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	<title>Alternatives International</title>
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	<description>We are social and political movements struggling against social injustices, neoliberalism, imperialism and war. We are building solidarity between social movements at the local, national and international level. More...</description>
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		<title>Alternatives International</title>
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		<title>Antisionisme, antis&#233;mitisme et jud&#233;ophobie</title>
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		<dc:date>2006-09-10T17:37:23Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Rudolf Bkouche</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Diverses organisations juives pratiquent depuis longtemps un amalgame antisionisme-antis&#233;mitisme, amalgame confort&#233; par des discours et agissements antijuifs qui se pr&#233;sentent comme soutien &#224; la lutte des Palestiniens. D'un c&#244;t&#233; une volont&#233; de pr&#233;senter la lutte du peuple palestinien comme une agression antijuive et toute critique du sionisme et de la politique isra&#233;lienne comme une forme d'antis&#233;mitisme, de l'autre c&#244;t&#233; un soutien ambigu aux Palestiniens ; tout cela tend &#224; presenter le conflit Isra&#235;l-Palestine tant&#244;t comme un conflit religieux, tant&#244;t comme un conflit ethnique, occultant ainsi l'enjeu r&#233;el, celui de la lutte d'un peuple contre l'agression qu'il a subie depuis que le mouvement sioniste a d&#233;cid&#233; de construire l'Etat juif en Palestine aux d&#233;pens des habitants de ce pays. Cela nous demande d'&#234;tre vigilants sur deux fronts, celui du d&#233;veloppement des discours et des agissements antijuifs, celui de l'amalgame antisionisme-antis&#233;mitisme que voudraient imposer le mouvement sioniste et ceux qui le soutiennent.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.alterinter.org/?-L-arc-des-crises-" rel="directory"&gt;L'arc des crises&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Diverses organisations juives pratiquent depuis longtemps un amalgame antisionisme-antis&#233;mitisme, amalgame confort&#233; par des discours et agissements antijuifs qui se pr&#233;sentent comme soutien &#224; la lutte des Palestiniens. D'un c&#244;t&#233; une volont&#233; de pr&#233;senter la lutte du peuple palestinien comme une agression antijuive et toute critique du sionisme et de la politique isra&#233;lienne comme une forme d'antis&#233;mitisme, de l'autre c&#244;t&#233; un soutien ambigu aux Palestiniens ; tout cela tend &#224; presenter le conflit Isra&#235;l-Palestine tant&#244;t comme un conflit religieux, tant&#244;t comme un conflit ethnique, occultant ainsi l'enjeu r&#233;el, celui de la lutte d'un peuple contre l'agression qu'il a subie depuis que le mouvement sioniste a d&#233;cid&#233; de construire l'Etat juif en Palestine aux d&#233;pens des habitants de ce pays. Cela nous demande d'&#234;tre vigilants sur deux fronts, celui du d&#233;veloppement des discours et des agissements antijuifs, celui de l'amalgame antisionisme-antis&#233;mitisme que voudraient imposer le mouvement sioniste et ceux qui le soutiennent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'antis&#233;mitisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutter contre les divers amalgames demande de pr&#233;ciser le sens des termes utilis&#233;s, ce que nous ferons en repla&#231;ant l'antis&#233;mitisme dans son contexte historique et en le distinguant des formes plus g&#233;n&#233;rales de jud&#233;ophobie dont celle qui se manifeste aujourd'hui en se revendiquant d'un soutien aux Palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme est n&#233; en Europe dans la seconde moiti&#233; du XIX&#232;me si&#232;cle, transformant le vieil antijuda&#239;sme chr&#233;tien en un mouvement s'opposant &#224; l'&#233;mancipation des Juifs qui s'est r&#233;alis&#233;e en Europe occidentale depuis la R&#233;volution Fran&#231;aise et cherchant une l&#233;gitimation dans un racisme &#224; pr&#233;tentions scientifiques. Apr&#232;s des si&#232;cles d'antijuda&#239;sme chr&#233;tien, l'&#233;mancipation a conduit les Juifs &#224; s'int&#233;grer dans les nations aux milieux desquels ils vivaient, les rendant ainsi invisibles en tant que juifs. Mais cette emancipation avait son revers, les Juifs devenus invisibles sont devenus l'objet d'un mythe : dans la mesure o&#249; on ne les voyait plus c'est qu'ils &#233;taient partout, exer&#231;ant un pouvoir occulte sur le monde. L'antis&#233;mitisme n'est autre que l'expression de ce mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;ologie s'est appuy&#233;e sur deux points, d'une part une peur devant la modernit&#233;, d'autre part le racisme &#224; pr&#233;tentions scientifiques. Puisque les Juifs ont &#233;t&#233; les b&#233;n&#233;ficiaires de la modernit&#233; issue des Lumi&#232;res, du moins de la part &#233;mancipatrice de cette modernit&#233;, le pas sera vite franchi qui dit que ce sont les b&#233;n&#233;ficiaires de la modernit&#233; prise dans sa globalit&#233; qui en sont &#224; l'origine, voire qui l'ont fabriqu&#233;e de toutes pi&#232;ces. L'antis&#233;mitisme pourra alors se d&#233;velopper parmi les victimes de cette modernit&#233;, en particulier les victimes &#233;conomiques du d&#233;veloppement industriel, d'autant qu'il s'appuie sur un antijuda&#239;sme chr&#233;tien toujours pr&#233;sent . Pour se d&#233;velopper, l'antis&#233;mitisme s'appuiera sur un mythe, celui du pouvoir des Juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors que les Juifs sont d&#233;sign&#233;s comme les responsables de la modernit&#233; et que l'&#233;mancipation les a rendus invisibles, c'est qu'ils sont pr&#233;sents partout et c'est cette pr&#233;sence occulte qui constitue la forme de leur pouvoir. C'est ce qui fait la sp&#233;cificit&#233; de l'antis&#233;mitisme parmi les diverses formes de racisme qui se sont d&#233;velopp&#233;es &#224; l'&#233;poque moderne. Le racisme s'est d&#233;velopp&#233; avec les conqu&#234;tes coloniales et la traite des Noirs. A l'&#233;poque du d&#233;veloppement du lib&#233;ralisme politique et du d&#233;veloppement scientifique, il fallait l&#233;gitimer cette entorse &#224; l'humanisme des Lumi&#232;res et cette l&#233;gitimation devait s'appuyer sur la science, ce fut le racisme &#034;scientifique&#034; et la hi&#233;rarchie des races, justifiant ainsi la &#034;supr&#233;matie de l'homme blanc&#034;. Il &#233;tait alors tentant pour les antis&#233;mites d'int&#233;grer l'antis&#233;mitisme dans cette &#034;nouvelle science&#034;, d'autant qu'il existait un precedent constitu&#233; par la doctrine de la &#034;puret&#233; de sang&#034; invent&#233;e par l'Inquisition espagnole, laquelle tenait &#224; maintenir la distinction entre les anciens Chr&#233;tiens et les nouveaux Chr&#233;tiens, Juifs ou Musulmans convertis rest&#233;s en Espagne apr&#232;s l'expulsion des Juifs et des Musulmans qui a marqu&#233; la victoire chr&#233;tienne en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a pourtant une distinction entre le racisme envers les peoples colonis&#233;s et asservis et l'antis&#233;mitisme. Si les membres des races dites inf&#233;rieures sont lointains, les Juifs sont pr&#233;sents en Europe et leur &#233;mancipation les rend invisibles ce qui ne les rend que plus dangereux. Il y a ici une contradiction interne au racisme antijuif, d'une part les Juifs font partie des races inf&#233;rieures, d'autre part ils sont jug&#233;s suffisamment puissants pour soumettre l'Europe civilis&#233;e. Les Juifs apparaissent ainsi non seulement comme les membres d'une race inf&#233;rieure mais aussi comme les ennemis de l'humanit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sionisme et antisionisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sionisme appara&#238;t &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle comme une r&#233;action &#224; l'antis&#233;mitisme. Prenant acte de l'antis&#233;mitisme comme un fait social, le fondateur du sionisme politique Theodor Herzl propose de poser la question juive comme une question nationale qu'il faut r&#233;soudre en constituant un Etat pour les Juifs . Mouvement la&#239;que qui se veut dans la tradition des Lumi&#232;res, il s'appuie sur une d&#233;finition nationale du juda&#239;sme. C'est ainsi que certains responsables du mouvement sioniste, tels Jabotinsky ou Ben Gourion, vont s'appuyer sur une lecture purement nationaliste de la Bible et d&#233;velopper le point de vue du retour des Juifs dans l'histoire quelque dix-huit si&#232;cles apr&#232;s la fin de l'antique royaume d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Theodor Herzl se d&#233;sint&#233;ressait de ce point de vue en pr&#244;nant l'id&#233;e d'un Etat pour les Juifs et si certains sionistes consid&#233;raient que l'Etat pouvait se r&#233;aliser hors de la terre historique, la force de l'id&#233;ologie nationaliste s'appuyant sur l'histoire a su imposer le choix de la Palestine comme territoire de l'Etat juif, n&#233;gligeant le fait que la Palestine &#233;tait peupl&#233;e. Avec ce choix le sionisme qui se voulait mouvement de lib&#233;ration des Juifs contre l'antis&#233;mitisme se transformait en un mouvement de conqu&#234;te de la Palestine et se donnait comme objectif de remplacer la population de Palestine par un peuplement juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation de l'Etat d'Isra&#235;l devenait ainsi une agression contre les habitants de la Palestine condamn&#233;s &#224; l'exil ou &#224; devenir des citoyens de seconde zone sur leur propre territoire. Cette injustice devait provoquer le refus arabe de l'existence d'Isra&#235;l, refus que le mouvement sioniste et ses alli&#233;s ont voulu consid&#233;rer comme une forme d'antis&#233;mitisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par rapport &#224; l'id&#233;ologie du mouvement sioniste et &#224; ses cons&#233;quences que s'est constitu&#233; l'antisionisme. Mais il faut prendre en compte le fait que cet antisionisme est multiforme et c'est en tenant compte de cette mutiformit&#233; qu'il faut l'analyser, y compris dans certains de ses aspects qui conduisent &#224; la jud&#233;ophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la jud&#233;ophobie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme jud&#233;ophobie a &#233;t&#233; introduit par Maxime Rodinson pour d&#233;crire les ph&#233;nom&#232;nes antijuifs dans l'histoire . Si l'antis&#233;mitisme participe de la jud&#233;ophobie toute forme de jud&#233;ophobie ne saurait se r&#233;duire &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne historiquement circonscrit qu'est l'antis&#233;mitisme. Il est vrai que le terme jud&#233;ophobie a pu prendre une connotation particuli&#232;re depuis que Pierre-Andr&#233; Taguieff a &#233;crit ce mauvais pamphlet qui s'intitule La nouvelle jud&#233;ophobie, ouvrage remarquable par les amalgames qu'il commet dans la plus pure tradition stalinienne, m&#234;lant les islamistes, les nouveaux historiens isra&#233;liens, les trotskistes, les marxistes compatissants et les chr&#233;tiens sentimentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la mauvaise utilisation d'un terme par un pamphl&#233;taire malhonn&#234;te ne doit pas nous interdire l'usage de ce terme qui permet de distinguer les actes et les discours antijuifs de l'antis&#233;mitisme. Quant au terme antijuda&#239;sme, sa connotation religieuse ne permet pas de rendre compte de la signification de ces actes et discours antijuifs, d'autant qu'il nous semble n&#233;cessaire de distinguer entre un antijuda&#239;sme doctrinal, celui que Poliakov appelait un antijuda&#239;sme th&#233;ologique , qui critique le contenu d'une doctrine et qui, &#224; ce titre, est l&#233;gitime et ne rel&#232;ve pas de la jud&#233;ophobie, et un antijuda&#239;sme antijuif qui s'attaque aux adeptes de cette doctrine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La jud&#233;ophobie d'aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous parlons de la jud&#233;ophobie d'aujourd'hui, nous voulons parler essentiellement de celle qui se donne pour justification l'injustice commise envers les Palestiniens et qui s'attaque essentiellement aux agresseurs du peuple palestinien. Il est alors n&#233;cessaire de la distinguer de l'antis&#233;mitisme persistant en particulier dans les mouvements d'extr&#234;me-droite, mais peut-&#234;tre pas seulement chez ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le langage antis&#233;mite du refus arabe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus arabe de l'agression sioniste a trop souvent utilis&#233;, pour s'exprimer, un discours tout pr&#234;t, celui de l'antis&#233;mitisme, et en a us&#233; plus qu'il ne fallait. Ceci a permis &#224; la propagande sioniste de d&#233;noncer l'antis&#233;mitisme arabe assimilant le refus arabe &#224; de l'antis&#233;mitisme, voire &#224; une continuation de l'id&#233;ologie nazie. Il faut alors remettre les choses &#224; leur place, replacer le refus arabe dans son contexte et d&#233;noncer l'usage d'un discours qui conduit aux pires amalgames. On peut alors consid&#233;rer que, dans le contexte colonial et post-colonial de la seconde partie du XX&#232;me si&#232;cle, l'emprunt du discours antis&#233;mite europ&#233;en par une certaine critique arabe du sionisme appara&#238;t comme l'une des grandes r&#233;ussites de ce que l'on a appel&#233; l'imp&#233;rialisme culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi revenir sur l'ambigu&#239;t&#233; de certains textes coraniques et sur l'existence d'un antijuda&#239;sme musulman analogue &#224; l'antijuda&#239;sme chr&#233;tien, relevant autant de l'antijuda&#239;sme doctrinal que de l'antijuda&#239;sme antijuif, m&#234;me si ce dernier n'a jamais pris les formes extr&#234;mes de l'antijuda&#239;sme chr&#233;tien et n'a jamais d&#233;bouch&#233; sur l'horreur de l'antis&#233;mitisme. Cet antijuda&#239;sme musulman est d'autant plus fort que l'Islam, bien plus que le christianisme, s'inscrit dans la continuit&#233; du monoth&#233;isme biblique, d'autant qu'il s'est d&#233;velopp&#233; dans des contextes tr&#232;s proches , alors que le christianisme a tr&#232;s vite voulu prendre ses distances avec la religion m&#232;re. On peut alors comprendre pourquoi l'agression sioniste contre les Palestiniens a contribu&#233; &#224; renforcer cet antijuda&#239;sme au risque de r&#233;duire la critique du sionisme &#224; sa seule composante religieuse. Mais plus grave que cet antijuda&#239;sme religieux, c'est le discours antis&#233;mite europ&#233;en qui risque de d&#233;voyer le refus arabe, aussi justifi&#233; soit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des objectifs de la critique juive du sionisme est alors de lutter contre ce d&#233;voiement et de contribuer &#224; casser l'amalgame juif-sioniste, autant celui pratiqu&#233; par ceux qui pensent soutenir ainsi la lutte des Palestiniens que celui pratiqu&#233; par le mouvement sioniste qui a tout int&#233;r&#234;t au d&#233;veloppement d'un tel amalgame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour sur l'antisionisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antisionisme est multiforme et s'&#233;tend sur un large spectre depuis le refus de l'Etat d'Isra&#235;l jusqu'aux partisans d'une d&#233;sionisation de cet Etat permettant de mettre fin &#224; l'Apartheid dont est victime la composante palestinienne de la population isra&#233;lienne, voire conduisant &#224; la constitution d'un Etat bi-national regroupant Isra&#233;liens et Palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'antisionisme est d'abord le refus d'une situation issue de l'injustice commise envers les Palestiniens. Quelle que soit la solution du conflit, deux Etats ou un Etat bi-national, il est n&#233;cessaire que les Isra&#233;liens, et plus g&#233;n&#233;ralement les Juifs, se d&#233;barrassent d'une id&#233;ologie qui les a conduits &#224; une impasse dans la mesure o&#249; elle a transform&#233; le peuple paria de l'Europe en un peuple guerrier condamn&#233; pour survivre &#224; une guerre perp&#233;tuelle contre ceux qu'il a spoli&#233;s. C'est cette transformation qui a conduit &#224; cette nouvelle forme de jud&#233;ophobie qui consiste &#224; confondre les Juifs avec les pers&#233;cuteurs des Palestiniens, &#224; voir en tout Juif un sioniste et par cons&#233;quent un ennemi des Palestiniens, d'autant que le mouvement sioniste se proclame le repr&#233;sentant exclusif des Juifs du monde. Il faut alors dire que la jud&#233;ophobie engendr&#233;e par le sionisme ne s'adresse plus au peuple paria de l'Europe, elle s'adresse essentiellement aux agresseurs des Palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le sionisme, loin de lib&#233;rer les Juifs de l'antis&#233;mitisme comme l'esp&#233;raient les p&#232;res fondateurs, les a conduits &#224; une impasse. La question se pose alors de sortir de cette impasse et l'antisionisme juif devient une question vitale pour les Juifs, il est &#224; la fois une protestation contre l'injustice commise par le sionisme &#224; l'encontre des Palestiniens et le refus d'un mouvement qui d&#233;clare repr&#233;senter les Juifs du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les raisons d'un amalgame&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de l'amalgame antis&#233;mitisme-antisionisme ont deux objectifs bien d&#233;finis :&lt;br class='autobr' /&gt; - d'une part rassembler les Juifs autour du sionisme et des organisations qui le soutiennent&lt;br class='autobr' /&gt; - d'autre part rappeler aux non-Juifs, aux goyim, qu'ils sont toujours suspects d'antis&#233;mitisme et que la seule fa&#231;on de d&#233;passer cette suspicion est de soutenir inconditionnellement non seulement l'Etat d'Isra&#235;l mais la politique de celui-ci quelle qu'elle soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le sionisme se veut le repr&#233;sentant exclusif des Juifs du monde, il a besoin de rassembler tous les Juifs autour de lui, et pour ce faire d'entretenir parmi les Juifs le sentiment d'&#234;tre les victimes de la haine des nations. Ainsi le sionisme qui s'est constitu&#233; en r&#233;action &#224; l'antis&#233;mitisme a aujourd'hui besoin de cet antis&#233;mitisme pour rassembler les Juifs autour de lui et autour de la d&#233;fense de ce petit Etat victime de la haine des autres que constitue l'Etat d'Isra&#235;l, Etat de tous les Juifs comme le proclament certains thurif&#233;raires du sionisme. En cela le mouvement sioniste en demandant aux Juifs de s'identifier &#224; l'Etat d'Isra&#235;l et en appelant &#224; renforcer l'immigration conforte l'id&#233;e que tout Juif est un adepte du sionisme et par cons&#233;quent un ennemi des Palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours sioniste est d'autant plus fort aupr&#232;s des Juifs qu'il s'appuie sur une histoire faite de pers&#233;cutions et de massacres. Mais ce rappel des pers&#233;cutions et des massacres antijuifs s'adresse aussi aux nations, en particulier aux nations europ&#233;ennes, renvoyant &#224; leur responsabilit&#233; dans l'histoire du martyrologe juif. Le sionisme sait alors utiliser ce martyrologe en fonction de ses int&#233;r&#234;ts propres comme le montre l'instrumentalisation de la Shoah, instrumentalisation qui ne vaut pas mieux que les discours n&#233;gationnistes qui affirment que le g&#233;nocide n'a jamais exist&#233;. On retrouve le m&#234;me m&#233;pris envers les victimes du g&#233;nocide, m&#233;pris qui permet de satisfaire une id&#233;ologie pour les uns et la volont&#233; politique de transformer la Shoah en faire-valoir du sionisme pour les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le de l'UJFP&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence de mouvements juifs de soutien &#224; la lutte des Palestiniens pose une question : pourquoi mettre en avant sa jud&#233;it&#233; dans ce soutien ? Plusieurs des membres de l'UJFP appartiennent &#224; d'autres mouvements de soutien o&#249; leur sp&#233;cificit&#233; juive n'intervient pas, sauf peut-&#234;tre &#224; titre personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe alors de revenir sur les raisons d'une critique juive du sionisme : il nous semble important de dire que le sionisme, non seulement n'a pas r&#233;ussi &#224; construire le havre de paix esp&#233;r&#233; par les p&#232;res fondateurs, mais en transformant le peuple paria en un peuple guerrier il a pris le risque de d&#233;velopper une nouvelle forme d'hostilit&#233; envers les Juifs. En cela le sionisme est une impasse pour les Juifs et, en tant que Juifs, c'est cette impasse que nous refusons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est bien parce que nous nous sentons juifs que nous tenons &#224; marquer notre refus du sionisme. Il y a dans notre choix, non seulement un soutien &#224; la lutte des Palestiniens, mais aussi une fa&#231;on d'affirmer que nous ne pouvons accepter une id&#233;ologie qui se pr&#233;tend la seule expression de la jud&#233;it&#233; et une politique qui, au non de la d&#233;fense du peuple juif, conduit &#224; une guerre permanente contre un peuple et &#224; l'occupation de son territoire. Mais c'est aussi parce que nous sommes juifs que nous devons mettre en garde contre les risques de confusion entre le soutien aux Palestiniens et la jud&#233;ophobie et que nous devons dire, non seulement aux Juifs, mais aussi &#224; ceux qui, par peur d'&#234;tre accus&#233;s d'antis&#233;mitisme, n'osent pas critiquer Isra&#235;l, que la critique du sionisme et de la politique isra&#233;lienne ne rel&#232;ve pas de l'antis&#233;mitisme. C'est une fa&#231;on de marquer notre h&#233;ritage, celui d'un peuple qui fut longtemps un peuple paria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer nous rappellerons ces deux questions tir&#233;es des Propos des P&#232;res et cit&#233;es par Leo Pinsker :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si je ne me bats pas pour moi-m&#234;me, pour qui me battrais-je ? Et sinon maintenant, quand ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Leo Strauss citant Pinsker ajoute qu'il a omis la troisi&#232;me question :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Mais si je ne me bats que pour moi, que suis-je ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette omission, explique Leo Staruss, caract&#233;rise le sionisme politique pur. Mais cette omission caract&#233;rise aussi un certain autisme juif qui ne veut pas voir l'impasse dans laquelle l'a conduit le sionisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;View online : &lt;a href="http://lille.indymedia.org/article.php3?id_article=6088" class="spip_out"&gt;http://lille.indymedia.org/article....&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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