|  

Facebook
Twitter
Syndiquer tout le site

Accueil > français > Archives du site > L’arc des crises > Bloquer la route de l’Apartheid : Des manifestants palestiniens non-violents (...)

PALESTINE

Bloquer la route de l’Apartheid : Des manifestants palestiniens non-violents bloquent la route 443/سد الطريق المؤدي الى الفص

Jeudi 25 octobre 2007

Une manifestation anti-Apartheid s’est déroulée aujourd’hui sur la très fréquentée route 443, l’une des nombreuses routes qui traversent les terres palestiniennes occupées mais réservées aux seuls Israéliens.
Les Forces de Sécurité israéliennes ont utilisé la force pour disperser les manifestants. Deux des manifestants, un Israélien et un Américain, ont été arrêtés et Blake Murphy, un Américain de Boston, est actuellement menacé d’expulsion.

Les manifestants ont bloqué la route pendant plus de 15 minutes où ils ont organisé un sit-in de masse au milieu de la route et six manifestants s’étaient enchaînés à 4 mètres de canalisations.

L’action ayant eu lieu a une heure de pointe, cela a entrainé un embouteillage de plusieurs kilomètres avant que les manifestants soient évacués de force

Les manifestants distribuent un message aux conducteurs : "Nous savons ce que cela fait que d’être bloqués. Nous en faisons l’expérience chaque jour."

Les nombreux Israéliens qui se rendent régulièrement à Jérusalem par le biais de la colonie de Modi’in ont été surpris ce matin de trouver l’autoroute bloquée par des manifestants non violents.

Malgré les barrages routiers évidents aux intersections des routes menant aux villages palestiniens situés le long de l’autoroute, peu sont conscients du fait que depuis sept ans maintenant, la route 443 n’est accessible qu’aux Israéliens.

Les Palestiniens ne sont pas autorisés à circuler sur la route, même sur la portion de 9,5 kilomètres qui traverse le territoire de la Cisjordanie Occupée et est construit sur des terres qui ont été confisquées à des Palestiniens dont les oliviers ont été abattus "pour le bénéfice de la population locale. "

L’armée israélienne affirme que l’interdiction de circuler sur la route imposée aux Palestiniens est temporaire et sous réserve de considérations sécuritaires. Mais ses actions sur le terrain donnent à penser autrement.

Afin de "dédommager" les communautés, l’armée a confisqué encore plus de terres pour la création de ce qu’elle appelle "le tissu social" des routes dont le coût est estimé à 177,9 millions de Shekels (environ 44,5 millions de dollars). (voir la carte des routes d’Apartheid en Cisjordanie)

Ces routes canaliseront le trafic palestinien dans le cadre du réseau routier israélien via des tunnels souterrains reliant les communautés vivant dans les enclaves environnantes, écartant ainsi les Palestiniens de la vue et de l’esprit des Israéliens.

Le groupe israélien des droits de l’homme, B’tselem, stipule que l’interdiction de la route 443 imposée aux Palestiniens semble être basée sur la volonté d’Israël d’annexer la zone située le long de la route.
B’tselem explique que si Israël n’était intéressé que par la protection la vie des Israéliens, et non par l’annexion de la région, il pourrait limiter, voire interdire les déplacements des Israéliens sur la route traversant la Cisjordanie et construire des routes l’intérieur du territoire israélien, offrant ainsi des voies de transport sécurisées entre Jérusalem et Tel Aviv.

La politique d’interdiction de circulation sur cette route n’est pas un cas isolé mais fait partie d’une politique généralisée. Sur 312 kilomètres des routes principales en Cisjordanie, les véhicules portant des plaques d’immatriculation palestiniennes y ont un accès interdit ou limité.

La création d’un régime de "routes interdites" en Cisjordanie a transformé le droit à la liberté de circulation en un privilège qui dépend de l’origine nationale d’un individu. Ces routes, en plus du mur d’Apartheid, découpent les secteurs palestiniens en enclaves isolées. Cette fragmentation est à l’origine du déclin de l’économie en Cisjordanie.

Dans un appel, l’Association pour les Droits Civiques en Israël (ACRI) indique que le terme "crime d’apartheid" s’applique aux actes qui sont utilisés comme un moyen d’établir et de maintenir la domination d’un groupe d’êtres humains sur un autre groupe et de les opprimer de façon systématique.

ACRI stipule qu’une politique de discrimination systématique et acceptée à l’encontre de la population palestinienne constitue une pratique de l’apartheid comme définie par la Convention Internationale sur l’Elimination et la Répression du Crime d’Apartheid.

Une séparation existe sous de nombreuses formes en Cisjordanie entre les Palestiniens et les Israéliens, comme par exemple, les deux systèmes juridiques qui existent pour les deux populations.

Mohammed Khatib, le porte-parole du Mouvement Anti-Apartheid en Palestine a déclaré : "Israël veut légitimer l’apartheid et le nomme la paix.

Il s’agit de la première d’une série de protestations populaires non violentes contre le système d’apartheid israélien.

Pour plus d’informations, appelez : Mohammed Khatib 0547-557-3285 ou 0599943157