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NAIROBI 2007

Des squatters en lutte

350 000 habitants des bidonvilles de la capitale kenyanne sont menacés

Vendredi 1er décembre 2006

La Campagne W Nairobi W qui agit en Italie, en Europe et au Kenya, depuis mars 2004 s’oppose avec succès aux menaces du gouvernement kenyan de faire évacuer 350 000 habitants des bidonvilles de leurs habitations. Elle dénonce aujourd’hui deux faits très graves qui ont de nouveau frappé, avec leur violence et leur injustice, la ville de Nairobi et la vie des habitants des bidonvilles

Dans le bidonville de Deep Sea (Westlands-Nairobi, Kenya), dans la nuit de vendredi 23 septembre, à minuit et demi, des milliers de citoyens kenyans ont été réveillés par des bulldozers, accompagnés par des agents de police armés, par des militaires et des hommes soudoyés pour l’occurrence. Sans avis préalable et en complète violation de la loi, ils ont commencé à détruire les baraques où les gens étaient encore en train de dormir. Le lendemain matin, plus de 3 000 personnes, parmi lesquelles des enfants, des femmes, des vieillards et des malades, se sont retrouvés sans logement et sans rien du tout.

Dans la décharge du Mukuru entre Dandora et Korogocho (Estlands - Nairobi, Kenya), samedi premier octobre, à 8h30 du matin, un défilé de manifestants, de pasteurs protestants, et de prêtres, habitants des bidonvilles qui sont près de la décharge, s’est réuni pacifiquement pour réclamer leur droit à la santé (les vapeurs de la dioxine sont la cause principale des maladies respiratoires et du cancer dont les habitants des bidonvilles sont atteints) et à la sécurité (la décharge est un lieu où des groupes de criminels cachent leurs armes et où ils trouvent aussi leur refuge). Le défilé a été attaqué trois fois, avec des bouteilles, des pierres et d’autres objets contondants et l’attaque a causé quelques blessés. La police, qui avait autorisé la manifestation et qui aurait du la protéger, bien que plusieurs fois appelée, s’est présentée une fois toute violence terminée.

Ces deux événements représentent les nièmes violations des droits humains et du droit international.

A Deep Sea les représentants du gouvernement sont responsables de l’arbitraire violation de la propriété, du droit à la sécurité d’habitation et de l’espoir des pauvres.

En permettant la démolition de Deep Sea, le gouvernement du Kenya a violé le Commentaire Général n.7 du 16 Mai 1997,à l’article 11 du Pacte Internationale sur les droits économiques, sociaux et culturels (le Pacte a été ratifié aussi par le Kenya, donc il est devenu loi), où on attribue à l’Etat « le devoir de s’abstenir de toute évacuation forcée et de garantir que la loi soit appliquée envers les représentants de l’Etat même ou d’autres personnes qui réalisent des évacuations forcées ». De plus, encore une fois, la police a été utilisée pour défendre les intérêts louches de ceux qui ont acheté illégalement des terrains.

La violence subie par le défilé qui manifestait pacifiquement près de la décharge du Mukuru pour le droit inaliénable à la santé et à la sécurité, est encore un exemple la façon dont les pauvres ont été privés du droit de faire entendre leur voix. La police n’a pas défendu le défilé, elle est arrivée en retard, elle a préféré ne pas voir les actes de violences qui avaient lieu et a renoncé au rôle fondamentale qui est le sien, c’est-à-dire celui de défendre tous les citoyens, sans faire aucune distinction de condition sociale.

Ces deux actes de violence sont un crime contre des hommes et des femmes, des pauvres habitants de bidonvilles et sont aussi une violation flagrante des droits humains.


La Campagne W Nairobi W

- Demande aux Parlements nationaux, au Parlement européen et à UN-Habitat de faire la plus grande pression politique sur le gouvernement kenyan afin qu’on fasse des enquêtes approfondies, qu’on poursuive aux termes de la loi les responsables d’actes si blậmables et pour qu’ils se portent garant du respect des droits humains au Kenya.

- Relance l’action coordonnée et solidaire entre le niveau international et le Kenya, contre les démolitions et les évacuations, pour la dignité du logement, pour l’annulation de la dette extérieure et la canalisation des ressources économiques ainsi dégagées dans un Fonds populaire pour la terre et le logement, destiné à la redistribution du sol et à une politique de l’habitation pour les pauvres.

- Interpelle les moyens d’information, les associations, les offices et le collectivités sociales, les adhérents individuels à la campagne, pour qu’on fasse connaître et on dénonce dans leur gravité les faits indiqués en référence.