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	<title>Alternatives International</title>
	<link>http://www.alterinter.org/</link>
	<description>Alternatives International est un r&#233;seau d'organisations
&#233;tablies au Niger, en Afrique du Sud, en Inde, au Br&#233;sil,
au Maroc, en Isra&#235;l, en Palestine, en France et au Canada.
[ Pour en savoir plus... ]</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>La guerre de l'eau</title>
		<link>http://www.alterinter.org/article780.html</link>
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		<dc:date>2007-04-30T15:30:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Rousseau </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le Proche-orient est une terre aride. Si l'on se limite aux trois r&#233;gions o&#249; le probl&#232;me de l'eau se pose avec le plus d'acuit&#233;, &#224; savoir la Jordanie, Isra&#235;l et les Territoires palestiniens, on constate que l'exploitation r&#233;elle des ressources, pour satisfaire &#224; la demande actuelle, est tr&#232;s proche, voire sup&#233;rieure &#224; ce qui est effectivement disponible. Ainsi, en 1994, la consommation d'eau en Isra&#235;l d&#233;passe les 2.000 millions de m&#232;tres cube/an alors que les ressources renouvelables n'exc&#233;dent pas les 1500 millions de m&#232;tres cube/an.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.alterinter.org/rubrique4.html" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Proche-orient est une terre aride. Si l'on se limite aux trois r&#233;gions o&#249; le probl&#232;me de l'eau se pose avec le plus d'acuit&#233;, &#224; savoir la Jordanie, Isra&#235;l et les Territoires palestiniens, on constate que l'exploitation r&#233;elle des ressources, pour satisfaire &#224; la demande actuelle, est tr&#232;s proche, voire sup&#233;rieure &#224; ce qui est effectivement disponible. Ainsi, en 1994, la consommation d'eau en Isra&#235;l d&#233;passe les 2.000 millions de m&#232;tres cube/an alors que les ressources renouvelables n'exc&#233;dent pas les 1500 millions de m&#232;tres cube/an.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Historique
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 1919, Chaim Weizman, dirigeant de l'Organisation Sioniste Mondiale, &#233;crit au 1er ministre anglais Lloyd George que &quot;l'ensemble du futur &#233;conomique de la Palestine est d&#233;pendant de son approvisionnement en eau pour l'irrigation et l'&#233;nergie &#233;lectrique&quot;. Les fronti&#232;res demand&#233;es englobent, en plus de la Palestine, le Golan et les Monts Hermon en Syrie, le sud Liban et la rive est du Jourdain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un an plus tard, en octobre 1920, le m&#234;me C. Weizman &#233;crit au secr&#233;taire du Foreign Office : &quot;Si la Palestine &#233;tait amput&#233;e du Litani, du Haut Jourdain et du Yarmouk, sans m&#234;me parler de la bordure ouest de la (mer de) Galil&#233;e (Lac de Tib&#233;riade), elle ne pourrait &#234;tre &#233;conomiquement ind&#233;pendante. Et une Palestine faible et appauvrie ne serait d'aucune utilit&#233; pour aucune puissance&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1941, D. Ben Gourion d&#233;clare : &quot;Nous devons nous rappeler que, pour parvenir &#224; enraciner l'Etat juif, il faudra que les eaux du Jourdain et du Litani soient comprises &#224; l'int&#233;rieur de nos fronti&#232;res&quot;. Ben Gourion et Moshe Dayan &#233;taient d&#232;s le d&#233;but partisans d'envahir le sud-Liban jusqu'au Litani.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dayan proclamait en 1954 : &quot;La seule chose qui est n&#233;cessaire est de trouver un officier (libanais), m&#234;me seulement un Major....Nous pourrions soit le convaincre soit l'acheter pour qu'il se d&#233;clare lui-m&#234;me le sauveur de la population maronite (chr&#233;tienne). Ensuite l'arm&#233;e isra&#233;lienne entrerait au Liban, occuperait les territoires n&#233;cessaires et mettrait en place un r&#233;gime chr&#233;tien qui s'allierait &#224; Isra&#235;l. Le territoire au sud du Litani serait totalement annex&#233; et tout serait parfait&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s 1953, Isra&#235;l commence &#224; d&#233;river les eaux du Lac de Tib&#233;riade pour irriguer la c&#244;te et le N&#233;guev, sans consulter la Syrie ni la Jordanie, et pr&#233;l&#232;ve une partie des eaux du Jourdain. En 1964 le &quot;National Water Carrier&quot; (transport de l'eau par canalisations) est op&#233;rationnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Syrie et la Jordanie entreprennent alors la construction de barrages sur le Yarmouk et le d&#233;tournement du Baniyas pour retenir l'eau en amont du Lac Tib&#233;riade et ainsi emp&#234;cher Isra&#235;l de l'y siphonner. Isra&#235;l les accuse alors de l'agresser et bombarde les travaux jusqu'au d&#233;clenchement de la guerre des 6 jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Liban suspecte aussi Isra&#235;l de pomper son eau souterraine depuis le Bassin de Hasbani River.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La guerre de 1967 permet &#224; Isra&#235;l d'accaparer les ressources de Gaza, de la Cisjordanie et du Golan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'annexion du Golan, surnomm&#233; le &quot;ch&#226;teau d'eau&quot;, permet le contr&#244;le du bassin d'alimentation amont du Jourdain, et se traduit par l'expulsion de la majorit&#233; de la population (100.000 personnes), ce qui, du m&#234;me coup, permet &#224; Isra&#235;l de r&#233;cup&#233;rer l'eau qui n'est plus localement consomm&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1994, Isra&#235;l et la Jordanie signent un trait&#233; de paix avec un volet sur l'eau d&#233;favorable aux Jordaniens. Avec la Syrie qui propose de tout n&#233;gocier, notamment l'eau, contre un retrait total de l'occupant du Golan, les discussions reprises en 1999 sont brusquement interrompues par Ehoud Barak.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant aux accords d'Oslo de 1993, s'ils reconnaissent (formellement) &quot;les droits de l'eau des Palestiniens&quot;, ils renvoient leur n&#233;gociation aux discussions finales sur le statut des territoires Palestiniens..... !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me des responsables isra&#233;liens dits mod&#233;r&#233;s ont refus&#233; de s'engager sur l'eau dans le protocole de Gen&#232;ve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s 1936, Walter Clay Lowdermilk s'inspira des grands travaux, men&#233;s alors dans la Tennessee Valley aux Etats-Unis, pour proposer la mise en place d'une &quot;Jordan Valley Authority&quot; plac&#233;e sous surveillance internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette id&#233;e fut reprise en grande partie par le plan Johnston pour la vall&#233;e du Jourdain, du nom d'un envoy&#233; du Pr&#233;sident am&#233;ricain Eisenhower, en vue de cr&#233;er une autorit&#233; r&#233;gionale en 1954-1955, fond&#233;e sur une coop&#233;ration inter &#233;tatique des Etats riverains du Jourdain, visant &#224; allouer et g&#233;rer au mieux les ressources en eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La loi sur l'eau d'Isra&#235;l
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais Isra&#235;l en d&#233;cida autrement. Sa loi sur l'eau de 1959 fait des ressources hydrauliques &quot;une propri&#233;t&#233; publique (...) soumise au contr&#244;le de l'&#201;tat&quot;. Le contenu l&#233;gal, la valeur &#233;conomique et sociale de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et des ressources qu'elle contient sont alors profond&#233;ment modifi&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela initie un syst&#232;me qui emp&#234;che les Palestiniens de disposer librement de leurs ressources hydrauliques, instaurant une discrimination syst&#233;matique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la politique mise en oeuvre depuis 1967 &#224; Gaza et en Cisjordanie est d'un autre ordre de grandeur. D&#232;s les premiers jours de l'invasion de la Cisjordanie et de Gaza en 1967, deux mesures sont prises :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1. interdiction de toute nouvelle infrastructure hydraulique, forages et puits sans autorisation,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. confiscation des ressources en eau qui sont d&#233;clar&#233;es propri&#233;t&#233;s d'Etat conform&#233;ment &#224; cette loi isra&#233;lienne sur l'eau de 1959 qui a nationalis&#233; la ressource.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour y appliquer sa loi sur l'eau, Isra&#235;l use &#224; outrance de d&#233;crets militaires. Le domaine principal de discrimination est celui des entraves impos&#233;es aux forages des puits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;350 puits palestiniens fonctionnent actuellement en Cisjordanie, 23 d'entre eux, repr&#233;sentant 6,5 % de tous les puits, ont &#233;t&#233; for&#233;s depuis le d&#233;but de l'occupation, au profit exclusif des colonies de peuplement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le droit de creuser de nouveaux puits n&#233;cessite un permis, d&#233;livr&#233; &#224; la discr&#233;tion des autorit&#233;s isra&#233;liennes. Depuis 1975, des quotas sont impos&#233;s et leur d&#233;passement entra&#238;ne de lourdes amendes (des compteurs ont &#233;t&#233; install&#233;s). Ils n'ont &#233;t&#233; augment&#233;s que quatre fois...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La quantit&#233; d'eau disponible pour les agriculteurs de Cisjordanie est gel&#233;e depuis 1967 : le plafond est fix&#233; &#224; 90-100 millions de m&#232;tres cube par an pour 400 villages. Inversement, la quantit&#233; d'eau allou&#233;e aux colonies juives a augment&#233; de 100% au cours des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Utilisation de la &quot;Loi des Absents&quot;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sous des pr&#233;textes s&#233;curitaires, la &quot;loi des absents&quot; est renforc&#233;e par la proclamation de &quot;zones ou r&#233;gions sp&#233;ciales&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; l'ordonnance militaire sur la &quot;propri&#233;t&#233; abandonn&#233;e&quot;, Isra&#235;l prend possession de ces terres, expropriant de cette fa&#231;on un nombre inconnu de puits qui &#233;taient utilis&#233;s par les Palestiniens ayant subi l'exode de 1948 et depuis consid&#233;r&#233;s comme &quot;absents&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me, la l&#233;gislation isra&#233;lienne soumet certaines r&#233;gions de Cisjordanie &#224; des r&#233;glementations renforc&#233;es : &quot;r&#233;gions soumises &#224; rationnement&quot;, &quot;districts de drainage&quot;, &quot;r&#233;gions de s&#233;curit&#233; militaire&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le cas d'une bande de terre le long du Jourdain, d&#233;clar&#233;e &quot;zone militaire&quot;, que les Palestiniens utilisaient &#224; des fins d'irrigation. Ces mesures limitent davantage encore l'acc&#232;s des Palestiniens &#224; l'eau, laquelle est achet&#233;e au prix fort - celui de l'eau potable - par les agriculteurs palestiniens pour les besoins de l'irrigation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant 1967, cette pratique &#233;tait inconnue des populations palestiniennes : pour la Cisjordanie, les autorisations concernant l'utilisation des eaux &#233;taient g&#233;n&#233;ralement accord&#233;es par l'autorit&#233; jordanienne. Dans la bande de Gaza, aucun syst&#232;me de permis n'existait avant 1967 et l'utilisation de l'eau relevait du droit coutumier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, par les ordonnances militaires n&#176; 450 et 451 de 1971, le droit d'octroyer des licences d'utilisation de l'eau, pr&#233;rogative du Directeur du cadastre jordanien, a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; aux autorit&#233;s isra&#233;liennes. Selon diverses sources, 5 &#224; 10 permis ont &#233;t&#233; conc&#233;d&#233;s depuis 1967.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me, depuis 1975, la r&#233;fection et le nettoyage des puits sont soumis &#224; des autorisations isra&#233;liennes, pratiquement jamais accord&#233;es. Isra&#235;l a reconnu sa politique de limitation de nouveaux permis pour les Palestiniens sous les pr&#233;textes d'&#233;conomie d'eau et d'am&#233;lioration des m&#233;thodes d'irrigation permettant une productivit&#233; accrue de l'agriculture locale !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La M&#233;korot
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces pratiques discriminatoires sont institutionnalis&#233;es : le gouvernement isra&#233;lien, l'Agence juive et le Fonds national juif (FNJ) contr&#244;lent la M&#233;korot (Compagnie de gestion isra&#233;lienne) et la Tahal (Compagnie de planification des ressources en eau d'Isra&#235;l), dont l'objectif commun est le soutien exclusif des int&#233;r&#234;ts isra&#233;liens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'int&#233;gration des services isra&#233;liens, en imposant une centralisation de ces compagnies et en supprimant la participation des populations locales, place les territoires palestiniens dans une situation de d&#233;pendance juridique et administrative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La M&#233;korot a d&#233;velopp&#233; d&#232;s 1967 des r&#233;seaux au profit quasi-exclusif des colonies. Le d&#233;veloppement et l'entretien des syst&#232;mes municipaux palestiniens ont &#233;t&#233; laiss&#233;s &#224; l'abandon, alors que la M&#233;korot contr&#244;lait et &#233;tendait son r&#233;seau de distribution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les secteurs Palestiniens desservis par la M&#233;korot, l'&#233;tat d'entretien est tel que jusqu'&#224; 40% de l'eau transport&#233;e en Cisjordanie est perdue en ligne. Le syst&#232;me hydraulique palestinien est rest&#233; &#224; son niveau de 1967.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; Tulkarem, ces pertes s'&#233;l&#232;vent &#224; 60%, &#224; Ramallah &#224; 20%. Et la cr&#233;ation d'infrastructures hydrauliques, qui relient les colonies de peuplement entre elles, enserre les territoires palestiniens dans un quadrillage serr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A Gaza, la situation est plus dramatique encore, car l'aquif&#232;re c&#244;tier surexploit&#233; s'infiltre maintenant d'eau de mer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour le futur &#201;tat palestinien, l'&#233;ventuel d&#233;couplement du r&#233;seau hydraulique s'av&#233;rera difficile et on&#233;reux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;In&#233;galit&#233; d'acc&#232;s et de prix
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il ne suffit pas que la ressource existe, encore faut-il y avoir acc&#232;s et les couvre-feux et blocus continuels conduisent &#224; des situations dramatiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les destructions de r&#233;seaux et r&#233;servoirs obligent &#224; faire venir l'eau en camions-citernes, rench&#233;rissant son prix qui peut atteindre jusqu'&#224; 40 NIS/m&#232;tre cube (plus de 8 euros), soit pr&#232;s de 10 fois plus que le prix initialement demand&#233; par la municipalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les Territoires Occup&#233;s Palestiniens de 1967, les r&#233;seaux &#233;tant fr&#233;quemment sous le contr&#244;le direct des colons, ceux-ci ferment les vannes de distribution des antennes en direction des villages palestiniens quand bon leur semble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les Isra&#233;liens b&#233;n&#233;ficient de l'eau courante toute l'ann&#233;e, les palestiniens sont victimes de coupures arbitraires, en particulier pendant l'&#233;t&#233;. Quant au prix pay&#233; par un consommateur palestinien, il est en principe le m&#234;me qu'un isra&#233;lien, alors que le PIB est 20 fois plus &#233;lev&#233; en Isra&#235;l qu'en Cisjordanie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; l'eau est fortement subventionn&#233;e pour les colonies juives alors qu'un palestinien doit payer 4 fois plus cher qu'un colon pour y acc&#233;der.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi une famille palestinienne peut d&#233;penser plusieurs centaines de shekels/mois alors que ses revenus n'exc&#232;dent pas 1500 NIS mensuels. (1 NIS = 0.21 euro = 1.37
FF ; 1 euro = 4,7 shekels).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etat des lieux hydrog&#233;ologiques et r&#233;partition de la consommation d'eau
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La consommation moyenne et annuelle d'un Isra&#233;lien (357 m&#232;tres cube) est quatre fois plus &#233;lev&#233;e que celle d'un Palestinien de Cisjordanie (84,6 m&#232;tres cube). La consommation domestique d'un citoyen isra&#233;lien est trois fois sup&#233;rieure &#224; celle d'un Palestinien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La consommation agricole est &#233;galement largement plus forte, et la politique isra&#233;lienne de subventions encourage, de fait, une consommation &#233;lev&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Douloureux handicap pour l'agriculture palestinienne : les colonies irriguent 60% de leurs terres cultivables, contre 45 % en Isra&#235;l et 6% en Cisjordanie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La l&#233;gislation d&#233;crite ci-dessus permet &#224; Isra&#235;l de satisfaire ses besoins en eau gr&#226;ce &#224; des d&#233;tournements qui s'apparentent &#224; de v&#233;ritables spoliations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis 1967, la conqu&#234;te du Golan a permis &#224; Isra&#235;l de disposer du Baniyas ainsi que des nappes et cours d'eau qui parcourent le Mont et lui donnent son surnom de &quot;ch&#226;teau d'eau&quot;. Le Golan apporte &#224; Isra&#235;l plus de 250 millions de m&#232;tres cube d'eau par an. Le Golan et le Yarmouk fournissent ainsi pr&#232;s du tiers de la consommation totale isra&#233;lienne. En cons&#233;quence, 75% des eaux du Jourdain sont d&#233;tourn&#233;s par Isra&#235;l avant qu'elles
n'atteignent les Territoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Cisjordanie, trois aquif&#232;res fournissent un autre tiers des r&#233;serves hydrauliques &#224; Isra&#235;l, qui consomme pr&#232;s de 86 % de l'eau de la r&#233;gion. Les Palestiniens en utilisent 8 &#224; 12%, et les colons isra&#233;liens 2 &#224; 5%. Apr&#232;s plus de trente ann&#233;es d'occupation, quelque 180 villages de Cisjordanie ne sont toujours pas raccord&#233;s &#224; un syst&#232;me de distribution. Le contr&#244;le des sources d'eau est aux mains de la compagnie isra&#233;lienne Mekorot qui distribue chaque ann&#233;e 110 millions de m&#232;tres cube aux 1,5 million de Palestiniens (soit 73 m&#232;tres cube par habitant), 30 millions de m&#232;tres cube aux 140.000 colons (soit 214 m&#232;tres cube par colon), tandis que 460 millions de m&#232;tres cube partent vers Isra&#235;l.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette compagnie pratique une distribution, mais aussi des tarifs discriminatoires. Elle fait payer 0,7 $ le m&#232;tre cube pour usage domestique et 0,16 $ pour l'agriculture aux Isra&#233;liens, tandis qu'il n'existe pas de prix diff&#233;renci&#233; pour les Palestiniens qui doivent payer, eux, 1,20 $ le m&#232;tre cube. Heureusement, cette nappe se r&#233;g&#233;n&#232;re facilement gr&#226;ce &#224; des pr&#233;cipitations abondantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A Gaza, la superficie territoriale est petite et les pr&#233;cipitations sont faibles. On estime que seulement 35 millions de m&#232;tres cube p&#233;n&#232;trent le sol pour gagner la nappe phr&#233;atique. Vu l'accroissement de la population (de 50.000 personnes avant 1948, elle est pass&#233; &#224; 1,2 million aujourd'hui, ce qui correspond &#224; 29 m&#232;tres cube d'eau par habitant et par an !), cette nappe d'eau est surexploit&#233;e, et 70% de ses ressources sont endommag&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Isra&#233;liens pompent de fa&#231;on trop importante pr&#232;s de la bande de Gaza et ass&#232;chent les puits palestiniens o&#249; l'eau disponible est saum&#226;tre et d&#233;sormais pollu&#233;e. Il n'existe pas de rivi&#232;re dans la bande de Gaza, mais un wadi qui rassemble les eaux de plusieurs wadi dans la r&#233;gion. Les Isra&#233;liens ont &#233;tabli de petites digues sur ces wadi et la seule eau qui coule d&#233;sormais dans le Wadi Gaza est celle us&#233;e et non recycl&#233;e de la ville de Gaza.... La Bande de Gaza a d'ores et d&#233;j&#224; re&#231;u un certain soutien international pour r&#233;soudre en partie la crise de l'eau (dessalage, importation d'eau et lutte contre la pollution), mais cela reste insuffisant par rapport &#224; la demande locale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons&#233;quences sur l'environnement
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous usages confondus, la consommation moyenne en eau des Palestiniens en Cisjordanie et &#224; Gaza repr&#233;sente environ 150 m&#232;tres cube par personne et par an, alors que les colons de Cisjordanie en consomment, eux, entre 700 et 800 m&#232;tres cube. En cons&#233;quence, les eaux souterraines ont &#233;t&#233; surexploit&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis l'occupation en Cisjordanie et &#224; Gaza, 70 &#224; 80% des villes et villages palestiniens ne re&#231;oivent que quelques heures d'eau par semaine, obligeant la population &#224; faire des r&#233;serves dans des bidons, soit dans des conditions d'hygi&#232;nes hasardeuses, tandis que les postes militaires isra&#233;liens et les colonies sont aliment&#233;s 24 heures sur 24.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces derni&#232;res vivent comme si elles &#233;taient dans un pays europ&#233;en, alors que la population palestinienne a toujours g&#233;r&#233; son eau en connaissant l'aridit&#233; de la r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus le d&#233;veloppement agricole isra&#233;lien se fait en contradiction avec les ressources en eau disponibles. Les Palestiniens n'ont pas le doit de forer des puits, alors que les colons le peuvent et sur de grandes profondeurs (300 &#224; 500 m&#232;tres).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, non seulement il est interdit pour les Palestiniens de forer de nouveaux puits sans autorisation militaire isra&#233;lienne, mais surtout leurs puits ne doivent pas d&#233;passer 140 m&#232;tres de profondeur, alors que ceux des colons peuvent atteindre 800 m&#232;tres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aggravation de la situation
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis la deuxi&#232;me Intifada, la situation s'est encore d&#233;grad&#233;e, puisque l'arm&#233;e isra&#233;lienne et les colons attaquent de mani&#232;re presque syst&#233;matique les puits, emp&#234;chent les Palestiniens d'acc&#233;der &#224; l'eau et &#224; terme essaient de les pousser &#224; partir. De ce fait, le co&#251;t de l'achat de tanks d'eau a consid&#233;rablement augment&#233;, passant de 3 $ par m&#232;tre cube &#224; 7 $.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les h&#233;licopt&#232;res isra&#233;liens bombardent les tanks sur les toits des maisons ainsi que les puits importants, comme ce fut le cas &#224; Rafah.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'eau des aquif&#232;res de Cisjordanie est revendiqu&#233;e par les Palestiniens, qui soulignent qu'Isra&#235;l exploite par ses puits profonds et &#224; 80-90% des nappes qui devraient leur revenir, car elles sont situ&#233;es sous les collines de Cisjordanie. Ils estiment de plus que l'&#201;tat isra&#233;lien a viol&#233; la Convention de Gen&#232;ve (stipulant le statu quo des sols de territoires occup&#233;s) en creusant des puits pour ses propres implantations, tandis qu'il gelait l'exploitation palestinienne de l'eau. Par ailleurs ces puits auraient ass&#233;ch&#233; ceux moins profonds de villages traditionnels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Gaza, le probl&#232;me provient des puits creus&#233;s dans la nappe phr&#233;atique. Selon l'Autorit&#233; palestinienne, les Isra&#233;liens ont pomp&#233; dans les nappes aux abords imm&#233;diats de la bande de Gaza, causant ainsi la forte salinisation actuelle des puits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ajoutons que 31% des communaut&#233;s palestiniennes ne sont pas raccord&#233;es : d&#233;pendant du M&#233;korot, qui fait ce qu'il veut, elles se retrouvent souvent non aliment&#233;es, soit du fait de camions citernes bloqu&#233;s aux check points, soit parce que l'eau est saum&#226;tre, comme &#224; Gaza et sur l'aquif&#232;re oriental en Cisjordanie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le vrai r&#244;le du Mur et la politique d'annexion
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Le trac&#233; du Mur suit une logique d&#233;lib&#233;r&#233;e : maximum de terres, minimum de population, en vue de l'annexion et de l'expansion future des colonies. Le trac&#233; de ce dernier suit soigneusement les principales colonies, mais est aussi cal&#233; sur la mainmise des meilleures terres et sur la r&#233;cup&#233;ration optimale des acc&#232;s &#224; l'eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#233;parer les puits des terres conduit d'abord &#224; ass&#233;cher ces derni&#232;res, &#224; la perte des investissements et des r&#233;coltes, puis &#224; l'abandon et donc &#224; la r&#233;cup&#233;ration par Isra&#235;l au titre de la &quot;loi&quot; sur les &quot;terrains non cultiv&#233;s&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par exemple, dans les r&#233;gions de Qalqiliya et Tulkarem, en juin 2003, plus de 50 % des terres irrigu&#233;es sont isol&#233;es et plus de 5 % d&#233;truites, 50 puits sur 140 et 200 citernes se retrouvent isol&#233;s ou en zone tampon, 30 Km de r&#233;seau d'irrigation et 25 puits et citernes ont &#233;t&#233; d&#233;truits, affectant 51 communes, soit plus de 200.000 personnes, dont 40% sont maintenant sans ressources.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un rapport de l'ONU indique qu'entre la signature des accords d'Oslo en 1993 et 1999, 780 puits fournissant de l'eau &#224; usage domestique et pour l'irrigation ont &#233;t&#233; d&#233;truits. Quant aux secteurs, o&#249;, malgr&#233; tout, subsistent quelques productions, comme les serres &#224; Qalqiliya, la fermeture des voies de communication rend impossible toute commercialisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'enfermement concentrationnaire, d&#233;j&#224; effectif &#224; Gaza depuis plus de 10 ans, s'acc&#233;l&#232;re aujourd'hui avec la construction du Mur en Cisjordanie. A Rafah, dans la bande de Gaza, o&#249; la d&#233;molition syst&#233;matique de centaines de maisons a &#233;t&#233; men&#233;e par l'arm&#233;e d'occupation, les infrastructures correspondantes : citernes, r&#233;seau et r&#233;servoirs publics ont &#233;t&#233; d&#233;truits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela a &#233;t&#233; le cas, en particulier, au d&#233;but 2003, de la station de pompage de deux puits fournissant l'eau &#224; 50% des habitants de la ville. Ces deux puits fournissaient 6.000 m&#232;tres cube d'eau par jour (de bonne qualit&#233; et non saum&#226;tre) sur les 13.000 journaliers consomm&#233;s par les 130.000 habitants. L'un de ces deux puits avait &#233;t&#233; b&#226;ti en 2001 par l'Autorit&#233; Palestinienne avec l'aide de fonds du gouvernement canadien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En mars 2003 et depuis le d&#233;but de la 2&#232;me Intifada, les dommages dans les Territoires occup&#233;s s'&#233;tablissaient comme suit : 151 puits, 153 sources, 447 citernes, 52 citernes mobiles (tankers), 9.128 citernes de toit, 14 r&#233;servoirs, 150 Km de canalisations desservant plus de 78.000 maisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'avenir ?
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Isra&#235;l refuse &#224; ce jour toute (re)n&#233;gociation sur ce sujet, tant avec l'Autorit&#233; Palestinienne qu'avec ses voisins, comme le prouve sa politique au sud-Liban et au Golan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La politique internationale de l'eau, qui avait &#233;t&#233; initi&#233;e dans les ann&#233;es 50 avec le Plan Johnston, a &#233;t&#233; mise sous le boisseau par Isra&#235;l. Il serait temps que, sous l'&#233;gide de l'ONU, se tienne une Conf&#233;rence internationale avec les pays alentour, tout en &#233;tant conscient que le r&#232;glement politique sur la base des r&#233;solutions de l'ONU et le partage &#233;quitable de l'eau sont indissociables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est aussi &#233;vident que si, en Palestine, un seul pays la&#239;que permettait &#224; l'ensemble de la population de vivre sous les m&#234;mes lois, la r&#233;solution du probl&#232;me de l'eau serait plus facile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En attendant, le statu quo m&#232;ne directement &#224; une catastrophe annonc&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* Andr&#233; Rousseau est membre du Collectif Girondin de Soutien au Peuple Palestinien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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