'Otan. Elle fut encourag&#233;e lorsque l'Otan scella officiellement son approbation de la haine des Albanais &#224; l'&#233;gard des Serbes, et cette officialisation, ce furent pr&#233;cis&#233;ment les bombes de l'Otan qui la fournirent au printemps 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il a d&#251; y avoir des Serbes qui ha&#239;ssaient les Albanais. Mais, dans mon exp&#233;rience limit&#233;e et due au hasard, ce qui me frappa, ce fut l'absence de haine des Albanais chez les Serbes que je rencontrai. De la crainte, oui, mais pas de la haine. Et une bonne part de perplexit&#233;. S&#339;ur Fotina, au monast&#232;re de Gracanica, avait une explication tr&#232;s chr&#233;tienne de la chose. Nous tentions d'aider les Albanais &#224; s'occuper de leurs nombreux enfants, dit-elle, et pourtant ils se retournent contre nous. Ce doit &#234;tre la mani&#232;re dont Dieu nous punit pour nous &#234;tre d&#233;tourn&#233;s du christianisme &#224; l'&#233;poque du communisme, conclut-elle. Elle bl&#226;mait ses concitoyens serbes plut&#244;t que les Albanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ch&#226;timent divin ne s'est pas limit&#233; aux chr&#233;tiens, toutefois. Dans le coin le plus m&#233;ridional du Kosovo vit une ancienne population appel&#233;e les Gorani (&#171; les montagnards &#187;), qui se sont convertis &#224; l'islam sous l'Empire ottoman, comme la plupart des Albanais, d'ailleurs. Mais leur langue est serbe et, pour les Albanais, c'est inacceptable. Les estimations varient mais on est d'accord pour dire qu'au moins deux tiers des Gorani ont fui depuis la &#171; lib&#233;ration &#187; du Kosovo par l'Otan. Les pressions et les intimidations ont rev&#234;tu des formes diverses. Des Albanais se sont install&#233;s dans les maisons temporairement vacantes de Gorani qui se sont rendus en Autriche et en Allemagne afin de gagner l'argent qui assurerait leur retraite. Les autorit&#233;s albanaises, prot&#233;g&#233;es par l'Otan, ont invent&#233; des moyens de priver les enfants gorani d'un enseignement en langue serbe. Dans la principale ville gorani de Dragash, une bande d'Albanais a attaqu&#233; le centre de soins de sant&#233; et a oblig&#233; les travailleurs m&#233;dicaux &#224; s'enfuir. Puis, le 5 janvier dernier, une puissante explosion a d&#233;truit la banque de Dragash. C'&#233;tait la derni&#232;re banque serbe encore autoris&#233;e &#224; op&#233;rer dans le sud du Kosovo et elle servait surtout &#224; transf&#233;rer les pensions permettant aux Gorani de l'endroit de survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d'habitude, le crime est demeur&#233; impuni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre dernier, David Binder, qui &#233;crivait sur la Yougoslavie pour le New York Times, avant de se faire &#233;jecter parce qu'il en savait trop, a fait un article (*) sur une longue enqu&#234;te commandit&#233;e par la Bundeswehr (arm&#233;e) allemande sur les conditions au Kosovo. L'existence de ce rapport prouve que, tout en pr&#233;tendant publiquement que le Kosovo est &#171; pr&#234;t pour l'ind&#233;pendance &#187;, les gouvernements occidentaux savent tr&#232;s bien que ce n'est pas le cas. Entre autres choses, Binder &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les auteurs officiels, Mathias Jopp et Sammi Sandawi, ont pass&#233; six mois &#224; interviewer 70 experts et &#224; piocher la litt&#233;rature actuellement disponible sur le Kosovo pour pr&#233;parer leur &#233;tude. Selon leur analyse, les troubles politiques et les combats de gu&#233;rilla des ann&#233;es 1990 ont d&#233;bouch&#233; sur des changements fondamentaux qu'ils appellent un 'revirement dans les structures sociales des Albanais du Kosovo'. Il en est sorti une 'soci&#233;t&#233; de guerre civile dans lequelle les gens enclins &#224; la violence, sans grande &#233;ducation et ais&#233;ment influen&#231;ables, ont pu faire d'&#233;normes bonds sociaux au sein d'une soldatesque rapidement mise sur pied. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une soci&#233;t&#233; mafieuse &#187; reposant sur &#171; la mainmise sur l'&#201;tat &#187; par des &#233;l&#233;ments criminels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la d&#233;finition des auteurs, le crime organis&#233; au Kosovo &#171; consiste en des organisations b&#226;ties &#224; coups de paquets de millions d'euros et dot&#233;es d'une exp&#233;rience de la gu&#233;rilla et d'un savoir-faire sur le plan de l'espionnage &#187;. Ils citent un rapport des services de renseignements allemands faisant &#233;tat des &#171; liens tr&#232;s &#233;troits entre les d&#233;cideurs politiques de pointe et la classe criminelle dirigeante &#187; et ils citent Ramush Haradinaj, Hashim Thaci et Xhavit Haliti en tant que dirigeants compromis &#171; prot&#233;g&#233;s sur le plan interne par l'immunit&#233; parlementaire et &#224; l'&#233;tranger par les l&#233;gislations internationales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils citent non sans m&#233;pris le chef de l'UNMIK de 2004 &#224; 2006, S&#248;ren Jessen-Petersen, parlant de Haradinaj comme d'un &#171; ami proche et personnel &#187;. L'&#233;tude critique s&#233;v&#232;rement les &#201;tats-Unis parce qu'ils &#171; encouragent l'&#233;vasion de criminels &#187; au Kosovo et qu'ils &#171; emp&#234;chent les enqu&#234;teurs europ&#233;ens de travailler &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fait &#233;galement &#233;tat des &#171; centres de d&#233;tention secrets de la CIA &#187; &#224; Camp Bondsteel et d&#233;nonce l'entra&#238;nement militaire &#224; l'am&#233;ricaine que Dyncorp fait subir &#224; la police (albanaise) du Kosovo, avec l'autorisation du Pentagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une note annexe, elle cite un officiel non identifi&#233; qui aurait dit du chef adjoint (am&#233;ricain) de l'UNMIK : &#171; La t&#226;che principale de Steve Schook consiste &#224; se so&#251;ler une fois par semaine avec Ramusj Haradinaj. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui s'en va et qui reste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schook a &#233;t&#233; vir&#233; par l'UNMIK, la mission des Nations unies, dont les t&#226;ches vont toutefois &#234;tre reprises arbitrairement par l'Union europ&#233;enne. La &#171; mission &#187; de l'UE consiste en une sorte de gouvernement colonial qui, en compagnie de l'Otan, pr&#233;voit de gouverner un territoire albanais en fait ingouvernable. Toutefois, des mouvements de patriotes albanais arm&#233;s pr&#233;parent d&#233;j&#224; leur prochaine &#171; guerre de lib&#233;ration &#187; contre les Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s les Serbes, les Rom, les Gorani, les Europ&#233;ens vont-ils &#234;tre oblig&#233;s, eux aussi, de &#171; plier bagages &#187; ? Seuls les Am&#233;ricains semblent s&#251;rs de rester. Confortement install&#233;s dans leur gigantesque &#171; Camp Bondsteel &#187;, ils contr&#244;lent les routes strat&#233;giques de la Serbie &#224; la Gr&#232;ce et, incidemment, proposent &#224; la masse des Albanais sans travail du Kosovo des opportunit&#233;s d'emploi, notamment, des t&#226;ches subalternes et dangereuses au service des forces am&#233;ricaines en Irak ou en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; de cette mainmise &#233;hont&#233;e sur un territoire est &#224; la port&#233;e de tout le monde. J'ai &#233;crit sur le sujet, Binder l'a fait, Szamuely l'a fait et bien des Allemands l'ont fait &#233;galement. Les Russes, les Grecs, les Roumains, les Slovaques et bien d'autres savent aussi de quoi il retourne. Mais, dans ce meilleur des mondes tel qu'il est propos&#233; par le nouvel ordre mondial, cette r&#233;alit&#233; n'existe pas. Les gens ne savent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je laisse le dernier mot &#224; Aldous Huxley :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tr&#232;s souvent, il est possible de venir &#224; bout de l'ignorance. Nous ne savons pas, parce que nous ne voulons pas savoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(* On peut lire le compte rendu de Binder sur &lt;a href=&#034;http://www.balkanalysis.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.balkanalysis.com/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diana Johnstone est l'auteur de &#034;La croisade des fous : la Yougoslavie, premi&#232;re guerre de la mondialisation&#034;, Le Temps des Cerises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Counterpunch, 18/02/2008&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.counterpunch.org/johnsto..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.counterpunch.org/johnsto..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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