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NAIROBI 2007

L’itinéraire du FSM

Lundi 11 décembre 2006

Origine et participants

Le FSM est le premier événement de la société civile globale (explicitement) élaboré pour se dérouler au Sud, avec comme objectif énoncé le rassemblement d’activistes et d’organisations de la société civile travaillant sur divers thèmes, selon diverses méthodes, dans le cadre d’un format décrit comme un forum social.

Le phénomène du FSM a été décrit comme étant probablement l’initiative la plus globale qui ait existé en comparaison des rassemblements historiques de mouvements anti-système. Du point de vue des interprétations historiques (anti-systémiques), ces antécédents sont à retracer bien au-delà de 1848. Plus récemment, et de manière plus significative, les antécédents sont liés au mouvement global anti-capitaliste, aux forces anti-néolibérales et en tant que force d’opposition ou d’alternative au Forum Economique Mondial.

Le premier Comité d’Organisation du FSM brésilien a été formé en 2001. Il était constitué par 8 organisations : ABONG, ATTAC, CBJP, CIVES, CUT, IBASE, MST et RSJDH. Ces organisations ont été responsables des trois premières éditions du FSM de 2001 à 2003. La quatrième édition du FSM a eu lieu à Porto Alegre, au Brésil en 2005, et a été convoquée et organisée par 23 organisations au total (inclus le groupe fondateur), subdivisées en 8 groupes de travail. En 2004, le FSM a eu lieu à Mumbai, en Inde, sous la responsabilité du Conseil Général Indien, constitué 135 membres représentant différents secteurs, et un Comité d’Organisation Indien constitué de 67 organisations, subdivisé en 8 groupes de travail.

La définition et les lignes directrices du FSM sont statuées dans la Charte des Principes. La charte comprend 14 principes qui expliquent et définissent les objectifs, la nature, le caractère, la composition et le fonctionnement du Forum. La charte a été approuvée et adoptée le 9 avril 2001 par les organisations qui ont constitué le Comité d’Organisation Brésilien, et approuvée plus tard, le 10 juin 2001, avec quelques modifications apportées par le Conseil International.

Depuis le premier FSM à Porto Alegre en 2001 (Rio Grande do Sul - Brésil), plus de 200 forums sociaux locaux, nationaux, régionaux, thématiques et globaux ont eu lieu à travers le monde, inspirés directement ou indirectement par le Forum Social Mondial et sa Charte des Principes.
Quatre des forums globaux ont eu lieu à Porto Alegre (Brésil), un a eu lieu à Mumbai (Inde) et trois Forums Polycentriques ont eu lieu à Karachi (Pakistan), Bamako (Mali) et Caracas (Venezuela).

Statistiques du FSM
2001 2002 2003 2004 2005

- Les participants sont passées de 20 000 (2001 à 200 000 (2005)
- 500 organisations étaient au r.v. au début, 6,872 en 2005.
- 177 pays étaient représentés en 2001, 135 en 2005.
- 458 évènements ont été organisés au FSM de 2001, 2 157 en 2005.

Concernant leur origine (en tant qu’échantillon) dans le cas du FSM 2005 au Brésil, 80% étaient brésiliens, 20% du reste du monde, avec en tête les Latinos Américains (sans les Brésiliens) 8,8% et 4,5% d’Européens, suivis de 2,6% des EUA et du Canada, 2,5% d’Asie, 1,6% d’Afrique et 0,1% d’Océanie. Concernant l’âge et le genre, entre 2001 et 2005, la moyenne des participants (en dehors du campement de la jeunesse) était un âge mûr, approximant 50% de femmes et 50% d’hommes. En 2004, les pourcentages étaient de 42,3% de femmes et 53,5% d’hommes. En termes d’occupation, y compris les statistiques du campement de la jeunesse (avec de petites variations), la majorité des participants étaient des étudiants avec 32,7%, le second plus grand groupe était celui des fonctionnaires publics (excepté à Mumbai en 2004) avec 16,4%, le troisième groupe était constitué d’employés d’ONG ou d’organisations de la société civile, et finalement des participants individuels avec 11,56%. Pour le FSM 2005, 73,6% n’étaient pas affiliés à un parti, seulement 30,8 connaissaient la Charte des Principes, 36,8% la connaissaient un peu, et 27,8% n’étaient pas du tout familiers avec la Charte. Aux FSM de 2003 et 2005, 60,23% des participants étaient enrôlés dans un mouvement social ou une organisation sociale, 39,6% n’étaient pas liés à un mouvement ou à une organisation. Au FSM 2005, la majorité des personnes interviewées (choisissant des réponses multiples) participaient au Forum dans le but de : échanger des expériences, contribuer au développement de proposition pour un monde plus juste, débattre des idées démocratiques, et pour connaître un peu mieux le Forum. Un nombre inférieur participaient dans le but de s’articuler en réseau, de discuter une question spécifique, de contribuer à des propositions alternatives au modèle néolibéral et de manifester une opposition à la domination du capitalisme mondial.

Organisation et structures

Les domaines et thèmes les plus difficiles à rendre compte clairement, et de manière simple, sont la gouvernance et les structures organisationnelles du FSM. Cette difficulté existe depuis l’origine du Forum. Elle provient en partie de la tentative de réconcilier certaines pratiques et questions de la Charte des Principes (horizontalité, non-représentativité, décentralisation, prise de décision par consensus, force collective, etc.) avec la croissance, les changements et les demandes réelles urgentes, organisationnelles, administratives et managériales de milliers de personnes, organisations et dynamiques du monde entier. L’évolution de la structure de gouvernance du FSM est la suivante :

Jusqu’en mars 2006, la structure était constituée d’un Conseil International d’environ 110 organisations (gelé depuis 2002), avec une série de règles opérationnelles et 6 commissions (dont la Commission des Ressources, qui traite de la mobilisation des ressources et de la récolte de fonds, est une de ces commissions) ; d’un Secrétariat International, constitué de membres des Comités d’Organisation du FSM, à savoir du Brésil et de l’Inde ; et dans une certaine forme, des Comités d’Organisation des forums régionaux et thématiques qui ont un certain niveau de relation avec les organisateurs des événements relatifs aux FSM antérieurs.

Depuis la fin du mois de mars 2006, la structure de gouvernance a subi quelques changements. Le Conseil International est maintenant constitué de 145 organisations, avec une présence croissante d’organisations africaines et asiatiques (un critère pour l’expansion, la taille, le rôle, etc. du CI n’est pas encore complètement clair pour tout le monde). Même si le nombre d’organisations a augmenté, le nombre de celles qui participent pleinement et de manière active n’a pas augmenté dans la même proportion et varie tout au long de l’année, dépendant de la nature des activités à réaliser. Le Secrétariat International, et son mandat en tant que tel, a expiré en juin 2005, après le Conseil International de Barcelone. La désignation de « Secrétariat International » a été abandonnée, parce que cette expression tend à être associée à des structures organisationnelles verticales du passé. Depuis l’expiration de son mandat, le Secrétariat International s’est retrouvé dans une sorte d’impasse. Propositions de nom, de composition et de fonction ont été présentées et discutées, mais aucune décision formelle a toutefois été prise. En fait, il existe deux petits bureaux physiques, opératifs, en Inde et au Brésil, avec deux ou trois employés permanents très engagés dans chacun des deux bureaux. En général, dans les deux bureaux sont engagées des personnes additionnelles, en regard des activités planifiées et des tâches à réaliser. Dans le cas de l’Inde, ce bureau s’intitule FSM Inde, dans le cas du Brésil, il fait partie du Comité d’Organisation Brésilien pour certains, ou du Groupe Facilitateur Brésilien pour d’autres. Une certaine confusion a aussi été détectée entre le rôle des bureaux physiques et celui des Comités Organisationnels, spécialement dans le cas du Brésil. En réalité, à nouveau, entre les comités d’organisation, les bureaux physiques et les membres actifs et concernés de commission du CI, la vie et la continuité du FSM a été d’une certaine manière assurée. Et, sommairement parlant, ce sont les activités en suspens, les activités planifiées ou à venir qui ont imposé le rythme et le travail de l’ancien secrétariat. Ceci a impliqué différents types de supports : support aux Forums Polycentriques, au prochain Forum de Nairobi, à la convocation et la tenue des réunions des Comités d’Organisation et du CI, à la tenue de la base de données et du site Internet, au suivi financier et opérationnel. Regardant ver le futur, il est plus que probable que ce processus cesse d’être viable.