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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Victoire totale de Correa</title>
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		<dc:date>2013-03-05T14:22:54Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Chiasson-LeBel</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#192; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 17 f&#233;vrier dernier, le candidat &#224; sa propre r&#233;&#233;lection et leader de la r&#233;volution citoyenne, Rafael Correa, a remport&#233; une tr&#232;s forte victoire d&#232;s le premier tour. Les r&#233;sultats finaux lui donnent 57,79 % des votes. Au niveau l&#233;gislatif, bien que les r&#233;sultats d&#233;finitifs ne soient pas encore connus, on peut s'attendre &#224; ce que son mouvement, Alianza PAIS, domine l'assembl&#233;e avec plus des deux tiers des si&#232;ges. Quelques commentaires sur la victoire. &lt;br class='autobr' /&gt; La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 17 f&#233;vrier dernier, le candidat &#224; sa propre r&#233;&#233;lection et leader de la r&#233;volution citoyenne, Rafael Correa, a remport&#233; une tr&#232;s forte victoire d&#232;s le premier tour. Les r&#233;sultats finaux lui donnent 57,79 % des votes. Au niveau l&#233;gislatif, bien que les r&#233;sultats d&#233;finitifs ne soient pas encore connus, on peut s'attendre &#224; ce que son mouvement, Alianza PAIS, domine l'assembl&#233;e avec plus des deux tiers des si&#232;ges. Quelques commentaires sur la victoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La victoire de Rafael Correa annonce le renforcement du projet postn&#233;olib&#233;ral pour l'&#201;quateur et le sous-continent sud-am&#233;ricain. &#201;lu pour la premi&#232;re fois en 2006, Correa s'est empress&#233; de convoquer une assembl&#233;e constituante, d'y faire &#233;lire une majorit&#233; de ses partisans, et de faire pression pour qu'une nouvelle constitution soit rapidement r&#233;dig&#233;e. Celle-ci fut ensuite avalis&#233;e par r&#233;f&#233;rendum, reproduisant en quelque sorte la formule de transformation institutionnelle emprunt&#233;e par Ch&#225;vez &#224; la fin des ann&#233;es 1990. La nouvelle constitution pr&#233;tend &#224; un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement qui ne vise pas la seule croissance pour elle-m&#234;me, mais la r&#233;alisation du bien vivre (buen vivir &#8211; sumak kawsay) des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces premi&#232;res d&#233;marches de Correa sont aussi le d&#233;but de ce qu'il a baptis&#233; la r&#233;volution citoyenne. Celle-ci consiste essentiellement en une r&#233;cup&#233;ration de l'&#201;tat contre les mesures n&#233;olib&#233;rales qui l'avaient affect&#233;. Or, il faut se rappeler qu'en &#201;quateur, les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales avaient suscit&#233; de fortes oppositions, notamment de la part des mouvements autochtones (dont la CONAIE). Le climat &#233;tait tel qu'entre 1996 et 2006, aucun pr&#233;sident &#233;lu n'est parvenu &#224; terminer son mandat, tous ayant &#233;t&#233; renvers&#233;s dans des contextes impliquant d'importantes mobilisations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gagnant cette troisi&#232;me &#233;lection (la premi&#232;re en 2006, et la seconde en 2009 pour confirmer les pouvoirs suite &#224; l'adoption de la nouvelle constitution), Correa marque l'Histoire de son sceau, &#233;tant le premier depuis le milieu des ann&#233;es 1990 &#224; terminer son mandat. Et plus qu'une simple victoire, il a augment&#233; son propre score en passant de 51,9 % des votes en 2009 &#224; pr&#232;s de 58 %, et ce, apr&#232;s 6 ans au pouvoir. Plus encore, alors qu'il ne disposait pas d'une majorit&#233; l&#233;gislative (un peu plus de 40 % des si&#232;ges), voil&#224; que son parti, si les r&#233;sultats officiels le confirment, emporte 91 si&#232;ges sur 131, soit pr&#232;s de 70 %. Une telle situation lui permet de faire adopter des lois sans avoir &#224; n&#233;gocier avec qui que ce soit, et m&#234;me d'amender la constitution de la m&#234;me fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel triomphe s'explique par de multiples facteurs. Mentionnons tout d'abord la politique g&#233;n&#233;rale du gouvernement. Correa a ren&#233;goci&#233; la dette ext&#233;rieure pour n'en payer qu'une partie, a rouvert les contrats d'exploitation du p&#233;trole et r&#233;form&#233; l'imp&#244;t sur le revenu de fa&#231;on &#224; augmenter de fa&#231;on importante le budget de l'&#201;tat (passant de 25 % du PIB entre 2001 et 2006 &#224; pr&#232;s de 40 % pendant l'&#232;re Correa). Les sommes ont &#233;t&#233; utilis&#233;es en partie pour augmenter les programmes de transferts directs aux plus pauvres, ainsi que les services de sant&#233; et d'&#233;ducation. Une autre partie des sommes a &#233;t&#233; dirig&#233;e vers le d&#233;veloppement d'infrastructures. Bref, l'&#233;conomie roule bien, et les pauvres voient leur condition s'am&#233;liorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'a pas chang&#233;, comme le reconnaissait lui-m&#234;me le pr&#233;sident, la structure fondamentale de l'&#233;conomie. Elle demeure fortement monopolis&#233;e par une poign&#233;e de cartels qui dominent la sc&#232;ne en engrangeant des profits croissants, tout en &#233;tant d&#233;pendante des mati&#232;res premi&#232;res. Or loin de s'&#233;loigner de l'extractivisme, le gouvernement a &#233;galement choisi d'appuyer le d&#233;veloppement de l'exploitation mini&#232;re &#224; grande &#233;chelle, ce qui n'est pas sans susciter une certaine opposition des communaut&#233;s affect&#233;es et des mouvements autochtones. Donc si la victoire de Correa est une bonne nouvelle pour le courant postn&#233;olib&#233;ral du sous-continent, ce n'est pas une garantie qu'il s'&#233;loignera de l'extractivisme et parviendra &#224; modifier l'&#233;conomie telle qu'il le pr&#233;tend aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle victoire de Correa s'explique &#233;galement par d'autres facteurs, notamment ceux de la campagne. D'une part, l'opposition &#233;tait fractionn&#233;e devant un pr&#233;sident qui demeurait tr&#232;s populaire, et elle n'a pas r&#233;ussi &#224; lancer de grands d&#233;bats alors que Correa avait tout avantage &#224; ne pas faire de vagues. &#192; droite, la principale figure &#233;tait celle de Guillermo Lasso. Banquier jusqu'&#224; tout r&#233;cemment et membre de l'Opus Dei, il se pr&#233;sentait avec le programme classique de la droite &#233;conomique : baisse des imp&#244;ts et du contr&#244;le de l'&#201;tat pour stimuler l'investissement national et international dans l'espoir que cela cr&#233;e de l'emploi. Il promettait ainsi d'en cr&#233;er 1 million. Il s'est ainsi positionn&#233; deuxi&#232;me avec 22,3 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re des r&#233;sultats, il appert que l'h&#233;g&#233;monie s'est d&#233;plac&#233;e, et le programme de lib&#233;ralisation &#233;conomique ne s&#233;duit pas, surtout venant de la part d'un banquier dans un pays o&#249; une crise bancaire &#224; la fin des ann&#233;es 1990 a secou&#233; l'&#233;conomie du pays tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, il n'&#233;tait pas le seul &#224; droite. Le magnat de la banane Alvaro Noboa, en &#233;tait &#224; sa cinqui&#232;me campagne, un jeune candidat, Mauricio Rodas, forgeait ses premi&#232;res armes, tandis que se pr&#233;sentait de nouveau Lucio Guti&#233;rrez, l'ancien pr&#233;sident chass&#233; du pouvoir par des r&#233;voltes &#224; Quito en 2005. Ensemble, ils ont grappill&#233; pr&#232;s de 15 % des votes. M&#234;me en les additionnant &#224; ceux pour Lasso, ces partis ne repr&#233;sentent pas une menace r&#233;elle, mais en demeurant fractionn&#233;s, ils ont probablement favoris&#233; la forte victoire de Correa. En effet, selon une enqu&#234;te de l'ONG Participaci&#243;n Ciudadana , ce dernier a joui d'une couverture m&#233;diatique bien plus importante que ses adversaires pendant la campagne, et ce, m&#234;me dans plusieurs m&#233;dias priv&#233;s que Correa conspue r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche, la d&#233;ception est venue du faible score d'Alberto Acosta, qui se pr&#233;sentait pour un parti cherchant &#224; unifier les mouvements sociaux et certains partis historiquement de gauche, sous une m&#234;me banni&#232;re politique : la Coordination plurinationale des gauches. Il n'a fait que 3,22 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de cette &#233;lection indique une division de la sc&#232;ne politique en deux principaux camps : Correa regroupant du centre vers la gauche, et Lasso mobilisant &#224; droite. Il y a l&#224; un changement puisque l'espace &#233;quatorien se divisait historiquement entre 5 et 6 formations politiques depuis le retour &#224; la d&#233;mocratie en 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau l&#233;gislatif, la m&#233;thode de r&#233;partition des si&#232;ges des d&#233;put&#233;s provinciaux (d'Hondt) a favoris&#233; la forte majorit&#233; de Correa. Les diff&#233;rents partis de droite (Creo, PSC, Suma) cumulent une vingtaine de si&#232;ges, alors que la gauche, avec un faible score &#224; la pr&#233;sidentielle, s'en tire avec 5 si&#232;ges, soit 4 de moins qu'au sein de l'assembl&#233;e pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le postn&#233;olib&#233;ralisme dans le sous-continent, cette nouvelle victoire fracassante marque la continuit&#233;, et confirme une fois de plus que la cour arri&#232;re des &#201;tats-Unis n'est plus. Mais une telle victoire peut aussi faire craindre les d&#233;rives. La promesse de modifier le mod&#232;le d'accumulation n'est pas encore r&#233;alis&#233;e, et les avanc&#233;es dans le secteur minier sont bel et bien pr&#233;sentes. Celles-ci ont command&#233; la r&#233;pression de plusieurs dirigeants locaux qui s'y opposaient. Avec un espace politique r&#233;duit &#224; la gauche, il est &#224; craindre que les concessions du nouveau gouvernement penchent de l'autre c&#244;t&#233;, sans que les mouvements sociaux, qui trouvent d&#233;j&#224; peu d'interlocuteurs aupr&#232;s du gouvernement actuel, en trouvent davantage au lendemain de la prise de pouvoir.&lt;/p&gt;
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