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DE PORTO ALEGRE A TUNIS

Mercredi 20 mars 2013, par Kamal Lahbib

Plus de 50 Forums et séminaires régionaux ou thématiques ont eu lieu dans la région depuis 2002, pour la plupart au Maroc, les généraux algériens, restent hostiles à un mouvement social maghrébin, la Libye ne se redresse pas encore de la violence qui a mis fin au régime dictatorial de Kaddafi. Un parcours jalonné d’interdictions, d’arrestations et de restrictions mais qui se concrétise à Tunis dans un renouveau certain du processus des Forums sociaux.

Le Forum Social Mondial de Tunis (FSM), du 26 au 30 mars 2013, se tiendra dans des conditions difficiles à tous points de vue : il se tient dans un contexte de violences qui atteignent des degrés criminels en Syrie, de crises institutionnelles, d’économies effondrées, de disparités sociales explosives léguées par les anciens régimes et maintenues, malgré les révolutions par des régimes islamistes conservateurs qui optent pour le système néolibéral qui ne génère que la pauvreté, l’injustice, la balkanisation et les guerres.. Pas uniquement, car le FSM à tunis se déroulera, dans un large espace qui n’a pas encore rompu avec les modèles des sociétés tribales et des confréries religieuses et dans un climat de confrontations idéologiques non encore vécues dans le processus du FSM. L’islam politique et les débats et approches confuses et différenciées du fait du vécu entre l’Europe et le Maghreb-Machrek, autour de cette problématique et ce nouvel acteur, l’explosions et l’émergence de nouveaux mouvements sociaux ayant vécu dans la clandestinité et n’ayant pas de pratiques communes ou convergentes avec une forte aspiration à l’autonomie, à l’affirmation forcenée de l’identité, mettent la démocratie et l’affirmation de la citoyenneté au cœur des enjeux du prochain FSM.

Ce sont les mouvements qui ont occupé les rues de par le monde, les Occupy, les y a en a marre, les indignés, les carrés rouge, dans un élan de révoltes contre l’injustice, contre les guerres, contre la domination du monde par un capitalisme enragé par les crises simultanées dont ils refusent de payer le prix, qui viendront se brasser avec les mouvements sociaux tunisiens, égyptiens, palestiniens, maghrébins, syriens, yéménites et irakiens, turcs et amazigh, subsahariens et latino-américains… ; pour faire de ce forum un moment fort de débats démocratiques, de convergence pour, à la fois, renforcer les luttes régionales pour la démocratie, la dignité, la justice sociale et la liberté et l’inscrire dans une perspective globale, mondiale pour un autre monde.

Avec autant de défis, avec des moyens précaires et limités, dans un climat de violences et d’assassinats politiques, des gouvernements conservateurs qui prennent le relais des dictateurs déchus, avec un mouvement aussi éclaté, mais tellement proche dans ses combats, un mouvement partisan démocratique fragile et divisé, des populations qui ont perdu toute confiance dans les institutions et la démocratie dite représentative, des jeunes au bord du désespoir et enclins à basculer dans la violence et le suicide pour un monde meilleur, tenir le FSM à Tunis est en soi une grande victoire,. Elle le sera davantage si nous arrivons au terme des cinq jours du FSM à réussir l’inclusion des nouveaux mouvements démocratiques, à démêler un tant soit peu la complexité des situations politiques et sociales, à clarifier les mutations profondes et les bouleversements que le monde est en train de vivre, à décliner en programmes communs, en actions conjointes l’aspiration des peuples à la démocratie, à la dignité, à la justice sociale, à la pleine citoyenneté.