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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Socialisme vert et &#233;cologie rouge ! Une critique de l'&#233;colib&#233;ralisme</title>
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		<dc:date>2008-02-23T22:18:02Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>BAZIN Jos&#233;, FAUSTINO Da COSTA Tania</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Que proposent les &#233;cosocialistes ? En premier lieu une lutte au gaspillage. En ce sens, il faut aller au-del&#224; des ajustements propos&#233;s par les &#233;colib&#233;raux. La solution n'est pas une &#171; limitation &#187; g&#233;n&#233;rale de la consommation ou la substitution des produits consomm&#233;s par d'autres qui incorporent des nouvelles technologies. C'est le type de consommation actuel, fond&#233;e sur l'ostentation, le gaspillage, l'ali&#233;nation marchande et l'obsession accumulatrice qui doit &#234;tre mis en question.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que proposent les &#233;cosocialistes ? En premier lieu une lutte au gaspillage. En ce sens, il faut aller au-del&#224; des ajustements propos&#233;s par les &#233;colib&#233;raux. La solution n'est pas une &#171; limitation &#187; g&#233;n&#233;rale de la consommation ou la substitution des produits consomm&#233;s par d'autres qui incorporent des nouvelles technologies. C'est le type de consommation actuel, fond&#233;e sur l'ostentation, le gaspillage, l'ali&#233;nation marchande et l'obsession accumulatrice qui doit &#234;tre mis en question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est bas&#233; sur une pr&#233;sentation faite dans le cadre d'une journ&#233;e de conf&#233;rences intitul&#233;e &#171; Socialisme vert ou &#233;cologie rouge ; Vers l'&#233;cosocialisme &#187;, tenue &#224; Montr&#233;al le 10 novembre 2007 et organis&#233;e par Gauche socialiste et Masse critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sauvons la plan&#232;te ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;fense de &#171; la plan&#232;te &#187; est devenue un th&#232;me &#224; la mode, quotidiennement pr&#233;sent dans les m&#233;dias. En effet, les &#233;vidences rendent presque impossible la n&#233;gation de la crise &#233;cologique actuelle. Qui pourrait ainsi &#234;tre contre &#171; sauver la plan&#232;te &#187; ? Mais nous sommes provocateurs et disons : &#171; non, ne sauvons pas la plan&#232;te ! &#187;. Parce que la plan&#232;te n'est pas en danger, tout comme la vie sur Terre n'est pas en danger. Par contre, plusieurs formes de vie sont en danger, dont la vie humaine. Disons donc plut&#244;t &#171; sauvons l'humanit&#233; ! &#187;. C'est &#231;a pour nous &#234;tre &#233;cologistes, c'est avant tout se pr&#233;occuper de l'&#234;tre humain comme &#233;l&#233;ment m&#234;me de la nature, faisant parti d'un &#233;cosyst&#232;me &#224; la fois fort et fragile. C'est &#231;a &#234;tre &#233;cosocialiste, et &#234;tre en m&#234;me temps critique de son antith&#232;se, l'&#233;colib&#233;ralisme, id&#233;ologie dominante parmi la population &#171; consciente environnementalement &#187; et m&#234;me parmi certaines couches &#233;cologistes-militantes, dont certains partis verts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;occupation pour l'environnement a augment&#233; sensiblement &#224; la fin des ann&#233;es 60, d&#233;but 70, &#224; travers une prise de conscience que l'environnement &#233;tait plus fragile qu'on le pensait, que les ressources naturelles n'&#233;taient pas in&#233;puisables et que les actions humaines pourraient &#233;ventuellement entra&#238;ner une catastrophe &#233;cologique. En 1999, apr&#232;s plus d'une quinzaine d'ann&#233;es de repli militant, les mouvements &#233;cologistes de toutes sortes ont commenc&#233; &#224; reprendre leur essor, en une ann&#233;e charni&#232;re dans la remont&#233;e des luttes environnementales et sociales, marqu&#233;e par les protestations contre le sommet de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) &#224; Seattle. La question &#233;cologique pourrait d'abord repr&#233;senter une menace &#224; la logique expansionniste capitaliste et elle avait donc &#233;t&#233; mise de c&#244;t&#233; par les n&#233;olib&#233;raux. Mais face &#224; l'&#233;vidence que l'activit&#233; &#233;conomique actuelle met en risque la survie de l'humanit&#233;, plusieurs sont venus au secours du syst&#232;me capitaliste et ont repris le discours de d&#233;fense de l'environnement pour le lier au lib&#233;ralisme &#233;conomique. Ce sont ceux qu'on appelle ici les &#171; &#233;colib&#233;raux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Al Gore arch&#233;type &#233;colib&#233;ral&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ex vice-pr&#233;sident des &#201;tats-unis Al Gore constitue un exemple frappant d'&#233;colib&#233;ral. Sa notori&#233;t&#233; en ce qui concerne le d&#233;bat sur les changements climatiques est incontestable. Son film, &#171; An inconvenient truth &#187; (Une v&#233;rit&#233; qui d&#233;range), a re&#231;u deux oscars en 2007, dont celui de meilleur documentaire, et Al Gore a r&#233;cemment a &#233;t&#233; co-laur&#233;at, avec le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat), du Prix Nobel de la paix pour &#171; leurs efforts afin de mettre en place et diffuser une meilleure compr&#233;hension du changement climatique caus&#233; par l'homme, et de jeter les bases des mesures n&#233;cessaires pour contrecarrer un tel changement &#187;. La position d'Al Gore est m&#234;me parfois une position officielle et son film est distribu&#233; aux &#233;coles par le gouvernement, par exemple en Grande-Bretagne. Il est donc essentiel d'analyser la port&#233;e et les cons&#233;quences de cette vision et de ses propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al Gore a sans contredit un point positif majeur : faire ressortir le probl&#232;me des changements climatiques, particuli&#232;rement aux &#201;tats-Unis, o&#249; le gouvernement tarde beaucoup &#224; le prendre au s&#233;rieux. Dans son documentaire, Al Gore fait une d&#233;monstration alarmiste du r&#233;chauffement climatique, et essaye de montrer que le risque d'une fin de la plan&#232;te est patent. Pourtant le film est tr&#232;s pauvre en termes de r&#233;flexion et de d&#233;bats sur les solutions et &#224; ce sujet il nous invite plut&#244;t &#224; visiter son site web (&lt;a href=&#034;http://www.climatecrises.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.climatecrises.net&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons donc un peu les propositions d'Al Gore. Il nous incite &#224; des actions telles que signer des p&#233;titions, faire des investissements financiers socialement et &#233;cologiquement responsables, &#233;crire aux parlementaires ou voter pour des politiciens &#171; verts &#187;. D'autres &#171; actions &#187; consistent en des choix de consommation : utiliser des thermostats, pr&#233;f&#233;rer des ampoules et des appareils &#233;lectriques &#233;conerg&#233;tiques, choisir une voiture hybride, acheter des produits locaux et bios, acheter des produits frais ou lieu de congel&#233;s, utiliser les t&#233;l&#233;conf&#233;rences, etc. En gros, ce qu'il propose repose sur l'individu et tr&#232;s peu sur le collectif. Il offre m&#234;me un test pour mesurer la production individuelle de carbone. D'embl&#233;e on constate que ces actions sont sans commune mesure avec le catastrophisme qu'il met de l'avant dans son film. Pas besoin, pour lui, d'un changement structurel de la soci&#233;t&#233; pour r&#233;soudre la crise climatique, puisque c'est &#224; travers de petits changements de comportement que les gens peuvent &#233;viter une telle catastrophe. Al Gore affirme que la cause de cette crise du climat est la combinaison des vieilles habitudes avec des nouvelles technologies qui, plus puissantes, augmentent l'impact provoqu&#233; par l'homme dans la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit donc r&#233;viser la technologie utilis&#233;e, mais il ne mentionne pas la surconsommation comme une possible source du probl&#232;me : on change ce qu'on consomme, mais on consomme toujours et autant, ou plus (la premi&#232;re action qu'il propose est d'acheter son DVD !) Les industriels sont ainsi pr&#233;sent&#233;s comme ceux qui, &#224; travers le d&#233;veloppement de nouvelles technologies, peuvent apporter des solutions &#224; ce probl&#232;me. Tandis que sur les &#233;paules des consommateurs p&#232;se la responsabilit&#233; de, individuellement, &#171; sauver la Terre &#187; des changements climatiques. Il essaye de pr&#233;senter une sortie &#224; cette crise qui permettrait de maintenir le niveau de vie extr&#234;mement consommateur des pays d&#233;velopp&#233;s, voire des &#201;tats-Unis, et il essaye de montrer que ce style de vie ne repr&#233;sente pas un risque pour l'environnement, car il est possible de l'ajuster et l'adapter. Al Gore soutient qu'on n'a pas besoin de choisir entre l'environnement et l'&#233;conomie et qu'il est possible d'avoir les deux en m&#234;me temps. Mais de quelle &#171; &#233;conomie &#187; parle-t-il ? De toute &#233;vidence, du syst&#232;me industriel capitaliste. Selon lui, &#171; si on fait la chose correcte, on va cr&#233;er plein d'emplois et de richesse &#187;. Est-ce que cette richesse et ces emplois serviront &#224; l'ensemble de la population mondiale ? Selon Michael L&#246;wy, un de penseurs de l'&#233;cosocialisme, si l'on g&#233;n&#233;ralisait &#224; l'ensemble de la population mondiale la consommation moyenne d'&#233;nergie des &#201;tats-Unis, les r&#233;serves connues de p&#233;trole seraient &#233;puis&#233;es en dix-neuf jours. Le syst&#232;me actuel est donc n&#233;cessairement fond&#233; sur le maintien et l'aggravation de l'in&#233;galit&#233; criante entre le Nord et le Sud, question qu'Al Gore ignore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, est-ce que le seul danger &#233;cologique est l'augmentation du niveau de CO2 ? Il ne parle pas des autres probl&#232;mes. Pire encore pour les questions d'in&#233;galit&#233; sociale : &#224; aucun moment Al Gore ne fait un lien entre les conditions de mis&#232;re de la population et la crise &#233;cologique. Quel choix ont ceux et celles qui ont &#224; peine de quoi &#224; manger, pour &#171; lutter contre les changements climatiques &#187; ? Acheter des produits &#233;conerg&#233;tiques et des nouvelles voitures &#171; vertes &#187; ? Quelle option donne-t-il &#224; ces gens ? Il passe aussi &#224; c&#244;t&#233; du concept d'&#233;quit&#233; environnementale, qui d&#233;montre comment, dans les grandes villes, les populations plus d&#233;munies sont celles qui souffrent le plus des cons&#233;quences de la pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre facteur qui provoque le r&#233;chauffement de la plan&#232;te selon lui est la croissance de la population, surtout dans des pays non industrialis&#233;s. Un tel raisonnement risque de nous mener &#224; des perspectives malthusiennes. On devrait donc luter pour la diminution de ces populations ? Contre leur d&#233;veloppement ? La croissance de la population est un bouc-&#233;missaire facile &#224; utiliser qui cache les contradictions internes du syst&#232;me capitaliste qui sont les vraies causes des probl&#232;mes &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant il se contredit lui-m&#234;me en laissant comprendre qu'il suffirait que les pays d&#233;velopp&#233;s r&#233;duisent leurs &#233;missions de CO2 pour &#233;viter le r&#233;chauffement de la plan&#232;te. Selon lui, 30,3% de la responsabilit&#233; pour le r&#233;chauffement climatique doit &#234;tre attribu&#233;e aux &#201;tats-Unis, suivi de 27,7% &#224; l'Europe, alors que le continent africain tout entier ne repr&#233;sente que 2,5% de cette responsabilit&#233;. Mais il ne pose pas la question de l'interd&#233;pendance du march&#233; mondial et il ne fait pas le lien entre la progression des probl&#232;mes &#233;cologiques dans les pays du Sud et la politique d'&#171; exportation de la pollution &#187; vers ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il affirme encore qu'il ne manque que de &#171; volont&#233; politique &#187; pour que les changements s'op&#232;rent - ce qui peut nous amener &#224; consid&#233;rer qu'on doit simplement exiger et attendre une solution des gouvernements, d'o&#249; son exhortation &#224; la signature des p&#233;titions ou au vote &#171; vert &#187;. &#201;videmment, &#231;a maintient le manque d'autonomie de la population par rapport aux moyens de production et &#224; la sph&#232;re &#233;conomique. Al Gore ne critique pas le fait que ce sont les capitalistes producteurs qui d&#233;cident des investissements et qui ont le pouvoir de prendre des d&#233;cisions qui affecteront l'environnement en large &#233;chelle. Il ne lance aucun mot sur le mode de production. Il ne critique pas la course sans fin au profit ou l'accumulation du capital propre au syst&#232;me capitaliste. Il d&#233;fend exclusivement la &#171; croissance &#233;conomique &#187;, ce qui, sous un r&#233;gime capitaliste, repr&#233;sente plus d'accumulation de capital et plus d'in&#233;galit&#233;s sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de n&#233;gliger la connexion n&#233;cessaire entre le productivisme et le capitalisme conduit &#224; l'illusion d'un &#171; capitalisme propre &#187; ou de r&#233;formes capables d'en contr&#244;ler les &#171; exc&#232;s &#187;, par exemple &#224; travers la d&#233;fense du Protocole de Kyoto. Al Gore ne se pose pas la question si les standards &#233;tablis par le protocole de Kyoto sont assez pour combattre le r&#233;chauffement climatique, si c'&#233;tait la voie ad&#233;quate. Il d&#233;fend tout simplement l'adh&#233;sion au protocole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, ce n'est pas seulement au moment de sugg&#233;rer une solution &#224; la crise climatique qu'Al Gore pose la question au niveau individuel. Il le fait aussi pour indiquer les causes du probl&#232;me et affirme enthousiaste que &#171; c'est difficile pour quelqu'un de comprendre quelque chose, si son salaire d&#233;pend de qu'il ne comprenne pas cette chose &#187;. Il cite &#224; ce sujet le cas de Philip Cooney, qui travaillait pour l'American Petroleum Institute et qui a &#233;t&#233; nomm&#233; pour s'occuper de l'environnement pendant l'administration Bush en 2001. Apr&#232;s une pol&#233;mique concernant un memo du FBI, il d&#233;missionne et va travailler pour Exxon Mobil. &#192; travers cet exemple, Al Gore pourrait nous convaincre qu'il suffit que les gens qui sont au gouvernement ne soient pas li&#233;s &#224; l'industrie p&#233;troli&#232;re, pour qu'ils soient capables de prendre les bonnes d&#233;cisions vis-&#224;-vis le r&#233;chauffement de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pas si vert que &#231;a&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tandis que pour les &#233;cosocialistes la solution n'est pas individuelle, mais bien structurelle, on a vu comment l'&#233;colib&#233;ralisme fait reposer en grande partie les solutions sur les individus. Mais parfois les &#233;colib&#233;raux proposent des alternatives qui semblent souhaitables et m&#234;me fond&#233;es sur la collectivit&#233;, mais qui en r&#233;alit&#233; ne le sont pas. Nous en citerons trois exemples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La taxe sur le carbone = R&#233;guli&#232;rement &#233;voqu&#233;e, la pression en sa faveur augmente. Dans la th&#233;orie &#233;conomique taxes et quotas d'&#233;mission sont des instruments possibles de lutte contre la pollution. En mati&#232;re de lutte contre les changements climatiques, la taxe sur le carbone est pr&#233;sent&#233;e comme une alternative aux quotas nationaux sur les &#233;missions de GES (gas &#224; effet de serre) du syst&#232;me de Kyoto. Mais ces deux syst&#232;mes ne sont pas &#233;quivalents d'un point de vue environnemental. Dans le cas d'une taxe, on d&#233;cide de son co&#251;t et ensuite les acteurs &#233;conomiques &#171; choisissent &#187; la quantit&#233; &#233;mise selon leurs actions (payer la taxe ou investir pour moins polluer). Dans le cas des quotas on fixe &#224; l'avance le maximum de GES qu'un pays peut produire. Ainsi, la taxe fait en sorte que si une entreprise veut polluer elle n'a qu'&#224; payer, tandis qu'avec les quotas elle est oblig&#233;e de diminuer sa pollution pour atteindre l'objectif de r&#233;duction. L&#246;wy nous fait voir qu'une vision &#233;cosocialiste d&#233;fend qu'on &#171; se d&#233;barrasse de ce mythe d'un calcul &#233;conomique du &#171; prix de march&#233; &#187; des d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques : ce sont en r&#233;alit&#233; des variables incommensurables du point de vue mon&#233;taire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'&#233;nergie nucl&#233;aire = qui revient de plus en plus, et m&#234;me chez les &#233;cologistes. Le nucl&#233;aire est une fausse solution. Privil&#233;gier le nucl&#233;aire est n&#233;gliger le probl&#232;me des d&#233;chets radioactifs auquel aucune solution satisfaisante n'a &#233;t&#233; trouv&#233;e, sinon de reporter sur les g&#233;n&#233;rations futures le risque que comporte leur stockage. En outre, cette source d'&#233;nergie n'est pas viable &#224; long terme. Pr&#233;sentement le nucl&#233;aire repr&#233;sente environ 3% de l'&#233;nergie consomm&#233;e sur la plan&#232;te, et m&#234;me en multipliant par 10 le nombre de centrales nucl&#233;aires, on porterait au mieux ce taux &#224; 40% de l'&#233;nergie produite mondialement, avec lequel les r&#233;serves mondiales d'uranium seraient &#233;puis&#233;es en seulement 6 ans. De plus, le d&#233;veloppement du nucl&#233;aire implique une concentration &#233;lev&#233;e de capitaux et induit un pouvoir fortement centralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les agrocarburants (ou biocarburants) = &#224; partir de la canne &#224; sucre, du colza, de l'huile de palme ou du ma&#239;s. R&#233;sultat, au Mexique le prix de la tortilla a augment&#233; consid&#233;rablement, en Indon&#233;sie la for&#234;t a &#233;t&#233; ras&#233;e pour produire plus d'huile de palme et &#224; plusieurs endroits on utilise la canne &#224; sucre qui est une des productions agricole qui &#233;puise le plus rapidement les sols. D'autres entrepreneurs, voulant se faire leur propre niche &#233;conomique, utilisent l'argument que tous ces produits que nous venons de nommer ne sont pas si efficaces environnementalement et proposent deux nouvelles solutions : les biocarburants produits &#224; partir de fibre de bois et &#224; partir du miscantus gigantus, (populairement connue comme &#171; herbe &#224; &#233;l&#233;phant &#187;). Selon eux, ce serait la r&#233;volution au niveau &#233;cologique, des biocarburants &#171; non dommageables pour l'environnement &#187;. C'&#233;tait sans compter sur le fait qu'autant ces arbres dont on utilise la fibre que le miscantus doivent &#234;tre cultiv&#233;s et ce sur les terres agricoles. Certains agriculteurs commencent en cons&#233;quence &#224; abandonner les cultures alimentaires pour se tourner vers les biocarburants (beaucoup plus payants, mais pas nourrissants&#8230;). Il faut aussi prendre en compte tout le processus de culture, de transformation et de transport de ces biocarburants, pour analyser son impact environnemental. Au contraire de l'effet recherch&#233;, ils peuvent en r&#233;alit&#233; augmenter les &#233;missions de GES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate donc que diff&#233;rentes nouvelles technologies sont pr&#233;sent&#233;es comme des solutions presque miraculeuses pour &#233;viter le r&#233;chauffement de la plan&#232;te. Pourtant, si on reste dans la logique capitaliste, son impl&#233;mentation sera toujours command&#233;e par le besoin de nouveaux march&#233;s profitables, et pas vraiment par le souci pour l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qu'est-ce que l'&#233;cosocialisme ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-il donc n&#233;cessaire d'abandonner le capitalisme pour emp&#234;cher le r&#233;chauffement de la plan&#232;te ? Nous croyons, avec les &#233;cosocialistes, que la fin de ce syst&#232;me est la seule solution concevable. L'&#233;cosocialisme propose une strat&#233;gie d'alliance entre les &#171; rouges &#187; et les &#171; verts &#187;, les marxistes et les &#233;cologistes. L&#246;wy nous parle des divergences de fond qui ont s&#233;par&#233; ces deux courants. Les &#233;cologistes accusent Marx et Engels de productivisme, et en effet &#171; on trouve souvent chez Marx ou Engels une tendance &#224; faire du &#171; d&#233;veloppement des forces productives &#187; le principal vecteur du progr&#232;s, et une posture peu critique envers la civilisation industrielle, notamment dans son rapport destructeur &#224; l'environnement &#187;. Marx n'avait pas pris suffisamment en consid&#233;ration que, par sa dynamique expansionniste, le capital met en danger ou d&#233;truit ses propres conditions, &#224; commencer par l'environnement naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant Marx a largement d&#233;nonc&#233; &#171; la logique capitaliste de production pour la production, l'accumulation du capital, des richesses et des marchandises comme but en soi. L'id&#233;e m&#234;me de socialisme est celle d'une production de valeurs d'usage, de biens n&#233;cessaires &#224; la satisfaction de n&#233;cessit&#233;s humaines. L'objectif supr&#234;me du progr&#232;s technique pour Marx n'est pas l'accroissement infini de biens (&#171; l'avoir &#187;) mais la r&#233;duction de la journ&#233;e de travail, et l'accroissement du temps libre (&#171; l'&#234;tre &#187;) &#187;. Cette pr&#233;dominance des valeurs d'usage par rapport aux valeurs d'&#233;change est reprise par les &#233;cosocialistes comme le moteur qui devrait orienter l'&#233;volution technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question qu'est-ce que l'&#233;cosocialisme ?*, L&#246;wy va plus loin que le simple fait de dire que c'est la convergence de l'&#233;cologie et du socialisme et r&#233;pond que l'&#233;cosocialisme est &#171; un courant de pens&#233;e et d'action &#233;cologique qui fait siens les acquis fondamentaux du marxisme - tout en le d&#233;barrassant de ses scories productivistes. Pour les &#233;cosocialistes la logique du march&#233; et du profit - de m&#234;me que celle de l'autoritarisme bureaucratique de feu le &#8216;'socialisme r&#233;el''- sont incompatibles avec les exigences de sauvegarde de l'environnement naturel. Tout en critiquant l'id&#233;ologie des courants dominants du mouvement ouvrier, ils savent que les travailleurs et leurs organisations sont une force essentielle pour toute transformation radicale du syst&#232;me et pour l'&#233;tablissement d'une nouvelle soci&#233;t&#233;, socialiste et &#233;cologique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore selon L&#246;wy, les moyens de production, et surtout sur les d&#233;cisions d'investissement et de mutation technologique, doivent en cons&#233;quence &#234;tre arrach&#233;s aux capitalistes pour devenir un bien commun de la soci&#233;t&#233;. Le but &#233;cosocialiste est une soci&#233;t&#233; &#233;cologiquement rationnelle fond&#233;e sur le contr&#244;le d&#233;mocratique, l'&#233;galit&#233; sociale et la planification d&#233;mocratique qui permette &#224; la soci&#233;t&#233; de d&#233;finir les buts de la production et des investissements. Les r&#233;formes partielles de ce syst&#232;me &#171; sont totalement insuffisantes : il faut remplacer la micro-rationalit&#233; du profit par une macro-rationalit&#233; sociale et &#233;cologique, ce qui exige un v&#233;ritable changement de civilisation &#187;. Les &#233;cosocialistes consid&#232;rent donc la propre dynamique du capitalisme comme l'origine de la crise &#233;cologique. Selon le manifeste &#233;cosocialiste, le syst&#232;me actuel ne peut r&#233;guler, et encore moins surmonter, les crises qu'il a engendr&#233;es, parce que pour le faire, il devrait poser des limites &#224; l'accumulation, qui est elle-m&#234;me une de ses caract&#233;ristiques fondamentales. Ainsi le choix dramatique pos&#233; par Rosa Luxembourg fait son retour : &#171; socialisme ou barbarie &#187;, la barbarie &#233;tant la catastrophe &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De la th&#233;orie &#224; la pratique &#233;cosocialiste&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cosocialisme s'est d&#233;velopp&#233; surtout au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es, en m&#234;me temps que d'autres mouvements &#233;cologistes. Ce courant est loin d'&#234;tre politiquement homog&#232;ne, mais la plupart de ses repr&#233;sentants partagent certains th&#232;mes communs. Plusieurs personnes travaillent sur la th&#233;orisation de l'&#233;cosocialisme au niveau international. On pense tout de suite, pour la p&#233;riode actuelle, au franco-br&#233;silien Michael L&#246;wy, d&#233;j&#224; cit&#233; plus haut, &#224; l'&#233;tasunien Joel Kovel ou au fran&#231;ais Philippe Corcuff. Ces penseurs se sont attel&#233;s &#224; proposer une d&#233;finition de ce qu'est l'&#233;cosocialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cosocialisme est pass&#233; rapidement de la th&#233;orie &#224; la pratique au niveau international. Un exemple est la cr&#233;ation du r&#233;seau &#233;cosocialiste br&#233;silien le 27 janvier 2003 pendant le Forum social mondial de Porte Alegre. Ce r&#233;seau est une synth&#232;se de trois grands courants : des luttes nationales des mouvements sociaux tel que la CUT (Central unique des travailleurs) ou le MST (Mouvement de sans terre), des partis de gauche nationaux tel que le PT (le Parti des travailleurs de Lula) et le PSOL (Parti socialisme et libert&#233;) et la lutte &#233;cologiste anticapitaliste internationaliste initi&#233;e par le lancement du Manifeste &#233;cosocialiste mondial de septembre 2001. Cette initiative s'est reproduite internationalement par la fondation les 7 et 8 octobre 2007 &#224; Paris d'un R&#233;seau &#233;cosocialiste international dans le cadre d'un grand rassemblement &#233;cosocialiste mondial, o&#249; &#233;taient pr&#233;sents plus de 60 d&#233;l&#233;gu&#233;Es &#233;cosocialistes de plusieurs pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Propositions et solutions &#224; la fois vertes et rouges&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, que proposent les &#233;cosocialistes ? En premier lieu une lutte au gaspillage. Aucune limitation du r&#233;chauffement climatique ne peut &#234;tre envisag&#233;e sans une lutte implacable contre le gaspillage &#233;nerg&#233;tique et les gaspillages de n'importe quelle ressource naturelle. Pour constater que le syst&#232;me actuel est fond&#233; sur le gaspillage, nous n'avons qu'&#224; penser au transport en tout sens des marchandises et des individus, &#224; l'augmentation progressive des d&#233;penses militaires et de la publicit&#233;, qui est non seulement du gaspillage par elle-m&#234;me, mais qui encourage un comportement consommateur ostentatoire et nuisible &#224; l'environnement. Il faut aller au-del&#224; des ajustements propos&#233;s par les &#233;colib&#233;raux. Dans les mots de L&#246;wy, la solution n'est pas une &#171; limitation &#187; g&#233;n&#233;rale de la consommation ou la substitution des produits consomm&#233;s par d'autres qui incorporent des nouvelles technologies. C'est le type de consommation actuel, fond&#233;e sur l'ostentation, le gaspillage, l'ali&#233;nation marchande et l'obsession accumulatrice qui doit &#234;tre mis en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on peut r&#233;duire une partie des GES en transformant le type de consommation actuel, il faut aussi continuer &#224; investir massivement dans le d&#233;veloppement des sources d'&#233;nergie renouvelables. Une partie des technologies non-polluantes existent d&#233;j&#224; au niveau &#233;nerg&#233;tique, comme l'&#233;nergie photovolta&#239;que, mar&#233;motrice, g&#233;othermique ou &#233;olienne, et il faut absolument promouvoir la continuit&#233; de sa recherche. Voici quelques exemples de revendications &#233;cosocialistes pour lesquelles nous pouvons lutter ici et maintenant : les transports publics gratuits et interdiction de nouvelles autoroutes ; le train &#224; prix d&#233;mocratique pour les plus grandes distances tout en interdisant les voyages a&#233;riens sur les courtes distances ; un plan public d'isolation de logements financ&#233; par un imp&#244;t sur les profits des soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;chantillon de revendications fait partie d'une s&#233;rie de revendications transitoires &#224; appliquer imm&#233;diatement sans attendre une soci&#233;t&#233; &#233;cosocialiste. Car le but des &#233;cosocialistes est plus grand que la lutte actuelle contre les changements climatiques. Tout en luttant maintenant pour une am&#233;lioration des conditions de l'environnement, les &#233;cosocialistes luttent pour un changement radical de la soci&#233;t&#233;. L'&#233;cosocialisme se caract&#233;rise par une modification radicale du rapport entre l'humanit&#233; et la biosph&#232;re, il implique n&#233;cessairement une &#233;volution profonde des mentalit&#233;s, avec en premier lieu une modification profonde des habitudes de consommation. Le projet &#233;cosocialiste n'implique pas seulement un changement de rapports &#233;conomiques et une r&#233;volution politique, il postule aussi une r&#233;volution sur le plan culturel. Le projet &#233;cosocialiste devra n&#233;cessairement articuler une planification mondiale n&#233;cessaire &#224; la r&#233;alisation des grands objectifs de l'humanit&#233;, avec une d&#233;centralisation maximale et une attention particuli&#232;re &#224; la question des outils utilis&#233;s. Le projet &#233;cosocialiste doit mettre au centre des ses pr&#233;occupations l'&#234;tre humain et non plus la notion abstraite de d&#233;veloppement des forces productives. L'&#233;cosocialisme devra &#234;tre planifi&#233; de fa&#231;on d&#233;mocratique, participative et autogestionnaire et impliquant les citoyennes et les citoyens dans le processus de d&#233;cision. L'&#233;cosocialisme sera n&#233;cessairement et pratiquement internationaliste. Ainsi, &#224; long terme l'&#233;cosocialisme se prononce en faveur d'une R&#233;publique universelle tout en luttant ici et maintenant pour faire avancer des solutions &#233;cologistes. Le manifeste &#233;cosocialiste finit en disant que &#171; Les crises de notre &#233;poque peuvent et doivent &#234;tre comprises comme des opportunit&#233;s r&#233;volutionnaires que nous devons faire &#233;clore &#187;. On pourrait remplacer les technologies qu'on utilise, mais si la logique capitaliste subsiste, les in&#233;galit&#233;s sociales persisteront, et avec elles les probl&#232;mes qui affectent l'environnement. Sauvons l'humanit&#233;, optons pour l'&#233;cosocialisme !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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