|  

Facebook
Twitter
Syndiquer tout le site

Accueil > français > Archives du site > L’arc des crises > Pas touche au pétrole irakien

La Fédération Irakienne des Syndicats du Pétrole (IFOU) a ajourné, le 14 mai 2007, la grève initialement prévue pour cette semaine. Une délégation de sept membres de la IFOU rencontrera demain, le 15 mai, le Premier Ministre Nouri al Maliki à Bagdad pour poursuivre les négociations. Il est prévu que la délégation rentre jeudi 17 mai 2007, et si les négociations n’ont pas donné des résultats, une nouvelle date sera fixée pour la grève. [Voir sur ce site, le texte publié en date du 15 mai, Irak. Document, rubrique Nouveau]

Le Président du Syndicat [Général des employés du pétrole de Bassorah] Hassan Jumaa, a déclaré que les syndicats dans la North Oil Company à Kirkouk, ainsi que le Syndicat des Mécaniciens et des Ingénieurs et le Syndicat de la Raffinerie de Dora à Bagdad, ont déjà déclaré qu’ils étaient prêts à mener une grève de solidarité avec l’IFOU. "Un sondage a été effectué parmi les membres, et ils ont décidé de se joindre à nous si nous entrons en grève".

Le Syndicat, qui représente 26’000 travailleurs, a déjà mené trois grèves depuis 2003, aboutissant chaque fois à une coupure des exportations de pétrole de jusqu’à deux jours consécutifs.

Le gouvernement irakien a déclaré qu’une grève organisée par le Syndicat était illégale.

Parlant depuis Bassorah, Hassan Jumaa Awad a déclaré : …« Nous travaillons dans les limites de la légalité. Nous ne craignons pas les arrestations ni les détentions, car nous savons que nous avons le droit légal et moral dans cette dispute. Nous demandons à tous les syndicats et à toutes les organisations qui soutiennent les droits humains d’être à nos côtés et de nous soutenir dans nos revendications légitimes ».

Les revendications du Syndicat portent sur différentes mesures, dont le rétablissement d’un système de bonus, des terrains pour la construction de logements pour les travailleurs, l’acceptation des principaux jours fériés, un statut à plein-temps pour les travailleurs temporaires, et surtout l’ancienne demande, réitérée à maintes reprises, de participer à la consultation sur les lois pétrolières du pays. [Pour plus de détails, voir le site www.basraoilunion.org]

Le projet actuel de Loi sur le Pétrole accorde aux entreprises multinationales le rôle primordial dans le développement des énormes champs pétroliers non encore exploités, avec des contrats allant jusqu’à 30 ans. La production pétrolière en Irak, comme dans la plupart des pays du Moyen-Orient, a fait partie du secteur public depuis les années 1970.

Le syndicat a récemment adressé au Congrès des Etats-Unis et aux Parlements européens une lettre leur demandant de ne pas lier le retrait des troupes avec l’acceptation de la loi sur le pétrole, Dans cette lettre, Hassan Jumaa Awad écrit :

« Nous demandons à nos amis de ne pas lier le retrait [des troupes de la coalition] à l’acceptation du projet de loi sur le pétrole, d’autant que les Etats-Unis prétendent qu’ils sont venus en Irak en tant que libérateurs et non pas pour contrôler les ressources pétrolières de l’Irak.
Le grand public en Irak est tout à fait convaincu que Bush veut pousser à la promulgation de la loi sur le pétrole de manière à pouvoir quitter l’Irak avec au moins une victoire, puisque son projet échoue jour après jour et que l’occupation s’effondre partout en Irak. » [Pour une traduction complète du texte arabe en anglais, consulter le site http://priceofoil.org]

La grève projetée est la culmination de quatre années de campagne sur ces questions, mobilisations faites de manifestations, de grèves et le lock-out par les travailleurs.

Dans un communiqué annonçant la grève, le syndicat déclarait : « Nos revendications portant sur nos droits ont été ignorées, malgré quatre années de promesses par le ministère et par les membres du gouvernement... Pendant toute cette période, nous avons dû œuvrer pour (diffuse) la colère et le ressentiment et les critiques que nos membres nous adressaient parce qu’ils pensaient à tort que c’était nous qui ne transmettions pas leurs demandes légitimes... Cela suffit ! »

Selon Hassan Jumaa Awad, le nombre de menaces de mort contre les dirigeants syndicaux a augmenté depuis l’annonce de la première grève : « Dès que la fédération a appelé à la grève, beaucoup de nos syndiqués et militants ont été menacés physiquement par des partis actifs dans le processus politique, dans le but de déjouer la grève et de saper le message des organisateurs de la grève. » Le syndicat prend très au sérieux ces menaces.

Ewa Jasiewicz, du comité de soutien à l’IFOU, "Naftana" en Grande-Bretagne a déclaré : « C’est un moment déterminant dans l’histoire du syndicat et dans l’histoire de l’Irak. Le syndicat va probablement devoir affronter la répression suite à sa décision de faire grève, et en particulier à cause de sa position sur la loi du pétrole. Il faut que le monde puisse observer ce conflit. » (traduction A l’encontre)

*************

A propos de l’IFOU et de la campagne internationale : « Pas touche au pétrole irakien ! »

La campagne Hands Off Iraqi Oil (Pas touche au pétrole irakien !) a organisé un piquet de protestation en solidarité avec l’IFOU et sur le rôle joué par Shell dans la Loi sur le Pétrole lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires de Shell qui s’est tenue le mardi 15 mai 2007 de 8h30 à 12h au Novotel de Hammersmith, Londres.

La IFOU est un syndicat indépendant représentant les travailleurs de neuf entreprises pétrolières et gazières de quatre provinces du sud de l’Irak : Maysan, Dhi Qar, Bassorah et Muthanna.

Le Syndicat a organisé des actions depuis avril 2003 et a fait couper les exportations et la production pétrolières dans des grèves portant sur les salaires et les droits des travailleurs par le passé. Il a également mené des protestations contre la contrebande de pétrole, des patrons du régime précédent et ce que le syndicat voit comme une négligence et une dégradation de l’industrie pour pouvoir justifier un investissement privé.

Depuis l’invasion, des membres du syndicat ont travaillé à la reconstruction les plates-formes de forage, de l’équipement portuaire, des pipelines et des raffineries, avec des ressources minimales, la plupart du temps locales.

Le Syndicat n’est pas lié à un parti politique en Irak, mais ses membres appartiennent à différents partis. Il est soutenu par des syndicats et des organisations de la société civile partout dans le monde, y compris l’International Confederation of Energy, Mining and General Workers Union (ICEM) [Confédération syndicale internationale de l’énergie, des mines et des industries diverses]. Le syndicat est en partenariat avec l’association caritative du Royaume Uni War on Want, avec Labor Against War [coalition de syndicalistes contre la guerre], basée aux Etats-Unis et forte de 3 millions d’adhérents et avec l’ONG italienne Un ponte per Bagdad. (Red.)


Voir en ligne : www.basraoilunion.org