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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Les dessous de la crise</title>
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		<dc:date>2008-03-16T18:21:16Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Michael PARENTI </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'histoire du Christianisme, celle du Juda&#239;sme, celle de l'Hindouisme et celle de l'Islam sont fortement marqu&#233;es par la violence. A travers les &#226;ges, les religieux ont toujours invoqu&#233; un mandat divin pour massacrer des infid&#232;les, des h&#233;r&#233;tiques, et m&#234;me d'autres d&#233;vots au sein de leurs propres rangs. Certaines personnes soutiennent que le Bouddhisme est diff&#233;rent, qu'il se distingue nettement de la violence chronique des autres religions. Certes, pour certains praticiens &#224; l'Ouest, le Bouddhisme est plus une discipline spirituelle et psychologique qu'une th&#233;ologie au sens habituel. Il offre des techniques m&#233;ditatives cens&#233;es promouvoir la lumi&#232;re et l'harmonie en soi. Mais &#224; l'instar de n'importe quel autre syst&#232;me de croyance, le Bouddhisme ne doit pas &#234;tre appr&#233;hend&#233; uniquement par ses enseignements, mais aussi en fonction du comportement effectif de ses partisans. Le bouddhisme est-il une exception ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'histoire du Christianisme, celle du Juda&#239;sme, celle de l'Hindouisme et celle de l'Islam sont fortement marqu&#233;es par la violence. A travers les &#226;ges, les religieux ont toujours invoqu&#233; un mandat divin pour massacrer des infid&#232;les, des h&#233;r&#233;tiques, et m&#234;me d'autres d&#233;vots au sein de leurs propres rangs. Certaines personnes soutiennent que le Bouddhisme est diff&#233;rent, qu'il se distingue nettement de la violence chronique des autres religions. Certes, pour certains praticiens &#224; l'Ouest, le Bouddhisme est plus une discipline spirituelle et psychologique qu'une th&#233;ologie au sens habituel. Il offre des techniques m&#233;ditatives cens&#233;es promouvoir la lumi&#232;re et l'harmonie en soi. Mais &#224; l'instar de n'importe quel autre syst&#232;me de croyance, le Bouddhisme ne doit pas &#234;tre appr&#233;hend&#233; uniquement par ses enseignements, mais aussi en fonction du comportement effectif de ses partisans. Le bouddhisme est-il une exception ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un regard sur l'histoire r&#233;v&#232;le que les organisations bouddhistes ne se sont pas abstenues d'actes violents si caract&#233;ristiques aux groupes religieux. Au Tibet, du d&#233;but du dix-septi&#232;me si&#232;cle jusqu'au sein du dix-huiti&#232;me si&#232;cle, des sectes bouddhistes rivales se sont livr&#233;es &#224; des affrontements arm&#233;s et &#224; des ex&#233;cutions sommaires. (1) Au vingti&#232;me si&#232;cle, en Tha&#239;lande, en Birmanie, en Cor&#233;e, au Japon, et ailleurs, des Bouddhistes se sont battus aussi bien entre eux qu'avec des non-bouddhistes. Au Sri Lanka, des batailles rang&#233;es au nom du Bouddhisme font partie de l'histoire cingalaise. (2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a juste quelques ann&#233;es en Cor&#233;e du Sud, des milliers de moines de l'ordre bouddhiste Chogye se sont battus entre eux &#224; grand renfort de coup de poings, de pierres, de bombes incendiaires et de gourdins, dans des batailles rang&#233;es qui ont dur&#233; plusieurs semaines. Ils rivalisaient pour le contr&#244;le de l'ordre, le plus grand en Cor&#233;e du Sud, avec un budget annuel de 9,2 millions de dollars, auquel il faut ajouter des millions de dollars en biens immobiliers ainsi que le privil&#232;ge d'appointer 1.700 moines &#224; des devoirs divers. Les bagarres ont en partie d&#233;truit les principaux sanctuaires bouddhistes et ont fait des dizaines de bless&#233;s parmi les moines, dont certains s&#233;rieusement. Le public cor&#233;en manifesta son d&#233;dain envers les deux camps, estimant que quelque soit la clique de moines qui prendrait le contr&#244;le, &#034;elle utiliserait les dons des fid&#232;les pour acqu&#233;rir des maisons luxueuses et des voitures on&#233;reuses&#034;. (3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'en &#233;tait-il du Dala&#239;-lama et du Tibet qu'il a pr&#233;sid&#233; avant l'intervention chinoise en 1959 ? Il est largement r&#233;pandu par beaucoup de d&#233;vots bouddhistes que l'ancien Tibet &#233;tait un royaume consacr&#233; &#224; la spiritualit&#233;, exempt de styles de vie &#233;go&#239;stes, de mat&#233;rialisme vide et de vices corrupteurs qui infestent la soci&#233;t&#233; industrialis&#233;e moderne. Les mass media occidentaux, les livres de voyage, les romans et les films Hollywoodiens ont d&#233;peint la th&#233;ocratie tib&#233;taine comme un v&#233;ritable Shangri-La (paradis terrestre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Dala&#239;-lama, lui-m&#234;me, a affirm&#233; que &#034;l'influence p&#233;n&#233;trante du Bouddhisme&#034; au Tibet, &#034;au milieu des espaces grand ouverts d'un environnement non corrompu a eu pour effet de produire une soci&#233;t&#233; consacr&#233;e &#224; la paix et &#224; l'harmonie. Nous jouissions de la libert&#233; et du contentement.&#034; (4) Une lecture de l'histoire du Tibet sugg&#232;re une image diff&#233;rente. Au treizi&#232;me si&#232;cle, l'Empereur Kublai Khan a cr&#233;&#233; le premier Grand Lama, qui devait pr&#233;sider tous les autres lamas &#224; l'instar d'un pape qui pr&#233;side ses &#233;v&#234;ques. Plusieurs si&#232;cles plus tard, l'Empereur de Chine a envoy&#233; une arm&#233;e au Tibet pour soutenir le Grand Lama, un homme ambitieux de 25 ans, qui s'est alors donn&#233; le titre de Dala&#239; (Oc&#233;an) lama, dirigeant de tout le Tibet. C'est tout &#224; fait une ironie de l'histoire : le premier Dala&#239;-lama a &#233;t&#233; install&#233; par une arm&#233;e chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;lever son autorit&#233;, le premier Dala&#239;-lama saisit les monast&#232;res qui n'appartenaient pas &#224; sa secte et aurait d&#233;truit les &#233;critures bouddhistes qui &#233;taient en d&#233;saccord avec sa revendication &#224; la divinit&#233;. Le Dala&#239;-lama qui lui a succ&#233;d&#233; a poursuivi une vie sybaritique, jouissant de la compagnie de beaucoup de ma&#238;tresses, faisant la f&#234;te avec des amis, et agissant entre autres fa&#231;ons consid&#233;r&#233;es inconvenantes pour une divinit&#233; incarn&#233;e. Pour cela, il fut &#233;limin&#233; par ses pr&#234;tres. Durant 170 ans, malgr&#233; leur statut reconnu de dieu, cinq Dala&#239;-lama ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par leurs grands pr&#234;tres ou par d'autres courtisans. (5)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shangri-La (pour Seigneurs et Lamas)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les religions ont eu un rapport &#233;troit non seulement avec la violence mais aussi avec l'exploitation &#233;conomique. En effet, c'est souvent l'exploitation &#233;conomique qui n&#233;cessite la violence. Tel &#233;tait le cas avec la th&#233;ocratie tib&#233;taine. Jusque 1959, quand le Dala&#239;-lama a fini de pr&#233;sider le Tibet, la plupart de la terre arable &#233;tait toujours organis&#233;e en domaines seigneuriaux travaill&#233;s par des serfs. M&#234;me un auteur sympathisant du vieil ordre admet que &#034;bon nombre de domaines ont appartenu aux monast&#232;res et la plupart d'entre eux ont amass&#233; d'immenses richesses.... De plus, certains moines et lamas individuellement ont pu accumuler une grande richesse par la participation active dans le commerce et le pr&#234;t d'argent.&#034; (6) Le monast&#232;re de Drepung &#233;tait un des plus grands propri&#233;taires terriens dans le monde, avec ses 185 manoirs, 25.000 serfs, 300 grands p&#226;turages et 16.000 bergers. La richesse des monast&#232;res est all&#233;e aux lamas ayant le grade le plus &#233;lev&#233;, beaucoup d'entre eux &#233;tant les rejetons de familles aristocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les leaders s&#233;culiers firent aussi bien. Un exemple notable &#233;tait le commandant en chef de l'arm&#233;e tib&#233;taine, qui poss&#233;dait 4.000 kilom&#232;tres carr&#233;s de terre et 3.500 serfs. Il &#233;tait aussi un membre du Cabinet intime du Dala&#239;-lama.7 Le vieux Tibet a &#233;t&#233; faussement repr&#233;sent&#233; par certains de ses admirateurs Occidentaux comme &#034;une nation qui n'a exig&#233; aucune police parce que ses gens ont volontairement observ&#233; les lois du karma.&#034; (8) En fait, il avait une arm&#233;e professionnelle, bien que petite, qui a servi comme une gendarmerie en faveur des propri&#233;taires pour maintenir l'ordre et traquer des serfs fugitifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De jeunes gar&#231;ons tib&#233;tains ont &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement enlev&#233;s &#224; leurs familles et emmen&#233;s dans les monast&#232;res pour &#234;tre form&#233;s comme moines. Une fois l&#224;, ils &#233;taient intern&#233;s &#224; vie. Tash&#236;-Tsering, un moine, rapporte qu'il &#233;tait courant que des enfants de paysans soient sexuellement maltrait&#233;s dans les monast&#232;res. Lui-m&#234;me &#233;tait une victime de viol r&#233;p&#233;t&#233; &#224; partir de l'&#226;ge de neuf ans. (9) Les domaines monastiques enr&#244;l&#232;rent de force des enfants de paysans aux fins de servitude perp&#233;tuelle comme domestiques, danseurs et soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le vieux Tibet, il y avait un petit nombre de fermiers qui subsistaient comme une sorte de paysannerie libre, et, peut-&#234;tre, en plus, 10.000 personnes qui composaient la classe moyenne constitu&#233;e des familles de marchands, de commer&#231;ants et de petits n&#233;gociants. Des milliers d'autres &#233;taient des mendiants. Une petite minorit&#233; &#233;tait des esclaves, la plupart du temps des domestiques qui ne poss&#233;daient rien. Leur descendance naissait dans l'esclavage. (10) La plus grande partie de la population rurale - environ 700.000 sur une population totale &#233;valu&#233;e &#224; 1.250.000 - &#233;tait des serfs. Les serfs et d'autres paysans vivaient g&#233;n&#233;ralement un peu mieux que les esclaves. Ils n'avaient pas de scolarit&#233; ni de soins m&#233;dicaux. Ils passaient la plupart de leur temps &#224; peiner pour les lamas de haut rang, ou pour une aristocratie fonci&#232;re s&#233;culi&#232;re. Leurs ma&#238;tres leur disaient quelle culture produire et quels animaux &#233;lever. Ils ne pouvaient pas se marier sans le consentement de leur seigneur ou lama. Et ils pouvaient facilement &#234;tre s&#233;par&#233; de leur famille s'il plaisait au propri&#233;taire de les envoyer travailler dans un endroit &#233;loign&#233;. (11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une femme de 22 ans, elle-m&#234;me une serve fugitive rapporte : &#034;De jolies filles de serfs &#233;taient habituellement emmen&#233;es par le propri&#233;taire comme domestiques de maison et utilis&#233;es comme il le souhaitait&#034;. Elles &#034;&#233;taient juste des esclaves sans droits&#034;. (12) Les serfs devaient avoir une permission pour tous leurs d&#233;placements. Les propri&#233;taires terriens avaient l'autorit&#233; l&#233;gale pour capturer ceux qui essayaient de fuir. Un serf fugitif de 24 ans a accueilli l'intervention chinoise comme &#034;une lib&#233;ration&#034;. Il affirmait que pendant le temps o&#249; il &#233;tait un serf, il &#233;tait soumis &#224; un travail dur incessant, &#224; la faim et au froid, incapable de lire ou d'&#233;crire et ne sachant rien du tout. Apr&#232;s sa troisi&#232;me tentative de fuite rat&#233;e, il f&#251;t impitoyablement battu par les hommes du propri&#233;taire terrien jusqu'&#224; ce que le sang lui coule du nez et de la bouche ; puis, ils ont vers&#233; de l'alcool et de la soude caustique sur les blessures pour augmenter la douleur. (13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les serfs &#233;taient dans l'obligation de travailler &#224; vie la terre du seigneur - ou la terre du monast&#232;re - sans &#234;tre pay&#233;s, de r&#233;parer les maisons du seigneur, de transporter sa r&#233;colte et de rassembler son bois de chauffage. Ils &#233;taient aussi suppos&#233;s fournir les animaux de transport et le transport sur demande. (14) Ils &#233;taient tax&#233;s sur le mariage, tax&#233; sur la naissance de chaque enfant et sur chaque mort dans la famille. Ils &#233;taient tax&#233;s sur la plantation d'un nouvel arbre dans leur terrain et sur la possession d'animaux. Il y avait des imp&#244;ts pour les festivals religieux, pour le chant, la danse, le tambourinage et la sonnerie de cloche. Les gens &#233;taient tax&#233;s quand ils &#233;taient envoy&#233;s en prison et quand ils en sortaient. Ceux qui ne pouvaient pas trouver de travail &#233;taient tax&#233;s pour &#234;tre sans emploi et s'ils allaient dans un autre village &#224; la recherche de travail, ils devaient payer un imp&#244;t de passage. Quand les gens ne pouvaient pas payer, les monast&#232;res leur pr&#234;taient de l'argent &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t de 20 &#224; 50 pour cent. Certaines dettes &#233;taient pass&#233;es du p&#232;re au fils et au petit-fils. Les d&#233;biteurs qui ne pouvaient pas honorer leurs obligations risquaient d'&#234;tre r&#233;duits en esclavage, parfois pour le reste de leur vie. (15)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignements religieux de la th&#233;ocratie soutenaient cet ordre de classe. Le pauvre et l'afflig&#233; apprenaient qu'ils devaient supporter leurs ennuis &#224; cause de leurs mauvaises mani&#232;res dans des vies pr&#233;c&#233;dentes. Donc, ils devaient accepter la mis&#232;re de leur existence pr&#233;sente comme une r&#233;demption karmique et en pr&#233;vision de ce que leur sort s'am&#233;liorerait une fois r&#233;incarn&#233;. Le riche et le puissant, bien s&#251;r, consid&#233;raient leur bonne fortune comme une r&#233;compense, et une preuve tangible de leur vertu dans les vies pass&#233;es et pr&#233;sentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Torture et Mutilation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Tibet du Dala&#239;-lama, la torture et la mutilation - incluant l'&#233;nucl&#233;ation, l'arrachage de la langue, le sectionnement du tendon du jarret et l'amputation - &#233;taient des punitions favorites inflig&#233;es aux serfs fugitifs et aux voleurs. En voyageant &#224; travers le Tibet dans les ann&#233;es 1960, Stuart et Roma Gelder ont interview&#233; un ancien serf, Tsereh Wang Tuei, qui avait vol&#233; deux moutons appartenant &#224; un monast&#232;re. Pour cela, il a eu les yeux &#233;nucl&#233;&#233;s et la main mutil&#233;e afin de ne plus pouvoir l'utiliser. Il explique qu'il n'est plus un Bouddhiste : &#034;quand un saint lama leur a dit de m'aveugler, j'ai pens&#233; qu'il n'y avait rien de bon dans la religion&#034;. (16) Bien qu'il &#233;tait contraire aux enseignements bouddhistes de prendre la vie humaine, quelques contrevenants &#233;taient s&#233;v&#232;rement fouett&#233;s et ensuite &#034;abandonn&#233;s &#224; Dieu&#034; dans la nuit glaciale pour y mourir. &#034;Les parall&#232;les entre le Tibet et l'Europe m&#233;di&#233;vale sont saisissantes&#034;, conclut Tom Grunfeld dans son livre sur le Tibet. (17)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1959, Anna Louise Strong a visit&#233; une exposition d'&#233;quipement de torture qui avait &#233;t&#233; utilis&#233; par les suzerains tib&#233;tains. Il y avait des menottes de toutes les tailles, y compris de petites pour des enfants, et des instruments pour couper le nez et les oreilles, pour &#233;nucl&#233;er les yeux et pour briser les mains. Il y avait des instruments pour couper les rotules et les talons, ou paralyser les jambes. Il y avait des fers chauds, des fouets et des instruments sp&#233;ciaux pour &#233;visc&#233;rer. (18)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition a pr&#233;sent&#233; des photographies et les t&#233;moignages des victimes qui avaient &#233;t&#233; aveugl&#233;es ou estropi&#233;es ou subi des amputations pour raison de vol. Il y avait le berger dont le ma&#238;tre lui devait un remboursement en yuan et du bl&#233;, mais a refus&#233; de payer. Alors, il a pris une des vaches du ma&#238;tre ; pour cela, il eut les mains coup&#233;es. Un autre berger qui s'est oppos&#233; &#224; ce que sa femme lui soit prise par son seigneur a eu les mains broy&#233;es. Il y avait les images d'activistes communistes dont le nez et la l&#232;vre sup&#233;rieure ont &#233;t&#233; coup&#233;es et celles d'une femme qui a &#233;t&#233; viol&#233;e, et puis, dont le nez a &#233;t&#233; coup&#233; en tranches. (19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'anciens visiteurs du Tibet commentent le despotisme th&#233;ocratique. En 1895, un anglais, le docteur A. L. Waddell, a &#233;crit que la population &#233;tait sous la &#034;tyrannie intol&#233;rable de moines&#034; et les superstitions diaboliques qu'ils avaient fabriqu&#233;es pour terroriser les gens. En 1904, Perceval Landon a d&#233;crit l'autorit&#233; du Dala&#239;-lama comme &#034;une machine d'oppression&#034;. &#192; peu pr&#232;s au m&#234;me moment, un autre voyageur anglais, le Capitaine W.F.T. O'Connor, a observ&#233; que &#034;les grands propri&#233;taires terriens et les pr&#234;tres .. exercent chacun dans leur domaine respectif un pouvoir despotique sans aucun appel&#034;, tandis que les gens sont &#034;opprim&#233;s par une fabrique de pr&#234;tres et de monachisme des plus monstrueuses&#034;. Les dirigeants tib&#233;tains ont &#034;invent&#233; des l&#233;gendes d&#233;gradantes et ont stimul&#233; un esprit de superstition&#034; parmi le peuple. En 1937, un autre visiteur, Spencer Chapman, a &#233;crit, &#034;le moine lama&#239;ste ne passe pas son temps &#224; administrer les gens ou &#224; les &#233;duquer&#8230;. Le mendiant sur le bord de la route n'est rien pour le moine. La connaissance est la pr&#233;rogative jalousement gard&#233;e des monast&#232;res et est utilis&#233;e pour augmenter leur influence et leur richesse.&#034; (20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupation et r&#233;volte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes chinois ont occup&#233; le Tibet en 1951, revendiquant la souverainet&#233; sur ce pays. Le trait&#233; de 1951 pr&#233;voyait l'autonomie apparente sous l'autorit&#233; du Dala&#239;-lama, mais confiait &#224; la Chine le contr&#244;le militaire et le droit exclusif de conduire les relations avec l'&#233;tranger. Les Chinois disposaient aussi d'un r&#244;le direct dans l'administration interne &#034;pour promouvoir des r&#233;formes sociales&#034;. D'abord, ils r&#233;form&#232;rent lentement, comptant surtout sur la persuasion comme tentative pour effectuer le changement. Parmi les premi&#232;res r&#233;formes qu'ils ont appliqu&#233;es, il y avait la r&#233;duction des taux d'int&#233;r&#234;t usuraires et la construction de quelques h&#244;pitaux et de routes. &#034;Contrairement &#224; la croyance populaire &#224; l'Ouest&#034;, &#233;crit un observateur, les Chinois &#034;prirent soin de montrer du respect pour la culture et la religion tib&#233;taines&#034;. Aucune propri&#233;t&#233; aristocratique ou monastique n'a &#233;t&#233; confisqu&#233;e, et les seigneurs f&#233;odaux continu&#232;rent &#224; r&#233;gner sur les paysans qui leur &#233;taient h&#233;r&#233;ditairement attach&#233;s.&#034; (21)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seigneurs et les lamas tib&#233;tains avaient vu les Chinois aller et venir au cours des si&#232;cles et avaient joui de bonnes relations avec le Generalissimo Chiang Kaishek et son pouvoir r&#233;actionnaire sur la Chine avec le Kuomintang. (22) L'approbation du gouvernement Kuomintang &#233;tait n&#233;cessaire pour valider le choix du Dala&#239;-lama et du Panchen Lama. Quand le jeune Dala&#239;-lama a &#233;t&#233; install&#233; &#224; Lhassa, c'&#233;tait avec une escorte arm&#233;e des troupes chinoises et un ministre chinois conform&#233;ment &#224; la tradition vieille de plusieurs si&#232;cles. Ce qui contrariait les seigneurs et lamas tib&#233;tains, c'&#233;tait que ces derniers chinois &#233;taient des communistes. C'&#233;tait seulement une question de temps, ils en &#233;taient s&#251;rs, avant que les Communistes ne commencent &#224; imposer leurs solutions collectivistes &#233;galitaires au Tibet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1956-57, des bandes arm&#233;es tib&#233;taines tendirent une embuscade &#224; des convois de l'Arm&#233;e Populaire de Lib&#233;ration chinoise. Le soul&#232;vement re&#231;ut un appui important de la Central Intelligence Agency am&#233;ricaine (C.I.A.), comprenant un entra&#238;nement militaire, des camps d'appui au N&#233;pal et de nombreux ponts a&#233;riens. (23) Pendant ce temps, aux Etats-Unis, la Soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine pour une Asie libre, un front de la C.I.A., avait &#233;nergiquement fait la publicit&#233; de la cause de la r&#233;sistance tib&#233;taine avec le fr&#232;re a&#238;n&#233; du Dala&#239;-lama, Thubtan Norbu, qui jou&#226;t un r&#244;le actif dans ce groupe. Le second fr&#232;re a&#238;n&#233; du Dala&#239;-lama, Gyalo Thondup, mis sur pied une op&#233;ration de renseignements avec la C.I.A. en 1951. Il remit &#231;a plus tard dans une unit&#233; de gu&#233;rilla entra&#238;n&#233;e par la C.I.A. dont les recrues furent parachut&#233;es &#224; nouveau au Tibet. (24)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de commandos et d'agents tib&#233;tains que la C.I.A. avait d&#233;pos&#233; dans le pays &#233;taient les chefs de clans aristocratiques ou les fils des chefs. Pour nonante pour cent d'entre eux, on n'en entendit jamais plus parler, selon un rapport de la C.I.A. elle-m&#234;me, signifiant en cela qu'ils avaient probablement &#233;taient captur&#233;s ou tu&#233;s. (25) &#034;Beaucoup de lamas et de membres s&#233;culiers de l'&#233;lite et le gros de l'arm&#233;e tib&#233;taine ont rejoint le soul&#232;vement, mais, en g&#233;n&#233;ral, la population ne l'a pas fait, ce qui entra&#238;na son &#233;chec&#034;, &#233;crit Hugh Deane. (26) Dans leur livre sur le Tibet, Ginsburg et Mathos arrivent &#224; une conclusion semblable : &#034;Autant qu'il peut &#234;tre v&#233;rifi&#233;, la plupart du peuple de Lhassa et de la campagne attenante ne rejoignis pas le combat contre les Chinois, aussi bien quand il commen&#231;a qu'au cours de son d&#233;roulement.&#034; (27) Finalement, la r&#233;sistance s'effondra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes entrent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels que furent les maux et les nouvelles oppressions introduits par les chinois au Tibet apr&#232;s 1959, ils ont supprim&#233; l'esclavage et le syst&#232;me de servage de travail impay&#233; et mirent un terme aux flagellations, aux mutilations et aux amputations comme m&#233;thodes de sanctions criminelles. Ils ont &#233;limin&#233; les nombreux imp&#244;ts &#233;crasants, commenc&#233; des projets de grands travaux et ont &#233;norm&#233;ment r&#233;duit le ch&#244;mage et la mendicit&#233;. Ils ont instaur&#233; l'&#233;ducation la&#239;que, brisant ainsi le monopole de l'&#233;ducation des monast&#232;res. Ils ont mis en place la distribution d'eau courante et d'&#233;lectricit&#233; dans Lhassa. (28)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heinrich Harrer (il fut ult&#233;rieurement r&#233;v&#233;l&#233; que Harrer avait &#233;t&#233; un sergent dans les SS d'Hitler) a &#233;crit un best-seller racontant ses exp&#233;riences au Tibet et qui a &#233;t&#233; montr&#233; dans un film populaire de Hollywood. Il rapporta que les Tib&#233;tains qui ont r&#233;sist&#233; aux Chinois &#034;&#233;taient principalement les nobles, les semi-nobles et les lamas ; ils ont &#233;t&#233; punis en &#233;tant contraint de devoir ex&#233;cuter les t&#226;ches les plus humbles, comme travailler sur des routes et des ponts. Ils furent encore plus humili&#233;s par le fait de devoir nettoyer la ville avant l'arriv&#233;e des touristes&#034;. Ils ont aussi d&#251; vivre dans un camp &#224; l'origine r&#233;serv&#233; aux mendiants et aux vagabonds. (29)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1961, les Chinois ont expropri&#233; les propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res tenues par les seigneurs et les lamas et ont r&#233;organis&#233; les paysans en centaines de communes. Ils distribu&#232;rent des centaines de milliers d'acres &#224; des fermiers locataires et &#224; des paysans sans terre. Les troupeaux qui appartenaient auparavant &#224; la noblesse ont &#233;t&#233; rendu &#224; des collectifs de bergers pauvres. Des am&#233;liorations ont &#233;t&#233; faites dans la reproduction du b&#233;tail et des nouvelles vari&#233;t&#233;s de l&#233;gumes et des nouvelles souches de bl&#233; et d'orge ont &#233;t&#233; introduites ; avec des am&#233;liorations en mati&#232;re d'irrigation, tout cela aurait men&#233; &#224; une augmentation de la production agraire. (30)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de paysans sont rest&#233;s aussi religieux qu'avant, donnant l'aum&#244;ne au clerg&#233;. Mais les nombreux moines qui avaient &#233;t&#233; enr&#244;l&#233;s de force dans les ordres religieux quand ils &#233;taient enfants &#233;taient maintenant libres de renoncer &#224; la vie monastique, ce que des milliers ont fait, particuli&#232;rement les plus jeunes. Le clerg&#233; restant a v&#233;cu sur des bourses modestes dispens&#233;es par le gouvernement et sur le revenu suppl&#233;mentaire gagn&#233; en officiant des services de pri&#232;re, des mariages et des obs&#232;ques. (31)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant le Dala&#239;-lama que son conseiller et fr&#232;re le plus jeune, Tendzin Choegyal, ont pr&#233;tendu que &#034;plus de 1,2 millions de Tib&#233;tains sont morts en cons&#233;quence de l'occupation chinoise.&#034; (32) Mais le recensement officiel de 1953 - six ans avant les s&#233;v&#232;res mesures chinoises - a enregistr&#233; la population enti&#232;re r&#233;sidant au Tibet au nombre de 1.274.000. (33) D'autres comptes de recensement &#233;valuent la population tib&#233;taine ethnique dans le pays &#224; environ deux millions. Si les Chinois avaient tu&#233; 1,2 millions de Tib&#233;tains au d&#233;but des ann&#233;es 1960, alors des villes enti&#232;res et d'importantes parties de la campagne, en fait presque tout le Tibet, auraient &#233;t&#233; d&#233;peupl&#233;, transform&#233; en un champ de batailles parsem&#233; de camps de la mort et de charniers - dont nous n'avons vu aucune preuve. Les minces forces arm&#233;es chinoises pr&#233;sentes au Tibet n'&#233;taient pas assez importantes pour regrouper, pourchasser et exterminer autant de personnes m&#234;me si elles y avaient consacr&#233; tout leur temps en ne faisant rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s chinoises reconnaissent &#034;des erreurs&#034;, particuli&#232;rement pendant la R&#233;volution Culturelle en 1966-76 quand la pers&#233;cution religieuse a atteint une haute vague tant en Chine qu'au Tibet. Apr&#232;s le soul&#232;vement &#224; la fin des ann&#233;es 1950, des milliers de Tib&#233;tains ont &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233;s. Pendant le Grand bond en avant, la collectivisation obligatoire et l'agriculture de grain ont &#233;t&#233; impos&#233;es &#224; la paysannerie, parfois avec un effet d&#233;sastreux. &#192; la fin des ann&#233;es 1970, la Chine a commenc&#233; &#224; rel&#226;cher le contr&#244;le sur le Tibet &#034;et a essay&#233; de r&#233;parer certains des d&#233;g&#226;ts provoqu&#233; pendant les deux d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes.&#034; (34)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1980, le gouvernement chinois a amorc&#233; des r&#233;formes cens&#233;ment con&#231;ues pour accorder au Tibet un degr&#233; plus grand d'autonomie et d'auto-administration. Les Tib&#233;tains seraient d&#232;s lors autoris&#233; &#224; cultiver des parcelles priv&#233;es, &#224; vendre leurs surplus de moisson, &#224; d&#233;cider eux-m&#234;mes quel produit cultiver et &#224; garder des yaks et des moutons. La communication avec le monde ext&#233;rieur &#233;tait de nouveau permise et les contr&#244;les aux fronti&#232;res furent facilit&#233;s pour permettre aux Tib&#233;tains de visiter des parents exil&#233;s en Inde et au N&#233;pal. (35)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, les Hans, le plus grand groupe ethnique comprenant plus de 95 pour cent de la population &#233;norme de la Chine, ont commenc&#233; &#224; se d&#233;placer en nombre substantiel au Tibet et dans diverses provinces occidentales. Dans les rues de Lhassa et de Shigatse, les signes de la pr&#233;&#233;minence han sont ais&#233;ment visibles. Les Chinois dirigent les usines et beaucoup des magasins et des stands de vente. De grands immeubles de bureaux et de grands centres commerciaux ont &#233;t&#233; construits avec des fonds qui auraient &#233;t&#233; mieux d&#233;pens&#233;s pour des usines de traitement d'eau et des logements. Les cadres chinois au Tibet ont souvent consid&#233;r&#233; leurs voisins tib&#233;tains comme arri&#233;r&#233;s et paresseux, ayant besoin d'un d&#233;veloppement &#233;conomique et d'une &#034;&#233;ducation patriotique&#034;. Pendant les ann&#233;es 1990, des employ&#233;s du gouvernement tib&#233;tain soup&#231;onn&#233;s d'entretenir des sympathies nationalistes ont &#233;t&#233; licenci&#233;s et des campagnes ont &#233;t&#233; lanc&#233;es pour discr&#233;diter le Dala&#239;-lama. Des Tib&#233;tains ont, selon certaines sources, &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, emprisonn&#233;s et soumis au travail obligatoire pour avoir men&#233; des activit&#233;s s&#233;paratistes et s'&#234;tre engag&#233; dans &#034;la subversion&#034; politique. Certaines des personnes appr&#233;hend&#233;es ont &#233;t&#233; retenues en d&#233;tention administrative sans eau et alimentation ad&#233;quates, sans couvertures, sujettes &#224; des menaces, des coups et d'autres mauvais traitements. (36)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#232;glements de planning familial chinois permettent une limite de trois enfants par familles tib&#233;taines. (Pendant des ann&#233;es, les familles hans &#233;taient soumises &#224; la limite de l'enfant unique) Si un couple d&#233;passe la limite, les enfants en exc&#232;s peuvent &#234;tre interdits d'acc&#232;s &#224; la garderie subventionn&#233;e, aux services m&#233;dicaux, au logement et &#224; l'&#233;ducation. Ces p&#233;nalit&#233;s ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es de mani&#232;re irr&#233;guli&#232;re et vari&#232;rent selon le district. Par ailleurs, l'histoire, la culture et la religion tib&#233;taines sont n&#233;glig&#233;es dans les &#233;coles. Les mat&#233;riels p&#233;dagogiques, quoique traduits en tib&#233;tain, se concentrent sur l'histoire et la culture chinoises. (37)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lites, &#233;migr&#233;s et la C.I.A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les lamas et les seigneurs riches, l'intervention communiste &#233;tait une calamit&#233;. La plupart d'entre eux se sont enfuis &#224; l'&#233;tranger, ainsi f&#238;t le Dala&#239;-lama lui-m&#234;me, qui a &#233;t&#233; aid&#233; dans sa fuite par la C.I.A. Certains ont d&#233;couvert avec horreur qu'ils devraient travailler pour vivre. Pourtant, pendant les ann&#233;es 1960, la communaut&#233; tib&#233;taine en exil a secr&#232;tement empoch&#233; 1,7 millions de $ par an provenant de la C.I.A. selon des documents rendus publics par le D&#233;partement d'Etat en 1998. Une fois que ce fait a &#233;t&#233; rendu public, l'organisation du Dala&#239;-lama lui-m&#234;me a publi&#233; une d&#233;claration admettant qu'il avait re&#231;u des millions de dollars de la C.I.A. pendant les ann&#233;es 1960 pour envoyer des escadrons arm&#233;s d'exil&#233;s au Tibet pour saper la r&#233;volution mao&#239;ste. Le revenu annuel du Dala&#239;-lama dispens&#233; par le C.I.A. &#233;tait de 186.000 $. Les services secrets indiens l'ont aussi financ&#233; ainsi que d'autres exil&#233;s tib&#233;tains. Il a refus&#233; de dire si lui ou ses fr&#232;res travaillaient pour la C.I.A. L'agence s'est aussi abstenue de faire des commentaires. (38)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, le News &amp; Observer de Raleigh en Caroline du Nord, a publi&#233; en couverture une photographie couleur montrant le Dala&#239;-lama recevant l'accolade du s&#233;nateur R&#233;publicain r&#233;actionnaire Jesse Helms, sous le titre &#034;le Bouddhiste fascine le H&#233;ros des droits religieux&#034;. (39) En avril 1999, avec Margareth Thatcher, le Pape Jean Paul II et George Bush premier, le Dala&#239;-lama a lanc&#233; un appel au gouvernement britannique afin qu'il lib&#232;re Augusto Pinochet, l'ancien dictateur fasciste du Chili et un client de longue date de la C.I.A. et qui avait &#233;t&#233; appr&#233;hend&#233; alors qu'il &#233;tait en visite en Angleterre. Il a vivement recommand&#233; que Pinochet ne soit pas forc&#233; d'aller en Espagne o&#249; il &#233;tait requis par un juge espagnol pour passer en justice pour des crimes contre l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, surtout via la National Endowment for Democracy (NED) et d'autres canaux qui sonnent plus respectablement que la C.I.A., le Congr&#232;s US continue d'allouer 2 millions de $ par an aux Tib&#233;tains en Inde, plus quelques millions compl&#233;mentaires pour &#034;des activit&#233;s d&#233;mocratiques&#034; dans la communaut&#233; d'exil tib&#233;taine. Le Dala&#239;-lama obtient aussi de l'argent du financier George Soros, qui dirige Radio Free Europe/Radio Liberty, la radio cr&#233;&#233;e par la C.I.A., ainsi que d'autres instituts. (40)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la culture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous a dit que quand le Dala&#239;-lama gouvernait le Tibet, le peuple vivait dans une symbiose satisfaisante et tranquille avec leurs seigneurs monastiques et s&#233;culiers, selon un ordre social fond&#233; sur une culture profond&#233;ment spirituelle et non violente inspir&#233;e par des enseignements religieux humains et pacifiques. La culture religieuse tib&#233;taine &#233;tait le ciment social et le baume r&#233;confortant qui maintenaient les lamas riches et les paysans pauvres li&#233;s spirituellement et &#8230; pour soutenir ces pros&#233;lytes qui consid&#232;rent le vieux Tibet comme un mod&#232;le de puret&#233; culturelle, un paradis terrestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se rappeler les images id&#233;alis&#233;es de l'Europe f&#233;odale pr&#233;sent&#233;es par des catholiques conservateurs contemporains comme G. K. Chesterton et Hilaire Belloc. Pour eux, la chr&#233;tient&#233; m&#233;di&#233;vale &#233;tait un monde de paysans satisfaits vivant dans un lien spirituel profond avec leur &#201;glise, sous la protection de leurs seigneurs. (41) A nouveau, nous sommes invit&#233;s &#224; accepter une culture particuli&#232;re selon ses propres canons, qui signifie l'accepter tel qu'elle est pr&#233;sent&#233;e par sa classe privil&#233;gi&#233;e, par ceux du sommet qui en ont profit&#233; le plus. L'image du Shangri-La du Tibet n'a pas plus de ressemblance avec la r&#233;alit&#233; historique que ne l'a l'image id&#233;alis&#233;e de l'Europe m&#233;di&#233;vale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il est vu dans toute son effroyable r&#233;alit&#233;, le vieux Tibet confirme que la culture n'est absolument pas neutre. La culture peut faire office de couverture de l&#233;gitimation &#224; une foule de graves injustices, b&#233;n&#233;ficiant &#224; une portion de la population d'une soci&#233;t&#233; au grave d&#233;triment d'autres segments de cette population. Dans le Tibet th&#233;ocratique, les int&#233;r&#234;ts dominants manipulaient la culture traditionnelle pour consolider leur richesse et leur pouvoir. La th&#233;ocratie assimilait les pens&#233;es et les actions rebelles &#224; des influences sataniques. Elle propageait la supposition g&#233;n&#233;rale de la sup&#233;riorit&#233; du seigneur et de l'inf&#233;riorit&#233; du paysan. Le riche &#233;tait repr&#233;sent&#233; comme m&#233;ritant sa belle vie et le pauvre comme m&#233;ritant sa mis&#233;rable existence, le tout codifi&#233; en enseignements &#224; propos de la succession karmique des vertus et des vices issus de vies pass&#233;es et pr&#233;sent&#233; comme l'expression de la volont&#233; de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pourrait &#234;tre dit que nous, citoyens du monde la&#239;c moderne, ne pouvons pas saisir les &#233;quations du bonheur et de la douleur, le contentement et la coutume qui caract&#233;risent des soci&#233;t&#233;s plus traditionnellement spirituelles. Cela peut &#234;tre vrai et cela peut expliquer pourquoi certains d'entre nous id&#233;alisent de telles soci&#233;t&#233;s. Mais tout de m&#234;me, un &#339;il &#233;nucl&#233;&#233; est un &#339;il &#233;nucl&#233;&#233;, une flagellation est une flagellation, et l'exploitation oppressante des serfs et des esclaves est toujours une injustice de classe brutale quels que soient ses emballages culturels. Il y a une diff&#233;rence entre un lien spirituel et un esclavage humain, m&#234;me quand tous les deux existent c&#244;te &#224; c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon nombre de Tib&#233;tains ordinaires souhaitent le retour du Dala&#239;-lama dans leur pays mais il appara&#238;t que relativement peu souhaite un retour &#224; l'ordre ancien qu'il repr&#233;sente. Une histoire publi&#233;e en 1999 dans le &#034;Washington Post&#034; note qu'il continue &#224; &#234;tre r&#233;v&#233;r&#233; au Tibet, mais &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... peu de Tib&#233;tains accueilleraient un retour des clans aristocratiques corrompus qui se sont enfuis avec lui en 1959, et cela comprend la plus grande partie de ses conseillers. Beaucoup de fermiers tib&#233;tains, par exemple, n'ont aucun int&#233;r&#234;t &#224; rec&#233;der la terre qu'ils ont gagn&#233;e pendant la r&#233;forme agraire que la Chine a impos&#233;e aux clans. Les anciens esclaves du Tibet disent qu'ils, eux aussi, ne veulent pas que leurs anciens ma&#238;tres reviennent au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;J'ai d&#233;j&#224; v&#233;cu cette vie une fois auparavant&#034;, a dit Wangchuk, un ancien esclave de 67 ans qui portait ses meilleurs v&#234;tements pour son p&#232;lerinage annuel vers Shigatse, un des sites les plus saints du Bouddhisme tib&#233;tain. Il a dit qu'il v&#233;n&#233;rait le Dala&#239;-lama, mais a ajout&#233;, &#034;je ne peux pas &#234;tre libre sous le communisme chinois, mais je suis dans de meilleures conditions que quand j'&#233;tais un esclave.&#034; (42)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim Lewis qui a &#233;tudi&#233; les m&#233;thodes de gu&#233;rison avec un moine bouddhiste &#224; Berkeley en Californie a eu l'occasion de parler longuement avec plus d'une dizaine de femmes tib&#233;taines qui vivaient dans le b&#226;timent du moine. Quand elle demanda comment elles se sentaient &#224; l'id&#233;e de retourner dans leur pays d'origine, le sentiment &#233;tait unanimement n&#233;gatif. Au d&#233;but, Lewis pensait que leur r&#233;pugnance avait un rapport avec l'occupation chinoise mais elles l'inform&#232;rent vite qu'il en &#233;tait tout autrement. Elles dirent qu'elles &#233;taient extr&#234;mement reconnaissante &#034;de ne pas avoir du se marier &#224; 4 ou 5 hommes, de ne pas devoir &#234;tre enceinte presque tout le temps&#034;, ou de devoir supporter des maladies sexuellement transmissibles contract&#233;es par un mari errant. Les plus jeunes femmes &#034;&#233;taient enchant&#233;es de recevoir une &#233;ducation et ne voulaient absolument rien &#224; voir avec une quelconque religion, et se demandaient pourquoi les Am&#233;ricains &#233;taient si na&#239;fs&#034;. Elles racont&#232;rent les histoires des &#233;preuves de leur grand-m&#232;re avec des moines qui les utilisaient comme &#034;&#233;pouses de sagesse&#034;, leur disant &#034;qu'elles gagneraient &#233;norm&#233;ment de m&#233;rites en fournissant les &#8216;moyens de l'&#233;blouissement' &#8211; apr&#232;s tout, Buddha avait besoin d'&#234;tre avec une femme pour atteindre l'illumination&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes interview&#233;es par Lewis parl&#232;rent avec amertume au sujet de la confiscation de leurs jeunes gar&#231;ons par les monast&#232;res au Tibet. Quand un enfant criait apr&#232;s sa m&#232;re, il lui &#233;tait dit &#034;Pourquoi la r&#233;clames-tu, elle t'a abandonn&#233; &#8211; elle est juste une femme.&#034; Parmi les autres probl&#232;mes, il y avait notamment &#034;l'homosexualit&#233; end&#233;mique dans la secte Gelugpa. Tout n'&#233;tait pas parfait au Shangri-la&#034;, opine Lewis.&#034; (43)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moines qui ont obtenu l'asile politique en Californie ont fait une demande pour obtenir la s&#233;curit&#233; sociale. Lewis, elle-m&#234;me une partisane pendant un temps, les a aid&#233; pour les documents administratifs. Elle observe qu'ils continuent &#224; recevoir des ch&#232;ques de la s&#233;curit&#233; sociale d'un montant de 550 &#224; 700 dollars par mois avec Medicare et MediCal. En plus, les moines r&#233;sident sans payer de loyer dans d'agr&#233;ables appartements &#233;quip&#233;s. &#034;Ils ne paient aucune charge, ils ont l'acc&#232;s gratuit &#224; internet avec des ordinateurs mis &#224; leur disposition, ainsi que des fax, des t&#233;l&#233;phones fixes et portables et la t&#233;l&#233;vision c&#226;bl&#233;e.&#034; En plus, ils re&#231;oivent un traitement mensuel de leur ordre. Et le centre dharma prend une collection sp&#233;ciale de ses membres (tous am&#233;ricains), distinct de leurs devoirs de membres. Certains membres effectuent avec passion les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res pour les moines, notamment les courses chez l'&#233;picier, l'entretien de leurs appartements et leurs toilettes. Ces m&#234;me saints hommes &#034;ne voient aucun probl&#232;me &#224; critiquer l'obsession des Am&#233;ricains pour les choses mat&#233;rielles&#034;. (44)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenir le renversement de la vieille th&#233;ocratie f&#233;odale par la Chine ne signifie pas applaudir &#224; tout ce que fait l'autorit&#233; chinoise au Tibet. Ce point est rarement compris par les adh&#233;rents du Shangri-La aujourd'hui &#224; l'Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inverse est aussi vrai. D&#233;noncer l'occupation chinoise ne signifie pas que nous devons id&#233;aliser l'ancien r&#233;gime f&#233;odal. Une complainte commune parmi les pros&#233;lytes bouddhistes &#224; l'Ouest est que la culture religieuse du Tibet est sap&#233;e par l'occupation. Cela semble vraiment &#234;tre le cas. Nombre de monast&#232;res sont ferm&#233;s et la th&#233;ocratie est pass&#233;e dans l'histoire. Ce que je mets en doute ici est la nature soi-disant admirable et essentiellement spirituelle de cette culture d'avant l'invasion. En bref, nous pouvons pr&#233;coniser la libert&#233; religieuse et l'ind&#233;pendance pour le Tibet sans devoir embrasser la mythologie d'un Paradis Perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, il devrait &#234;tre not&#233; que la critique pos&#233;e ici ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une attaque personnelle contre le Dala&#239;-lama. Quel que soit ses associations pass&#233;es avec la C.I.A. et certains r&#233;actionnaires, il parle souvent de paix, d'amour et de non-violence. Et il ne peut lui-m&#234;me &#234;tre r&#233;ellement bl&#226;m&#233; pour les abus de l'ancien r&#233;gime, n'ayant que 15 ans quand il s'enfuit en exil. En 1994, dans une interview avec Melvyn Goldstein, il dit en priv&#233; qu'il &#233;tait depuis sa jeunesse en faveur de la construction d'&#233;coles, &#034;de machines&#034; et de routes dans son pays. Il pr&#233;tend qu'il pensait que la corv&#233;e (travail forc&#233; non pay&#233; d'un serf au profit du seigneur) et certains imp&#244;ts impos&#233;s aux paysans &#233;taient &#034;extr&#234;mement mauvais&#034;. Et il n'aimait pas la fa&#231;on dont les gens &#233;taient surcharg&#233;s avec des vieilles dettes parfois transmises de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. (45) En outre, il propose maintenant la d&#233;mocratie pour le Tibet, caract&#233;ris&#233;e par une constitution &#233;crite, une assembl&#233;e repr&#233;sentative et d'autres attributs d&#233;mocratiques essentiels. (46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, le Dala&#239;-lama a fait un communiqu&#233; qui a du avoir un effet d&#233;rangeant dans la communaut&#233; en exil. Il dit en partie ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les th&#233;ories &#233;conomiques modernes, le syst&#232;me &#233;conomique marxiste est fond&#233; sur des principes moraux, tandis que le capitalisme n'est fond&#233; que sur le gain et la rentabilit&#233;. Le marxisme est bas&#233; sur la distribution de la richesse sur une base &#233;gale et sur l'utilisation &#233;quitable des moyens de production. Il est aussi concern&#233; par le destin des travailleurs - qui sont la majorit&#233; - aussi bien que par le destin d'entre ceux qui sont d&#233;favoris&#233;s et dans le besoin, et le marxisme se soucie des victimes de minorit&#233;s exploit&#233;es. Pour ces raisons, le syst&#232;me m'interpelle et il semble juste ... Je me consid&#232;re moi-m&#234;me comme demi-marxiste et demi-bouddhiste. (47)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus r&#233;cemment, en 2001, en visitant la Californie, il a fait remarquer que &#034;le Tibet, mat&#233;riellement, est tr&#232;s, tr&#232;s en arri&#232;re. Spirituellement, il est tout assez riche. Mais la spiritualit&#233; ne peut pas remplir nos estomacs.&#034; (48) Voici un message qui devrait &#234;tre pris en compte par les pros&#233;lytes bouddhistes bien aliment&#233;s en Occident qui dissertent avec nostalgie sur le vieux Tibet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'ai essay&#233; de d&#233;fier, ce sont le mythe du Tibet, l'image du Paradis perdu d'un ordre social qui, en fait, n'&#233;tait rien de plus qu'une th&#233;ocratie r&#233;trograde de servage et de pauvret&#233;, o&#249; une minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e vivait richement et puissamment au prix du sang, de la sueur et des larmes de la majorit&#233;. On est loin du Shangri-la.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Micha&#235;l Parenti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;version fran&#231;aise&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.michelcollon.info/articl..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.michelcollon.info/articl..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Version anglaise (version mise &#224; jour en janvier 2007)&lt;br class='autobr' /&gt;
Friendly Feudalism : The Tibet Myth&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.michaelparenti.org/Tibet.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.michaelparenti.org/Tibet.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Melvyn C. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon : China, Tibet, and the Dalai Lama (Berkeley : University of California Press, 1995), 6-16.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Mark Juergensmeyer, Terror in the Mind of God, (Berkeley : University of California Press, 2000), 113.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Kyong-Hwa Seok, &#034;Korean Monk Gangs Battle for Temple Turf&#034;, San Francisco Examiner, December 3, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Dalai Lama quoted in Donald Lopez Jr., Prisoners of Shangri-La : Tibetan Buddhism and the West (Chicago and London : Chicago University Press, 1998), 205.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Stuart Gelder and Roma Gelder, The Timely Rain : Travels in New Tibet (New York : Monthly Review Press, 1964), 119, 123.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Pradyumna P. Karan, The Changing Face of Tibet : The Impact of Chinese Communist Ideology on the Landscape (Lexington, Kentucky : University Press of Kentucky, 1976), 64.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 62 and 174.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. As skeptically noted by Lopez, Prisoners of Shangri-La, 9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Melvyn Goldstein, William Siebenschuh, and Tash&#236;-Tsering, The Struggle for Modern Tibet : The Autobiography of Tash&#236;-Tsering (Armonk, N.Y. : M.E. Sharpe, 1997).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 110.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Anna Louise Strong, Tibetan Interviews (Peking : New World Press, 1929), 15, 19-21, 24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Quoted in Strong, Tibetan Interviews, 25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Strong, Tibetan Interviews, 31.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet 1913-1951 (Berkeley : University of California Press, 1989), 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 175-176 ; and Strong, Tibetan Interviews, 25-26.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 113.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. A. Tom Grunfeld, The Making of Modern Tibet rev. ed. (Armonk, N.Y. and London : 1996), 9 and 7-33 for a general discussion of feudal Tibet ; see also Felix Greene, A Curtain of Ignorance (Garden City, N.Y. : Doubleday, 1961), 241-249 ; Goldstein, A History of Modern Tibet 1913-1951, 3-5 ; and Lopez, Prisoners of Shangri-La, passim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Strong, Tibetan Interviews, 91-92.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Strong, Tibetan Interviews, 92-96.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Waddell, Landon, and O'Connor are quoted in Gelder and Gelder, The Timely Rain, 123-125.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. Heinrich Harrer, Return to Tibet (New York : Schocken, 1985), 29.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. See Kenneth Conboy and James Morrison, The CIA's Secret War in Tibet (Lawrence, Kansas : University of Kansas Press, 2002) ; and William Leary, &#034;Secret Mission to Tibet&#034;, Air &amp; Space, December 1997/January 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. On the CIA's links to the Dalai Lama and his family and entourage, see Loren Coleman, Tom Slick and the Search for the Yeti (London : Faber and Faber, 1989).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25. Leary, &#034;Secret Mission to Tibet&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26. Hugh Deane, &#034;The Cold War in Tibet&#034;, CovertAction Quarterly (Winter 1987).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27. George Ginsburg and Michael Mathos, Communist China and Tibet (1964), quoted in Deane, &#034;The Cold War in Tibet&#034;. Deane notes that author Bina Roy reached a similar conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28. See Greene, A Curtain of Ignorance, 248 and passim ; and Grunfeld, The Making of Modern Tibet, passim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29. Harrer, Return to Tibet, 54.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30. Karan, The Changing Face of Tibet, 36-38, 41, 57-58 ; London Times, 4 July 1966.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 29 and 47-48.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32. Tendzin Choegyal, &#034;The Truth about Tibet&#034;, Imprimis (publication of Hillsdale College, Michigan), April 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33. Karan, The Changing Face of Tibet, 52-53.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34. Elaine Kurtenbach, Associate Press report, San Francisco Chronicle, 12 February 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 47-48.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36. Report by the International Committee of Lawyers for Tibet, A Generation in Peril (Berkeley Calif. : 2001), passim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37. International Committee of Lawyers for Tibet, A Generation in Peril, 66-68, 98.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38. Jim Mann, &#034;CIA Gave Aid to Tibetan Exiles in '60s, Files Show&#034;, Los Angeles Times, 15 September 1998 ; and New York Times, 1 October, 1998 ; and Morrison, The CIA's Secret War in Tibet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39. News &amp; Observer, 6 September 1995, cited in Lopez, Prisoners of Shangri-La, 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40. Heather Cottin, &#034;George Soros, Imperial Wizard&#034;, CovertAction Quarterly no. 74 (Fall 2002).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41. The Gelders draw this comparison, The Timely Rain, 64.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;42. John Pomfret, &#034;Tibet Caught in China's Web&#034;, Washington Post, 23 July 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;43. Kim Lewis, correspondence to me, 15 July 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;44. Kim Lewis, additional correspondence to me, 16 July 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;45. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;46. Tendzin Choegyal, &#034;The Truth about Tibet.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;47. The Dalai Lama in Marianne Dresser (ed.), Beyond Dogma : Dialogues and Discourses (Berkeley, Calif. : North Atlantic Books, 1996).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;48. Quoted in San Francisco Chronicle, 17 May 2001.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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