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PALESTINE

Mustafa Barghouthi : « Israël ne peut parler de paix tout en faisant la guerre. »

Depuis Annapolis, 585 opérations israéliennes font 121 tués chez les Palestiniens

Jeudi 17 janvier 2008, par Pierre BEAUDET

Ramallah, 15 janvier : la mort de 15 Palestiniens tués par l’armée israélienne lors d’une opération à l’aube, aujourd’hui 15 janvier, sur la bande de Gaza porte le nombre de Gazaouis tués depuis la rencontre d’Annapolis pour la paix à 113, dont 52 tués depuis seulement début 2008. Au total, 121 Palestiniens ont été tués depuis Annapolis en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Husam Zahhar, Rami Farhat, Ahed Ashour, Mahmoud Abu Laban, Radwan Odeh, Taleb Al Mughani, Khallil Mudallal, Mustafa Salim et Tafish Asad (67 ans) ont été tués par des tirs d’artillerie dans une attaque terrestre et aérienne de l’armée israélienne lancée sur Sejaiyeh et Zaitoun, des quartiers de la ville de Gaza, ce matin.

Ces opérations se produisent juste le lendemain où trois Gazaouis ont été tués par des tirs d’avions israéliens sur la voiture dans laquelle ils se déplaçaient à Gaza ville. Deux autres étaient gravement blessés dans l’agression. De tels meurtres représentent une forme d’assassinats extrajudiciaires et sont illégaux au regard de l’article 3 * de la Quatrième Convention de Genève. En outre, ces assassinats sont des meurtres délibérés et à ce titre sont qualifiables de crimes de guerre en vertu de l’article 147 ** de la Convention.

Le secrétaire général d’Initiative nationale palestinienne (PNI), le Dr Mustafa Barghouthi, député, a condamné ces meurtres et vilipendé Israël pour son hypocrisie, discutant de la paix tout en maintenant une politique manifeste d’assassinats et d’agressions contre le peuple palestinien.

« Ce que fait Israël au peuple de Gaza est un crime. Ce siège est une punition collective, en violation flagrante du droit humanitaire international, qui ne rencontre qu’un silence total de la part de la communauté internationale. De plus, Israël a intensifié ses attaques contre la bande de Gaza depuis Annapolis, tuant 113 Gazaouis et en blessant 270 autres. Israël a toujours poursuivi ses bombardements contre Gaza, avant, pendant et après la visite du président US, George Bush » dit le Dr Barghouthi.

« Israël ne peut parler de paix tout en faisant la guerre » a-t-il ajouté. « Si Israël veut vraiment la paix alors, pour ce qui concerne Gaza, alors il doit mettre fin immédiatement au siège et cesser son agression contre le peuple gazaoui, il doit revenir sur sa décision de déclarer Gaza "entité ennemie" et appliquer un cessez-le-feu global et réciproque ».

* Article 3 de la Quatrième Convention de Genève : En cas de conflit armé ne présentant pas un caractère international et surgissant sur le territoire de l’une des Hautes Parties contractantes, chacune des Parties au conflit sera tenu d’appliquer au moins les dispositions suivantes :

1) Les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les personnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure, détention, ou pour toute autre cause, seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité, sans aucune distinction de caractère défavorable basée sur la race, la couleur, la religion ou la croyance, le sexe, la naissance ou la fortune, ou tout autre critère analogue.

A cet effet, sont et demeurent prohibés, en tout temps et en tout lieu, à l’égard des personnes mentionnées ci-dessus :

a) les atteintes portées à la vie et à l’intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices ;

b) les prises d’otages ;

c) les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants ;

d) les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires reconnues comme indispensables par les peuples civilisés.

2) Les blessés et les malades seront recueillis et soignés.

Un organisme humanitaire impartial, tel que le Comité international de la Croix-Rouge, pourra offrir ses services aux Parties au conflit.

Les Parties au conflit s’efforceront, d’autre part, de mettre en vigueur par voie d’accords spéciaux tout ou partie des autres dispositions de la présente Convention.

L’application des dispositions qui précèdent n’aura pas d’effet sur le statut juridique des Parties au conflit.

** article 147 : Les infractions graves visées à l’article précédent sont celles qui comportent l’un ou l’autre des actes suivants, s’ils sont commis contre des personnes ou des biens protégés par la Convention : l’homicide intentionnel, la torture ou les traitements inhumains, y compris les expériences biologiques, le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé, la déportation ou le transfert illégaux, la détention illégale, le fait de contraindre une personne protégée à servir dans les forces armées de la Puissance ennemie, ou celui de la priver de son droit d’être jugée régulièrement et impartialement selon les prescriptions de la présente Convention, la prise d’otages, la destruction et l’appropriation de biens non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire.